Sur les berges de l’Évros

Sur les berges de l’Évros

Par Georges FELTIN-TRACOL

Pendant que les médiats centraux se focalisent sur l’épidémie de covid-19 dont la dangerosité n’est avérée que pour les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques, les berges de l’Évros deviennent un foyer ardent de tensions internationales.

 

Prenant sa source en Bulgarie où on l’appelle Maritza et se jetant dans la Mer Égée au terme d’un parcours de 480 km, le fleuve Évros sert depuis le traité de Lausanne de 1923 de frontière entre la Turquie et la Grèce. Ce cours d’eau est devenu un point de franchissement illégal pour des milliers d’immigrés poussés par les Turcs à s’installer en Europe. Plus au Sud, au large des côtes turques, les îles grecques de Samos, de Lesbos, de Chios, de Kos et de Leros connaissent la même pression migratoire.

Le président Erdogan souhaitait mettre la Syrie sous sa coupe et en faire un vassal islamiste. Grâce à l’intervention militaire russe et à l’aide décisive de l’Iran, du Hezbollah libanais et des milices chiites irakiennes, Damas récupère progressivement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, y compris à Idlib. Malgré la présence d’une forte tendance eurasiste au sein de ses unités, Erdogan poursuit sa politique néo-ottomane, ce qui multiplie les frictions avec Moscou.

Outre la Syrie, Ankara soutient militairement en Libye le gouvernement de transition de Fayez el-Sarraj tandis que la Russie appuie le maréchal Khalifa Haftar. La Turquie maintient depuis les années 1990 un blocus draconien contre l’Arménie qui ne fait que défendre son peuple au Haut-Karabakh. Le Liban, la Syrie et Chypre n’apprécient pas que des navires turcs d’exploration pétrolière prospectent dans leurs eaux territoriales. Enfin, haut lieu de placement des capitaux russes, Chypre subit depuis 1974 dans sa partie septentrionale l’occupation militaire turque.

Mécontent de perdre sa carte syrienne, le Reis d’Ankara aurait aimer que les États de l’Union dite européenne le soutiennent et renforcent leurs sanctions contre Moscou. Le refus européen l’incita, au mépris des engagements passés et des millions d’euros déjà versés, à pousser les clandestins à franchir l’Évros et à se ruer sur les îles grecques.

Saturées par une masse démographique incontrôlable qui rend le quotidien déjà difficile plus que pénible, les populations des îles elles-mêmes frappées par l’austérité financière, ne cachent plus leur exaspération. Elles se défendent non seulement contre des intrus qui saccagent églises et chapelles, mais aussi contre des policiers plus que jamais au service de la ploutocratie cosmopolite, de nombreux agents des forces d’occupation mentale que sont les journalistes de l’Établissement mondial et des ONG humanitaires ethno-masochistes.

Ce qui se passe au bord de la Maritza et sur les îles concerne tous les Européens. Le ministre turc de l’Intérieur vient de déployer un millier d’hommes des forces spéciales de la police avec la mission de favoriser le passage en Grèce, voire en Bulgarie, des « migrants ». Comment réagiront-ils face à la résistance des douaniers grecs et bulgares à moins de provoquer un casus belli ? Une guerre de moins en moins froide se prépare aux portes orientales de l’Europe. Courrier International (des 5 au 11 mars 2020) rapporte les propos révélateurs d’un éditorialiste du quotidien turc Star : « Il est temps de rendre la monnaie de sa pièce à l’Europe colonisatrice et à ces croisés démoniaques ». Venant d’un héritier des génocideurs arméniens et des pirates méditerranéens qui réduisaient en esclavage de nombreuses populations européennes, cette affirmation péremptoire ferait sourire si elle n’exprimait pas la conviction profonde de nombreux Turcs.

L’attitude inacceptable d’Ankara mérite une correction. Le 4 mars dernier, Génération Identitaire a lancé sur France-pétitions.com une campagne de signatures demandant au gouvernement français d’habitude prompt à s’engager dans des aventures militaires inutiles d’envoyer des troupes sur l’Évros et en Mer Égée. La France et ses vingt-six partenaires du « Machin de Bruxelles – Strasbourg » s’honoreraient d’y dépêcher le porte-avions Charles-de-Gaulle, du matériel et des soldats. Cette intervention se compléterait par l’envoi supplémentaire de renforts sur l’île italienne de Lempedusa ainsi que dans les enclaves espagnoles en Afrique du Nord de Melilla, de Ceuta, de la presqu’île Velez de la Gomera, de l’archipel Al Hoceima, des treize îles Chaffanires et de l’îlot Persil.

Certes, l’Allemagne, la Belgique, la France et les Pays-Bas comptent désormais d’importantes communautés d’origine turque. Celles-ci pourraient devenir une redoutable cinquième colonne. Ankara les travaille d’ailleurs politiquement par l’intermédiaire, aux Pays-Bas, du parti Denk et, dans l’Hexagone, du Parti Égalité et Justice. Et alors ? En cas de protestations violentes de la part de certains éléments troubles, le recours massif aux LBD s’imposerait sans aucun état d’âme d’autant que l’avenir de l’Europe albo-boréenne se joue à ses confins. Emmanuel Macron a parlé de la « mort cérébrale de l’OTAN » et réclame régulièrement une armée européenne.

Le comportement menaçant de la Turquie constitue un excellent motif pour en jeter les bases opérationnelles. Des Champs Catalauniques en 451 au sacrifice héroïque de Lord Byron à Missolonghi en 1824, les Européens savent d’instinct que leur survie passe par l’union de leurs armes. Plus que le précédent bien connu de la victoire navale de Lépante du 7 octobre 1571 à laquelle le Royaume de France s’abstint pour cause d’alliance avec la Sublime Porte, il faut se souvenir de la bataille navale de Navarin du 20 octobre 1827. Ce jour-là, non loin d’ailleurs de Lépante, les marines britannique, française et russe écrasèrent les flottes ottomanes, égyptienne et barbaresque. Cette victoire européenne aida les indépendantistes grecs et permit en août 1828 le débarquement en Morée, au Sud-Ouest du Péloponnèse, d’un corps expéditionnaire français commandé par le général Maison.

