Quelle leçon tirer du comportement des élites ?

Quelle leçon tirer du comportement des élites ?

Par Jean-Yves Jézéquel

 

La rupture des liens sociaux, provoquée par l’effondrement de la société, l’inégalité des revenus, la stagnation sociale et la marginalisation de la classe ouvrière s’exprime dans d’innombrables pathologies sinistres.

Une société clivée adopte des comportements autodestructeurs – violence armée incontrôlée, dépendance aux opiacés et sadisme sexuel – pour tenter de composer avec la dislocation, l’impuissance et la douleur. Les croisades morales sont l’expression de cette maladie culturelle. Elles sont emblématiques d’une société en profonde détresse, incapable de faire face rationnellement aux problèmes qu’elle rencontre. Ces croisades ne font qu’empirer les choses, dès lors qu’il apparaît qu’elles sont inefficaces, elles engendrent invariablement un fanatisme effrayant. » (Chris Hedges, le 26 août 2019, dans Truthdig, traduit par www.les-crises.fr) 

Cette description de la situation d’une société façonnée par les « élites » aux Etats-Unis pourrait quasi être la même pour la France d’en haut qui s’est enfoncée à son tour dans la dégénérescence, provoquant la même rupture sociale, le même mensonge politique et la criminalité des gouvernants faisant tout pour cacher le fait qu’ils soutiennent le terrorisme et fournissent les armes qui massacrent actuellement les enfants du Yémen, par exemple… Les preuves documentées sont abondantes et accablantes sur le sujet, c’est même l’embarras du choix pour celui qui veut s’informer vraiment. Mais les rôles de chacun sont compartimentés et la réalité est ainsi morcelée à souhait. 

Je renvoie le lecteur aux actions de Benoit Muracciole, président de l’ONG ASER, Action Sécurité Éthique Républicaines. Avec toutes les preuves nécessaires, il se bat contre la vente d’armes françaises, utilisées dans le conflit au Yémen et dénonce le Gouvernement français pour crimes contre l’humanité.

On peut également citer Jean-Loup Izambert, avec ses reportages incomparables et ses livres minutieusement documentés, comme « 56 », Tome 1, l’État français complice de groupes criminels ; Tome 2, Mensonges et crimes d’État…. Crimes sans châtiment… etc. On peut encore renvoyer le lecteur intéressé par la qualité et l’objectivité journalistique sur ce type de sujets, à Paul Moreira qui a traité la question de l’Ukraine et les crimes impardonnables de l’Occident.

Ces références à elles seules, produisent une bibliothèque de documents avec leurs multiples sources vérifiées et officielles… qu’il n’est pas possible de contester… Bien entendu, ces journalistes de qualité, largement reconnus depuis longtemps par la profession, n’ont pas échappé à l’exclusion, à la condamnation, à la diffamation, pour avoir osé tenir un discours qui n’était pas « politiquement correct » !

(…) Nous sommes revenus au point de départ de ce qui avait provoqué en 1939 l’engagement du monde entier dans une guerre meurtrière et le désastre pour les peuples maltraités par cette folie des élites…

Les Français ont rejeté massivement en 2005 la constitution européenne déguisée en « Traité de Lisbonne » : en 2008, les « élites » ont imposé d’office aux Français cette constitution en se moquant de leur avis pourtant éclairé ! Aujourd’hui, ces mêmes « élites » leur imposent les règles de Bruxelles à coups de 49.3 puisque, par exemple, la réforme du droit du travail en 2017 et aujourd’hui la réforme des retraites en 2020 ont été exigées par l’UE. Dans la logique du referendum de 2005, ces deux réformes sont naturellement refusées massivement par le peuple Français dans son ensemble…

Comme le disait Chris Hedges en août 2019, la seule option qui reste à ce pouvoir est celui d’adopter « des comportements autodestructeurs, la violence armée et un fanatisme effrayant. »

Édouard Philippe a annoncé un nouvel usage du 49.3 pour imposer aux Français la réforme des retraites conçue par Bruxelles au profit de la mafia financière. Là aussi toutes les preuves ont été largement étalées sur la table des discussions interminables avec la ploutocratie au pouvoir. Il est impossible que ce mépris exceptionnel pour les Français puisse en rester là, sans conséquences graves pour le pays tout entier !

