Un mot sur la xénophobie

Un mot sur la xénophobie

Le billet d’Éric de Verdelhan

 

« Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l’établir par la force ».

(Jean-Jacques Rousseau).

« La nature a fait une race d’ouvriers ; c’est la race chinoise…une race de travailleurs de la terre ; c’est le nègre…une race de maîtres et de soldats ; c’est la race européenne… »

(Ernest Renan).

Dans un article récent, publié dans « Riposte Laïque » et repris ici, j’ai fait l’éloge de Charles Maurras.

Je suis, depuis toujours, un défenseur de la liberté d’expression, de la pluralité des opinions et des idées politiques, et aussi – c’est mon droit – un admirateur de Maurice Barrès et de Charles Maurras. Je n’hésite donc pas, parfois, à l’écrire ! C’est donc ce que j’ai fait, sans arrière-pensée.

Mais, c’était sans compter sur les ayatollahs de la « bien-pensance », les gourous du « vivre ensemble », les gardiens du temple du multiculturalisme et de la doxa socialisante. Ces gens-là ont une conception très particulière de la liberté d’expression. Ils me font penser à la publicité Ford, au début du 20° siècle : « Le client peut choisir la couleur de sa voiture à condition qu’elle soit noire ».

A la suite de mon article, j’ai reçu quelques volées de bois vert car j’avais osé dire du bien de Maurras, qui était « antisémite et xénophobe » (1). Du coup, j’ai choisi, en entête de cet article, deux citations de représentants incontestables des idéaux « ripoux-blicains » (et maçonniques).

Eh bien oui, Maurras était antisémite, comme…plus de la moitié de la France à son époque.

Rappelons aux ignares que, de 1894 à 1906, la France, qui rêvait d’une revanche contre l’Allemagne, s’est déchirée autour des procès d’Alfred Dreyfus, officier français de confession juive, qu’on accusait d’avoir fourni des renseignements secrets à l’ennemi prussien honni.

La France comptait alors autant de « dreyfusards » que d’ « antidreyfusards » et, si l’histoire – simplifiée à l’extrême – n’a retenu que « J’accuse » d’Emile Zola, cette belle conscience de gauche, la vérité m’oblige à rappeler qu’il y avait plutôt plus d’ « antidreyfusards » à gauche qu’à droite.

Ce climat propice à l’antisémitisme sera hélas attisé par quelques scandales imputables aux Juifs : en 1928, l’affaire de la « banquière » Marthe Hanau, lesbienne adulée par le tout Paris et qui a ruiné des milliers de petits épargnants. Elle finira par se suicider, en 1935, à la prison de Fresnes.

Puis, l’affaire Stavisky, énorme scandale qui débouchera sur les émeutes du 6 février 1934.

Quand arrêtera-t-on, dans notre pays, de juger (de critiquer ?) notre passé, notre histoire, avec les mentalités affadies, édulcorées, manipulées, culpabilisées, bref formatées par des « élites » pensantes, elles-mêmes nourries aux « droits-de-l’homme » et au mondialisme apatride ?

Il faut savoir, de temps en temps, revenir aux origines des choses.

Prenons l’exemple du mot « racisme ». Selon l’ancien « Larousse », c’était une :

« Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races ». Attitude d’hostilité à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes : (racisme anti jeunes) … » Cette définition, d’une simplicité biblique, avait le mérite de la clarté : le racisme implique une hiérarchisation des races et une hostilité à l’égard de l’autre, parce qu’il est différent.

Mais, depuis que notre pays est entré en repentance, les dictionnaires et encyclopédies ont revu leur copie : « Le racisme est une idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres. Cette idéologie peut entraîner une attitude d’hostilité à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. L’hostilité peut générer chez la victime de la stigmatisation et de la discrimination qui à son tour va entraîner une auto-stigmatisation et une auto-discrimination proportionnelle. Cette hostilité…se traduit par des formes de xénophobie ou d’ethnocentrisme. Certaines formes d’expression du racisme, comme les injures racistes, la diffamation raciale, la discrimination, sont considérées comme des délits dans un certain nombre de pays. Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des violences, allant jusqu’au génocide… »

A la lecture de ce pathos verbeux, on pourrait en conclure que quiconque ne se croit pas d’une race supérieure à l’autre, ne lui veut aucun mal et ne se moque pas de lui, n’est absolument pas raciste. C’est ainsi que, personnellement, je perçois la chose : n’étant nullement raciste, rien ne m’oblige à aimer l’autre, à me sentir proche de lui, à rechercher sa compagnie, et surtout pas à avoir des devoirs ou des obligations à son égard.

Un ami, à qui on reprochait son manque de charité chrétienne (au motif qu’il ne pleurnichait pas sur le manque d’eau au Sahel), a eu cette réponse magnifique : « Ma religion me fait obligation d’aimer mon prochain, pas mon lointain ! ».

Le pape François, si bienveillant à l’égard des migrants musulmans (et si autiste envers les massacres de Chrétiens dans le monde musulman) sait nous rappeler le second commandement de l’Eglise : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ai-je le droit de lui répondre que, n’étant ni mégalomane ni narcissique, je ne m’aime pas ? Disons que je ne suis pas « mon type » et que je peux me regarder dans une glace sans devenir pédéraste. Je plaisante bien sûr !!!!

Mais on a encore, que je sache, le droit d’être individualiste, solitaire ou misanthrope sans qu’il soit question de race, de croyance ou de couleur de peau ! « Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on/ est plus de quatre on est une bande de cons » chantait Georges Brassens.

Dans un pays démocratique, on devrait pouvoir vivre comme un ours, sans participer à la « fête des voisins » et sans se trémousser à la « fête de la musique » (ou à la « Gay-pride »). On n’est pas obligé d’aimer la foule bigarrée et les chiens qui aboient en meute.

Personnellement, je déteste le Rap – cette musique de sauvages sur des paroles haineuses – et l’humour de Jamel Debbouze ; ceci ne fait pas de moi un raciste. Je préférais la finesse d’esprit de Raymond Devos, Robert Lamoureux, Pierre Desproges, Michel Audiard, et quelques autres…

Oserais-je dire que je déteste l’ironie narquoise – cette méchanceté qui ne fait rire que les « bobos » – d’un Guy Bedos et que ceci n’a rien à voir avec le fait qu’il soit juif séfarade ?

D’autant plus que j’adore l’humour et l’accent yiddish de Popeck qui est juif ashkénaze.

Mais revenons aux définitions ; celle de la Xénophobie : c’est un mot formé de deux racines grecques (xénos, « étranger », et phobos, « rejet, peur »). « Le mot xénophobie est un néologisme apparu dans la langue française au début du XXe siècle, c’est un substantif dérivé du néologisme « xénophobe » dont l’invention est imputée à Anatole France, en 1901. « Xénophobe » apparaît pour la première fois dans un dictionnaire, le « Nouveau Larousse Illustré », en 1906. Vingt ans plus tard, dans son célèbre pamphlet « La trahison des clercs » (1927), Julien Benda parle de xénophobie comme l’un des aspects du patriotisme : « Un autre trait du patriotisme : la xénophobie. La haine pour l’ « homme du dehors » …, son mépris pour ce qui n’est pas « de chez lui »… ».

La xénophobie est donc de création récente (le mot, pas le sentiment !) mais, qu’on le veuille ou non, elle est naturelle : le xénophobe se méfie de l’autre parce qu’il en a peur. Depuis la plus haute antiquité, les rapports humains sont souvent conditionnés par la peur. Dans notre pays, qui aura connu dans son histoire, des guerres, des invasions plus ou moins barbares, et des vagues migratoires, la peur de l’arrivée massive de gens « différents » venus d’un ailleurs plus ou moins éloigné, est un sentiment naturel, un réflexe d’autodéfense.

Comme disait Rocard : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ! ».

Il avait compris ce qui semble une évidence, mais pas ses héritiers.