Les Européens ont l’impérieux devoir de retrouver l’esprit de Navarin. Ils doivent arrêter la submersion migratoire, mettre un terme à l’entité fantoche de la République turque de Chypre du Nord, reconnaître le caractère national arménien du Haut-Karabakh, imposer la levée du blocus contre l’Arménie, libérer la Thrace orientale, assurer aux Grecs et aux Russes la maîtrise des détroits du Bosphore et des Dardanelles et, surtout, reprendre un demi-millénaire plus tard notre deuxième Rome : Constantinople.

Source : Europemaxima.com

Sommes-nous dirigés par des sauveurs ou des fossoyeurs ?

Sommes-nous dirigés par des sauveurs ou des fossoyeurs ?

Par Max Chaleil

 

Dupés par le grand show macronien aux postures gaulliennes, aux effets de style cataclysmique : « Nous sommes en guerre… Nous sommes en guerre… », les Français plébisciteraient le Président. Réaction à laquelle on pouvait s’attendre de la part d’un peuple apeuré, désemparé, qui, face à une situation dramatique, a besoin d’un sauveur.

 

Certes, il s’agit aujourd’hui de faire face, de prendre des mesures draconiennes et de rassembler toutes nos ressources et toute notre énergie pour enrayer, sinon contenir l’épidémie. Ainsi a-t-on fermé cafés, restaurants, commerces, crèches, écoles, lycées, universités, théâtres, cinémas, salles de concerts, musées, entreprises diverses… mettant la France à genoux. Paris, aujourd’hui ville morte, offre le même aspect désolé que sous l’Occupation. Pourtant, la fréquentation indispensable des pharmacies, cabinets médicaux, magasins d’alimentation, marchés…, ne comporte-t-elle pas elle aussi des risques de contamination ? On a parallèlement raréfié les transports en commun sans toutefois les arrêter complètement sous peine de paralyser complètement la vie de Paris et du pays.

Véran, le nouveau ministre de la Santé (Agnès Buzyn qui, en service commandé, lui avait, avec réticence, cédé sa place pour une poignée de figues électorales, révèle aujourd’hui avoir alerté Macron en vain le 10 février) a déclaré que le confinement « durera autant qu’il faudra », voire qu’il allait se durcir. Alors, pourquoi le même Véran affirmait-il, le 24 février, « qu’il n’y a pas ce soir de circulation de virus sur le territoire national » !

Que va-t-il rester de l’économie française déjà mal en point après les délocalisations sauvages qui, mondialisme oblige, ont détruit notre industrie et bien d’autres secteurs économiques, et nous a soumis à la Chine qui produisait, à bas prix, nos masques et nos médicaments génériques ? Mais, du fait de l’épidémie en Chine, les exportations ont cessé durant des mois. D’où notre cruelle carence en matière de protection. Une précarité que le gouvernement tente de faire oublier en ranimant quelques entreprises subsistant en France, en raclant de vieux stocks, et en commandant des masques à l’étranger qui devraient arriver incessamment sous peu.

Face au confinement, des voix discordantes se font entendre : ainsi Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, invitait récemment les libraires à rouvrir, sans doute pour obéir à son maître qui, dans son discours guerrier, évoquait « le caractère essentiel du livre et de la culture », alors qu’en 2017, il affirmait qu’il n’y avait pas de culture française. Mais la culture n’étant pas forcément leur tasse de thé, nos piètres politiques pourraient s’interroger sur ces lecteurs que, tout à coup, ils adulent. Alors, sont-ils capables d’imaginer que ceux-ci attendent la réouverture des librairies pour découvrir les livres ou pour en posséder ? La réponse des libraires fut cinglante : comment rouvrir alors que la pénurie de masques les obligerait à travailler sans protection ? Exit de la posture culturelle.

Le 20 mars, Bruno Le Maire, assisté de Macron, sonne le rappel des troupes dans les entreprises, et le chef de l’État, qui avait demandé aux Français de rester chez eux, exhorte maintenant les entrepreneurs et leurs salariés à poursuivre leur activité. C’est clair, le pouvoir veut remettre la France au travail et éviter un arrêt de l’économie déjà bien malade. De plus, le confinement de tout un pays ne saurait se prolonger au-delà de quelques semaines.

Le lendemain, dans un entretien remarquable au Figaro, Henri Guaino qui, lors de la crise de 2008, avait joué un rôle important dans le sauvetage des économies européennes, souligne l’extrême fragilité de nos sociétés où, comme en 2008, « la peur et la panique, la violence qu’elles peuvent engendrer sont un risque épidémique tout aussi dangereux que celui de la maladie ». Il rappelle qu’à la différence de « l’économie de guerre qui mobilise toutes les ressources qui peuvent produire, l’économie du confinement [où nous sommes désormais] qui retire de plus en plus de ressources à la production » risque de conduire à « l’effondrement de l’économie [qui] ajouterait la catastrophe à la catastrophe ». Et, conclut-il, « quelque chose comme La Peste de Camus qui aurait quitté l’imaginaire romanesque pour s’installer dans notre vie quotidienne ». Une situation pouvant déboucher sur des affrontements barbares, impitoyables.