Le meilleur du patrimoine national est bradé au profit de la haute finance mondiale. Le pays est livré aux flibustiers du « monde de la finance », le véritable ennemi identifié par François Hollande dans son discours du Bourget en 2012, les compagnies internationales d’assurances et les fonds de pensions… Tout est clairement organisé pour un pillage en règle des nations livrées à la prédation financière.

Toute souveraineté des peuples passe par la souveraineté monétaire. C’est précisément elle qui a été consciencieusement minée pour être détruite dans le détail, livrant le monde entier à la précarité absolue et à sa soumission au système devenu le pouvoir totalitaire qui règne sans partage sur la vie de tous. Les peuples, dans leur ensemble, sont tombés à la merci du système bancaire qui fait la pluie et le beau temps sur le monde livré à ses caprices de dominants ne pensant que profit. Voilà la dégénérescence qui nous frappe et les pouvoirs en place travaillent avec acharnement pour nous l’imposer…

Nous savons donc très exactement qui est notre ennemi : le capitalisme sous sa forme actuelle ultra libérale et mondialisée. On peut le reconnaître, même solennellement (comme François Hollande l’avait fait dans son « fameux » discours du Bourget le 22 janvier 2012, qui lui avait valu son élection à la présidence de la République) et en même temps se mettre à son service !

« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. » (F.Hollande)

Comment expliquer que les « élites » puissent dénoncer l’ennemi commun, ce capitalisme sauvage ultralibéral qui sème la dévastation dans ce monde, et se mettre pourtant à son service avec acharnement ? Une première réponse est possible : celle de la solution facile par la trahison ou celle de la complicité, égocentrique, opportuniste ! Mais serait-il possible que les « élites », en réalité et « malgré elles » prises en otage par ce capitalisme sauvage ultralibéral, puissent manifester simplement un syndrome de Stockholm pour tenter de sauver leur peau au cœur de ce système sans pitié qui les obligerait à le servir ?

(Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique que l’on a observé chez des otages ayant vécu un certain temps avec leurs geôliers et qui ont développé une forme d’empathie, ou contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, selon des mécanismes complexes d’identification devenu un moyen efficace de survie.)

A les entendre, il semblerait que oui ! Il semblerait que ce fut le cas de François Mitterrand théoriquement socialiste, de François Hollande théoriquement socialiste, d’Alexis Tsipras théoriquement de gauche. On se rappelle de la description faite par Tsipras évoquant le couteau sous la gorge tenu par les Allemands alors que Hollande se faisait collaborateur docile aux ordres de Merkel.

Le 13 juillet 2015, Angela Merkel imposait un plan « d’austérité́ » aux Grecs ! Alexis Tsipras déclarait : « j’ai signé le couteau sous la gorge un accord auquel je ne crois pas » !

Hollande était pourtant en position de force : il pouvait faire valoir une autre vision que celle de ce chantage odieux imposé à la Grèce, jetée dans le malheur sans autre raison que celle exigée par la logique du pillage ultralibéral. Pourquoi ce « socialiste » devait-il se sentir otage impuissant du chantage pratiqué par l’ennemi : « le monde de la finance » ?

Pourquoi, Macron, aujourd’hui, se croit-il obligé de nous imposer par 49.3 la réforme des retraites exigée par Bruxelles, au profit de l’ennemi « du monde de la finance », comme il nous avait imposé en 2017, à coup de 49.3, la réforme du code du travail voulue par Bruxelles au profit des grandes entreprises du CAC 40 et donc de l’ennemi « du monde de la finance » ?

Vraisemblablement, en ce qui concerne Macron tout au moins, parce qu’il est un serviteur dévoué de « l’ennemi du monde de la finance », parce qu’il en fait partie, parce qu’il en est issu, parce qu’il roule exclusivement pour lui, parce qu’il a été parachuté là dans ce seul objectif financé à grand frais par « l’ennemi du monde de la finance » auquel il doit aujourd’hui sa prestigieuse promotion et ses nombreux privilèges exorbitants aux frais, cette fois-ci, du peuple !

