Exhumation du « Caudillo »

Exhumation du « Caudillo »

Le billet d’Eric de Verdelhan

« Franco était d’une hostilité maladive à la démocratie, au libéralisme, au sécularisme, au marxisme et tout spécialement à la franc-maçonnerie » (Robert Paxton).

 

Qu’est-ce qui différencie la gauche de la droite ? Beaucoup de choses mais, entre autres, la haine et la rancune tenace. L’homme de droite, souvent imprégné du message chrétien, pratique facilement le pardon, même s’il n’oublie rien.

La gauche – aigrie et haineuse – est comme la mule du pape, elle rumine sa vengeance, quitte à attendre longtemps, très longtemps. Nous en avons encore un bel exemple avec l’exhumation du corps du général Franco, à la demande des socialos-cocos et des juges rouges espagnols.

Après la fin de la guerre d’Espagne, le « Caudillo » avait fait construire, près de Madrid, un mausolée dédié aux morts des deux camps, la « Valle de los Caïdos » et il avait émis le souhait d’être enterré dans ce lieu, symbole de la réconciliation du peuple espagnol.

Presqu’un demi-siècle après sa mort, on veut le déterrer. C’est abject !!!

On pense, immanquablement, à la profanation des tombes royales de la basilique de Saint Denis (1) approuvée par la Convention en août 1793. Les exhumations prirent fin en janvier 1794. Quarante-sept tombeaux – excusez du peu ! – de la basilique furent ainsi profanés.

La proposition, infâme, décidant du sort des tombeaux royaux de Saint-Denis a été faite durant la Terreur, lors de la séance du 31 juillet 1793, par Barère, dit Barère de Vieuzac. Un fou furieux comme l’époque en comptait beaucoup. Marat, autre fou sanguinaire, dira de lui : « Barère est l’un des hommes les plus dangereux, un politique fin et rusé, habitué à nager entre deux eaux et à faire échouer toutes les mesures révolutionnaires… ».

Mais revenons à l’exhumation de la dépouille du général Franco. Chez nous, il est presque impossible de s’exprimer objectivement sur Franco : les historiens français écrivent presque tous à charge, quant aux espagnols, ils étaient, pour la plupart, hagiographes, souvent dithyrambiques, jusqu’en 1975, date de la mort du « Caudillo », et très sévères ensuite.

Et pourtant, quoiqu’on pense des années de dictature en Espagne, nous, Français, devrions être… reconnaissants envers Franco et ce, à divers titres.

a)- N’oublions pas que cet officier courageux, qui aura été le plus jeune capitaine, puis le plus jeune commandant, puis le plus jeune colonel de l’armée espagnole a créé – à l’image de notre Légion Etrangère – la première « Bandera ». Après le désastre d’Anoual en 1921, il est appelé à Melilla pour reconquérir le terrain face aux troupes d’Abd-el-Krim.

Il aura été un précieux allié de la France durant la guerre du Rif (2).

b)- Dans un de mes livres (3) j’écrivais ceci : « ….Franco est conscient que son peuple n’en peut plus. Il rencontre Adolf Hitler à Hendaye le 23 octobre 1940. La légende raconte qu’il fit exprès d’arriver en retard pour impressionner le Führer. Étrange confrontation entre un Hitler au regard « quasi diabolique », (d’après Serrano Suner) et Franco, qui n’est plus l’officier svelte, au visage recuit par le soleil d’Afrique. C’est un petit homme rondouillard, mais qui sait, parfaitement ce qu’il veut. Il pose des conditions inacceptables : outre l’ensemble du Maroc et Gibraltar, il revendique l’Oranie et les territoires d’Afrique Occidentale… Et il ajoute à sa demande un engagement écrit et des livraisons conséquentes de blé, d’armement, de pétrole… Franco a de l’affection et de l’admiration pour le vainqueur de Verdun, qui fut ambassadeur de France en Espagne en 1939… Il amènera Salazar à ses vues et le Portugal, comme l’Espagne, restera un pays neutre… ».

En restant neutre, en empêchant même le survol de son territoire par l’aviation allemande, Franco a sauvé nos territoires africains et notre armée d’Afrique. Celle-là même qu’on retrouvera à Monte Cassino et lors du débarquement en Provence le 15 août 1944.

Que se serait-il passé si les troupes franquistes étaient entrées en guerre aux côtés de l’Allemagne nazie ? La deuxième guerre mondiale a fait 60 millions de morts. Rendons justice à Franco de ne pas avoir contribué à alourdir la facture ! Et ce, d’autant que ses troupes avaient une autre valeur guerrière que celles de Mussolini…

c)- Enfin, il est un autre épisode de la vie du Général Franco qui mérite d’être connu. Il concerne des Français (d’Algérie). Oran, deuxième ville d’Algérie, était alors habitée par une importante colonie de « Pieds noirs » d’origine espagnole. Au lendemain des Accords d’Evian, le 19 mars 1962, Oran a connu une vague de violences (et d’enlèvements) qui n’était, hélas, qu’un avant-goût des massacres du 5 juillet suivant ; massacres dont je parle dans un de mes livres (4).

Les 29 et 30 juin 1962, devant les menaces de tueries, Franco vint au secours des Oranais en affrétant deux bateaux, le « Victoria » et le « Virgen de Africa ». Pour pouvoir accoster à Oran, il fallut parlementer avec les autorités françaises réticentes. Franco choisit de donner à la France un ultimatum, frisant l’incident diplomatique. Le 30 juin, à 10h du matin, malgré l’opposition de De Gaulle, Franco donna l’ordre à ses capitaines d’embarquer les pauvres gens qui attendaient depuis des jours, sous un soleil de plomb, un embarquement.

