Régions : Marion Maréchal-Le Pen a quarante ans de retard

Régions : Marion Maréchal-Le Pen a quarante ans de retard

 

D’après Breizh-Info.com

 

Deux jacobins « XXL » peuplent la vie politique française : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le second ne manque pas une occasion de dire tout le mal qu’il pense du régionalisme et de l’idée bretonne. Manifestement, il aurait été à son aise lors de la Convention montagnarde. La première, si elle apparait moins bavarde sur le sujet, n’en possède pas moins des positions très arrêtées sur la question régionale.

Comme son père, elle est à 100% jacobine : on gouverne la France, des territoires avec des préfets forcément sortis de l’ENA – donc des gens formatés centralisation et hostiles par principe et par religion à toute forme de régionalisation. Les préfets sont l’avenir du Front National !

Pour ce parti, le département fait figure de « graal » auquel il est interdit de toucher car présentant toutes les qualités et tous les avantages. C’est oublier que lors de sa création en 1790, le département répondait à une logique qui n’est plus d’actualité aujourd’hui. En effet, en 2014, il apparait trop petit par rapport à la région, seule en mesure de mener une véritable politique d’aménagement du territoire, mais aussi trop grand par rapport à l’intercommunalité, la mieux placée pour assurer une réelle proximité ; si bien qu’on peut voir en lui le « maillon faible ».

Lors de la discussion du projet de loi relatif à la délimitation des régions, c’est Marion Maréchal-Le Pen, la nièce, qui a donc expliqué à ses collègues députés tout le bien qu’il fallait penser dudit département. Ce dernier, « gage d’efficacité et de proximité, doit non seulement être conforté dans son rôle de garant des solidarités territoriales et sociales, mais, aussi, renforcés dans ses compétences en matière de gestion des services publics locaux en se voyant attribuer une partie des compétences dévolues aujourd’hui aux régions – lycées et santé, par exemple – pour les exercer avec celles qu’il a déjà. »

Mais ce n’est pas tout. Le fameux département « doit devenir l’échelon privilégié des questions intercommunales. Cela évitera de créer de multiples intercommunalités qui diluent le pouvoir de décision et qui morcellent le territoire au gré des alliances politiques. »

C’est oublier que si primauté de la région et de l’intercommunalité il y a, le département est forcément condamné à disparaître si l’on veut éviter les doublons.

Quant à la région, dans les propositions de Marion Maréchal Le Pen, elle se voit réduite à peau de chagrin. « Les régions doivent être complémentaires et non concurrentes des départements, en devenant des établissements publics de coordination départementale composés d’élus départementaux. Les doublons doivent cesser par la suppression de la clause régionale de compétence et une redistribution claire de celle-ci. » (17 juillet 2014)

A coup sûr, Mme Maréchal Le Pen se tire une balle dans le pied avec une idée aussi bizarre. En effet, cette dernière entrainerait une disparition des élections régionales, compétition à laquelle le FN, grâce à la représentation proportionnelle, parviendra, en décembre 2015, à obtenir un nombre d’élus substantiels – et ainsi à professionnaliser une partie de ses cadres.

Alors qu’avec les élections départementales, prévues en mars 2015, avec le scrutin uninominal majoritaire, le FN ne pourra engranger qu’une poignée d’élus. Mme Maréchal-Le Pen tire contre son camp ; ce n’est pas une grande politique.

Il est vrai qu’elle n’a peut-être pas encore compris à qui elle doit son élection en juin 2012 ; au second tour, les électeurs du Front de gauche ont préféré voter FN plutôt que PS …
Ce sont eux qui l’ont envoyée au Palais-Bourbon, mais il semble qu’elle ne s’en soit pas aperçu.

Avec ces « établissements publics de coordination départementale », nous faisons un bond en arrière. Nous revenons aux « établissements publics régionaux » créés par la loi du 5 juillet 1972.
Le Premier ministre s’appelait alors Jacques Chaban-Delmas, girondin convaincu, qui, après l’échec du référendum initié par Charles de Gaulle sur la régionalisation (27 avril 1969), recherchait un moyen de relancer la décentralisation. Avec les EPR, on faisait avancer le schmilblick tout en n’effarouchant pas les jacobins ; ces « établissements » s’installaient dans le périmètre prévu par le décret du 2 juin 1960. Donc la Bretagne à 4 départements d’un côté et les Pays de la Loire de l’autre.

Ayant à leur tête un conseil régional composés d’élus désignés au suffrage universel indirect, un comité économique et social à vocation consultative et un préfet de région doté du pouvoir exécutif, ces EPR étaient régis par le principe de spécialité, suivant l’article 4 de la loi du 5 juillet 1972 ; ils avaient, dans le cadre de procédures limitativement définies, pour seule mission de « favoriser le développement économique et social de la région ».
Mais ils avaient considérablement élargis, en quelques années, leur champ d’intervention. Leur mutation en collectivité territoriale fût assurée par la loi du 2 mars 1982 (Defferre).

Un établissement public territorial a par définition, comme une collectivité locale, une vocation territoriale. Mais à la différence de celle-ci ne lui est imparti que quelques missions. Ses interventions sont régies par le principe de « spécialité » d’une part, et, d’autre part, sa gestion est assurée par un conseil d’administration qui, s’il est composé d’élus, ne peut être assimilé à un conseil (municipal, général ou régional) procédant du suffrage universel direct. (Dictionnaire constitutionnel PUF).

Dans le cas des EPR, le conseil régional était composé de députés et des sénateurs de la région. Mais aussi des maires des grandes villes et de représentants des conseils généraux désignés par leur assemblée.
Il faudra attendre mars 1986 pour que les conseillers régionaux soient élus au suffrage universel direct.

A l’époque du conseil régionale sauce EPR, le cumul était pratiqué dans les grandes largeurs. Après la disparition de René Pleven de la scène politique bretonne – battu aux législatives de 1973 à Dinan par Charles Josselin – Raymond Marcellin put devenir président du conseil régional de Bretagne, tout en restant président du conseil général du Morbihan et député-maire de Vannes. C’était le bon temps …

« Bon temps » que Marion Maréchal-Le Pen n’a pas connu mais qui semble, pourtant, la fasciner. Dans les « territoires », les préfets étaient les patrons puisqu’ils assuraient l’exécutif des EPR et des conseils généraux. A côté, les élus faisait figure de petits personnages – sauf s’ils étaient ministres – aux pouvoirs limités. C’est ce à quoi aspire MMLP, semble-t-il.