Alors, mettons encore les pieds dans le plat !

L’inventeur de la « préférence nationale » ce n’est pas Le Pen, mais… Léon Blum, président du Conseil sous le « Front Populaire ». Dès l’été 1936, Roger Salengro, ministre de l’intérieur, s’écrie : « le gouvernement ne saurait tolérer que des étrangers abusent de l’asile qui leur est offert » et Maurice Thorez, premier secrétaire du Parti Communiste, clame, le 28 septembre 1938 : « La France aux Français ! ». Le bon radical-socialiste Edouard Herriot, lui, invite la France à mettre dehors les « indésirables ». En 1938, Daladier promulgue une loi permettant d’emprisonner les Français qui aideront des clandestins. De nos jours, pour avoir aidé des migrants à passer la frontière italienne, le pseudo-berger Cédric Herrou a été… ovationné au Festival de Cannes. On marche sur la tête !

Le 12 novembre 1938, une loi donnait l’autorisation de « dénaturaliser » (sans intervention d’un juge) tout citoyen d’origine étrangère. L’article 22 stipule que « pour des actes contraires à l’ordre public…les étrangers perdront leur nationalité ». Retrait qui pourra s’étendre « à la femme et aux enfants mineurs ». (2) Citons encore le décret-loi du 3 mai 1938, qui autorisait les préfets à expulser les étrangers, même ayant un permis de séjour.

Donc, les « chances pour la France », qui s’estiment discriminés, stigmatisés, ostracisés, feraient mieux d’arrêter leur pleurnichailleries victimaires et d’apprendre NOTRE histoire.

NON, NON et NON, la France d’avant-guerre n’a pas été plus tendre avec les « Ruskoffs » blancs, les « Polaks », les « Macaronis » (ou « Ritals ») ou les « Espingouins » qu’avec les Musulmans, mais, à l’époque, les « hussards noirs de la République » comme les curés délivraient aux nouveaux entrants le même message : l’intégration devait passer par l’apprentissage de la langue, le respect des lois, us et coutumes, et l’amour de leur nouvelle patrie. Même pour les gens de gauche, la France avait des racines chrétiennes et n’entendait pas se voir imposer la Sharia.

Dernière définition, « L’antisémitisme » : (du grec anti, contre, opposé et de Sem, l’un des fils de Noé dans la Genèse). « L’antisémitisme est un sentiment d’aversion envers les Juifs en tant que « race », supposée inférieure. Il peut prendre la forme d’une opinion ou d’une attitude hostile, de discrimination (ghetto, expulsion), de racisme, de persécution. L’antisémitisme constitue une négation du droit à la différence ». L’origine du mot « antisémite » est attribuée à Wilhelm Marr, en 1879 dans un pamphlet anti-juif. La construction du mot « antisémite », qui n’a été utilisé que vis-à-vis des Juifs, est impropre car l’adjectif sémite désigne les peuples parlant les langues sémitiques originaires du Moyen-Orient et de l’Afrique, et non une ethnie particulière.

« L’hostilité envers les Juifs, qui remonte à l’antiquité païenne, a pour origine leur fidélité à un Dieu unique. Au IV° siècle, ils furent accusés de la mort du Christ (notion de peuple déicide).

L’antisémitisme n’a cessé de croître au cours des siècles. L’antisémitisme est allé jusqu’à des formes institutionnalisées de persécutions qui culminèrent avec l’extermination entreprise par le régime nazi qui a fait six millions de morts pendant la seconde guerre mondiale (la Shoah) … ».

Voilà encore une définition longue, confuse mais… superficielle : dans leur histoire, les Juifs ont toujours été persécutés mais pas toujours pour les mêmes raisons.

De nos jours, en dehors d’une poignée de Nazillons, le National-Socialisme n’existe plus chez nous, et pourtant l’antisémitisme est en pleine recrudescence. Un antisémitisme ethnique, racial, religieux ? C’est difficile à dire, d’autant qu’il existe aussi un « antisionisme » à l’égard de l’existence même de l’état d’Israël. En 2018, il y a eu, en France, 541 actes antisémites, cinq fois plus que d’actes antimusulmans (3). Ces actes sont-ils le fait de suppôts de Charles Maurras ?

Non, bien sûr, et tout le monde le sait (Cf : l’affaire – sordide – Ilan Halimi, ce jeune Juif torturé et massacré pour le « gang des barbares » du musulman Youssouf Fofana).

Je n’en dirais pas plus car les courageux anonymes qui m’injurient régulièrement vont encore me traiter d’islamophobe, ce que je ne suis pas. Après mon dernier article, quelques imbéciles ont qualifié « Riposte Laïque » de site antisémite. Je leur demande d’arrêter de fumer la moquette et de baisser le son du « déconophone ».

« Le racisme n’est pas une opinion », certes, mais la connerie non plus !

Notes :

1)- Le comble c’est que j’aime bien Louis-Ferdinand Céline – le bon docteur Destouches – qui était autrement plus antisémite que Maurras.

2)- J’ai découvert ce texte dans « Ça suffit ! 80 ans de mensonges et de calomnies » de Roger Holeindre ; Holigoland ; 2015. Livre que je recommande à ceux qui aiment la VRAIE histoire.

3)- Alors même que la communauté juive est 15 fois moins importante que la communauté musulmane…

Mon hommage au « Grand Charles »

Mon hommage au « Grand Charles »

Le billet d’Éric de Verdelhan

 

« Quand un régime tombe en pourriture, il devient pourrisseur : sa décomposition perd tout ce qui l’approche. »

« Ni aujourd’hui ni jamais, la richesse ne suffit à classer un homme, mais aujourd’hui plus que jamais la pauvreté le déclasse. » (Citations de Charles Maurras).

 

Cette année, la manifestation – honteuse – contre l’Islamophobie du 10 novembre, puis, aussitôt après, celles du 11 novembre, auront occulté la date anniversaire de la mort du général De Gaulle, le 9 novembre 1970. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au fil des années, l’anniversaire de sa disparition ne mobilise plus les foules : les pleurnichailleries et salamalecs incantatoires autour de son caveau ne font plus recette. J’ai envie de dire : Tant mieux ! Ouf ! Enfin ! Pas trop tôt !

Cette année, à Colombey, ils étaient une petite poignée, tous venus là par opportunisme (ou clientélisme électoral) car se déclarer gaulliste, c’est encore « tendance », surtout quand on n’a rien d’autre à dire : ça n’engage à rien, c’est du vent ! Un vent qui a des odeurs de flatulence : un pet.

Du vivant du général, déjà, on pouvait être « gaulliste de la première heure », « gaulliste de gauche », « gaulliste social », « gaulliste de progrès », « gaulliste du centre » etc…etc… Il est vrai que ces différents courants de larbins étaient qualifiés par leurs opposants de « Godillots ».

Le gaullisme n’a jamais été un programme politique, un courant de pensée ou une idéologie, c’était une idolâtrie : un peuple de veaux (selon De Gaulle lui-même) vénérait son veau d’or, Charles le Dérisoire, « Saigneur » de Colombey, bradeur de notre bel Empire colonial.

Arrivé une première fois au pouvoir sur une imposture, qui déboucha sur une épuration féroce, il y reviendra au lendemain du 13 mai 1958 pour « sauver l’Algérie française ». On connaît la suite : le massacre de 120 à 150 000 Harkis et leurs familles, 1 million 1/2 de « Pieds noirs » qui n’eut d’alternative qu’entre « la valise ou le cercueil », 3 ou 4000 disparus…etc…

La fin, aussi, de notre autosuffisance énergétique et le début de notre déclin. Le tapis rouge déroulé aux égorgeurs du FLN. Sans parler de la politique catastrophique de la « Francafrique » (ou « France à Fric » ?) dans nos anciennes colonies.