Franco avertit De Gaulle qu’il était prêt, si besoin, à un affrontement militaire pour sauver ces pauvres « Pieds noirs » livrés, sans défense, à la barbarie du FLN. Puis il ordonna à son aviation et sa marine de guerre de faire route vers Oran. De Gaulle céda et le samedi 30 juin, à 13 h, les deux navires espagnols accostaient et embarquaient 2200 passagers dépourvus de tout.

Lors de l’embarquement, les capitaines espagnols s’opposèrent à l’intrusion d’une compagnie de CRS sur leur bateau (pourtant propriété de l’Espagne) dans le but de lister tous les passagers et d’arrêter si possible des membres de l’OAS. Finalement à 15h30, les quais d’Oran se vidèrent et les bateaux espagnols, en surcharge, prirent la mer à destination d’Alicante. A l’approche de la côte espagnole, une liesse générale s’empara des rapatriés qui crièrent « Viva Espagna ! » et « Viva Franco ! ». A la suite de cet épisode, de nombreux « Pieds noirs » choisiront de rester en Espagne.

Dois-je rappeler aussi que, durant la guerre d’Espagne, les attaques commises par les Républicains contre le clergé ont causé un émoi particulier dans ce pays fortement christianisé. Pour l’historien Guy Hermet (5), le massacre des prêtres espagnols représente « la plus grande hécatombe anticléricale avec celles de la France révolutionnaire puis du Mexique d’après 1911 ». Des groupes anarchistes s’en prennent à des prêtres et à des églises dès les premiers mois de la guerre civile.

L’historien britannique Antony Beevor (6) cite le chiffre de 13 évêques, 41 814 prêtres, 2 365 membres d’ordres divers et 283 religieuses, pour la plupart tués au cours de l’été 1936.

Des exactions sont commises en Aragon, en Catalogne et à Valence, où des églises sont incendiées et vandalisées. Des prêtres sont brûlés vifs dans leurs églises, et l’on signale des dizaines de cas de castration et d’éviscération. Les violences contre le clergé ont lieu à peu près partout.

Rapporté aux effectifs du clergé espagnol, le nombre de victimes représente 13 % des prêtres diocésains, 23 % des religieux et 3 à 4 % des religieuses. Ces pourcentages, qui comptabilisent l’ensemble du territoire espagnol, sont largement dépassés s’agissant de la seule zone « loyaliste » : les assassinats de prêtres concernent 87,8 % de ceux du diocèse de Barbastro et 63,5 % de ceux du diocèse de Lérida. D’autres diocèses perdent 30 à 50 % de leurs prêtres, parfois plus.

977 « martyrs de la guerre d’Espagne » ont été officiellement reconnus par le Vatican, et concernés par des procédures de béatification.

Mais la « terreur rouge » n’a pas concerné que des prêtres. Dans plusieurs grandes villes, où Socialistes et Communistes dominent, les partis et syndicats de gauche réquisitionnent des bâtiments et créent des « commissions d’enquêtes », connues sous le nom de « checas » (en référence à la tchéka soviétique) : des Franquistes, des partisans de l’insurrection nationaliste, sont traînés devant des « tribunaux populaires », quand ils ne sont pas abattus sommairement.

« Mieux vaut condamner cent innocents que d’absoudre un seul coupable », déclarait Dolorès Ibarruri, la « pasionaria » communiste espagnole. Des Monarchistes, des personnalités de droite, des officiers demeurés en zone républicaine sont tués sans jugement ou après des simulacres de procès : 1 500 officiers sont abattus sans jugement sur les arrières du front.

Dans la nuit du 22 au 23 août, une foule de miliciens prend d’assaut la prison Moledo : une quarantaine de prisonniers politiques, des notables de droite et d’anciens ministres, sont massacrés lors de « sacas de presos ».

Début novembre, à l’approche de la conquête de Madrid par les Franquistes, et tandis que le Communiste Santiago Carrillo est conseiller à la sécurité intérieure de la junte de défense madrilène, plusieurs milliers de détenus politiques sont fusillés lors du massacre de Paracuellos.

Cet épisode sordide mérite qu’on s’y attarde : le 7 novembre 1936, la guerre est aux portes de Madrid. Santiago Carrillo va planifier l’impensable : la liquidation en masse, sur une durée de deux mois, de tous les « suspects » emprisonnés à Madrid. Plusieurs dizaines de milliers d’Espagnols vont être arrachés à leurs cellules et dépouillés de leurs objets personnels : des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, des prêtres, des intellectuels… Les prisons de Modelo, de Ventas, de Porlier, vont ainsi être « évacuées » selon la même procédure officielle.

On va lier les poignets des prisonniers avec du fil de fer. Les détenus, hommes, femmes et enfants, vont ensuite être embarqués dans les célèbres bus à impériale de Madrid. Destination : le village de Paracuellos. D’importantes fosses ont été préalablement creusées. Par groupe de 30, les détenus sont poussés au bord des fosses puis mitraillés par des volontaires. Au fond de la fosse, un milicien les achève d’un coup de révolver dans la nuque. Lorsqu’une fosse est pleine (environ 1500 corps), elle est recouverte de chaux. On parle de 11 000 corps de civils dans ces charniers…

D’autres villages vont connaître le même destin que Paracuellos : Bobadilla, Alarcon…etc…

Franco a sauvé le catholicisme en Espagne, et il a rétabli la monarchie, avec des méthodes certes brutales, mais plutôt moins que celle du camp républicain.