Combien de temps, en effet, l’État pourra-t-il maintenir la France en perfusion : aides aux innombrables PME en difficulté, aux agriculteurs, aux éleveurs, aux pêcheurs (encore que certaines mesures restrictives laissent de côté nombre d’entreprises, ou se contentent de reporter les échéances), aux salariés mis en chômage technique, sans parler du budget Santé en explosion… ? Sans doute en s’endettant un peu plus et franchir sous peu la barre de 3 000 milliards d’euros. Parallèlement, l’UE annonce un plan d’urgence de 750 milliards d’euros pour soutenir l’économie face au Coronavirus. La planche à billets fonctionne mais risque à terme de dévaluer l’euro.

Si les libraires soulignent l’absence de protection due à la pénurie de masques, que dire des récriminations du personnel soignant, admirable de courage et de dévouement, dont les questions sont restées longtemps sans réponse, des policiers, des pompiers, des militaires, du personnel des magasins d’alimentation, des ouvriers d’entreprises encore en marche ?… Bravo la prévoyance car, pour gagner une guerre, encore faut-il la préparer.

Certes, Emmanuel Macron n’est responsable qu’en partie de cette pénurie. En effet, en 2005, après la grippe aviaire et l’épidémie grippale, avait été constitué un stock d’un milliard de masques chirurgicaux et de 600 millions de masques FFP2. Mais le gouvernement Sarkozy a sans doute estimé que ces stocks ne s’imposaient plus, la production, notamment chinoise, étant jugée suffisante. En 2011 il fut décidé que l’État n’avait pas à renouveler les stocks, mais plutôt à les réduire, mission confiée au ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand, aujourd’hui satrape des Hauts-de-France (avec la complicité de la gauche), politicien parfaitement représentatif des combinazione pour garder le pouvoir et ses privilèges. Ce même Xavier Bertrand, qui a sonné le glas de la prévention, n’hésite pas, dans Le Figaro du 21 mars, à se dédouaner sur ses successeurs en prophétisant que « les moments les plus difficiles sont devant nous ». Ne les aurait-il pas quelque peu préparés ?… Mais ni Hollande ni le Macron de 2017 n’ont eu un instant l’idée de renouveler ces stocks, si bien qu’Olivier Véran avouait n’avoir trouvé, en 2020, que 145 millions de masques chirurgicaux (sur un milliard) et des stocks nuls de FFP2 (sur 600 millions).

Quant au traitement de la crise, il est lui aussi ubuesque : dans un premier temps, le pouvoir laisse faire et maintient les vols et les entrées sur le territoire (il est vrai que le Président est un fervent défenseur de l’Europe de Schengen et un fourrier de la mondialisation), alors que d’autres pays européens ont fermé leur territoire.

Le docteur Véran ironise sur le fait que le virus se rit des frontières ; sans doute, mais quid des entrants – migrants compris – qui peuvent être contaminés et contaminer, ce qu’il oublie de dire. Il n’est qu’à voir la façon dont la Corée du Sud, le Japon, Singapour, Taïwan ont fait face : 1/ en fermant les frontières, 2/ en généralisant le port du masque, 3/ en pratiquant systématiquement le test de dépistage pour écarter les personnes positives et les placer en quarantaine. Bilan : ces pays ont enrayé l’épidémie. Nous, en revanche, manquons cruellement de masques, de matériel de dépistage, de gel hydroalcoolique, sans parler du matériel d’assistance respiratoire… et laissons nos frontières ouvertes. On attend que les Français soient massivement infectés et malades pour faire le tri, alors qu’il fallait le faire avant. Résultat : une contamination vertigineuse alors que seul l’endiguement eût été efficace et eût évité la mise en quarantaine de tout un pays pour seulement quelques milliers de cas. Ce qui semble une mesure de bon sens, mais nos politiques savent-ils seulement ce que c’est ?

Pourtant les systèmes d’alarme n’ont pas manqué, ce que rappelait Le Figaro du 20 mars :

  • En 2008, le Centre d’analyses prospectives de la CIA et de la Communauté de renseignement américain alertait sur « l’émergence d’une maladie respiratoire humaine hautement transmissible et pour laquelle il n’y aurait pas de contre-mesure adéquate [et qui] pourrait déclencher une « pandémie mondiale » […] Elle apparaîtra probablement dans une zone densément peuplée, où les animaux et les hommes vivent à proximité les uns des autres, comme en Chine ou en Asie du Sud-Est. […] Dans un tel scénario, une capacité de surveillance sanitaire insuffisante au sein de la nation d’origine empêcherait probablement l’identification précoce de la maladie. La lenteur de la réaction de la santé publique retarderait la prise de conscience de l’émergence d’un agent pathogène hautement transmissible. […] Malgré les limites imposées aux voyages internationaux, des voyageurs présentant des symptômes bénins ou asymptomatiques pourraient transporter la maladie vers d’autres continents. »
  • La même année, en France, le Livre blanc de la Défense évoque « les désorganisations sociales que peuvent provoquer de nouveaux types d’épidémies où les accidents climatiques violents font partie des risques d’ampleur nouvelle qui pèsent sur la collectivité nationale et peuvent provoquer de nouveaux types d’épidémie ».
  • Le Livre blanc de 2013 enfonçait le clou, le risque s’étant amplifié : « En matière sanitaire en raison de « la circulation des personnes et des marchandises, la concentration des populations dans les mégapoles et les défaillances des systèmes de santé dans certaines zones [qui] favorisent la survenue de crises majeures. Le risque existe d’une nouvelle pandémie fortement pathogène et à forte létalité, résultant par exemple de l’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou d’un virus échappé d’un laboratoire de confinement. »
  • La revue stratégique en 2017 reprendra ces analyses. Et la même année, Bill Gates, milliardaire recyclé en militant humanitaire, lançait un cri d’alarme à la Conférence sur la sécurité de Munich : « Une chose est à peu près certaine, une pandémie mondiale fortement mortelle arrivera durant notre vie. » Et il importe de s’y préparer « comme les militaires se préparent à la guerre ».