Pourtant, l’antigaulliste que je suis est choqué que les médias fassent la part belle à une manifestation de Musulmans sur notre sol, même si elle est l’une des conséquences directes de la politique gaullienne à l’égard de nos anciennes possessions d’Afrique du Nord et d’Afrique Noire.

Mais, puisque nous sommes en novembre, je m’autorise à honorer la mémoire du « Grand Charles ». Pas le traître de Colombey, non, mais Charles Maurras qui aura été l’un des plus grands intellectuels de la fin du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème.

Charles Maurras est né le 20 avril 1868 à Martigues. Écrivain et poète provençal appartenant au « Félibrige », agnostique dans sa jeunesse, il se rapproche ensuite des milieux catholiques. Autour de Léon Daudet, Jacques Bainville, et Maurice Pujo, il dirige le journal « L’Action française », fer de lance de la formation du même nom : royaliste, nationaliste et contre-révolutionnaire.

« L’Action Française » a été le principal mouvement politique d’extrême-droite sous la 3ème République. Outre Léon Daudet et Jacques Bainville, Maurras compte parmi ses soutiens des gens comme Georges Bernanos, Jacques Maritain, Thierry Maulnier, Philippe Ariès, Raoul Girardet (et, plus tard, le mouvement littéraire des « Hussards »).

Avec plus de 10 000 articles publiés entre 1886 et 1952, Maurras demeure le journaliste politique et littéraire le plus prolifique de son siècle. Il aura une grande influence dans les milieux conservateurs. En 1905 Maurras publiait « L’Avenir de l’intelligence », livre (prémonitoire) qui mettait en garde contre le règne de l’argent et son emprise sur les intellectuels.

Au lendemain de la Grande Guerre, la popularité de « L’Action Française » se traduit par l’élection de Léon Daudet comme député de Paris. Mais un grand nombre de ses dirigeants sont tombés au Champ d’Honneur. Maurras leur rendra hommage dans « Tombeaux » en 1921 (1).

Dès 1918, Maurras réclamait une paix qui serve les intérêts de la nation : la division de l’Allemagne, l’annexion du Landau et de la Sarre, un protectorat français sur la Rhénanie. Là où les politiques parlent de droit, de morale, de générosité, « l’Action française » affirme la nécessité du réalisme pour préserver les équilibres internationaux.

Dès 1922, Maurras a des informations précises sur Adolf Hitler. Dès lors, il dénonce le pangermanisme de la République de Weimar.

En 1930, il dénonce l’abandon de Mayence par l’armée française et titre « Le crime contre la Patrie ». La même année, « L’Action française » publie une série d’articles sur le National-socialisme allemand, présenté comme « un des plus grands dangers pour la France ». L’obsession de la menace hitlérienne se traduit par l’ouverture du journal à des officiers signant sous pseudonyme.

En 1932, le général Maxime Weygand dénonce la politique de désarmement menée par la gauche : « L’armée est descendue au plus bas niveau que permette la sécurité de la France ».

En 1933, Maurras écrivait : « Quoi que fassent ces barbares, il suffit d’appartenir au monde de la gauche française, pour incliner à leur offrir de l’encens, le pain, le sel et la génuflexion ».

Maurras voit dans l’arrivée d’Hitler au pouvoir la confirmation de ses pronostics.

En 1934, après la « nuit des Longs Couteaux », il fustige l’« abattoir hitlérien ». La menace allemande constitue le fil rouge de ses préoccupations. En 1936, Maurras préface l’ouvrage antinazi de la comtesse de Dreux-Brézé. Il y déplore l’assassinat de Dollfuss par les Nationaux-socialistes.

Il essaiera aussi de détourner Mussolini d’une alliance avec Hitler, puis, inquiet, il prendra diverses initiatives pour renforcer les chances de la France en cas de guerre :

  • Il lance une campagne de souscription en faveur de l’aviation militaire : 20 quotidiens parisiens, 50 journaux de province le rejoignent. Mais Daladier s’y oppose.
  • Il écrit à Franco pour le convaincre de détourner l’Italie de l’alliance avec l’Allemagne.
  • Il soutient le gouvernement Daladier dans sa volonté d’interdire le Parti Communiste, dont quelques militants ont participé à des opérations de sabotage de l’effort de guerre.

Entre temps, récompense suprême de son œuvre monumentale, le 9 juin 1938, il est élu à l’Académie Française. Mais le président Albert Lebrun refuse de le recevoir comme le voulait l’usage.

Albert Lebrun, pour ceux qui connaissent mal notre histoire, a été le président du Front Populaire, celui qui, en juillet 1940, refila, la pétoche au ventre, les clefs du pouvoir au Maréchal Pétain et qui eut l’impudeur, à la Libération, de venir demander à De Gaulle de le laisser terminer son second mandat. Le chansonnier Martini le surnommait « Le sot pleureur » et la presse d’opposition « Larmes aux pieds » en raison de sa propension à pleurnicher en inaugurant les chrysanthèmes.

De Gaulle, à qui je reconnais un vrai talent pour la formule vacharde, dira de lui :

« Comme chef d’Etat, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un Etat. ».

Depuis cette époque, Lebrun, qui n’avait de grand que les pieds (2), a fait des émules : nos courageux « ripoux-blicains » se défoulent sur Zemmour ou Finkielkraut…

En 1940, « L’Action Française » titre en gros caractères : « Le chien enragé de l’Europe, les hordes allemandes envahissent la Hollande, la Belgique, le Luxembourg ». Et Maurras écrit :

« Nous avons devant nous une horde bestiale et, menant cette horde, l’individu qui en est la plus complète expression ». Dès le 3 septembre 1939, il reprend les accents bellicistes de l’Union Sacrée. Jusqu’aux derniers combats de juin 1940, il apporte un soutien sans faille à l’effort de guerre, mais il approuve l’armistice comme… l’immense majorité des Français.

Et il qualifie de « divine surprise » l’arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain. La « divine surprise » ce n’est pas la victoire de l’Allemagne, comme certains ont cherché à le faire croire à la Libération, mais l’accession au pouvoir du Maréchal Pétain et le sabordage de la République par les parlementaires républicains eux-mêmes. D’ailleurs Maurras soutient le régime de Vichy, pas la politique de collaboration, car il est nationaliste, et profondément germanophobe.

Il s’oppose à toute orientation germanophile ; il voit dans les partisans de la collaboration les continuateurs de Jaurès et Briand et écrit que « la grande majorité des partisans de la politique de collaboration vient de la gauche française : Déat, Doriot, Pucheu, Marion, Laval, une grande partie de l’ancien personnel briandiste ».

Maurras est d’ailleurs regardé comme un adversaire par les Allemands qui font piller par la Gestapo les bureaux de « l’Action française ». En 1943, les Allemands placent Maurras parmi les personnes à arrêter en cas de débarquement. Et, en mai de la même année, en dépit de sa franche hostilité à Pierre Laval, il reçoit des mains du Maréchal Pétain la Francisque Gallique (n° 2068).

Rappelons que le « résistant Morland » – un certain François Mitterrand – a été décoré de la Francisque un peu avant Maurras (N° 2022) et que ça ne choque personne.

Sous l’Occupation, les membres de « l’Action française » se divisent en trois groupes : celui des maurrassiens orthodoxes, antiallemands mais fidèles au Maréchal, celui des collaborationnistes ouvertement pronazis (Robert Brasillach, Charles Lesca, Louis Darquier de Pellepoix ou Joseph Darnand), et celui des résistants : Honoré d’Estienne d’Orves, Michel de Camaret, Henri d’Astier de La Vigerie, Gilbert Renault, Pierre de Bénouville, Daniel Cordier ou Jacques Renouvin.

Le colonel Rémy dira que sa décision de résister résulta de son imprégnation de la pensée de Maurras. En revanche, ceux qui ont rejoint la collaboration déclarent avoir rompu avec l’essence de sa pensée : Rebatet qui se déchaînera contre Maurras, ou Brasillach que Maurras refusera de revoir.