Le clergé progressiste espagnol ne s’indigne pas de l’exhumation du « Caudillo », pas plus, d’ailleurs que Juan-Carlos, ce roi qui ne règne plus mais qui vit encore. Mais il est vrai que Juan-Carlos, que l’on dit franc-maçon, a renié depuis longtemps le franquisme.

Pour ma part, je n’ai aucune attache espagnole, mais j’essaie d’avoir une certaine objectivité (ou, au moins, une honnêteté intellectuelle), aussi, pour conclure, je voudrais dire mon mépris pour ces Français souvent aisés – ancêtres de nos « bobos » – qui, du temps de Franco, rentraient bronzés de leurs vacances en Espagne et, à peine arrivés en France, décrivaient avec moult détails l’«enfer franquiste ». En 1975, année de la mort du « Caudillo », les mêmes applaudissaient la « libération » du Vietnam et du Cambodge. Puis, quelques années plus tard, pleurnichaient sur les « Boat people ».

J’aimerais bien qu’ils exigent l’exhumation de Staline, Mao-Zédong, Pol-Pot et de quelques autres salopards du même acabit.

  

Notes :

1)- Rebaptisée « Franciade » car cette époque folle avait AUSSI supprimé les noms de Saints !

2)- Si le débarquement à Alhucemas a été un succès, on le doit à Franco.

3)- « Un homme libre… » : Le Réac ; 2013.

4)- « Oran le 5 juillet 1962 (et quelques autres massacres oubliés) » : Edilivre ; 2017.

5)- « La Guerre d’Espagne », de Guy Hermet ; Seuil.

6)- « La Guerre d’Espagne », d’Antony Beevor ; Paris, Calmann-Lévy, 2006. Et « Antony Beevor, La Guerre d’Espagne », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 22 juin 2009.

Il y a des exceptions… qui confirment la règle

Il y a des exceptions… qui confirment la règle

Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« La lâcheté se cache sous le masque d’une écriture empruntée. » (Raymond Brucker).

« Taire la vérité, n’est-ce pas déjà mentir ? Qui ne gueule pas la vérité, quand il sait la vérité, se fait le complice des menteurs et des faussaires ! » (Charles Peguy).

« La guerre et la fatigue qui suivit ont mis à la mode la servilité et le conformisme. »

(Léon Daudet).

Mea culpa, mea maxima culpa ! Dans un précédent article, j’ai osé – et ce n’est pas la première fois – critiquer la tiédeur (la lâcheté ?) des présidents d’associations patriotiques chaque fois qu’on dénigre la France, son passé colonial ou son armée.

Je pense, entre autres, à l’instauration du 19 mars 1962 comme date « officielle » de la fin des combats en Algérie, à François Hollande condamnant, à Alger, les « massacres de Sétif », à Macron qualifiant l’œuvre française en Algérie de « crime contre l’humanité », ou encore au même rendant une visite de repentance à la veuve du Traître Maurice Audin.

A chaque fois, on est surpris, scandalisé ou atterré devant le silence coupable des présidents d’associations – la plupart du temps des généraux – qui, au nom d’un apolitisme confortable, ne jugent pas prudent de pousser un coup-de-gueule, pourtant ô combien légitime !

Il va sans dire que je ne mets pas tous ces généraux dans le même sac. Il y a, parmi eux, des beaux soldats, des gens courageux, des hommes aux convictions fortes. Je pense, entre autres (mais la liste n’est pas exhaustive !) aux généraux Piquemal, Martinez, Dary, Pinard-legry…etc…

Mais ils sont, hélas, l’exception qui confirme la règle !

Je viens de relire la magnifique « Lettre aux officiers » de Pierre Sergent, que j’ai eu la chance de connaître (1). Dans ce livre, il écrit ceci : « Depuis 1918, les généraux se relaient à la tête de nos armées pour les mener de défaites en désastres. Voilà plus d’un demi-siècle qu’ils sont incapables de nous donner la moindre victoire vraiment française, et ils voudraient s’arroger l’exclusivité de la pensée militaire ! A eux seuls, stratégie et tactique. A eux la parole. A eux la vérité… On pourrait penser que le passé les incite à la modestie. Pas question… ».

Cet avis est corroboré par celui d’un colonel, qui, tenu par l’obligation de réserve, signait ses écrits « Spartacus » pour dénoncer le fiasco de « l’Opération Manta » au Tchad (2).

« Pourquoi ces généraux qui sont pourtant légataires des vertus de Bonaparte, Murat, Gallieni, Foch, Leclerc, Juin et de Lattre de Tassigny ont-ils ce comportement frileux, traditionaliste et irresponsable ? Parce qu’avant que quelques étoiles filantes n’ornent leurs manches, ils ont été ces jeunes officiers supérieurs qui ont su savamment éviter les pièges que les guerres coloniales, les « sales guerres », disséminaient sur leur « profil de carrière »… Pourquoi se voiler pudiquement la face, les guerres coloniales – l’Indochine et l’Algérie – ont profondément blessé l’armée française et les plaies ne sont pas encore cicatrisées…Nos généraux ont un comportement frileux…parce qu’ils ont fait preuve de toutes les qualités qui, en période de non-conflit, permettent aux plus falots d’accéder aux étoiles. Savoir se mettre en valeur, ne jamais dire non à un supérieur… ne pas hésiter à priver ses enfants de bifteck pour offrir un bon repas à son colonel (3), être toujours volontaire pour les corvées mondaines, ne jamais prendre de risques inutiles… »

C’est vachard mais on peut supposer que l’auteur connaît son sujet ?

Mais il y a une autre explication au profil bas de certains généraux : on a fabriqué, au fil des années, une caste de privilégiés, au même titre qu’avec nos députés et sénateurs.