Mais, bien sûr, les différents pouvoirs n’ont rien vu, rien entendu, préférant donner la priorité aux porte-parole du lobby LGTB, du mariage pour tous, de la PMA, de la GPA, aux adorateurs du transgenre, de l’écriture inclusive, à l’écolo-potiche Greta, aux militants bien-pensants EELV, aux féministes radicales, aux multiculturalistes, aux racialistes, aux Indigènes de la République, tout en s’acharnant sur l’école, la famille, l’histoire et la culture nationales, les retraites, en menant la guerre aux Gilets jaunes, en endormant, en intoxiquant…

Il faut dire que ces prévisions alarmistes remettaient en cause le mythe de la « mondialisation heureuse » révérée par Son Excellence élyséenne et vénérée par la Communauté européenne dont l’action dans la crise sanitaire est pourtant d’une exceptionnelle inefficacité. Ce qui montre une fois encore (cf. la crise migratoire et les pressions d’Erdogan) que « l’Europe qui protège » est plutôt une Europe de profiteurs et de prédateurs, un « machin » bureaucratique qui ne sert à rien sinon à détruire les États qu’il emprisonne dans ses dogmes absurdes. Prévisions inacceptables visant la vache sacrée mondialiste, bien plus grave à leurs yeux que les risques d’épidémies ou d’attaques bactériologiques, l’augmentation vertigineuse de la délinquance, du deal et de la violence, l’islamisation de la société…

L’argent et la paix sociale d’abord, la nation et les Français ensuite. Ce faisant, notre pays comme d’autres pays européens s’est offert en pâture à la pandémie, comme il s’offre aujourd’hui, dans les quartiers sensibles (désignation politiquement correcte des territoires perdus de la République), aux attaques des voyous et dealers qui profitent de l’épidémie pour affirmer leur domination et exercer leur business en toute impunité.

Alors, sauveurs ou fossoyeurs ?…

Les Algériens, eux aussi frappés par le virus, ont gardé le sens de l’humour, du moins les citoyens lucides, attachés à la laïcité et à la liberté de conscience, à des années-lumière des bigots de l’islam et autres fanatiques arriérés avec lesquels, pourtant, ils doivent cohabiter. Algériens qui font preuve d’un étonnant courage : peut-on comparer un seul instant les positions des écrivains Samsal et Daoud, de la journaliste Zineb El Rhazoui, tous menacés de mort, avec nos collabos thuriféraires de l’islam : Plenel, Badiou, Ben Bassa et autres ennemis de la République et de la laïcité ? Comme me le confiait au téléphone un ami algérien pince-sans-rire, l’épidémie du Coronavirus ne doit pas faire oublier celle du Coran-à-virus qui elle aussi progresse, contamine et risque de profiter du grand chambardement pour poursuivre sa conquête de l’Occident.

Hubert Védrine : « L’Union européenne, le marché unique, ont été conçus pour un monde sans tragédie »

Hubert Védrine : « L’Union européenne, le marché unique, ont été conçus pour un monde sans tragédie »

D’après Breizh-Info

 

Dans un entretien accordé au Figaro, l’ancien ministre des Affaires étrangères (1997 – 2002) Hubert Védrine analyse ce que révèle la crise du covid-19. Un regard lucide sur l’état du monde d’aujourd’hui, mêlé à une confiance étonnante dans la capacité du Système à se réformer et surmonter cette crise sans précédent.

 

Pour Hubert Védrine, la crise actuelle « révèle ou confirme qu’il n’existe pas encore de réelle communauté internationale ou qu’elle n’est pas préparée à faire face à une pandémie mondiale ». Notant que « la mondialisation a été essentiellement (…) une déréglementation financière et une localisation des productions industrielles là où les coûts salariaux étaient les plus faibles, en Chine, et dans les autres pays émergents », il constate également que « l’Union européenne, le marché unique, et la politique de la concurrence ont été conçues pour un monde sans tragédie. »

 

« L’idée de mondialisation heureuse va être mise à mal »

La crise confirme, souligne l’ancien ministre, qu’aujourd’hui « la Chine est numéro un bis et ne s’en cache plus ». Selon lui, « il n’y a pas à reprocher aux Chinois d’avoir tiré parti de la mondialisation », mais par contre « c’est à nous, Européens, de nous interroger sur notre stratégie, sur notre naïveté ». Un constat « très dur pour les Européens qui se voyaient encore comme l’avant-garde civilisationnelle du monde. » Et de s’interroger : « N’est-ce pas tout un mode de vie insouciant, hédoniste, individualiste et festif, qui est mis en cause ? Ce mode de vie se traduit par une mobilité permanente sans limite ni entraves ».

Bien entendu, cette crise sans précédent ne devrait pas rester sans conséquence. Hubert Védrine est convaincu que « l’idée de mondialisation heureuse » va être mise à mal. C’est « tout un mode de vie insouciant, hédoniste, individualiste et festif, qui semble devenu le premier des droits de l’homme, » qui est remis en cause.  Un mode de vie qui se traduit, selon lui, « pour tout ou partie de l’humanité, par une mobilité permanente sans limite ni entraves, type mouvement brownien ».

L’économie casino

L’ancien diplomate estime qu’ « il faudrait également remettre en cause aussi « l’économie casino » financièrement sans borne (…). Tout cela ne remet pas seulement en cause un mode de vie mais toute une civilisation. La nôtre, sauf parade absolue. » Un constat « vertigineux ».