A la Libération, les épurateurs se souviendront que Charles Maurras était antigaulliste. Il est emprisonné et, le 28 janvier 1945, la Cour de Justice de Lyon le déclare coupable de haute trahison et d’ « intelligence avec l’ennemi ». Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale. Il commenta sa condamnation par une exclamation restée célèbre :

« C’est la revanche de Dreyfus ! » Selon l’historien Eugen Weber, le procès, bâclé en trois jours, fut un procès politique : les jurés ont été choisis sur une liste d’ennemis politiques de Maurras, les vices de forme et les trucages ont été nombreux, le motif choisi est le plus infamant et le plus contradictoire avec le sens de sa vie : Maurras était viscéralement antiallemands.

De sa condamnation (art. 21, ordonnance du 26 décembre 1944), découle son exclusion de l’Académie Française (qui attendra cependant sa mort pour procéder à son remplacement).

Entre 1945 et 1952, Maurras publia quelques-uns de ses textes les plus importants. Bien qu’affaibli, il collabore (sous un pseudonyme) à « Aspects de la France », journal fondé par des maurrassiens en 1947, à la suite de l’interdiction de l’Action française.

Le 21 mars 1952, il bénéficie d’une grâce médicale accordée par le président Vincent Auriol. Il est transféré à la clinique Saint-Grégoire de Saint-Symphorien-lès-Tours.

Il meurt le 16 novembre 1952, après avoir reçu les derniers sacrements.

Tous les témoignages attestent que les derniers mois de Maurras ont été marqués par le désir de croire et le 13 novembre 1952, il demande l’extrême-onction.

Certains démocrates-CRETINS ont cherché à accréditer la thèse de la conversion inventée rétrospectivement, mais le témoignage de Gustave Thibon atteste du contraire ; il écrit:

« Je n’en finirais pas d’évoquer ce que fut pour moi le contact avec Maurras : …je l’entends encore me parler de Dieu et de la vie éternelle avec cette plénitude irréfutable qui jaillit de l’expérience intérieure. J’ai rencontré beaucoup de théologiens dans ma vie : aucun d’eux ne m’a donné, en fait de nourriture spirituelle, le quart de ce que j’ai reçu de cet « athée » ! ».

Les dernières paroles de Charles Maurras furent un alexandrin :

« Pour la première fois, j’entends quelqu’un venir. » Il meurt le matin du 16 novembre 1952.

Charles Maurras a laissé une œuvre immense : une centaine de livres, des milliers d’articles.

De lui, pour être franc, je n’ai pas lu grand-chose sinon trois ou quatre livres et quelques articles : son « Enquête sur la Monarchie » (publié en 1903) et « Mes idées politiques » (publié en 1937). Un livre de vulgarisation de sa pensée qui devrait faire partie des programmes scolaires si… la pluralité de pensées politiques avait encore un sens dans notre pays décadent.

Alors, tant pis ! Je prends le risque de choquer les ayatollahs des « acquis des Lumières », les défenseurs des « Valeurs républicaines » (3) mais je pense que le père du « Nationalisme intégral », le chantre de l’« empirisme organisateur » – dont nos énarques feraient bien de s’inspirer – avait compris pourquoi notre pays va de mal en pis depuis qu’il a tué « Le Trône et l’Autel ».

Ernest Renan qui n’est pas, tant s’en faut, un de mes maîtres-à-penser, a écrit :

« Le jour où la France a coupé la tête de son roi, elle a commis un suicide ».

Qu’on me permette d’être, pour une fois, du même avis !

Notes :

1)- Henry Cellerier, André du Fresnois, Pierre Gilbert, Léon de Montesquiou, Lionel des Rieux, Jean-Marc Bernard, Albert Bertrand-Mistral, et 21 rédacteurs de la « Revue critique » dont Joachim Gasquet, Octave de Barral, Henry Lagrange, Augustin Cochin.

2)- Dans les milieux populaires on l’appelait « Bébert les grands pieds ».

3)- Il faudra qu’on m’explique un jour en quoi ces « valeurs républicaines » diffèrent des oukases maçonniques ?

Une armée d’occupation ?

Une armée d’occupation ?

Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« Un territoire est considéré comme occupé lorsqu’il se trouve placé de fait sous l’autorité de l’armée ennemie » … (Convention de la Haye, 1907)

 

Dans un article récent, j’ai comparé la foule présente à la manifestation parisienne contre l’islamophobie du 10 novembre à une « armée d’occupation ».

Aussitôt quelques beaux esprits, tels des vierges outragées, se sont indignés : le terme étant jugé excessif car chacun sait, depuis la célèbre tirade de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, que « tout ce qui est excessif est insignifiant ». Mais Napoléon traitait, à juste titre, le diable boiteux de « tas de merde dans un bas de soie ». A cette époque, on savait encore dire les choses !

Le « politiquement correct » fait qu’on n’a plus le droit, dans notre pays, d’appeler un chat un chat. Le moindre propos un peu dur, un peu ferme, un peu vachard contre l’Islam peut vous valoir une poursuite pour « incitation à la haine raciale ou religieuse », quand bien même il ne s’agirait que d’une légitime défense.

Rappelons, au lendemain des cérémonies en mémoire des victimes du Bataclan, que l’islam a fait plus de 250 tués et 450 blessés sur notre sol depuis 2013. Et il aura suffi qu’un illuminé tente de brûler une mosquée et blesse deux Musulmans, à Bayonne, pour que le tam-tam islamo-gaucho-médiatique se mette en route contre l’islamophobie.

En 2018, il y a eu, en France, 1063 actes antichrétiens, 541 actes antisémites (ce qui est énorme à l’égard d’une si petite communauté !) et moins d’une centaine d’actes antimusulmans.

A votre avis, qui peut bien commettre des actes antichrétiens et antisémites ? Pour moi, il ne fait aucun doute que les Chrétiens attaquent les Juifs et que les Fils de Canaan ripostent. Pour les actes antimusulmans, heureusement, on connaît la réponse ; c’est une évidence : c’est l’extrême-droite qui est raciste, xénophobe, homophobe, islamophobe…etc…etc…

Cette extrême-droite, de surcroît idiote, car, depuis la profanation du cimetière juif de Carpentras, dans la nuit du 8 au 9 mai 1990, elle commet un odieux attentat (l’acte d’extrême-droite est toujours odieux !) avant chaque élection.

L’odieux (puisqu’on vous le dit !) fasciste de Bayonne a agi dans la force de l’âge. 84 ans, c’est l’âge qu’avait le Maréchal Pétain quand, avec l’aide du socialiste Pierre Laval, il s’empara du pouvoir et imposa à la France une collaboration honteuse avec l’Allemagne nazie. Alors, ne ratons pas l’occasion d’évoquer « les heures les plus sombres de notre histoire » à l’approche des municipales…

Mais, revenons à nos moutons (comme on dit avant l’Aïd-el-Kébir). Loin de faire mon mea culpa, je fais simplement remarquer qu’une troupe de 10.000 Musulmans braillant « Allahu Akbar », accompagnée d’autant de collabos, c’est certes une bien petite armée mais c’est une grosse, une imposante, une inquiétante « 5ème colonne ». Donc, je persiste et je signe : il est anormal et totalement scandaleux qu’un gouvernement tolère une telle manifestation.

Les Français, comme le disait Pétain en juillet 1941, ont la mémoire courte.

En 2013, c’était hier, François Hollande, alors président de la République, avait, à la demande de ses amis socialistes et du gouvernement algérien, rendu hommage aux « victimes de la répression policière menée par Maurice Papon, préfet de police, le 17 octobre 1961… ».

Il est vrai que, ce jour-là, le préfet Papon a empêché la Wilaya 7 (1) de manifester dans Paris.