Pourtant, l’intéressée n’a pas tout mauvais, puisque, au milieu de son réquisitoire anti-Hollande et anti-Valls, elle parvient à glisser six lignes sympathiques : « ce redécoupage n’a aucune véritable cohérence géographique, culturelle et économique. La fusion de la Champagne-Ardenne, de l’Alsace et de la Lorraine est une véritable aberration historique. La Bretagne, quant à elle, n’est toujours pas réunifiée. » 

On appelle cela le service minimum.

Une question pertinente : puisque le FN est hostile à la région, pourquoi présentera-t-il des candidats aux élections régionales de décembre 2015 ? Il y a comme une contradiction

Marion Maréchal Le Pen ne peut pas tout savoir. Elle n’est pas obligée non plus d’avoir une connaissance fine du code électoral. Sinon, elle saurait que parmi les élus autorisés à parrainer les candidats à l’élection présidentielle figurent les conseillers régionaux. Or il se trouve qu’à chaque fois, la recherche des cinq cents signatures ressemble fort à un parcours du combattant pour le Front National. Posséder un important contingent de conseillers régionaux – le plus près possibles de cinq cents – faciliterait donc la tâche de la tante, Marine Le Pen, pour 2022.

 

Ce n’est donc pas dans l’intérêt de la famille Le Pen de supprimer les régions en tant que collectivité territoriale, seule source de signatures « captives ».

Cri d’alerte …

Cri d’alerte …

 

Le billet de Luc Sommeyre

 

À force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien et on l’a dans le cul !

(Louis-Ferdinand Céline – « En Verve »)

Parfois, des différents ont pu nous opposer ou un long silence nous a séparé. Qu’importe ! En cet été 2019, le spectre de l’Union Sacrée reprend force et vigueur comme la statue du Commandeur. Nous voyons tous avec le même effroi notre société, notre civilisation, s’enfoncer chaque jour un peu plus dans le marécage gluant où se dissimulent les diables du Mondialisme. Leur but ultime est d’établir sur Terre une gouvernance mondiale pour achever la MUTATION DE L’HUMAIN EN ZOMBI déguisé en consommateur béat, programmé et métissé1.

Ces « diables » utilisent une arme redoutable : la DESTRUCTION DES IDENTITÉS PAR LA SOUMISSION ACCEPTÉE. Nous sommes sommés de nous suicider (exécution politiquement plus correcte que de tirer une balle dans la nuque de son ennemi). Aussi… plaçons bien sagement notre index sur la queue de détente en attendant l’ordre de faire feu.

Le combattant qui dépose les armes n’est pas un futur vaincu : il l’est déjà.

C’EST LE DÉBUT DE LA FIN.

Ce soir pourtant, je rends hommage à Marine Le Pen.

Son refus de déférer à la convocation d’un juge d’instruction revêt une importance capitale. Non pas en considération de l’affaire tragi-comique pour laquelle elle est inquiétée, mais pour sa récusation nette d’un ordre comminatoire d’apparence légale.

En mars 2018 elle avait répondu à une présentatrice inculte2 « bien sûr je vais aller devant le tribunal » pour affronter en audience publique les juges qui lui seraient commis. Logique. Mais elle fut inspirée de se raviser. Elle ouvre ainsi courageusement la voie de la DÉSOBÉISSANCE CIVILE, écho des Baïonnettes Intelligentes dans le monde militaire.

En toute objectivité, délateurs et laudateurs de MLP doivent lui rendre cette grâce.

L’été 2019 marquera un tournant dans l’histoire peu glorieuse de la RFCV (la Résistance Française Contemporaine et Velléitaire). Voici un mois, je n’ai pu m’empêcher de pousser un coup de gueule (voir mon article en cliquant sur ce lien) où je considérais « l’extrême-droite française [comme] la plus bête du monde ». Et ça se confirme ! Chaque micro-groupuscule se nourrit chichement de sa micro-clientèle. Ayant choisi leur « spécialité », les uns se montrent purement et exclusivement antisionistes, d’autres anti-francs-macs, d’autres encore anti-muz’, anti-américains, anti-russes, anti-chinois, anti-martiens… que sais-je encore ? Bien peu de ces journaleux en carton-pâte voient plus loin que le bout de leur petit nez. N’est pas Cyrano qui veut. Et parmi ces cabotins vendeurs d’images d’Épinal, plus rares encore sont ceux qui excellent dans la connaissance approfondie de leur ennemi favori. L’acculturation générale a fait son œuvre. Mais les ignares s’expriment doctement. Ah mais !

Par contre… par contre, tous ces Tartarins tenant discours à la Déroulède ont chassé les souris de leurs trous pour être plus à l’aise quand ils auront à s’y fourrer au premier coup de tonnerre. Attention, attention ! N’entendez-vous pas crisser le gravier sous les bottes des soldats de la XVIIème Chambre qui patrouillent arme à l‘épaule ? Tous aux abris et éteignez les lumières !

Ça me rappelle une de ces anecdotes qui parsemaient nos soirées étudiantes. Un jour, nous (« les fachos » bien sûr) avions donné l’assaut au Centre Lacordaire (un semi-squat tenu par des curés rouges près de la place de la Comédie à Montpellier) qui recevait Henri Weber de la LCR3. Hurlant tels des sauvages, nous chargions les Rouges comme à Reichshoffen. Matraque haute, j’avisais un fantassin ennemi qui brandissait son bouclier (un couvercle de poubelle en plastique vert) et m’apprêtais à lui donner le coup de grâce quand j’entendis le rustre hurler « Ne me frappez pas n’importe comment ! ». L’hilarité me prit et j’abaissais mon bras. Le manant avait admis le principe d’être rossé, mais… avec délicatesse (authentique – NDLR).

Voilà l’état d’esprit de nos Tartarins d’aujourd’hui.

La plupart des lois, décrets et règlements liberticides enferment en leur sein des essaims de contradictions. Les juridictions d’appel et de cassation n’auront d’autre choix que les déclarer anticonstitutionnels et/ou contraires à la « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme », sans compter les voies de recours internationales par devant la CEDH ou l’ONU.

Or donc, le refus de Marine Le Pen de déférer à sa convocation est un acte de Résistance. Je le reconnais d’autant plus volontiers que je ne suis pas coutumier de louanges à son endroit. Mais là, c’est en toute sincérité.