Autre dogme mis à mal par la crise, celui de l’ouverture des frontières. Pour Védrine, « ce dogme a déjà été sérieusement remis en cause au sein de Schengen face à la vague migratoire des dernières années, consécutive à la guerre de Syrie. Mais le choc du coronavirus est en train de pulvériser un certain nombre de réflexes, d’idéologies et de croyances très enracinées. »

Selon lui, « comme on avait autrefois évangélisé, colonisé, civilisé, on a pensé qu’on allait ouvrir le monde. Démarche émouvante, sympathique, naïve, prétentieuse et dangereuse tout à la fois. »

Beaucoup de leçons à tirer et de changements à opérer

A la question : quelles leçons à tirer après la crise ? Hubert Védrine affirme que, même si « de puissantes forces d’inertie économiques, commerciales et sociétales vont exiger le retour à la « normale », il y aura « beaucoup de leçons à tirer et de changements à opérer. »

La prévention des futures pandémies – « inévitables » – implique, selon lui, de « créer un système opérationnel de coopération internationale entre gouvernements – plus sûr qu’une fumeuse « gouvernance mondiale » – pour détecter immédiatement, alerter, organiser les mesures de précaution et les traitements ».

Tout écologiser

Pour l’ancien patron du Quai d’Orsay, « il faudra aussi tout écologiser : agriculture, agro-industries, industries (y compris chimiques), transports, construction, énergie, modes de calculs macroéconomiques (type PIB). Cela conduira à re-régionaliser davantage les courants économiques. À rendre la production et l’économie circulaires (plus de recyclage, moins de déchets). Cela mènera à une mutation en dix ou quinze ans de l’agriculture et de l’agro-industrie. À une révolution dans les transports, et dans d’autres domaines ».

En conclusion, Hubert Védrine affirme que si « l’urgence est bien sûr de stopper la pandémie et d’éviter le collapse économique (et donc social) », il attend d’Emmanuel Macron « qu’il orchestre « l’après », à tous les niveaux. C’est une occasion historique ». 

Mais l’hôte de l’Élysée sera-t-il à la hauteur de l’enjeu ? C’est là toute la question.

 

Monsieur Popu conchie les bobos

Monsieur Popu conchie les bobos

D’après l’Institut des Libertés

 

Avec le Riton, Monsieur Popu a décrété que Jaligny-sur-loir deviendrait la réserve des « faces de craies ».  Décision prise, depuis qu’ils ont lu dans un hebdomadaire ayant pignon sur rue que c’était comme cela qu’on les nommait dans les banlieues !

Et il y aussi ces quelques néo-ruraux qui sont venus s’installer à la campagne. Des « néo-cons » comme les affuble le Popu.

Ils sont pires que le Coronavirus. A peine installé, ils ont contaminé le village avec les emmerdes. Le tintement des cloches de l’église c’est une atteinte à la laïcité. Le chant des coqs de la mère Fouilloux c’est du tapage diurne. Cerise sur le gâteau, les vaches du père Gaston qui produiraient des émanations pestilentielles c’est un trouble à l’ordre public !

Huissier de justice, plainte à la gendarmerie et tout le saint-frusquin pour faire déplacer la ferme du dab ! 

Et ça se dit écologiste ! Ah faut les voir en extase devant les éoliennes !  Mais, Popu a calculé qu’avec toutes les toupies de béton qu’ils foutent dans la terre pour planter leur mat, on pourrait aligner tous ces camions comme des barques et faire un joli pont sur l’onde traversant la Manche ! On arriverait tranquille à pince chez les british ! Et depuis, le Brexit, Popu se tâte pour faire une demande, au 10 Downing Street, d’asile politique pour aller s’installer à Guernesey. Comme les anglais pendant la guerre de cent ans avaient occupé Jaligny sur loir, Popu se dit que cela serait plus facile à obtenir l’asile que chez Poutine ! Ce truc-là marche bien avec les anciennes colonies alors autant profiter du système pour une fois ! 

Ah ! j’allais oublier. Il faut les voir les « Néo-Cons » poussant la porte du bistrot de la Laurette pour acheter leur presse du Bobo land. De vrais explorateurs ! Une plongée en apnée dans l’univers des « Rougon-Macquart » ! Ils viennent observer l’affreux Popu, l’ivrognerie prolétarienne, le phraser charretier ! Tout juste si les paltoquets ne crient pas en pénétrant dans l’estaminet « Ohé, la coterie ! ». 

Il faut dire que ces cons là n’ont jamais vu de Popu. Des trottoirs de Neuilly sur seine au lycée Henri IV, Hypokhâgne à Science po, puis L’ENA. Il n’y a pas l’ombre d’une trace de Popu dans ce monde-là. Pas de discrimination positive pour le Popu !

Popu n’est pas un naïf. Il ne croit pas ce qu’il lit dans les journaux. Les canards sont devenus les chemins de fer du mensonge !  De vrai TGV ! La « propagandastafel » du nouveau monde ! 

Popu est rentré en résistance avec le Riton. Ils tiennent Chez la Laurette une tribune jour-na-lis-tique.

Certes, Le Popu est un autodidacte mais il sait traquer la « Fake news » et commenter l’actu. Pour faciliter sa tâche, il ne regarde que la « 15 », la chaîne du bobard permanent ! Et lit consciencieusement les articles du Plenel c’est une bonne lecture dans le piège à cons !

Le bobo ça excite le Popu ! Alors, chaque fois qu’un de ces caves pousse la porte du bistrot de chez La Laurette, avec le Riton ils se mettent au garde à vous devant la téloche. Solennellement, ils entament à pleins poumons l’hymne Jalignois « Radio Bobinard vous ment, Radio Bobinard est Macroniste » ! Le collabo Philippe Henriot aurait eu sa place sur radio Bobinard ! Le « polit buro » de la bien-pensance devrait s’installer au 93, rue Lauriston. Personne ne verrait de différence avec les gestapistes de la bande Bonny-Laffont ! 

Et puis, il ne faut pas prendre le Popu pour un canard sauvage ! Il a débusqué la manigance. Le mec à l’écharpe rouge sur Radio Bobinard c’est le véritable porte-parole du gouvernement, la Sibeth c’est une doublure !