Du coup, l’armée souffre aussi d’un mal bien français, un mal qui ronge aussi bien la fonction publique que le secteur privé : « la pyramide à l’envers » :

Il y a pléthore de chefs et ces chefs nous coûtent cher !

Les Français, quand on les interroge, s’accordent sur le fait que le « Conseil Economique, Social et Environnemental » (CESE) est un gouffre financier qui ne sert strictement à RIEN (sinon à recaser des « obligés » du système). L’utilité du Sénat est tout aussi discutable.

Tout le monde s’accorde également sur le coût prohibitif et le nombre trop important de nos députés : la France, avec 68 millions d’habitants, compte autant de députés et de sénateurs que… l’Inde : 1,26 milliard d’habitants (4) ; cherchez l’erreur !

Or, il y avait (en 2017) 518 généraux – ou assimilés – en activité dans l’armée française. Ce chiffre laisse rêveur quand on sait que notre armée est réduite, en gros, aux effectifs de l’armée d’armistice tolérée par Adolf Hitler après la mémorable raclée de juin 1940.

Vient se greffer là-dessus une autre « exception française »: Les généraux en « deuxième section ». Véritable institution (depuis 1839) et unique en Europe, la « deuxième section » est composée des généraux qui ne sont pas en activité tout en étant à disposition du ministère.

Initialement, elle avait sa raison d’être : elle était conçue comme un vivier de généraux en temps de guerre, quand la France avait une armée d’appelés du contingent.

Mais la « deuxième section » ne correspond plus à la taille de l’armée actuelle. Elle compte environ 5500 généraux et pourrait théoriquement fournir en effectifs l’équivalent de six armées américaines (et de combien d’armées mexicaines ????).

Cette « Nomenklatura » bénéficie de nombreux avantages (tarif SNCF, solde de réserve ou retraite militaire avec abattement de 10%…) sans aucune limite d’âge. Avantages qui se révèlent trop chers pour un vivier très peu utilisé (Le ministère fait appel, tous les ans, à une centaine de généraux en « 2S », soit moins de 2% de l’effectif concerné) et coûte plus de 3 millions d’euros rien qu’en indemnités SNCF (laquelle, rappelons-le, est fortement déficitaire et renflouée par NOS impôts !).

Certes, c’est un coût relativement minime du budget total de la Défense, mais la faible utilisation des généraux en « 2S », souligne la nécessité d’une baisse drastique de leur nombre.

Ne cherchons pas de polémique stérile. Il n’est pas question de braquer le peuple contre ses « élites » (ou la troupe contre ses chefs). Il importe peu, après tout, de savoir si nos généraux doivent leurs étoiles à leur intelligence, leur courage, ou à la souplesse de leur échine ; s’ils ont obtenu leur avancement au mérite ou grâce à leur appartenance au « Grand Orient » (5).

Clémenceau disait : « Les fonctionnaires sont comme les livres d’une bibliothèque : ce sont les plus hauts placés qui servent le moins ». Nos généraux sont des hauts fonctionnaires et certains sont en « 2S » depuis des années. Il importe donc de savoir s’ils servent à quelque chose (et pour quel coût ?). Vaut-il mieux équiper un voltigeur en « Opex » d’un gilet pare-balles neuf (qui lui permettra de sauver sa peau) ou conserver les privilèges d’un vieux général en «2S » ?

Cette question mérite d’être posée mais, bizarrement, personne ne la pose !

Je constate simplement que la peur de mécontenter le pouvoir – et de risquer de perdre les avantages de la « deuxième section » – confine plusieurs d’entre eux dans une tiédeur, une passivité voire une complaisance, qu’on pourrait qualifier de collaboration honteuse.

Notes :

1)- « Lettre aux officiers » ; Pierre Sergent ; Fayard ; 1975.

2)- « Opération Manta » ; Colonel Spartacus ; Plon ; 1985.

3)- Ce conseil figurait dans le « Manuel du savoir-vivre » remis aux élèves-officiers d’une grande école jusqu’en 1972 (Note de l’auteur).

4)- L’Inde, ancienne colonie britannique, a conservé un système qui s’apparente à la « chambre des Lords » et la « chambre des communes » anglaises.

5)- Nous savons, depuis « l’affaire des fiches » du général André, en 1904, que l’appartenance à une loge maçonnique peut parfois être un critère d’avancement.

Encore une provocation macronienne !!!

Encore une provocation macronienne !!!

 

Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des Arcs de Triomphe. »

(Napoléon 1er, au soir de la bataille d’Austerlitz)

« Tous les cœurs…adressaient au ciel des vœux ardents pour la gloire de la patrie. Les hommes les plus fatigués de la lutte entre l’Europe et la France avaient tous déposé leurs haines en passant sous l’Arc de Triomphe ». (Honoré de Balzac). 

Mais quand donc – Grand Dieu ! – le petit homme narcissique qui fait fonction de président de la « Ripoux-blique » cessera-t-il d’humilier la France et les Français ????

J’en viens parfois à me demander s’il ne le fait pas exprès, juste pour caresser dans le sens du poil cette nouvelle population issue de la « diversité », allogène et bigarrée, appelée à remplacer le « Français de souche » qui, comme chacun sait, est raciste, xénophobe, populiste, poujadiste et très attaché à son passé, à ses racines et à ses traditions.

Micron est un homme jeune, tourné vers l’avenir, donc l’histoire, NOTRE histoire, il s’en fout comme de sa première couche-culotte (1). Il vient encore d’en faire la démonstration en acceptant que Christo – de son vrai nom : Christo Vladimiroff Javacheff – emballe l’Arc de Triomphe comme il l’avait fait pour le Pont-Neuf en 1985.