Si comme je le disais plus haut, l’été 2019 va marquer un tournant dans l’histoire peu glorieuse de la RFCV, l’un de ses marqueurs est bien la Loi AVIA. Le texte, approuvé à la hâte par une Assemblée Nationale endormie sur le sable des vacances (ça n’est pas une première) est bourré d’oxymores souvent grotesques. Les fantassins de la 17ème vont s’en donner à cœur-joie, mais les recours seront savoureux !

Mais surtout, cette loi omet soigneusement de parler du CORAN. Là, pas touche ! Ou alors… Qatar pas donner sous-sous.

Devant la couardise des nôtres, leur impuissance à se dresser devant l’ennemi et leur incompétence crasse à disséquer un texte juridique, seule la Ligue du Midi, encore une fois, a osé me publier : https://liguedumidi.com/le-projet-de-loi-avia-ou-larroseur-arrose/.

N’hésitez pas à diffuser ce brûlot écrit au vitriol auprès de vos amis ou à le publier sur vos blogs respectifs. Vos remarques, vos observations (et vos critiques) seront bienvenues [adresse de réponse en début de message].

Sur ce, Chers Amis, je vous souhaite un été merveilleux. Reposez-vous. La rentrée sera rude.

 

 

NOTES :

1. Faites-moi grâce je vous prie, de me dire « mon épouse est asiatique » ou « mon mari est africain ». L’union entre deux êtres de races différentes est évidemment légitime et respectable. Quand j’évoque le MÉTISSAGE GÉNÉRALISÉ, il s’agit du mélange intégral des races, programmé, qui induira l’abolition de toutes les cultures du Monde, et en aucun cas leurs enrichissements mutuels. C’est « du Orwell » ? – Oui. Malheureusement. Patience : on y arrive.

2. Qui disait que l’État Islamique avait « perpétué » (!) des atrocités…

3. Ligue Communiste Révolutionnaire (4ème Internationale, trotskyste).

La victoire du RN est impossible car la majorité des gens ont intérêt au statu quo

La victoire du RN est impossible car la majorité des gens ont intérêt au statu quo

Chronique de Paysan Savoyard

 

Les immigrationnistes comprennent plusieurs catégories. Les membres de la classe dirigeante, qui souhaitent, suscitent et organisent l’immigration, forment la première, celle des traîtres. L’immigration est partie intégrante de leur projet mondialiste : afin d’accroître encore leur pouvoir et de maximiser leurs profits, ils veulent organiser le monde – le monde occidental du moins – comme un ensemble unique, au sein duquel marchandises, services, capitaux et main-d’œuvre circulent librement.

  

Les immigrationnistes qui, sans appartenir à la classe dirigeante collaborent avec elle avec enthousiasme pour mettre en œuvre l’immigration de masse, composent le deuxième groupe. Les motivations de ces collabos – militants des associations, chrétiens pratiquants, juges, journalistes et intellectuels « engagés » – sont le plus souvent idéologiques : l’accueil des immigrés leur apparaît, quelles qu’en soient les conséquences, comme une obligation morale. Plus généralement, ils adhèrent à l’utopie absurde d’un monde sans frontières, universel, où régneraient paix et justice et d’où auraient été éradiqués la pauvreté et le racisme. Certains de ces collabos sont cosmopolites : leur immigrationnisme découle avant tout de la haine qu’ils éprouvent pour l’Europe et les Européens de souche.

On pense moins à la dernière catégorie d’immigrationnistes, pourtant de loin la plus nombreuse, celle des résignés. Les résignés ne sont pas les organisateurs de l’immigration et ils n’y collaborent pas avec frénésie. Ils ne la considèrent pas avec ravissement mais en perçoivent au contraire les graves inconvénients et les risques, dont ils cherchent d’ailleurs à se protéger pour eux-mêmes et leurs proches. Pourtant ils choisissent tout de même de continuer à voter pour les partis immigrationnistes. Laissant de côté pour cette fois les « traîtres » et les « collabos », c’est à ces « résignés » que nous nous intéresserons ici.

En fait les résignés savent… Parce qu’en fait tout le monde sait

 

Les immigrationnistes résignés en réalité savent. Ils savent que la France et l’Europe sont en train d’être envahies par l’immigration. Ils savent que cette immigration est une catastrophe. Ils ne le disent jamais et ne se le disent jamais à eux-mêmes, pour des raisons sur lesquelles nous revenons plus loin. Mais ils savent… et ressentent en fait à peu près la même chose que les électeurs du RN eux-mêmes.

Tout le monde sait d’ailleurs. Les membres de la classe dirigeante savent bien sûr : c’est en toute connaissance de cause qu’ils mènent la politique d’invasion qui sert leurs intérêts. Les collabos savent bien eux-aussi que l’immigration va balayer l’Europe, ses peuples et sa civilisation : mais ils l’acceptent, par idéologie. Comme les traîtres dirigeants et comme les collabos, les résignés savent… et ils s’y résignent.

Comment pourraient-ils ne pas savoir, au demeurant ? Il est impossible de ne pas savoir. La réalité de l’invasion crève les yeux et saute au visage. Il suffit de prendre le métro. Il suffit de marcher quelques minutes dans les rues des grandes villes. Il suffit de regarder la télévision, où il n’est question que de cela ou presque, explicitement ou en filigrane. Les attentats, la délinquance, les manifestations de l’islamisation croissante, la confrontation en Europe des « populistes » et des « progressistes », la résurgence de maladies disparues, les SDF, les difficultés de logement, les « quartiers », les réfugiés, les thèmes choisis par le cinéma et les livres : presque tous les sujets abordés dans les JT du soir ont un lien plus ou moins direct avec l’invasion. En outre le Système prend soin de marquer la présence croissante de l’immigration dans la pub, le cinéma, les séries, afin de convaincre tout un chacun que la chose est désormais irréversible. Le foot à chaque match est la démonstration la plus éclatante de ce que le grand remplacement avance à pas de géant. Or toute la France ou presque regarde le JT, ou la pub, ou les séries, ou le foot, et le plus souvent le tout à la fois. Et donc tout le monde sait.