Martinez, Laurent Berger, Sud Rail, les députés de la LREM tous comme deux ronds de flan avec le 49-3 du généralissime Édouardé Philippé. Nagasaki sur Seine ! L’enflure, il a fait le coup un samedi ! Bien préparé l’emmancherie, toute la semaine, ils ont vociféré sur radio bobard que le 49-3 n’était même pas dans les tuyaux et boum !

D’après une source proche de l’armée mexicaine des Marcheurs, au général Edouardo Philippé qui demandait la confirmation de larguer la bombe, el présidenté lui aurait répondu « vas-y Franco mon général » ! 

Avec les agités du bocal qui veulent déclencher un nouveau plan ORSEC contre la réforme des retraites, Popu s’apprêtent à redevenir un marcheur à pied pour aller à Paname ! C’est encore une fois de plus le Popu qui va passer à la caisse pour payer l’addition ! Baisé par le politique, emmerdé par les syndicalistes ! Tel est le sort de Popu.

Poupoule c’est le seul encarté répertorié du village du parti de la Dame de Montretout. Il a annoncé à Popu et au Riton que cette dernière allait quitter la Présidence de son parti. C’est çà bien sûr ! Elle ne va pas la faire à l’envers au Popu. Avec tous les chromes qu’elle doit à gauche et à droite, la Dame de Montretout se fait la cerise avant de mettre les clefs sous la porte ! Mais une chose est sûre, elle ne partira pas avec la caisse !!! 

Popu s’est fendu la poire en voyant la tronche de tous les bobos à la soirée de « Canal plus de pourriture » ! On aurait dit que la salle était remplie de Chinetoques tellement que tous riaient jaune !

Le Vincent Cassel, il entravait que dalle lorsque la nominée leur reprochait qu’il y avait trop de faces de craies dans la salle et qu’il fallait penser à laisser la place aux indiens !

Il semblerait que le coup de sifflet de la fin de la coexistence pacifique a été donné.

Ça commence à sentir de plus en plus le sang chaud pour les maîtres des centres urbains, les serviteurs semblent vouloir prendre leur place.

Mais ce jour-là, Popu n’aura aucun geste de compassion.

 

Car dans la France profonde, Popu survivra ….

La chloroquine est-elle un poison ?

La chloroquine est-elle un poison ?

Le billet de Bernard Dusept

 

Oui, si on ne respecte pas les doses prescrites en fonction de son poids.

Non, si on les respecte.

Tous les gens ayant vécu en Afrique, savent que l’on peut se suicider en avalant 15 cachets de nivaquine (dosés à 100 mg). J’ai été le témoin d’un suicide à la nivaquine en 1971 à Bamako. Une française, commerçante, avait choisi de se libérer de la vie par ce moyen. 

Ce cachet, est absorbé quotidiennement par des millions de gens en vue de se prémunir d’une crise de paludisme.

Dosé à 100 mg du principe actif, j’ai pris tous les jours à midi, mon cachet, comme tous les européens. 

Pourquoi à midi ? parce qu’un des effets secondaires peut être l’insomnie. Je dois dire quand même que le café ou le coca me font le même effet.

Paradoxalement, les vieux toubibs coloniaux m’ont toujours affirmé que la prise de ce cachet n’empêchait pas d’avoir une crise de paludisme mais qu’elle permettait d’habituer le corps à la prise de ce médicament ce qui permettait, sans crainte, d’augmenter les doses curatives, 

en cas de crise de psalmodiun falciparum (forme africaine du palu) : jusqu’à 6 cachets en 24 heures, sans risques cardiaques. 

Effectivement, j’ai eu deux ou trois crises et en augmentant les doses (2 ou 3 fois 2 cachets) je m’en suis sorti en 24 ou 48 h. 

Pour les bébés, la prise se faisait sous forme de sirop et mon fils ainé, né en 1971 à Bamako, en a bu pendant sa première année, sans aucune séquelle.

Ayant eu une crise sévère, en rentrant de Brazzaville, en 1988, une semaine d’hospitalisation à Montpellier, m’a permis de constater que la quinine m’a sauvé la vie : perfusion massive par 24 heures de 1500 mg par jour, avec pour seule conséquence des insomnies qui ont mis une semaine à disparaître et des acouphènes. 

Je ne sais pas si la chloroquine guérit du coronavirus, mais ce que je sais c’est qu’elle ne vous empoisonnera pas puisque la dose prescrite par le Professeur Didier Raoult est de 600 mg par jour.

 

Léger problème, cependant : y en aura-t-il pour tout le monde ???

Crise sanitaire, crise civilisationnelle

Crise sanitaire, crise civilisationnelle

Par Michel Maffesoli

 

Au-delà de nos humeurs, craintes, convictions, réactions, consentement, toutes choses étant de l’ordre de l’opinion, il convient d’aller à l’essentiel. C’est-à-dire, qu’au-delà des apparences, ce que le poète nomme bellement « le clapotis des causes secondes », revenir à l’être des choses. En-deçà des « médiations », de ces évidences déversées ad nauseam par l’intelligentsia, revenir à ce qui est immédiatement évident. Ce que la sagesse populaire a su formuler d’une manière lapidaire : tout passe, tout casse, tout lasse !

En la matière fin d’une Modernité en bout de course. Saturation d’un ensemble de valeurs de plus en plus désuètes. 

Rappelons-nous, ici, d’une des étymologies du terme crise : « krisis » comme le jugement porté par ce qui est en train de naître sur ce qui est en train de mourir. Cela, on l’oublie trop souvent, en réduisant la crise à son aspect économique. Simple dysfonctionnement de ce que mon regretté ami, Jean Baudrillard, nommait « la société de consommation », que quelques ajustements d’ordre politique ne manqueraient pas de corriger pour le plus grand bien de tous. 

C’est ainsi que l’on peut comprendre la « crise sanitaire » comme une modalité d’une crise sociétale en cours, d’un changement de paradigme bien plus profond.