Cette mascarade (payée, je présume par le contribuable ?) est prévue en avril 2020.

Disons un mot de l’« artiste » puisque c’est ainsi qu’on appelle ce roi de l’emballage doré, du paquet-cadeau et du tape-à-l’oeil cliquant. En fait, « Christo » c’est l’intitulé générique de l’oeuvre commune de Christo Javacheff, né en 1935 en Bulgarie, et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon, née également en 1935 au Maroc (2). Christo est un apatride venu de l’Est. Il s’installe à Paris en 1958. Pour vivre, il peint des portraits à l’huile. C’est en livrant le portrait de l’épouse du général Jacques de Guillebon, gaulliste historique, compagnon de la Libération et directeur de l’école polytechnique, qu’il rencontre Jeanne-Claude, une « rousse flamboyante » qui ressemble à Yvette Horner, la reine du piano-à-bretelles de l’époque.

Jeanne-Claude est née à Casablanca (où son père, le major Léon Denat, était en poste). Sa mère, Précilda, avait 17 ans lorsqu’elle a épousé le major Denat. Précilda et Léon Denat ont divorcé peu de temps après la naissance de Jeanne-Claude. Puis Précilda s’est remariée trois fois.

En 1946, elle a épousé l’influent général Jacques de Guillebon.

Jeanne-Claude rencontre donc Christo Javacheff en 1958. L’année suivante, elle quitte son mari pour l’épouser. Le couple gagne rapidement beaucoup d’argent, affiche des idées de gauche et, pour payer moins d’impôts, émigre aux États-Unis en 1964 et s’installe à New York. Jeanne-Claude sera la muse de Christo jusqu’à son brusque décès…

J’ai, dans mes relations, un « général-quart-de-place » issu du Service du Matériel.

Il considère les paras comme des têtes brûlées et la Légion comme un repaire de brutes apatrides. En 35 années de carrière d’embusqué, il n’a jamais risqué sa précieuse peau dans une « Opex » (3) mais il arbore fièrement deux rosettes qu’il doit sans doute à la souplesse de son échine : « la Rouge » et « la Bleue » (4), glanées dans les bureaux, sans avoir un coup de feu à se reprocher. Il ressemble aux bidets « Jacob Delafon » : un robinet bleu pour l’eau froide et un rouge pour l’eau chaude. Ce péroreur de salon vante les vertus de Micron et ne voit rien de choquant dans le fait d’emballer l’Arc de Triomphe. D’après lui, « on peut aussi y voir un hommage ».

Et bien NON !!! Même le choix de l’« artiste » est un choix contestable !

Quant à l’Arc de Triomphe, ce n’est pas n’importe quel monument !

Napoléon en a ordonné la construction par un décret impérial daté du 18 février 1806. Ce monument est « consacré à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises ».

La première pierre, en forme de bouclier portant une inscription, est posée le 15 août 1806 (pour l’anniversaire de l’Empereur) et recouverte d’une plaque en bronze pour la protéger.

Lors des premières défaites napoléoniennes (campagne de Russie en 1812), l’Arc de Triomphe est élevé jusqu’aux voûtes mais la construction est interrompue puis abandonnée sous la Restauration. En 1823, Louis XVIII fait reprendre les travaux.

L’Arc doit désormais commémorer l’expédition victorieuse d’Espagne.

En 1830, Louis-Philippe reprend la pensée initiale de Napoléon mais, dans un esprit de réconciliation, associe les armées qui ont combattu entre 1792 et 1815.

L’Arc de Triomphe de l’Étoile est inauguré le 29 juillet 1836. Il fait partie des monuments nationaux à forte connotation historique. Cette importance s’est renforcée depuis que la dépouille du Soldat inconnu, tué lors de la Grande Guerre, y a été inhumée le 28 janvier 1921.

Deux ans plus tard, André Maginot, alors ministre de la Guerre, a soutenu le projet d’y installer une « flamme du souvenir » qui a été allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 par le ministre. Cette flamme éternelle est, avec celle de l’Autel de la Patrie à Rome, la première du genre (5). Elle commémore le souvenir des soldats morts au combat et ne s’éteint jamais : elle est ravivée chaque soir à 18 h 30 par des associations d’anciens combattants ou de victimes de guerre.

Ce geste symbolique a été accompli même le 14 juin 1940, quand l’armée allemande est entrée dans Paris : ce jour-là, le ravivage a eu lieu devant les officiers allemands qui ont autorisé la cérémonie.

Vous me direz que l’Arc de Triomphe a été profané plusieurs fois : les gauchos de mai 68 ont fait cuire un œuf sur la flamme du Soldat inconnu. En décembre 2018, en marge d’une manifestation de « Gilets jaunes », des racailles de banlieue ont vandalisé le monument. Mais ceci n’a pas été fait avec l’aval et la bénédiction de l’Elysée.

Peut-être est-il encore temps d’empêcher cette insulte à nos morts ?

Mais pour l’instant, en dehors d’un cas (6), je n’ai pas noté d’indignation de la part des présidents d’associations dites « patriotiques ». J’espère que les militaires de terrain sauront monter au créneau. Je n’attends RIEN, en revanche, des généraux « Jacob-Delafon » sinon un appel à la modération, à l’apolitisme, au « politiquement correct », bref des propos tiédasses comme l’eau d’un bidet quand elle est bien dosée.

Il faut les comprendre : la peur de perdre les avantages de la « 2ème section » (7) les oblige parfois à des contorsions reptiliennes et à la servilité des larbins.