Il mit, pour ce faire, les moyens policiers nécessaires et la répression fut pour le moins, « rugueuse ». A l’époque, le FLN se trouve en conflit frontal avec le Mouvement National Algérien (MNA), parti de Messali Hadj. Pour prendre le contrôle de toute la population algérienne, le combat contre le MNA sera impitoyable. Dès 1957, le FLN a pris le dessus sur son rival. En avril 1961, il décide de passer à l’assassinat pur et simple des responsables messalistes en France.

Cette guerre civile entre Algériens va coûter la vie à plus de 4.000 victimes uniquement en France métropolitaine.

L’enjeu de cette lutte à mort était l’encaissement de « l’impôt révolutionnaire » prélevé sur tous les travailleurs algériens en métropole.

A cette époque, la communauté algérienne en France est de 400.000 personnes. Une grande partie de cette communauté, accueillie par les services de la Cimade (2) et quelques associations de chrétiens progressistes, est concentrée dans le département de la Seine.

L’imposition prélevée sur la communauté algérienne en France représentait près de 80 % des ressources du FLN. Pour chaque travailleur algérien, cet impôt représentait entre 5 % et 10 % de son salaire. Lorsque, en 1958, les autorités françaises comprennent (enfin !) que les 400.000 Algériens de France pourraient devenir un potentiel de combattants considérable, la décision de démanteler le FLN pour lutter efficacement contre la révolution algérienne s’impose d’elle-même.

De fait, en septembre 1958, après une série d’attentats spectaculaires, la police parvient à désorganiser l’appareil du mouvement en fichant ses différents membres puis en les localisant dans différents hôtels et foyers, parfois aussi en les internant d’office dans des centres d’assignation à résidence surveillée, ou, en leur appliquant la procédure dite « du rapatriement forcé ».

Le FLN se réorganise alors en adoptant des règles de sécurité basées sur de petits groupes d’activistes limités à 5 ou 6 personnes. Il pouvait ainsi compter sur environ 450 hommes en région parisienne pour former ses groupes de choc, en marge desquels il faut rajouter 8 katibas de 31 hommes chacune, constituant une « Organisation Spéciale », structure formée de tireurs confirmés et de techniciens en explosifs, chargée de fabriquer des bombes et d’éliminer les « traîtres ».

Cette structure de combat, véritable petite armée de la région parisienne – la « Wilaya 7 » – prit la décision d’organiser une démonstration de force, en plein Paris, le 17 octobre 1961 en mobilisant et en forçant tous les Musulmans à manifester.

Le préfet de police Maurice Papon n’a pas laissé faire et, que cela plaise ou non, il a eu raison.

En effet, quel pays, aussi démocratique et garant des droits de l’homme soit-il, autoriserait-il une force ennemie – car il s’agissait bien de cela – à défiler dans sa capitale ?

Des pays plus dignes, plus responsables, auraient envoyé quelques unités de l’armée et non les policiers du préfet Papon pour mater le FLN. La répression du 17 octobre 1961 aurait fait…3 morts selon les services de police, 300 selon quelques historiens pros-FLN.

Les gens plus sérieux (ou plus honnêtes) parlent de 20 à 30 tués. C’est regrettable mais c’était la guerre ! (De surcroît, une guerre civile puisque les départements d’Algérie étaient des départements français). Et qui peut dire, parmi ces victimes, lesquelles sont à mettre au compte de la police ?

Combien ont été tuées dans des règlements de comptes entre Algériens ? Plusieurs corps (combien ?) auraient été repêchés dans la Seine (3) : les a-t-on poussés ? Fuyaient-ils la police ?

Contre des Européens pacifiques – le 26 mars 1962, rue d’Isly à Alger – le pouvoir gaulliste n’hésitera pas, lui, à envoyer l’armée ; une armée qui a tiré, laissant plus de 200 victimes – tuées ou blessées – sur le carreau. Ces manifestants « pieds noirs » aimaient la France et voulaient que la terre de leurs ancêtres demeure française.

J’ai raconté ces évènements tragiques dans un livre (4), et j’ai rappelé aussi cette citation prémonitoire du « colonel » Boumediene :

« Après l’Algérie française, viendra le temps de la France algérienne. Nous vaincrons ce pays par le ventre de nos femmes… »

Et Boumediene n’imaginait pas que, dans cette conquête de la France algérienne, il serait encouragé, aidé, appuyé par des politiciens – veules ou complices – et une imposante armée de salopards et de collabos gauchistes.

Je n’ai absolument RIEN contre les Musulmans. Mes nombreux voyages en terre d’islam, mon attachement au Maghreb, mes combats – certes bien modestes – pour défendre nos Harkis et mon respect pour l’armée d’Afrique, devraient m’éviter d’être suspecté d’une quelconque islamophobie.

Mais j’ai le droit de ne pas être islamophile (5), de considérer que la France est une terre chrétienne, et de refuser qu’on m’impose le Halal et la Sharia. Et le devoir de le crier haut et fort !

Cette manifestation du 10 novembre est une honte pour la France ! Elle aurait dû être interdite, et pourtant, je lui vois un effet bénéfique : peut-être ouvrira-t-elle les yeux aux imbéciles, aux pleutres et aux « lopes » qui trouvent que la politique de l’autruche – la tête dans le sable et le cul à l’air – est un bon moyen de ne pas voir ce qui dérange.

Ceux qui, au nom du « vivre-ensemble », acceptent de se faire traiter de « kouffars » et ont transformé l’adage « Pour vivre heureux, vivons cachés » en « Pour vivre peureux, vivons couchés ».

Je ne reproche pas aux Musulmans de lancer toujours plus loin le bouchon pour voir jusqu’où ira notre soumission à l’Islam. A leur place, j’en ferais autant. Ils veulent gagner leur guerre de conquête, et, ne nous leurrons pas, ils sont en train de la gagner.

A sa création, Daech déclarait vouloir reprendre Grenade : le message était clair !!!!

« Toute terre foulée par l’Islam appartient à l’Islam » a dit le prophète. La France est-elle une terre waqf (6) ? Disons qu’elle est en train de la devenir, par notre faute.

En 1492, les armées de Castille d’Isabelle la Catholique, alliées à celles de Ferdinand d’Aragon, chassaient les Maures de Grenade. C’était la dernière étape de la « reconquista ».

La légende raconte que Boabdil, sultan de Grenade, « abandonna comme une femme (en pleurant) la ville qu’il n’avait pas su défendre comme un homme ».

Mais Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon défendaient la chrétienté en Occident et non le « vivre-ensemble » et la sacro-sainte laïcité républicaine.

L’épiscopat français, lui, a choisi le 10 novembre pour prendre position…en faveur du voile dans l’espace public : « O tempora, o mores ! ».

On en rirait presque si ce n’était pas tragique !

 

 

Notes :

(1) : La « Wilaya 7 » embrigadait des Musulmans résidant en métropole. C’était, en fait, une « 5ème colonne ennemie ».

(2) : Cette association protestante s’est illustrée dans la « subversion humanitaire ». Lire sur ce sujet : « Le réseau Curiel ou la subversion humanitaire » de Roland Gaucher ; Jean Picollec ; 1981.

(3) : Sur ces noyades, les chiffres sont fantaisistes : 2 selon la police et…150 selon quelques auteurs de gauche. Mais cette affirmation n’est étayée sur rien, puisqu’on est bien incapable de fournir une liste nominative des victimes.

(4) : « Hommage à NOTRE Algérie française » éditions Dualpha ; 2019.

(5) : D’ailleurs quelle est la différence entre islamophile et collabo ?

(6) : Les Musulmans considèrent qu’Israël est une terre musulmane depuis qu’ils l’ont foulée en 634 et depuis que Mahomet a fait sur Jérusalem un délire qui a donné la sourate 17 intitulée « le voyage nocturne ». Pour les Musulmans, Israël est devenue terre waqf, ce qui veut dire terre léguée par Allah pour l’éternité. Ce mot « waqf » est utilisé par les Musulmans pour revendiquer tous les territoires sur lesquels ils ont posé le pied.