Si les résignés ne peuvent pas ne pas savoir, c’est aussi parce qu’ils sont pour la plupart directement confrontés à l’immigration, à son ampleur et à ses méfaits, dans leur milieu professionnel. Dans les entreprises comme dans les administrations, les postes occupés par des personnes issues de l’immigration sont de plus en plus nombreux, et plus seulement dans les tâches d’exécution. De même la clientèle des services publics, hôpitaux, écoles, transports, services de la CAF ou des HLM, est massivement immigrée : les millions de fonctionnaires et agents publics qui gèrent et assurent ces services sont au contact quotidien de l’immigration et ne peuvent donc ignorer la réalité de l’invasion.

Le comportement des résignés montre bien qu’ils savent d’ailleurs. Le choix du quartier où ils habitent, des amis qu’ils fréquentent, de l’établissement scolaire qu’ils sélectionnent, des loisirs qu’ils pratiquent, du lieu de vacances qu’ils retiennent, tous ces choix de vie quotidienne sont guidés étroitement par l’objectif implicite d’éviter le plus possible la fréquentation des immigrés. De même lorsqu’ils sont fonctionnaires les choix d’affectation des résignés sont parlants : c’est ainsi que la destination préférée des enseignants, qui sont les fonctionnaires les plus nombreux et sont très généralement immigrationnistes, se trouve être le « Grand ouest ». Or l’attrait du bord de mer ne peut suffire à expliquer ce tropisme occidental puisque Marseille, pourtant plus ensoleillée, est une destination bien moins prisée…

Les résignés savent, donc. Et pourtant ils restent immigrationnistes. En public ou dans leur cercle privé, ils relaient le discours dominant. A tout le moins ils se taisent. Et dans les deux cas ils continuent à voter pour les partis immigrationnistes, de gauche, du centre ou de droite, et rejettent le RN et le populisme. Alors pourquoi ?

Les résignés sont immigrationnistes par calcul

Si les immigrationnistes résignés continuent à voter pour les partis immigrationnistes alors qu’ils savent pertinemment que l’immigration est une catastrophe, c’est parce qu’ils effectuent un calcul. Ce calcul repose sur trois éléments. L’âge en premier lieu. Parmi les résignés beaucoup sont des retraités. Quand ils sont encore actifs, ils ont souvent atteint ou dépassé la cinquantaine. Ces résignés savent que les choses ne cesseront plus de se dégrader. Que la délinquance va s’accroître. Que la tiers-mondisation des villes va s’accentuer. Que le nombre des quartiers passés sous le contrôle des imams et des caïds ne va cesser d’augmenter. Que l’islam va devenir de plus en plus présent, arrogant et vindicatif sur le territoire. Que l’immigration va devenir massive même dans les territoires encore relativement épargnés comme l’ouest de la France. Mais ils tablent sur le fait que la dégradation de la situation se fera à un rythme suffisamment lent pour leur permettre à titre personnel de ne pas être touchés trop directement pendant les vingt ou trente années d’espérance de vie dont ils bénéficient.

Le deuxième paramètre du calcul des résignés est leur situation matérielle, qui est généralement satisfaisante. Ils sont propriétaires de leur logement dans un quartier vivable. Certains ont une résidence secondaire dans une région agréable. Ils perçoivent une pension de retraite suffisante ou disposent d’une épargne conséquente. Les résignés jugent que cette aisance matérielle devrait leur permettre d’échapper aux zones infréquentables pendant le temps qui leur reste à vivre.

Le troisième paramètre est le suivant. Les résignés estiment, à juste titre sans doute, que l’arrivée au pouvoir des populistes risquerait fort d’entraîner une hausse considérable des tensions, de provoquer des émeutes et des soulèvements, peut-être même de déclencher une guerre civile ouverte et de déboucher sur le chaos. Or le chaos est précisément ce que les résignés veulent éviter : ils escomptent une situation suffisamment stable pour pouvoir conserver ce qu’ils ont et jouir de leur pension de retraite et de leur patrimoine pendant la durée qu’ils peuvent espérer vivre. En quête de stabilité, les résignés ont donc objectivement intérêt à voter contre l’arrivée au pouvoir des populistes.

En outre les résignés savent que s’ils ralliaient le populisme et se mettaient à tenir le même langage que les « fachos », ils se heurteraient à plusieurs inconvénients majeurs. Ils devraient renoncer à toute perspective de carrière, seraient mis à l’écart dans la fonction publique ou poussés dehors dans les grandes entreprises. Considérés comme des salauds ils seraient rejetés par leurs amis et relations. Ils passeraient à leurs propres yeux pour des imbéciles pour s’être aussi grossièrement trompés pendant des décennies. Ils auraient l’impression de commettre un péché mortel avec le risque de le payer dans l’au-delà. Et surtout, se reconnaître comme hostiles à l’immigration les conduiraient à renoncer à leur identité humaniste et antiraciste, autour de laquelle ils se sont construits. Un tel aveu les conduirait en quelque sorte à changer d’identité, ce qui serait évidemment très inconfortable et déstabilisant.

Le bilan coût-avantage de la résignation est donc sans conteste positif. Il le reste même lorsque les résignés sont victimes, comme des centaines de milliers de personnes chaque année, d’une agression, d’un racket ou d’un vol avec violence, ou qu’ils sont insultés, menacés, « embrouillés », humiliés, dans la rue ou dans les transports, méfaits presque toujours commis par des immigrés. Conscients de ce que la passivité reste malgré tout l’option la moins coûteuse, les résignés choisissent, une fois la peur et la honte ravalées, de ne changer en rien leurs positions immigrationnistes et de mettre leur mésaventure, dont ils se gardent bien de faire état autour d’eux, sur le compte de « l’alcool, de la drogue ou de la bêtise ». Après tout, affirmeront-ils, « les bons blancs commettent aussi des délits, même si leur délinquance est le plus souvent en col blanc » …

Le calcul des résignés est simple, en résumé, et tout à fait rationnel : parier sur une dégradation suffisamment lente de la situation plutôt que de courir le risque de renverser la table.

Ce calcul, bien sûr, résulte d’une démarche individualiste, profondément égoïste même, à l’égard des générations futures comme à l’égard de leur propre descendance. Il correspond à une attitude toute simple : « après moi le déluge ». Cette position calculatrice montre également que la plupart des gens n’éprouvent pas d’attachement particulier pour la civilisation et le cadre social auxquels ils appartiennent et qui leur ont été transmis, ou qu’ils ne sont pas prêts du moins à leur sacrifier leurs intérêts individuels. La position des résignés relève enfin du pacifisme absolu, un autre nom de la lâcheté : les résignés sont les emblématiques représentants de notre société sans honneur. L’attitude des résignés est donc, on le voit, en pleine cohérence avec l’idéologie individualiste, qui est l’une des principales caractéristiques de la modernité, sans doute même son cœur et son fondement.

