D’après Julien Dir

Ainsi donc, les députés de LREM, des Républicains et du RN ont voté à l’unisson contre la proposition de la NUPES d’augmenter le SMIC à 1.500 € nets pour tous les travailleurs. Quelle gifle dans la tête des classes populaires qui ont voté en masse pour Marine Le Pen et ses compagnons politiques, pensant naïvement que le RN voulait remplacer, dans les luttes sociales, une gauche qui a depuis longtemps trahi les travailleurs autochtones au profit de l’ouverture des frontières, de la mondialisation et des travailleurs « sans État ni patrie ».

Ainsi donc, cette proposition de porter le SMIC à 1.500 euros nets par mois serait « démagogique ». Quelle nausée d’entendre cela. La droite la plus bête et la plus hypocrite du monde. Mais allez dire ça à la caissière de chez Leclerc ou Lidl, aux salariés de la restauration, aux exploités de l’agro-alimentaire, qui travaillent avec des horaires à la con, qui perdent des années d’espérance de vie bien plus que les chargés de communication et autres professionnels de la politique, tout cela pour émarger à 1.300 euros nets par mois. Ils ne vivent pas à ce prix-là, ils survivent.

M. Chenu, Madame Le Pen, ont-ils conscience qu’avec 1.300 euros nets par mois aujourd’hui, on survit ? Que la hausse des matières premières, de l’énergie, des factures, du coût de la vie, ne se répercute pas, depuis des années, sur les salaires ? Ont-ils conscience que des millions de gens dans ce pays n’ont plus ni l’envie, ni la force mentale, d’aller travailler pour au final, survivre (calculez la perte pour un salarié qui va tous les jours en voiture, parce qu’il habite en ruralité, au travail, une heure de trajet aller-retour, chaque jour sur 5-6 jours, quel intérêt d’aller bosser avec un SMIC à 1300 euros nets et 4 pleins dans le mois à 110 € ?).

En votant contre cet amendement, symbolique, les députés RN se sont tirés une balle dans le pied. Et donnent, pour des années, du grain à moudre à la gauche et à l’extrême gauche qui a toujours clamé que la droite et l’extrême droite étaient l’ennemi des ouvriers, des classes populaires, que le RN était le serviteur du grand capital. Avec ce vote, qui pourra leur donner tort ?

Car oui, le SMIC à 1.500 € nets ne peut pas être la seule mesure. Il devrait d’ailleurs être monté à 2.000 € nets par mois, pour permettre à chacun de vivre dignement dans ce pays. Oui, il faudrait indexer les autres salaires pour ne pas créer une société de Smicards. Oui, il faudrait sans doute plafonner également ceux-ci parce que personne n’a besoin de vivre avec 100.000 euros par mois dans une société saine, organique et communautaire. Oui, il faut baisser les charges patronales, les taxes, pour permettre à ceux qui entreprennent de gagner eux aussi leur vie et de ne pas lutter pour la survie encore plus que les autres. Oui il faudrait en finir avec la gabegie publique, les subventions distribuées à coups de milliards d’euros, les cadeaux fiscaux au grand patronat. Oui, il faut différencier le droit du travail en ce qui concerne les TPE-PME et les grandes entreprises. L’esclave de la grande distribution ou de l’hôtellerie restauration n’a pas la même condition de travail que l’employé d’une petite société d’électricité.

Oui, tout cela passe par la fermeture des frontières, par l’expulsion de millions d’immigrés. Par le rétablissement de la sécurité. Par un système de santé en forme. Par la reconstruction d’une société qui a réellement envie de vivre ensemble et qui se sent un destin commun.

Il y a beaucoup de compléments nécessaires à ce SMIC à 1.500 (ou à 2.000 comme je le préconise). L’extrême gauche, démagogique, pouvait être combattue et mise en PLS, parce que justement leur projet sociétal n’a aucune logique autre que de monter les uns contre les autres, classes contre classes, minorités contre minorités, sexe contre sexe…Encore eut-il fallu des députés courageux, et pas des lâches dont « l’esprit droitard » revient naturellement au galop une fois franchies les portes de l’Assemblée nationale.

« Mais c’est impossible, qui va payer » diront les grincheux. Mais n’avez-vous pas vu les milliards déversés par l’État depuis deux ans ? Ne voyez-vous pas les milliards de subventions accordées ici à des associations antiracistes dont les salariés sont quasi fonctionnaires, là à des projets culturels n’ayant ni queue ni tête, là encore à des fins clientélistes ? Ne voyez-vous pas les dettes colossales contractées par certains pays vis à vis de la France dans le domaine de la Santé notamment ? Ne voyez-vous pas l’argent investi massivement pour « les autres » avant les nôtres ?

Alors avant de protester. Avant d’aller traiter de « fainéant » ou « d’irresponsables » les travailleurs esclaves qui touchent 1 300 balles par mois, qui sont obligés de se saigner chaque mois et de manger de la m… en boîte en sachant pertinemment, en plus, que leur travail les use plus que ceux qui passent leurs journées derrière des claviers avec leurs gros doigt potelés, il serait bon de réfléchir à deux fois. Il serait bon de chercher à comprendre pourquoi une mère de 3 enfants n’a pas envie de bosser 39 heurs payée au SMIC, en coupure, dans la restauration, pour se faire insulter par une partie de la clientèle et traiter par sa direction comme une moins que rien. Il serait bon de comprendre pourquoi certains préfèrent rester à la maison, cultiver un potager, instruire leurs enfants, faire du sport, s’engager associativement, plutôt que de se lever pour aller bosser dans le vacarme d’une usine à broyer les hommes et les esprits, tout ça pour un chèque en fin de mois ayant autant de saveur qu’un gros mollard craché au visage d’un ennemi.

Mais comment bon sang un parti qui a fait sa campagne pour le pouvoir d’achat, en mettant en retrait la question de l’immigration, peut-il trahir à ce point ? Comment aller expliquer aux travailleurs du Nord, qui ont voté massivement pour le RN, qu’il vaut mieux des primes et des baisses de charges patronales ? Mais quel salarié de ce pays croit sincèrement qu’en baissant les charges sans augmenter les salaires, les patrons le feront naturellement et copieusement ? Personne ne se souvient donc de l’arnaque dans l’hôtellerie-restauration sous Sarkozy, où il aurait presque fallu applaudir que les heures supplémentaires soient payées, alors qu’elles étaient tout simplement dues ? Croit-on vraiment que M. Leclerc va passer son personnel à 1.600 euros nets parce que ses amis dans l’hémicycle auront baissé ses charges ?

Le RN avait l’occasion, dans cette Assemblée nationale, d’incarner une troisième voie, entre gauchisme internationaliste et capitalisme sauvage. Visiblement, c’est déjà loupé.

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