Arrêtons de rêver !

Arrêtons de rêver !

 

Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« En permettant aux uns de duper les autres, la naïveté est un élément trop capital du bonheur humain, pour qu’on ne lui doive pas de l’indulgence… » (Henry de Montherlant).

Le 11 novembre est l’occasion d’honorer nos morts de la Grande Guerre : ce million et demi de Français, tombés au Champ d’Honneur en défendant notre patrie.

Mais cette année, le 11 novembre, dans le cœur des Français « de souche », c’est une sorte de cérémonie de… réparation : à Paris, une armée d’occupation, accompagnée par une horde de « collabos », a défilé contre l’Islamophobie, et le gouvernement a toléré cette infamie.

Peu d’indignation, même dans les médias de droite (il en reste quelques-uns !). La France s’est habituée à ce que l’Islam conquérant (bien que voilé) avance à visage découvert.

Les Gaulois réfractaires, ces gens que Macron n’aime pas, également appelés « Souchiens » ou « Franchouillards », sont bas du front, racistes, xénophobes, homophobes et climato-sceptiques.

Ils votent bêtement à droite, et craignent qu’on leur impose, un jour prochain, la Sharia.

Et, dans leur grande naïveté, ils rêvent de l’arrivée au pouvoir d’un « homme providentiel » capable de remettre de l’ordre dans le vaste souk qu’est devenu leur pays.

Certains appellent de leurs vœux une dictature militaire avec, à sa tête, le général Pierre de Villiers. Mais ce brave général n’a pas la moindre envie d’endosser le costume de Pinochet (1), pas même celui de Bugeaud dont les méthodes « musclées » pacifièrent l’Algérie.

Et puis, l’histoire nous a appris – depuis le général Boulanger ou le colonel de La Rocque – que la droite est beaucoup trop sentimentale pour réussir un coup d’état. Elle crève de ses scrupules, de sa pudibonderie de rosière et de ses états d’âme.

Le putsch des généraux du 21 avril 1961, à Alger, aurait pu réussir s’il avait eu, à sa tête, des révolutionnaires : Château-Jobert, Argoud, Sergent, Montagnon, Le Pivain, Degueldre…etc.

Le coup d’état de Sankara au Burkina Faso ou la « Révolution des œillets » au Portugal ont abouti car les meneurs étaient des capitaines, jeunes, marxistes et donc… sans scrupules.

A droite, en dehors de la prise de pouvoir par Franco, on peine à trouver des succès.

Mais, en juillet 1936, Franco était déjà général et il avait à peine 44 ans (2). Franco a sauvé le catholicisme espagnol et rétabli la monarchie. Les socialos-gauchos espagnols, pétris de haine et de rancune, veulent exhumer sa dépouille de la « Valle de los Caïdos » et le clergé progressiste espagnol n’y trouve rien à redire, pas plus, d’ailleurs, que l’ex-roi Juan-Carlos qui lui devait pourtant son trône.

Ces gens-là n’ont pas la reconnaissance du ventre (et, accessoirement, rien dans le bas ventre) !

D’autres Gaulois misent sur la jeune Marion Maréchal. Elle a du courage, du charme, du talent et défend des valeurs de droite. Je souhaite lui voir jouer, demain, un rôle de leader politique. Mais de là à arriver au pouvoir, la route est longue et les embuches seront nombreuses. Et on peut faire confiance à sa tante Marine pour bien lui savonner la planche ! Bref, ce n’est pas demain la vieille qu’on chantera de nouveau « Maréchal nous voilà ! ».

D’autres, encore, voudraient qu’Éric Zemmour entre en politique. Zemmour est, avec Patrick Buisson, un des rares intellectuels de droite. Nous ne sommes plus, hélas, à l’époque de François Brigneau, Serge de Beketch, jean Madiran, Jean Cau, Jean Bourdier, et j’en passe.

Et ne parlons pas de Maurice Barrès, Charles Maurras ou Léon Daudet. Les voix de droite se sont tues ; la droite « soft » ne fabrique plus que des eunuques ou des castrats.

Zemmour est un esprit brillant qui ne manque ni de courage, ni d’intelligence, ni de culture, mais il n’est pas assez fou pour se présenter à une élection. Il sait bien que la « démo-crassouille » c’est surtout du show-biz. Un petit Juif séfarade, malingre, râleur et agressif n’a aucune chance devant les électeurs, surtout quand TOUS les médias sont contre lui.

Je sais bien que, comme le disait Charles Maurras, « le désespoir en politique est une sottise absolue » mais arrêtons de nous payer de mots ou de nous bercer d’illusions : Jupiter-Micron et sa bande d’incapables sont là pour longtemps !!!

Avec une majorité de godillots serviles au parlement, et un gouvernement de technocrates ou de traîtres (parfois les deux), Jupiter a les mains libres pour faire ce qu’il veut ou, plus exactement, ce que veut Bruxelles (et la finance apatride dont il est la marionnette).

Alors, il s’agite, comme un sale gosse, un enfant gâté, un fils-à-papa, et ce n’est pas sa vieille couguar énamourée, qui parviendrait à calmer ses ardeurs réformatrices.

Jupiter veut, impose, exige. Il entend être le « chef des armées » – alors qu’il n’a même pas fait son service militaire -. Il veut aussi être le « maître des horloges », ce qui pourrait laisser supposer le même goût pour l’horlogerie que le roi Louis XVI, alors qu’il n’en est rien : le roi Louis XVI était bon, calme et patient ; Micron est impulsif, irascible et méchant comme une teigne.

Depuis son élection, il a ouvert des dossiers tous azimuts, sans en refermer ou en résoudre aucun car sa stratégie du « et en même temps » est forcément un frein à l’action :

« Si quand j’avance et en même temps tu recules…comment veux-tu, comment veux-tu que je t’em…brasse… » dit (en gros) une chanson polissonne qu’on croirait écrite spécialement pour lui.

Son projet pour traiter les problèmes d’immigration, d’asile politique, d’AME – problèmes qui divisent sa majorité pourtant formatée pour courber l’échine – c’est de la poudre aux yeux pour duper les naïfs et les gogos à l’approche des élections municipales.

Quid du « Service National Universel » (SNU) dont on ignore le caractère obligatoire ou non, la durée, le coût, et la finalité réelle ? C’est un caprice présidentiel rien de plus : aucune étude approfondie n’a été effectuée au préalable, mais on devine déjà qui va payer !

Et que dire de la réforme des retraites des « régimes spéciaux » ? On ne fera rien avant 30 ans mais on sait déjà que la SNCF nous prépare une joyeuse pagaille pour les fêtes de fin d’année.

Mais n’oublions pas que Micron c’est d’abord un européen convaincu : le « maître des horloges » et de la France, se verrait bien en maître de l’Europe (et, pourquoi pas, du monde ?).

Hélas, ses initiatives européennes sont aussi foireuses que le reste :

a) – nos « partenaires européens » ont refusé sa proposition de listes « transnationales » pour les élections européennes ; il y a donc encore quelques nationalistes dans cette Europe à 27. C’est au moins une bonne nouvelle !

b) – Berlin a des divergences plus que profondes avec Micron sur l’avenir de la défense européenne. Il faudra lui expliquer que, s’il veut réinventer la « Division Charlemagne », il va réveiller de vieilles querelles…

c) – Micron s’est également fourvoyé sur la fameuse « réforme des travailleurs détachés » dont les cotisations sociales sont toujours celles du pays d’origine (et qui ne prend pas en compte le transport routier dans la durée du détachement).

Du vent, de l’esbroufe, de l’enfumage ou plutôt…de la vaseline.

Mais cette politique désastreuse semble satisfaire la gauche-caviar « et en même temps » la droite-cachemire, c’est-à-dire, la majorité des votants. Puisqu’il y a encore des imbéciles pour croire que le principe « un homme, une voix » est le moins mauvais des systèmes, il leur faut admettre aussi que Micron et sa clique de bons-à-rien sont là pour longtemps.