Comment les résignés se protègent de la schizophrénie

Les résignés ont donc objectivement intérêt à rester immigrationnistes. Encore faut-il pour eux, qui se mentent à eux-mêmes et le savent, s’arranger avec cette situation peu glorieuse : ils sont immigrationnistes par calcul tout en sachant sans le dire que l’immigration est une calamité. Comment les résignés s’y prennent-ils pour vivre la situation au mieux et ne pas trop souffrir de cette schizophrénie ?

La première méthode est celle évoquée plus avant. Les immigrationnistes des différentes catégories se protègent au mieux de l’immigration, par le choix du lieu de vie, de l’établissement scolaire ou du réseau relationnel. Ainsi mis à l’abri, les résignés peuvent plus facilement penser à autre chose et évacuer la question de l’immigration de leurs préoccupations principales.

La seconde technique utilisée par les résignés consiste en quelque sorte à regarder ailleurs. Les résignés se tiennent soigneusement à l’écart de la presse régionale et de ses « faits-divers ». Ils évitent évidemment la fréquentation des sites ou des médias non conformes qui pourraient les déstabiliser. Ils adoptent dans la rue un regard particulier qui consiste à voir sans voir. Dans les conversations, les résignés se protègent derrière des formules toutes faites : « Les choses sont plus compliquées que cela » ; « les extrêmes ne sont jamais la bonne solution » … Au sujet de l’immigration plus précisément, les résignés ont en réserve une batterie d’affirmations clé-en-main, sans rapport avec la vérité mais débitées à la file avec énergie : « l’immigration a toujours existé » ; « elle est une conséquence inévitable de la colonisation » ; « ce qu’il faut c’est aider les pays pauvres à se développer » ; « la plupart des immigrés sont désireux de s’intégrer » ;  « la plupart de ceux que l’extrême-droite appelle des immigrés sont en fait des Français » ; « l’intégration s’effectuerait plus facilement si on ne reléguait pas les immigrés dans des ghettos » ; ou encore le fameux : « les choses iraient déjà beaucoup mieux si l’extrême-droite ne mettait pas de l’huile sur le feu »…

Cependant l’argument majeur derrière lequel se réfugient les résignés reste le suivant : « De toute façon on ne peut plus faire autrement : il est impossible, que ce soit matériellement ou moralement, d’arrêter l’immigration, qui est inévitable ».

Pour démontrer l’impossibilité matérielle d’arrêter l’immigration, les résignés mettent en avant l’accroissement irrépressible de la pression migratoire en raison de la démographie mondiale, des guerres, des famines et de la dégradation du climat. Quand on leur fait remarquer que la plupart des immigrés arrivent en France de façon légale et qu’il serait dès lors aisé, par exemple, de ne plus autoriser ces entrées légales, de ne plus délivrer de visas, de supprimer le droit au regroupement familial ou encore de mettre fin aux incitations à l’immigration en réservant les prestations sociales aux Français et en supprimant le « droit du sol », les résignés passent alors au registre de l’impossibilité morale, en invoquant les « valeurs ». Lorsqu’alors on leur oppose que ces valeurs sont évidemment absurdes puisqu’elles conduisent à laisser s’installer sans réagir le désordre, la violence et la déstabilisation, ils se braquent et coupent court, en dénonçant la haine, le racisme et le fascisme, avec une colère d’autant plus vive qu’ils savent bien au fond d’eux-mêmes que leur contradicteur a raison…

Depuis quelque temps, les résignés ont découvert un nouveau subterfuge pour éliminer tout malaise existentiel : ils se mobilisent tous désormais pour la cause de l’environnement. C’est là qu’ils déploient leurs élans de sincérité, leur faculté d’indignation, leur zèle militant, leur soif de vérité. C’est au sujet du climat qu’ils s’autorisent à avouer leur pessimisme et leur peur. La question de l’environnement présente donc pour les résignés un double intérêt. Elle leur permet de s’occuper l’esprit et de mieux en évacuer la question de l’immigration. Elle sert d’exutoire aux angoisses que l’invasion de l’Europe fait naître, chez les résignés comme chez tout-un-chacun : terrifiés, comme tous les Français, à l’idée du chaos qui se profile et s’installe, les résignés choisissent de mettre leur peur sur le dos du climat et de « l’empreinte carbone ».

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C’est pourquoi la victoire électorale du RN est impossible. Quels que soient leur leader, leur discours et leur programme, les « populistes » ne peuvent ni convaincre ni vaincre parce que la majorité des Français n’ont tout simplement pas intérêt à leur arrivée au pouvoir et au chamboulement que celle-ci pourrait provoquer. C’est le cas pour les retraités. C’est le cas pour les personnes aisées d’un certain âge, qui pensent avoir les moyens de passer entre les gouttes. Lorsqu’ils sont jeunes, les gens aisés se disent que de toute façon, si la situation en Europe devait se dégrader trop fortement, il leur resterait la ressource de s’établir aux États-Unis, au Canada ou en Australie. Ces jeunes des milieux aisés vivent d’ailleurs d’ores et déjà dans un autre monde, celui des métropoles cosmopolites, et ont déjà pris leurs distances avec les attaches nationales. Quant aux immigrés, dont le nombre augmente d’au moins 1.000 par jour, grâce aux naissances et aux arrivées légales et illégales, ils ont tout intérêt bien entendu à ce que le Système immigrationniste reste au pouvoir. C’est pourquoi l’électorat du RN est composé pour l’essentiel de ceux pour qui l’avenir n’est que menace : les milieux moyens et populaires de souche européenne encore éloignés de la retraite… Ceux-là savent qu’ils n’auront pas les moyens de se préserver des catastrophes qui s’annoncent.

Ainsi qu’en témoigne le nombre de voix obtenu par M. Macron en 2017, double de celui atteint par Mme Le Pen, ceux qui ont objectivement intérêt à un relatif statu quo sont largement majoritaires.