En d’autres termes, la crise sanitaire comme expression visible d’une dégénérescence invisible. Dégénérescence d’une civilisation ayant fait son temps. Civilisation dont le paradigme n’est plus reconnu. La matrice de l’être-ensemble est devenue inféconde.

Le rationalisme à courte vue peut concéder qu’il s’agit là d’une allégorie quelque peu mystérieuse, voire mystique. Mais l’histoire ne manque pas d’exemples en ce sens. Il y en a même à foison. Je me contente de rappeler la grande peste corrélative de la fin de l’Empire romain. La fameuse peste « antonine » en 190, tout en causant des millions de morts marqua le début de la décadence romaine. 

Et que dire de la « peste noire », appelée également « mort noire » qui au XIVème siècle fut corollaire de la fin du Moyen-Âge ? La Renaissance devait lui succéder. Ce que les historiens nomment Black Death exprime bien le deuil qu’il convenait de faire vis-à-vis d’un ensemble de valeurs n’étant plus en adéquation avec un nouvel esprit du temps en gestation.

Terminons-en avec la métaphore. Mais voilà fort longtemps qu’avec quelques autres, tout en subissant les foudres d’une intelligentsia apeurée, je pointe, souligne, analyse la décadence de la modernité. La fin d’un monde n’étant plus défendu que par des castes fières de leur supériorité illusoire continuant à seriner leurs fallacieuses élucubrations. Il s’agit là d’une « société officielle » de plus en plus déconnectée de la vie réelle. Et donc incapable de voir la dégénérescence intellectuelle, politique dont les symptômes sont de plus en plus évidents. 

Dégénérescence de quoi, sinon du mythe progressiste ? J’avais montré dès 1979 que corrélativement à l’idéologie du service public, ce progressisme s’employait à justifier la domination sur la nature, à négliger les lois primordiales de celle-ci et à construire un monde selon les seuls principes d’un rationalisme dont l’aspect morbide apparaît de plus en plus évident. La Violence totalitaire[1] d’un progressisme à la fois benêt et destructeur.

J’ai dit qu’il convenait de s’attacher à l’essentiel. Le point nodal de l’idéologie progressiste, c’est l’ambition voire la prétention de tout résoudre, de tout améliorer afin d’aboutir à une société parfaite et à un homme potentiellement immortel. 

Qu’on le sache ou non, la dialectique, thèse, antithèse, synthèse est le mécanisme intellectuel dominant. Le concept hégélien de « dépassement » (Aufhebung), est le maître mot de la mythologie progressiste. C’est stricto sensu, une conception du monde « dramatique », c’est-à-dire reposant sur la capacité à trouver une solution, une résolution à ce qui peut faire obstacle à la perfection à venir.

Il est une formule de K. Marx qui résume bien une telle mythologie : chaque société ne se pose que les problèmes qu’elle peut résoudre. Ambition, prétention de tout maîtriser. C’est l’économie du salut ou l’histoire du salut d’obédience judéo-chrétienne qui, dans les grands systèmes socialisant du XIXe siècle deviennent « profanes », et vont inspirer tous les programmes politiques, gauche et droite confondues. 

C’est bien cette conception dramatique, donc optimiste qui est en train de s’achever. Et, dans le balancement inexorable des histoires humaines, c’est « le sentiment du tragique de la vie » (Miguel de Unanumo) qui à nouveau, tend à prévaloir. Le dramatique, je l’ai dit, est résolument optimiste. Le tragique est aporique, c’est-à-dire sans solution. La vie est ce qu’elle est.

Plutôt que de vouloir dominer la nature, on s’accorde à elle. Selon l’adage populaire, « on ne commande bien la nature qu’en lui obéissant ». La mort, dès lors, n’est plus ce que l’on pourra dépasser. Mais ce avec quoi il convient de s’accorder.

Voilà ce que rappelle, en majeur, la « crise sanitaire ». La mort pandémique est le symbole de la fin de l’optimisme propre au progressisme moderne. On peut le considérer comme une expression du mystique pressentiment que la fin d’une civilisation peut être une délivrance et, en son sens fort, l’indice d’une renaissance. « Index », ce qui pointe la continuité d’un vitalisme essentiel ! 

La mort possible, menace vécue quotidiennement, réalité que l’on ne peut pas nier, que l’on ne peut plus dénier, la mort qu’inexorablement l’on est obligé de comptabiliser, cette mort, omniprésente, rappelle dans sa concrétude que c’est un ordre des choses qui est en train de s’achever.

Ce qui est concret, je le rappelle : cum crescere, c’est ce qui « croît avec », avec un réel irréfragable. Et ce réel, c’est peut-être ? réellement ? la mort de cet « ordre des choses » ayant constitué le monde moderne ! 

Mort de l’économicisme dominant, de cette prévalence de l’infrastructure économique d’origine marxiste, cause et effet d’un matérialisme à courte vue. Outre la « société de consommation », Jean Baudrillard a fort bien montré en quoi toute la vie sociale n’était qu’un « miroir de la production ». Ce qui est la réduction d’un être-ensemble essentiel à un « étant » on ne peut plus abstrait, uniquement préoccupé par le matériel que l’on ne maîtrise plus. On ne possède plus les objets, l’on est possédé par eux !

Mort d’une conception purement individualiste de l’existence. Certes, les élites déphasées continuent à émettre des poncifs du type « compte tenu de l’individualisme contemporain », et autres sornettes de la même eau. Mais l’angoisse de la finitude, finitude dont on ne peut plus cacher la réalité, incite, tout au contraire, à rechercher l’entraide, le partage, l’échange, le bénévolat et autres valeurs du même acabit que le matérialisme moderne avait cru dépasser.

Même « confinés » dans leur appartement, il est intéressant de noter que les chants patriotiques ou celui du répertoire populaire, sont repris en commun. Et ce afin de conjurer, collectivement l’angoisse propre au sentiment de finitude et, ainsi, d’exprimer la solidarité devant la mort. 