Le 1er novembre, au lieu d’honorer les Saints chrétiens, Micron est allé féliciter le peuple algérien qui fêtait l’anniversaire – le 1er novembre 1954 – de son insurrection contre la France : un épisode que les historiens appellent « la Toussaint rouge » ou « la Toussaint sanglante ».

Cette flagornerie n’est pas gratuite, elle va dans le sens du « remplacement de population » auquel rêvent les mondialistes. Car, a-t-on déjà vu, dans notre longue histoire, un dirigeant féliciter les assassins de ses propres concitoyens ? Le 1er novembre 1954, des militants du FLN ont assassiné des Français désarmés dont le jeune instituteur Guy Monnerot que les historiens considèrent, à tort, comme le premier mort de la guerre d’Algérie…

Le 10 novembre 1954, Guy Monnerot était inhumé dans le caveau familial, à Limoges, et le ministre de l’intérieur, un certain…François Mitterrand, adressait un télégramme de condoléances à sa famille disant : « Je m’incline devant votre douleur… ».

Qui aurait pu imaginer que, 65 ans plus tard, le président français s’inclinerait devant les assassins du jeune instituteur ? Il est vrai qu’après avoir qualifié l’œuvre française en Algérie de « crime contre l’humanité », il est allé faire repentance chez la veuve du traître Maurice Audin.

Avec ses gesticulations, Jupiter se prend pour Hercule (et ses 12 travaux), et il nous démontre qu’il est aussi nul en mythologie qu’en histoire (3) car Hercule est le fils de… Jupiter et d’Alcmène.

Micron se prend donc pour le père ET le fils. Diantre, encore quelques mois et il se prendra aussi pour le Saint Esprit !!!! Nous on se demande simplement s’il est sain d’esprit.

Mais, reconnaissons qu’il fait tout ce qu’il faut pour être un jour le Grand Mamamouchi ou le Grand Vizir de la « RIF ». Je ne parle pas de ce massif montagneux du Maroc où, il y a presque un siècle, associée aux Espagnols, la France mena une guerre oubliée (4).

Non, je veux parler de la République Islamique de Francarabia…

Car, ne nous leurrons pas, on y va tout droit ! Les violentes attaques contre Éric Zemmour ou la marche d’hier contre l’Islamophobie sont les métastases du cancer qui ronge notre pays.

 

 

Notes :

1)- Il a écrit un livre intitulé « Servir » qui aurait pu s’appeler « Servir la soupe aux gens de pouvoir ».

2)- Après avoir été le plus jeune capitaine, puis le plus jeune commandant et le plus jeune colonel de l’armée espagnole.

3)- Et en géographie car il prenait la Guyane pour une île.

4)- Cette guerre du Rif – de 1921 à 1926 – dans laquelle s’illustrèrent les « bandéras » de Franco.

C’est le Maréchal Pétain qui mit fin à ce conflit…

Exhumation du « Caudillo »

Exhumation du « Caudillo »

Le billet d’Eric de Verdelhan

« Franco était d’une hostilité maladive à la démocratie, au libéralisme, au sécularisme, au marxisme et tout spécialement à la franc-maçonnerie » (Robert Paxton).

 

Qu’est-ce qui différencie la gauche de la droite ? Beaucoup de choses mais, entre autres, la haine et la rancune tenace. L’homme de droite, souvent imprégné du message chrétien, pratique facilement le pardon, même s’il n’oublie rien.

La gauche – aigrie et haineuse – est comme la mule du pape, elle rumine sa vengeance, quitte à attendre longtemps, très longtemps. Nous en avons encore un bel exemple avec l’exhumation du corps du général Franco, à la demande des socialos-cocos et des juges rouges espagnols.

Après la fin de la guerre d’Espagne, le « Caudillo » avait fait construire, près de Madrid, un mausolée dédié aux morts des deux camps, la « Valle de los Caïdos » et il avait émis le souhait d’être enterré dans ce lieu, symbole de la réconciliation du peuple espagnol.

Presqu’un demi-siècle après sa mort, on veut le déterrer. C’est abject !!!

On pense, immanquablement, à la profanation des tombes royales de la basilique de Saint Denis (1) approuvée par la Convention en août 1793. Les exhumations prirent fin en janvier 1794. Quarante-sept tombeaux – excusez du peu ! – de la basilique furent ainsi profanés.

La proposition, infâme, décidant du sort des tombeaux royaux de Saint-Denis a été faite durant la Terreur, lors de la séance du 31 juillet 1793, par Barère, dit Barère de Vieuzac. Un fou furieux comme l’époque en comptait beaucoup. Marat, autre fou sanguinaire, dira de lui : « Barère est l’un des hommes les plus dangereux, un politique fin et rusé, habitué à nager entre deux eaux et à faire échouer toutes les mesures révolutionnaires… ».

Mais revenons à l’exhumation de la dépouille du général Franco. Chez nous, il est presque impossible de s’exprimer objectivement sur Franco : les historiens français écrivent presque tous à charge, quant aux espagnols, ils étaient, pour la plupart, hagiographes, souvent dithyrambiques, jusqu’en 1975, date de la mort du « Caudillo », et très sévères ensuite.

Et pourtant, quoiqu’on pense des années de dictature en Espagne, nous, Français, devrions être… reconnaissants envers Franco et ce, à divers titres.

a)- N’oublions pas que cet officier courageux, qui aura été le plus jeune capitaine, puis le plus jeune commandant, puis le plus jeune colonel de l’armée espagnole a créé – à l’image de notre Légion Etrangère – la première « Bandera ». Après le désastre d’Anoual en 1921, il est appelé à Melilla pour reconquérir le terrain face aux troupes d’Abd-el-Krim.

Il aura été un précieux allié de la France durant la guerre du Rif (2).

b)- Dans un de mes livres (3) j’écrivais ceci : « ….Franco est conscient que son peuple n’en peut plus. Il rencontre Adolf Hitler à Hendaye le 23 octobre 1940. La légende raconte qu’il fit exprès d’arriver en retard pour impressionner le Führer. Étrange confrontation entre un Hitler au regard « quasi diabolique », (d’après Serrano Suner) et Franco, qui n’est plus l’officier svelte, au visage recuit par le soleil d’Afrique. C’est un petit homme rondouillard, mais qui sait, parfaitement ce qu’il veut. Il pose des conditions inacceptables : outre l’ensemble du Maroc et Gibraltar, il revendique l’Oranie et les territoires d’Afrique Occidentale… Et il ajoute à sa demande un engagement écrit et des livraisons conséquentes de blé, d’armement, de pétrole… Franco a de l’affection et de l’admiration pour le vainqueur de Verdun, qui fut ambassadeur de France en Espagne en 1939… Il amènera Salazar à ses vues et le Portugal, comme l’Espagne, restera un pays neutre… ».

En restant neutre, en empêchant même le survol de son territoire par l’aviation allemande, Franco a sauvé nos territoires africains et notre armée d’Afrique. Celle-là même qu’on retrouvera à Monte Cassino et lors du débarquement en Provence le 15 août 1944.

Que se serait-il passé si les troupes franquistes étaient entrées en guerre aux côtés de l’Allemagne nazie ? La deuxième guerre mondiale a fait 60 millions de morts. Rendons justice à Franco de ne pas avoir contribué à alourdir la facture ! Et ce, d’autant que ses troupes avaient une autre valeur guerrière que celles de Mussolini…

c)- Enfin, il est un autre épisode de la vie du Général Franco qui mérite d’être connu. Il concerne des Français (d’Algérie). Oran, deuxième ville d’Algérie, était alors habitée par une importante colonie de « Pieds noirs » d’origine espagnole. Au lendemain des Accords d’Evian, le 19 mars 1962, Oran a connu une vague de violences (et d’enlèvements) qui n’était, hélas, qu’un avant-goût des massacres du 5 juillet suivant ; massacres dont je parle dans un de mes livres (4).