Dès lors il n’y a rien à attendre, ni révolte, ni sursaut électoral. Seulement un processus de soumission, progressif, continu, inéluctable…

Le syndrome de la grenouille ébouillantée

Le syndrome de la grenouille ébouillantée

Par Antonin Campana

 

A ce stade de notre réflexion, nous devons convenir qu’il n’existe en Europe aucune véritable stratégie de mise en résilience du peuple autochtone européen… hormis celle qui est proposée ici ! Cette affirmation peut paraître immodeste, mais elle est néanmoins nécessaire si l’on ne veut pas se mentir et se réfugier derrière des illusions qui usent les énergies et nous font perdre du temps.  

 

L’expression « aucune stratégie », n’est en effet pas une exagération. Nous ne disons pas que les stratégies existantes sont inadaptées, inefficaces voire même dérisoires. Nous disons que ces stratégies n’existent pas. Nous disons qu’il n’y a pas le moindre début de commencement de stratégie, même inadaptée, même inefficace, même dérisoire.  Il n’y a rien. Le vide. Notre peuple est nié, exploité, emprisonné et se fait désormais effacer sans que cela secoue notre apathie ni ne suscite la moindre proposition intelligente ! C’est un fait.

Bien sûr, il y a l’idée de remigration. Mais la remigration n’est pas une stratégie. La remigration est un vœu pieux, un souhait, une prière, une espérance. Personne ne planifie la remigration. Personne n’explique comment et par quel processus un peuple vieux, dissocié et bientôt minoritaire pourra inciter une masse humaine jeune, solidaire et bientôt majoritaire à quitter notre pays. La remigration est une utopie faite de « si » irréalisables et de conditionnels improbables.

Certains espèrent aussi en une terre de refuge, sorte d’État ethnique, que le Système aura la gentillesse de nous laisser. Quelle est leur planification stratégique ? On l’ignore. Peut-être espèrent-ils conquérir cette terre ? Laquelle et comment ?

Tout cela relève de la pensée magique. Croire, revendiquer, proclamer avec force et constance son espérance n’aura aucune incidence sur la réalité et peut même traduire un refus de s’engager dans cette réalité, sans doute trop cruelle pour être pleinement acceptée telle qu’elle est. A quoi cela sert-il de nous cacher la vérité : il n’y aura pas de remigration ! Il n’y aura pas de terre de refuge ! Il nous faudra vivre encore longtemps avec les autres ! Ou plutôt, il nous faudra survive au milieu des autres ! Comment ?

Ici, il y a trois solutions :

Premièrement, on aménage la société multiethnique qui englobe notre peuple, qui le nie tranquillement et le dissout paisiblement, afin que les derniers Autochtones dissociés et réduits à un standard humain universel vivent le moins mal possible. C’est la solution proposée par le Rassemblement National et le Système. Le seul problème est que dans cette optique notre peuple n’existe plus et que les Autochtones résiduels sont des sortes d’insectes sociaux.

Deuxièmement, le projet de ruche multiethnique autorégulée ayant échoué, on laisse la société multiethnique s’islamiser. A terme, notre peuple, nié et dissout dans la ummat islamiyya, n’existera plus et les derniers Autochtones seront des dhimmis soumis aux autorités musulmanes. Evidemment, nous pouvons aussi mobiliser les trois ou quatre Autochtones prêts à l’action et les lancer alors dans quelque opération aussi suicidaire qu’absurde. Nous avons vu en Norvège et en Nouvelle-Zélande à quoi cela servait.

Troisièmement, nous nous engageons dès maintenant dans un long et patient travail de rassemblement, d’organisation et de conscientisation de notre peuple. Nous créons à faible bruit un État parallèle, avec son Gouvernement, son Parlement et ses institutions. Nous créons discrètement une société parallèle, avec ses communautés locales, provinciales et nationales. Nous fédérons les organisations solidaires du destin de notre peuple. Bref, nous nous mettons en ordre de bataille et nous faisons sécession. Peu importe le nombre, quelques milliers tout au plus au début de notre action, plusieurs millions avant peu, pourvu que la dynamique s’installe.

Il n’y a bien sûr pas d’autre solution que la troisième ! Nous avons longuement exposé cette stratégie dans ce blog. Le problème est que le système d’allumage de cette stratégie dépend principalement de ceux qui rêvent aujourd’hui de remigration ou de repli territorial. Il faut donc les convaincre d‘agir dans un sens et dans un esprit radicalement différent. Il faut les convaincre de se mettre au travail, chacun à son niveau, chacun selon ses compétences, pour construire brique à brique, avec d’avantage de constance que d’éclat, une arche-citadelle qui protégera notre peuple dans un premier temps, qui imposera ses droits dans un second temps et qui rendra possible le processus de remigration, mais dans un troisième temps seulement. L’analyse objective de la situation de notre peuple dans le monde réel oblige à envisager un labeur austère, incertain, anonyme et long ! C’est ainsi.

La question que nous pouvons poser est celle-ci : pourquoi sommes-nous restés si longtemps passifs alors que nous constations par ailleurs très lucidement le processus de Grand Remplacement ?  La première idée qui vient immédiatement à l’esprit se rapporte au syndrome de la grenouille ébouillantée (une grenouille plongée dans un bain froid dont on augmente progressivement la température ne songe pas à fuir avant que la chaleur lui soit insupportable. Mais arrivée à ce stade, la grenouille, trop affaiblie, n’est plus en capacité de s’échapper, chose qu’elle aurait faite aisément si on l’avait plongée directement dans une eau trop chaude). Cette parabole signifie qu’un système qui se dégrade de manière suffisamment lente échappe à la conscience et ne provoque aucune réponse, aucune opposition, aucune révolte. Sans doute, la grenouille ressent-t-elle l’augmentation progressive de la température de l’eau dans la marmite comme nous percevons l’augmentation progressive des masses allochtones dans le « creuset républicain ». En fait la grenouille a comme nous une conscience de l’augmentation passée. Mais elle ignore l’augmentation mortifère à venir : elle n’a pas conscience des évolutions futures, sinon elle sortirait d’un bond de la marmite. De la même manière, si nous avions réellement conscience du destin qui nous attend, nous ferions sécession du corps multiethnique qui nous dilue plutôt que de chercher à l’aménager (Rassemblement National) ou à le conjurer par des chimères remigrationnistes que nous savons, au fond de nous-mêmes, totalement irréalisables.