 

 

Notes :

1)- La dernière lui ayant été enlevée par Brigitte née Trogneux, épouse Auzière à l’époque.

2)- Et décédée le 18 novembre 2009 à New York.

3)- Opex = Opération Extérieure.

4)- « La Rouge » est la Légion d’Honneur et « la Bleue », l’Ordre National du Mérite.

5)- Depuis l’extinction de la flamme des Vestales en 391

6)- Le général Saint Macary, président de l’UNC.

7)- Le droit, entre autres, de creuser un peu plus le déficit de la SNCF en voyageant en ¼ de place

Honte à Tiphaine Auzière et à… Marthe Richard

Honte à Tiphaine Auzière et à… Marthe Richard

Crédit photo: copie d’écran vidéo Oise info

Le billet d’Eric de Verdelhan

« Le misogyne adore les femmes. Comme il les adore, il les pratique. Comme il les pratique, il les connaît. Et c’est parce qu’il les connaît qu’il est misogyne. » (Léo Campion).

 

Allons bon, voilà qu’après avoir ouvert la chasse à l’homme avec « Osez le féminisme », puis « Me too » devenu chez nous « Balance ton porc », Thiphaine Auzière, la fille de « Mémé Trogneux », (vous savez, la dame qu’on prend souvent pour la maman ou la duègne du président Micron), vient d’ouvrir un compte Twiter : « Balance ton miso ».

C’est fou ce qu’on aime « balancer » dans ce pays !!!

Sous l’Occupation, des salopards s’ingéniaient à dénoncer les Juifs à la Kommandantur locale.

D’autres, plus tard, dénonçaient les sympathisants de l’OAS à la police ou aux « Barbouzes » gaullistes. Alors, forcément, quand on incite des tordus à la délation et aux méthodes de corbeau, ils deviennent délateurs, mais encore faut-il leur dire QUI ils doivent dénoncer ?

Dans un pays normal, on choisirait de « balancer » les clandestins, les voleurs, les trafiquants de drogue, les pédophiles, les imans radicaux, les gros fraudeurs fiscaux, les tricheurs aux prestations sociales, que sais-je encore ? J’énonce d’ailleurs ça sans conviction car, pour ma part, je n’ai jamais dénoncé personne, du moins sous couvert d’anonymat. La lettre anonyme est, comme le bulletin de vote, l’arme des lâches ; mais le bulletin de vote est légal, et puis, il permet aux imbéciles de se croire en démocratie car vous savez, comme moi, que la dictature c’est « gouverner autoritairement sans demander l’avis du peuple », alors qu’en démocratie on demande l’avis du peuple mais on n’en tient aucun compte. J’en veux pour preuve : le traité de Nice, refusé par les Français en 2005 et devenu le traité de Lisbonne, approuvé par le congrès1.

Depuis que le lobby LGBT etc 2 fait la loi chez nous, on a choisi de dénoncer le mâle – blanc de préférence, sexiste, dragueur, macho, misogyne, vicelard – bref, un porc dont le cerveau se situe au niveau de la braguette. Sus (sans jeu de mot facile et salace) au gros con hétérosexuel !!!

Eh bien, puisque c’est « tendance », je vais moi aussi faire l’apologie d’une femme qui devrait être aussi chère au cœur des Français que Jeanne la Pucelle : la bonne Jeanne 1ère, Reine de Naples et Comtesse de Provence. En 1347, ce n’est pas hier, cette souveraine autorisa l’ouverture des « maisons closes » et autres « bordeaux » pour le repos de ses guerriers et pour que la putain cesse d’être marquée du fer rouge de l’infamie.

Et, pendant presque …600 ans, les « bobinards », les claques, les bordels, les maisons de tolérance, les hôtels borgnes, ont fonctionné dans tout le pays pour le bien-être de sa population : ils faisaient le bonheur du bourgeois, qui s’encanaillait en sauvant les apparences ; de sa bourgeoise qui, coincée par son éducation, préférait la broderie, les bonnes œuvres et « l’hôtel du cul tourné » aux galipettes lubriques ; des « gagneuses » qui profitaient de la notoriété de leur « maison » comme un cuisinier fait ses armes chez les grands chefs…

Bref, c’est tout un système social qui fonctionnait, plutôt bien puisqu’il a perduré durant six siècles. Gloire donc à la Comtesse de Provence !

Mais les meilleures choses ont une fin : le 13 avril 1946, à l’instigation (liée, dit-on, au repentir) de Marthe Richard, dite « l’Alouette », demi-mondaine et contre-espionne retraitée, la France fermait ses maisons closes. La loi scélérate s’est abattue sur le pays le jour où était annoncée l’autonomie du Cambodge. Il y a des jours où il vaut mieux ne pas ouvrir son journal !

Marthe Richard, surnommée aussitôt « la veuve qui clôt », pensait œuvrer pour la santé morale et mentale de ses concitoyens. La France condamnait le « sport en chambre » – fauteur de chaudes-pisses, véroles et autres maladies sexuellement transmissibles – et prônait le sport tout court : fini les bordels, on construisit, aux frais du contribuable, des stades, des gymnases et des piscines municipales.

Et personne ne saura jamais combien les sports d’équipes débiles – principalement le foot – ont occasionné de blessures graves : tibias, péronés, fémurs, ménisques, ligaments endommagés à tout jamais ? Combien de verrues plantaires et autres maladies du derme ou de l’épiderme doit-on mettre sur le compte des piscines municipales. Ces grandes lessiveuses démocratiques dans lesquelles barbote une engeance pas toujours propre ?

Les arrêts cardiaques pour effort violent sont plus fréquents sur les stades que chez les dames de petite vertu (d’ailleurs, l’histoire n’a pas retenu grand monde en dehors du président Félix Faure et de Monseigneur Daniélou).