Les 29 et 30 juin 1962, devant les menaces de tueries, Franco vint au secours des Oranais en affrétant deux bateaux, le « Victoria » et le « Virgen de Africa ». Pour pouvoir accoster à Oran, il fallut parlementer avec les autorités françaises réticentes. Franco choisit de donner à la France un ultimatum, frisant l’incident diplomatique. Le 30 juin, à 10h du matin, malgré l’opposition de De Gaulle, Franco donna l’ordre à ses capitaines d’embarquer les pauvres gens qui attendaient depuis des jours, sous un soleil de plomb, un embarquement.

Franco avertit De Gaulle qu’il était prêt, si besoin, à un affrontement militaire pour sauver ces pauvres « Pieds noirs » livrés, sans défense, à la barbarie du FLN. Puis il ordonna à son aviation et sa marine de guerre de faire route vers Oran. De Gaulle céda et le samedi 30 juin, à 13 h, les deux navires espagnols accostaient et embarquaient 2200 passagers dépourvus de tout.

Lors de l’embarquement, les capitaines espagnols s’opposèrent à l’intrusion d’une compagnie de CRS sur leur bateau (pourtant propriété de l’Espagne) dans le but de lister tous les passagers et d’arrêter si possible des membres de l’OAS. Finalement à 15h30, les quais d’Oran se vidèrent et les bateaux espagnols, en surcharge, prirent la mer à destination d’Alicante. A l’approche de la côte espagnole, une liesse générale s’empara des rapatriés qui crièrent « Viva Espagna ! » et « Viva Franco ! ». A la suite de cet épisode, de nombreux « Pieds noirs » choisiront de rester en Espagne.

Dois-je rappeler aussi que, durant la guerre d’Espagne, les attaques commises par les Républicains contre le clergé ont causé un émoi particulier dans ce pays fortement christianisé. Pour l’historien Guy Hermet (5), le massacre des prêtres espagnols représente « la plus grande hécatombe anticléricale avec celles de la France révolutionnaire puis du Mexique d’après 1911 ». Des groupes anarchistes s’en prennent à des prêtres et à des églises dès les premiers mois de la guerre civile.

L’historien britannique Antony Beevor (6) cite le chiffre de 13 évêques, 41 814 prêtres, 2 365 membres d’ordres divers et 283 religieuses, pour la plupart tués au cours de l’été 1936.

Des exactions sont commises en Aragon, en Catalogne et à Valence, où des églises sont incendiées et vandalisées. Des prêtres sont brûlés vifs dans leurs églises, et l’on signale des dizaines de cas de castration et d’éviscération. Les violences contre le clergé ont lieu à peu près partout.

Rapporté aux effectifs du clergé espagnol, le nombre de victimes représente 13 % des prêtres diocésains, 23 % des religieux et 3 à 4 % des religieuses. Ces pourcentages, qui comptabilisent l’ensemble du territoire espagnol, sont largement dépassés s’agissant de la seule zone « loyaliste » : les assassinats de prêtres concernent 87,8 % de ceux du diocèse de Barbastro et 63,5 % de ceux du diocèse de Lérida. D’autres diocèses perdent 30 à 50 % de leurs prêtres, parfois plus.

977 « martyrs de la guerre d’Espagne » ont été officiellement reconnus par le Vatican, et concernés par des procédures de béatification.

Mais la « terreur rouge » n’a pas concerné que des prêtres. Dans plusieurs grandes villes, où Socialistes et Communistes dominent, les partis et syndicats de gauche réquisitionnent des bâtiments et créent des « commissions d’enquêtes », connues sous le nom de « checas » (en référence à la tchéka soviétique) : des Franquistes, des partisans de l’insurrection nationaliste, sont traînés devant des « tribunaux populaires », quand ils ne sont pas abattus sommairement.

« Mieux vaut condamner cent innocents que d’absoudre un seul coupable », déclarait Dolorès Ibarruri, la « pasionaria » communiste espagnole. Des Monarchistes, des personnalités de droite, des officiers demeurés en zone républicaine sont tués sans jugement ou après des simulacres de procès : 1 500 officiers sont abattus sans jugement sur les arrières du front.

Dans la nuit du 22 au 23 août, une foule de miliciens prend d’assaut la prison Moledo : une quarantaine de prisonniers politiques, des notables de droite et d’anciens ministres, sont massacrés lors de « sacas de presos ».

Début novembre, à l’approche de la conquête de Madrid par les Franquistes, et tandis que le Communiste Santiago Carrillo est conseiller à la sécurité intérieure de la junte de défense madrilène, plusieurs milliers de détenus politiques sont fusillés lors du massacre de Paracuellos.

Cet épisode sordide mérite qu’on s’y attarde : le 7 novembre 1936, la guerre est aux portes de Madrid. Santiago Carrillo va planifier l’impensable : la liquidation en masse, sur une durée de deux mois, de tous les « suspects » emprisonnés à Madrid. Plusieurs dizaines de milliers d’Espagnols vont être arrachés à leurs cellules et dépouillés de leurs objets personnels : des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, des prêtres, des intellectuels… Les prisons de Modelo, de Ventas, de Porlier, vont ainsi être « évacuées » selon la même procédure officielle.

On va lier les poignets des prisonniers avec du fil de fer. Les détenus, hommes, femmes et enfants, vont ensuite être embarqués dans les célèbres bus à impériale de Madrid. Destination : le village de Paracuellos. D’importantes fosses ont été préalablement creusées. Par groupe de 30, les détenus sont poussés au bord des fosses puis mitraillés par des volontaires. Au fond de la fosse, un milicien les achève d’un coup de révolver dans la nuque. Lorsqu’une fosse est pleine (environ 1500 corps), elle est recouverte de chaux. On parle de 11 000 corps de civils dans ces charniers…

D’autres villages vont connaître le même destin que Paracuellos : Bobadilla, Alarcon…etc…

Franco a sauvé le catholicisme en Espagne, et il a rétabli la monarchie, avec des méthodes certes brutales, mais plutôt moins que celle du camp républicain.

Le clergé progressiste espagnol ne s’indigne pas de l’exhumation du « Caudillo », pas plus, d’ailleurs que Juan-Carlos, ce roi qui ne règne plus mais qui vit encore. Mais il est vrai que Juan-Carlos, que l’on dit franc-maçon, a renié depuis longtemps le franquisme.

Pour ma part, je n’ai aucune attache espagnole, mais j’essaie d’avoir une certaine objectivité (ou, au moins, une honnêteté intellectuelle), aussi, pour conclure, je voudrais dire mon mépris pour ces Français souvent aisés – ancêtres de nos « bobos » – qui, du temps de Franco, rentraient bronzés de leurs vacances en Espagne et, à peine arrivés en France, décrivaient avec moult détails l’«enfer franquiste ». En 1975, année de la mort du « Caudillo », les mêmes applaudissaient la « libération » du Vietnam et du Cambodge. Puis, quelques années plus tard, pleurnichaient sur les « Boat people ».

J’aimerais bien qu’ils exigent l’exhumation de Staline, Mao-Zédong, Pol-Pot et de quelques autres salopards du même acabit.

  

Notes :

1)- Rebaptisée « Franciade » car cette époque folle avait AUSSI supprimé les noms de Saints !

2)- Si le débarquement à Alhucemas a été un succès, on le doit à Franco.

3)- « Un homme libre… » : Le Réac ; 2013.

4)- « Oran le 5 juillet 1962 (et quelques autres massacres oubliés) » : Edilivre ; 2017.

5)- « La Guerre d’Espagne », de Guy Hermet ; Seuil.

6)- « La Guerre d’Espagne », d’Antony Beevor ; Paris, Calmann-Lévy, 2006. Et « Antony Beevor, La Guerre d’Espagne », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 22 juin 2009.