En fait, la grenouille a parfaitement conscience du changement de son environnement, mais elle croit cependant naïvement que celui-ci est causé par l’augmentation de la température de l’eau. Or elle se trompe : le changement de son environnement est causé par celui qui l’a mise dans la marmite puis qui a volontairement soumis cette marmite à une source de chaleur. En fait, la grenouille subit un rapport de domination dont elle n’a pas conscience et dont le changement qu’elle observe n’est qu’une conséquence. Si la grenouille comprenait que sa vie dépend en fait de ce rapport de domination, il est probable qu’elle pourrait extrapoler sa situation future et qu’elle chercherait à mettre fin à sa sujétion en se précipitant hors de la marmite. D’où cette règle que nous proposons : ce n’est pas la conscience d’une situation préjudiciable qui génère la révolte mais la conscience du rapport de domination qui génère cette situation préjudiciable.

Prenons un autre exemple. Le prolétariat au XIXe siècle avait parfaitement conscience de son existence misérable. Longtemps, le caractère misérable de cette existence a été mis sur le compte de la fatalité, du péché qu’il fallait purger, de l’ordre des choses, du manque d’intelligence ou d’instruction, des prolétaires eux-mêmes. De telles approches, proposées d’ailleurs par la classe dominante, ont suffi un temps et ne pouvait qu’engendrer la passivité de la classe dominée. Or des intellectuels (Proudhon, Marx, Sorel…) vont expliquer au contraire que cette existence misérable est la conséquence d’un rapport de domination du prolétariat par la classe dominante (« l’exploitation »). Des militants révolutionnaires vont répandre cette idée et donner conscience aux prolétaires de ce rapport de domination. Dès lors, charité et paternalisme ne suffiront plus. Le prolétariat va s’organiser de manière révolutionnaire pour changer le rapport de domination à son avantage.

De nombreux animaux cherchent davantage à mordre le bâton qui les frappe plutôt que celui qui le manie. Machiavel, déjà, en faisait un principe politique. Il expliquait qu’un Prince avisé devait confier à d’autres la répression puis, l’ordre rétabli, qu’il devait fermement châtier ceux qui avaient exercé cette répression. Il s’attirerait ainsi les sympathies du peuple mâté. Car le peuple voit le bâton, mais distingue mal celui qui le tient. La mission du révolutionnaire est au contraire de désigner et de révéler celui qui manie le bâton, plutôt que le bâton lui-même.

Ramené au Grand Remplacement, tout cela signifie qu’il ne sert à rien de dire, de répéter et de montrer sans cesse celui-ci. Tout le monde (sauf les niais et les hypocrites) en a conscience. L’accentuation du processus de Grand Remplacement est comme la misère du prolétaire qui s’accroît, comme l’eau de la grenouille qui se réchauffe, comme le bâton qui frappe : c’est une situation de fait qu’on ressent dans sa chair et qui provoque une souffrance. Mais c’est aussi, et avant tout, la conséquence et le produit d’un rapport de domination subi : la conséquence d’une volonté ! 

Il est donc inutile et contre-productif de s’en prendre aux immigrés (le bâton) même si leur présence génère une souffrance. Il est plus utile et plus révolutionnaire de révéler et de montrer l’entité qui se sert des immigrés pour construire son modèle toxique de société ouverte. En bref, une démarche révolutionnaire révélerait le rapport de domination subi et ignoré, tout en soulignant la conséquence de cette domination, à savoir le Grand Remplacement que le monde voit comme les prolétaires voyaient leur misère. Il faut désigner l’ennemi. Et l’ennemi ce n’est pas le processus de Grand Remplacement, c’est la République qui le met en œuvre. L’objectif est de provoquer une prise de conscience qui implique la révolte, c’est-à-dire une sortie de la marmite, ou du « creuset ».

Ce blog a longuement disserté sur la République, à la fois matrice, modèle et incarnation du Système en France. C’est la République qui a, par ses valeurs universelles, ses principes cosmopolites, son projet s’adressant au « genre humain », sa capacité déclarée à faire « vivre ensemble » des hommes de toutes les origines… jeté les bases de la société ouverte ; c’est la République qui a véritablement installé le cadre politique, social, culturel et institutionnel permettant le Grand Remplacement ; c’est la République qui a organisé et qui organise encore l’afflux de millions d’immigrés, criminalisant ceux qui s’y opposent ; c’est la République  qui nie l’existence de notre peuple et le dissout dans son « corps d’associés » multiethnique… La République est la cause du Grand Remplacement. C’est elle qui établit contre notre peuple un rapport destructeur de domination. Le Grand Remplacement est à notre peuple ce que l’exploitation était au prolétariat ou ce que l’eau bouillante est à la grenouille : la conséquence d’une volonté extérieure qui suppose le consentement passif de l’objet dominé et qui, pour obtenir ce consentement, doit rester hors du champ de conscience de celui-ci.

La tâche du révolutionnaire est donc de révéler aux consciences le rapport destructeur de domination qui produit la situation subie. Préalablement, il doit lui-même comprendre ce rapport de domination ainsi que son lien avec le Grand Remplacement. Il doit comprendre que parler « remigration » sans avoir inversé le rapport de domination n’a aucun sens. Il doit comprendre que la remigration sera la conséquence de cette inversion du rapport de domination, comme la persistance du processus de Grand Remplacement sera la conséquence de la persistance d’un rapport inchangé de domination.

En d’autres termes, puisque c’est par « ruissellement » que la conscience du rapport de domination ira des réfractaires jusqu’au peuple en souffrance, c’est aux réfractaires qu’il faut s’adresser prioritairement. Il faut leur expliquer qu’ils sont aujourd’hui comme des grenouilles dans une marmite d’eau chaude. Ils râlent, mais restent dans la marmite et n’ont aucune conscience de celui qui les y a mis. L’ennemi, ce n’est pas l’eau chaude, c’est celui qui la fait bouillir : nous avons nommé la République.

Quand cela sera compris, une stratégie révolutionnaire de sécession et de renaissance nationale autochtone pourra être menée jusqu’à son terme. Alors, mais alors seulement, la remigration ne sera plus une utopie.

Et si Marine n’était pas la solution mais le problème ?

Et si Marine n’était pas la solution mais le problème ?

 

Le billet de Martin Moisan

Premier constat : le surcroît totalement inattendu de participation n’a profité ni au RN ni à La REM qui, malgré les attaques conjointes de toutes parts, a résisté.