Encore plus flagrant, la crise sanitaire signe la mort de la mondialisation, valeur dominante d’une élite qui, toutes tendances confondues, reste obnubilée par un marché sans limite, sans frontière où, là encore, l’objet prévaut sur le sujet, le matériel sur le spirituel.

Souvenons-nous de la judicieuse expression du philosophe Georg Simmel, rappelant que le bon équilibre de toute vie sociale est l’accord devant exister entre le « pont et la porte ». Le pont nécessaire à la relation, et la porte relativisant cette relation afin d’accéder à une harmonie bénéfique pour tout un chacun.

Cette mondialisation à outrance est, c’est difficile à le reconnaître, l’héritage de l’Universalisme propre à la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle. Et la saturation d’un tel état de choses va valoriser le localisme. Ce que l’École de Palo Alto, en Californie, a nommé avec justesse, la « proxémie ». C’est-à-dire l’interaction existant entre l’environnement naturel et l’environnement social. 

Ce que j’ai appelé « Ecosophie », sagesse de la maison commune, ou, en termes plus familiers, reconnaître que « le lieu fait lien ». Toutes choses rappelant qu’à l’encontre du leitmotiv marxiste : « l’air de la ville rend libre », formule archétype du déracinement, la glèbe natale retrouve une force et vigueur indéniables.

Enracinement dynamique rappelant que, comme toute plante, la plante humaine a besoin de racines pour pouvoir croître, avec force, justesse et beauté ! Ainsi face à la mort on ne peut plus présente, est rappelé la nécessité de la solidarité propre à un « idéal communautaire » que certains continuent à stigmatiser en le taxant, sottement, de communautarisme. 

Certains ? Qui sont-ils ? Tout simplement ceux qui ayant le pouvoir de dire et de faire, continuent à défendre bec et ongles l’économicisme, l’individualisme, le mondialisme, le matérialisme dont il a été question.

La consanguinité des élites est chose évidente. Leur endogamie est chose mortifère. Cet entre-soi est, on ne peut plus, manifeste dans les poncifs moraux dont les oligarques se gargarisent. Lieux-communs cachant mal, leur culte atavique de l’argent, leur orthodoxie économiciste et leur célébration d’une échelle de valeurs de fait dépassée. Tout ceci à coup d’incantations : démocratie, valeurs républicaines, laïcité, progressisme, etc.

Tout cela s’exprimant dans des formules alambiquées où les esprits aigus et le bon sens populaire repèrent aisément les amphibologies et les cercles vicieux. Formules stéréotypées ne traduisant que l’essence de leurs pratiques et le fondement de leur désir profond, celui d’une « suradministration » leur assurant un pouvoir indépassable sur un peuple indécrottablement débile. 

Ces élites ayant oublié que commander c’est servir. Ce que traduit l’adage exprimant au mieux la cohésion sociale : regnare servire est. En bref, l’équilibre devant exister entre la puissance de l’instituant et le pouvoir de l’institué, c’est-à-dire des institutions économiques, politiques, sociales.

C’est parce qu’elles ne saisissent pas que la mort quotidienne, se rappelant à notre bon souvenir, signe inéluctablement, la mort de la matérialiste civilisation moderne, qu’il va y avoir ce que le sociologue Vilfredo Pareto nommait, justement, la circulation des élites.

Circulation qui, Internet aidant, prend acte de la mort de la verticalité du pouvoir au profit de l’horizontalité de la puissance sociétale. Je l’ai souvent rappelé, la postmodernité n’est rien d’autre que la synergie de l’archaïque et du développement technologique. Autre manière de dire le retour du partage, de l’échange, de la solidarité et autres valeurs premières, fondamentales que la paranoïa des élites modernes avait cru, dialectique aidant, pouvoir « dépasser ». 

La mort de la civilisation utilitariste où le lien social est à dominante mécanique, permet de repérer la réémergence d’une solidarité organique. Organicité que la pensée ésotérique nomme « synarchie ». Ce qu’avait également bien analysé Georges Dumézil en rappelant l’interaction et l’équilibre existant, à certains moments, entre les « trois fonctions sociales ».

La fonction spirituelle, fondant le politique, le militaire, le juridique et aboutissant à la solidarité sociétale. Ainsi, au-delà de la suradministration déconnectée du Réel, c’est bien un tel holisme que l’on voit resurgir de nos jours. 

Mais la prise en compte d’une telle synarchie organique nécessite que l’on sache le dire avec les mots étant le plus en pertinence avec le temps. Il est amusant, il vaudrait mieux dire désolant, de lire sous la plume d’un éditorialiste bien en cour, que la situation est dramatique et quelques lignes plus loin parler de son aspect tragique.

La formule de Platon, toujours d’actualité : « la fraude aux mots », est le signe inéluctable d’une dégénérescence achevée. La conception « dramatique » est le propre d’une élite croyant trouver à tout une solution opportune. Le « tragique », bien au contraire, s’accorde à la mort. Il sait, d’un savoir incorporé, savoir propre à la sagesse populaire, vivre la mort de tous les jours. 

Voilà en quoi la crise sanitaire porteuse de mort individuelle est l’indice d’une crise civilisationnelle, celle de la mort du paradigme progressiste ayant fait son temps. Peut-être est-ce cela qui fait que le tragique ambiant, vécu au quotidien, est loin d’être morose, conscient qu’il est d’une résurrection en cours.

Celle où dans l’être-ensemble, dans l’être avec, dans le visible social, l’invisible spirituel occupera une place de choix.

 

A paraître : La nostalgie du sacré, éditions du Cerf, 2020

[1] M.Maffesoli, La Violence totalitaire (1979) in Après la modernité, CNRS Éditions, 2008.