Par idéologie – bien avant que le « syndrome sécuritaire » ne soit à la mode – Marthe Richard a mis la prostitution dans la rue. Le trottoir n’a rien réglé mais a fait le bonheur et la fortune des « barbeaux » et des réseaux maffieux.

La libération sexuelle d’après mai 68 s’est chargée du reste.

A force de copuler « à c……. rabattues », n’importe où et avec n’importe qui, de prôner et d’encourager l’infidélité, le « vagabondage sexuel », l’échangisme, les partouzes, la bisexualité, puis l’homosexualité (pourquoi pas la zoophilie, au stade où nous en étions ?), le Ciel a su nous rappeler que, comme pour Sodome et Gomorrhe, la dépravation des mœurs ne pouvait pas être érigée en modèle ou en choix de société.

Un mal beaucoup plus insidieux que ceux qu’on pouvait attraper dans les « maisons » mal tenues fit son apparition à la fin des années 70 : le SIDA.

A l’origine, il nous arrivait d’Afrique et frappait les singes bleus du Zaïre.

Puis la pandémie fit des ravages au sein de la communauté homosexuelle des grandes métropoles occidentales. En France, le pays des « droits de l’homme », il était politiquement incorrect d’oser dire ou écrire que le SIDA nous arrivait d’Afrique (c’était une forme de racisme !) et/ou que la communauté « gay » était son principal vecteur (l’homophobie étant aussi condamnable que le racisme). On a donc préféré nier des évidences.

Entre 1981 – date des premiers comptages – et 2018, le SIDA a tué 45 millions de personnes dans le monde et le nombre de séropositifs, susceptibles de déclencher la maladie à tout moment, serait de 40 millions.

Voilà où nous mènent les pseudos bons sentiments et la « langue de bois » !

Sans la fermeture des « maisons closes », nous n’en serions pas là. L’alerte aurait été donnée bien plus tôt. J’en veux pour preuve le fait que, dès 1978, des médecins militaires avaient détecté la maladie chez des Légionnaires rentrant d’Afrique noire où ils avaient contracté le mal dans des bordels locaux. Mais qui écoute un médecin militaire dans un pays où l’antimilitarisme est presque une religion ?

On a donc laissé faire jusqu’à ce que la proportion d’hétérosexuels de race blanche soit « significative ». La preuve était enfin faite que le SIDA pouvait frapper tout le monde : enfin un mal démocratique et égalitaire ; ouf, on respirait !

Mais l’immonde mâle macho, hétéro, misogyne, sexiste etc… a continué ses ravages et pourtant, nul doute que dans un monde constitué uniquement d’homos et de lesbiennes, tout irait beaucoup mieux ! Et ne soyez surtout pas inquiets pour la reproduction de l’espèce : il restera toujours, çà et là, quelques vicieux !

Merci de prendre ce coup-de-gueule au second degré, ça évitera à quelques « courageux » anonymes de m’insulter sur la toile. Je ne perds pas mon temps à les lire !

Notes :

1)- Je pourrais ajouter l’immigration-invasion qui est une réelle crainte des Français et à laquelle on répond par…la transition énergétique qui n’intéresse que les « bobos ».

2)- Lesbiennes, Gays, Bi, Trans etc etc…

Un mot sur l’Armée d’Afrique…

Un mot sur l’Armée d’Afrique…

Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« Le rôle joué pendant la Grande Guerre par les indigènes algériens a été grand, leur sang s’est mêlé au sang français sur tous les champs de bataille, leur acquérant des droits légitimes par des sacrifices communs… ». (Baron de Feuchins « Rapport sur le bilan des pertes » (1924)). 

 

A la suite de mon article sur le débarquement en Provence le 15 août 1944, j’ai reçu un mail d’un général en retraite rencontré chez des amis.

Pur produit de la glorieuse arme de l’Intendance (Il en faut, je sais !), il a réussi à faire une longue et belle carrière, et à finir « général quart de place » sans avoir fait la moindre « Opex », ce qui ne l’empêche pas d’être plus décoré qu’un sapin de Noël ou qu’un caporal-chef mexicain.

Je l’ai surnommé « Porcelaine de Chine » car, comme les céramiques chinoises, il supporte les décorations mais craint le feu. Ce brave général m’écrivait ceci :

« J’ai lu avec intérêt votre article sur le débarquement du 15 août 1944… etc…etc…Mais vous ne pouvez pas nier que les troupes issues d’Afrique ont servi de « chair à canon » pendant la guerre de 14-18… ». Et, dans son mail, il mélangeait allégrement, dans un style aussi pompeux que pontifiant, l’Armée d’Afrique et les Bataillons d’Afrique (les fameux « Bat’d’Af »).

Je me demande parfois ce qu’on enseigne à nos futurs officiers à Coëtquidan4, à Navale ou à Salon-de-Provence ? Certains sont aussi nuls en histoire que Micron !

Depuis que la France est entrée en repentance et qu’elle culpabilise sur son passé colonial, on nous dit que nos troupes indigènes ont été utilisées comme « chair à canon » durant la Grande Guerre, ce qui est inexact ou, pour le moins, très exagéré !

À l’époque coloniale, nos forces étaient réparties en trois ensembles : l’Armée métropolitaine, les troupes coloniales et l’Armée d’Afrique qui dépendaient d’un seul état-major général.