Pourtant, défaire nettement Macron, le fragiliser, et réduire son pouvoir de nuisance, c’est bien le calcul qu’ont fait beaucoup de gens de tous bords, puisque la participation a fait un bond totalement imprévu. Ainsi, nombre d’abstentionnistes antérieurement dégoûtés par l’électoralisme sont retournés voter pour défaire Macron et le fragiliser. L’histoire c’est que ces voix se sont d’avantage portées sur le bloc de gauche que sur le RN, et c’est bien le problème.

Alors, comme nous tous, j’ai visionné ce matin l’angoissante vidéode Pierre Cassen qui fait apparaître que 55 % des gens ont voté pour le bloc libéral, progressiste, immigrationniste et islamo compatible. Et qui du coup porte à croire que c’est bien Macron et non pas notre camp qui a tiré les marrons du feu. Vu comme ça, au lieu d’être fragilisé, il serait au contraire, d’une certaine manière, conforté.

En effet, vu comme ça, c’est la « cata » ; ce d’autant que paradoxe a priori incompréhensible, dans la France périphérique, c’est exactement la même chose qu’au plan global.

Ainsi dans mon village de la périphérie toulousaine, à maintenant 1 heure de route des lieux de travail avec les embouteillages et à 3,60 € de péage aller-retour, on se demande comment il peut encore rester des gens pour voter écolo. Et pourtant voici les résultats dans mon village peuplé aux 2/3 de néoruraux :

Marine Le Pen

Paradoxe hallucinant, avec le surcroît de participation, le bloc des gauches totalise à lui seul 37 % des voix dans la France périphérique. De son côté LR réalise chez nous le score de… 3,7 % en état de mort clinique.

Pourtant la vision effrayante qui consiste à massifier tout le camp libéral, mondialiste, immigrationniste, islamogauchiste et écolos, pour arithmétiquement juste et angoissante qu’elle soit, ne correspond en rien à une réalité politique. En fait ce bloc est profondément divisé et fracturé. Il est sans cohésion politique. En plus ces gens se haïssent entre eux, même s’ils sont capables de s’unir contre nature (y compris contre leurs propres intérêts) pour défaire le RN et Marine Le Pen. Et c’est bien là tout le problème.

Ensuite, à part les écolos, tous les partis de l’ancien monde qui ont participé au pouvoir (c’est-à-dire la submersion migratoire et à la mondialisation) sont massivement rejetés ; ce dont il y a tout lieu de se réjouir. On peut établir le constat de leur mort clinique. Le cas de LR est particulièrement significatif qui suit exactement le même chemin que le PS, les centristes, le PC et les autres avant lui.

Ensuite et c’est extrêmement significatif, le parti pris suicidaire islamogauchiste de Mélenchon s’est retourné contre lui puisque 2/3 de ses électeurs l’ont fui. Nous l’avions parfaitement perçu lors de nos explorations dans les AG de Gilets jaunes et nous l’avions annoncé, la césure à gauche s’est faite sur la question migratoire. Comme prévu, lui aussi finit exactement dans le même cul de basse fosse que le PS et pour exactement les mêmes raisons. L’électorat de gauche est en train de se fracturer sur la question migratoire, il fuit les anciens partis de gauche sans toutefois pouvoir encore assumer un vote identitaire… en fait, sans pouvoir se résigner à voter RN.

À gauche les gens sentent que la politique des portes ouvertes et l’immigrationnisme les ruinent, ils désertent les partis qui l’ont prônée ou mise en œuvre ; mais pas encore au point de franchir le pas et de voter RN, malgré le ralliement public spectaculaire d’un devancier issu de LFI.

Ce n’est donc plus une question d’idées, mais bien une question de sentiment, d’image publique et de personne au RN totalement incompatible avec l’imaginaire de gauche.

Alors l’enseignement majeur de ce scrutin est que, malgré la novation que représente la césure identitaire à gauche et dans la France périphérique, le RN n’a absolument pas profité du surcroît de mobilisation contre Macron. Et c’est bien ce qui pose problème. Malgré la campagne du jeune Bardella qui a sauvé les meubles, le RN plafonne et il y a tout lieu de penser que ce parti ne pourra jamais répondre à l’attente réelle dans le pays d’une fusion des populismes à l’italienne.

Ne pouvant se résigner à voter RN, les gens de gauche sensibilisés à la question identitaire ont voté de manière sentimentale : pour les écolos d’un côté et en s’éparpillant là où leur cœur ou leurs vieilles habitudes les portaient. C’est bien ce qui déprime Pierre Cassen et qui l’angoisse. Et non, ils n’ont pas voté avec leur raison, mais avec leurs sentiments. Le sentiment a primé sur la raison et sur les intérêts catégoriels. Mais attention, ce n’est plus un sentiment positif d’adhésion à la gauche ou à l’écologie qui a commandé, mais bien un sentiment négatif de rejet de la personne de Marine Le Pen, du RN et de leur image publique.

Conclusion : il y a bien un problème RN et surtout un problème Marine Le Pen qui, par sa seule présence, obstrue tout espoir de victoire électorale de l’attente identitaire. Pour d’insurmontables raisons sentimentales liées au passé, jamais les électeurs de gauche ou abstentionnistes sensibilisés à la question migratoire ne viendront voter pour ce parti ou pour cette personne. Pourtant, il existe une réserve colossale dans l’abstention en attente d’une solution politique face à la mondialisation et face à la submersion migratoire. Pour l’instant, cette réserve est en déshérence, sans exutoire politique.

C’est très exactement la raison pour laquelle Macron, en faisant de Marine Le Pen son adversaire personnel lors de ce scrutin sans enjeu, l’a choisie comme candidate de second tour dans la perspective de la prochaine présidentielle. Marine Le Pen est bien la candidate de second tour idéale pour le système. Mitterrand avait assuré la promotion du père et du FN, Macron continue de jardiner le RN et la fille en attente de la récolte électorale pour les présidentielles.
C’est insurmontable : Marine le Pen et le RN sont le repoussoir idéal de second tour ; or la présidentielle est l’élection qui commande toutes les autres.

Tant que Marine Le Pen ne s’écartera pas, il n’y aura aucune solution dans les urnes et le système se prolongera malgré le rejet massif des Français. En attendant, les compteurs tournent et d’élection en élection les remplacistes nous remplacent.

Macron battu, mais résultat désastreux pour la France