Dans la terminologie militaire, les troupes coloniales désignaient les troupes « indigènes », hors Afrique du Nord, et métropolitaines : les anciennes formations de marine (« Marsouins » pour l’infanterie et « Bigors » pour l’artillerie), qui fusionnent, en 1900, pour former l’« Armée coloniale » (ou « la Coloniale »). Ces troupes se distinguent donc des troupes d’Afrique du Nord « indigènes » (Tirailleurs, Spahis) et européennes (Zouaves, Chasseurs d’Afrique, Légion Etrangère), qui forment l’Armée d’Afrique (19ème Corps d’Armée) et provenaient essentiellement d’Algérie.

Certains régiments, mixtes, regroupaient des Chrétiens, des Juifs et des Musulmans, comme les unités de Zouaves ou de Tirailleurs. On estime que l’Empire a fourni, en quatre années de guerre, entre 550 et 600.000 « indigènes » à la mère-patrie, dont 450 000 vinrent combattre en Europe. 270.000 mobilisés, dont 190.000 combattants, étaient des Maghrébins, 180 000 mobilisés, dont 134.000 combattants, étaient des Sénégalais.

Les autres venaient de tout l’Empire : Madagascar, Indochine, Océanie et Somalie.

Les « indigènes » ont représenté 7% des 8.410.000 mobilisés de l’armée française, affectés majoritairement dans les régiments de Tirailleurs. La proportion de Français au sein des régiments de Tirailleurs nord-africains était d’environ 20 %. Un peu moins dans les bataillons de Sénégalais.

En 1918, à la fin de la guerre, notre armée disposait de cent divisions dont six divisions composées de troupes de l’Armée d’Afrique et sept divisions composées de troupes de l’Armée coloniale. La moitié des effectifs de ces treize divisions étant d’origine métropolitaine.

Si ces effectifs peuvent sembler relativement faibles, les troupes « indigènes » comptent à leur actif bon nombre de faits d’armes glorieux et leur rôle ne saurait être sous-estimé.

Leur apport a été très important dans les semaines décisives de septembre 1914, lors de la bataille de la Marne. Si quelques cas de panique furent signalés lors des premières semaines de combats (comme dans d’autres unités métropolitaines), par la suite, ces unités se montreront à l’égale des meilleurs.

Durant la Grande Guerre, le nombre de tués de nos troupes « indigènes » est estimé à plus de 70.000 : 36.000 Maghrébins et 30.000 « Sénégalais ».

Sur 450.000 combattants réellement engagés, le taux de pertes au feu a été de 19% chez les Maghrébins et de 23% chez les Sénégalais. Ces chiffres sont à rapprocher des 1.500.000 tués de la Grande Guerre. Les monuments aux morts des villes et villages français sont là pour nous rappeler que la grande boucherie de 14-18 aura été, hélas, assez « égalitaire ».

Les combattants de notre Empire y ont eu leur part…comme les autres, ni plus, ni moins.

Disons un mot des Bataillons d’Afrique, pour conclure :

Les Bataillons d’Infanterie Légère d’Afrique (BILA), plus connus sous les surnoms de « Bat’ d’Af’ » (ou de « Joyeux »), étaient des unités qui relevaient, effectivement, de l’Armée d’Afrique.

L’Infanterie Légère d’Afrique, après un projet avorté en 1831, a été créée en juin 1832 pour recycler les soldats condamnés par la justice militaire.

Cantonnées en Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc), « à Biribi », nom générique pour désigner leur casernement1, ces unités constituaient l’instrument répressif de l’armée française : destinées à mater les fortes têtes, elles furent conçues pour « redresser ceux qui ont failli ».

Les « Joyeux », selon la tradition, arboraient le tatouage « Marche ou Crève ». C’est à cela qu’ils étaient respectés, voire craints, dans le milieu. Autre particularité des « Bat’d’Af » : la pratique de l’homosexualité dans les rangs (héritée des passages en prison).

Les Bataillons d’Infanterie Légère d’Afrique formaient corps. Leurs soldats relevaient de… 54 catégories judiciaires différentes, allant du simple délit à la tentative de meurtre. Mais certaines sections étaient majoritairement constituées de petits voyous et de proxénètes.

En 1914, à la déclaration de la guerre, les effectifs restent en garnison en Afrique du Nord afin d’y assurer le maintien de l’ordre. On a formé pour la durée de la guerre, et par prélèvement dans les 5 BILA, trois Bataillons de Marche d’Infanterie Légère d’Afrique (BMILA), qui ont été engagés en métropole où ils se sont distingués : les 1er, 2e et 3e BMILA.

Les plumitifs en mal de copie à sensation confondent souvent les « Bat’d’Af » avec la Légion Etrangère, ce qui est, à mon (humble) avis, une insulte à notre belle Légion Etrangère.

Le chant de marche des « Bat’d’Af » « Le bataillonnaire » 3 a été modifié et repris par les régiments parachutistes2.

Mon brave général ignore visiblement cette page d’histoire de nos armes. Il est comme son « Chef des Armées » : il ne sait rien mais il le dit avec force et conviction. Dans les salons mondains, ça impressionne quelques rombières qui, pour un peu, en renverseraient leur tasse de thé…

 

Note :

1)- J’ai eu l’occasion, il y a des années, de visiter une ancienne garnison de « Bat’d’Af », à Tataouine, dans le sud tunisien.

2)- « En passant par la portière » (« Il est là-bas en Algérie… »). Ceux qui ont eu le privilège de servir chez les paras connaissent ce chant.

3)- Chanson que certains auteurs attribuent à Aristide Bruant, ce qui est inexact : Bruant a écrit « Au Bat’d’Af » qui n’est pas le chant de marche des BILA.

4)- NDLR: Bernard Lugan, l’un des meilleurs africanistes français, a été écarté des grandes écoles militaires