On a parfois le sentiment d’assister à un aveuglement volontaire des « élites » qui fonctionnent sur le mode « hypnotique », comme si chacune d’elles ne voyait qu’un seul élément du puzzle complexe organisé par l’ennemi « du monde de la finance », comme si chaque élément était perçu comme le bien de tous et pour tous…

C’est exactement de cette manière que chaque complice du Régime nazi du Troisième Reich, faisait sa part du travail, ne voyant chacun que l’élément immédiat au service duquel il consacrait sa vie et son énergie, croyant sincèrement travailler au bien commun et pour un monde meilleur. Dans le Film de Costa-Gavras « Amen » (2002), le réalisateur fait comprendre cette terrible réalité : l’ensemble des éléments complexes qui permettaient d’organiser la Shoa, n’était pas visible pour la conscience de chaque acteur volontairement isolé dans sa tâche dont la réelle finalité lui échappait sans cesse. C’est cela qui explique comment le crime contre l’humanité s’organise : en faisant croire aux complices recrutés, promotionnés, élevés aux fonctions suprêmes, qu’ils vont être les héros, même incompris, du plus grand bien de l’humanité !

Poutine : la nouvelle vérité stratégique d’armement

Poutine : la nouvelle vérité stratégique d’armement

La brève d’Elisabeth Amigue

Depuis la guerre froide jusqu’à nos jours, les forces militaires antagonistes jouaient sur la communication et la dissuasion psychologiques.

Ce n’est plus vrai, à présent la Russie ne se contente plus d’effets d’annonces, elle est devenue une puissance opérationnelle incontestable et supérieure.

En Méditerranée, l’Algérie, après la Turquie, compte parmi ses clients d’avions de combat, ce qui va changer la donne stratégique à l’heure où un petit kamikaze de Daesch, vient de tuer un soldat algérien à la frontière avec le Mali.

La Russie, déjà dotée d’une aviation compétitive possède à présent « l’arme absolue » avec le système de planeur hypersonique de type « Avant guard ». Contre cette arme de haut niveau, aucune défense n’existe et ne pourra exister avant plusieurs années. Avec la possibilité de parcourir 30.000 km/h, cette arme consacre la Russie comme seule puissance capable d’utiliser des missiles hypersoniques.

On peut espérer que devant la possible mise en échec des tentatives d’intimidation des U.S.A, leurs provocations incessantes et devant l’incontestable supériorité de la Russie, les U.S.A pourraient être dans l’obligation d’augmenter leur budget militaire. Dans ce cas, vu l’état d’endettement du pays (23.000 milliards de dollars), on peut se permettre d’envisager à terme la fin de leur impérialisme néo-colonisateur.

A force d’accuser, à tort, la Russie d’une course aux armements et d’intentions belliqueuses, de multiplier les dénonciations calomnieuses et les provocation (type OTAN), cette grande nation, afin de se faire respecter, voire entendre, aura été poussée à devenir une grande puissance militaire, certainement la première au monde.

On se souvient des affronts répétés du petit président Micron (adorateur-dévot des U.S.A) envers Poutine, lui refusant d’assister à l’inauguration de la Nouvelle cathédrale orthodoxe à Paris en octobre 2017, réitérant en mai 2019 de l’inviter aux commémorations du 75-ème anniversaire du débarquement de Normandie.

Moralité : la grenouille enfla si bien qu’elle en creva (La Fontaine)

 

Source :

https://www.dedefensa.org/

Déploiement militaire US : l’Otan dit ne pas chercher de « confrontation » avec la Russie

Déploiement militaire US : l’Otan dit ne pas chercher de « confrontation » avec la Russie

Une « brève » d’après RT France

20.000 soldats américains arriveront sur le sol européen pour les exercices de l’Otan prévus à partir de mai 2020 dans plusieurs pays frontaliers de la Russie.

 

Le secrétaire général de l’Otan s’est exprimé sur l’objectif d’une telle opération. « Defender-Europe 20 » : c’est le nom des exercices militaires otanesques qui se dérouleront entre mai et juin 2020, essentiellement en Allemagne, en Pologne et dans les Pays baltes, auxquels participeront quelque 37 000 soldats de 18 pays, comme le rapporte l’AFP. Parmi eux, 20.000 militaires américains supplémentaires doivent rejoindre les 9 000 environ déjà présents sur le sol européen.

Commentant ce qui correspond au plus gros déploiement militaire américain en   Europe depuis 25 ans, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a affirmé ce 3 février que l’exceptionnel déploiement de soldats américain dans le cadre de ces exercices était voué à « illustrer l’engagement fort des Etats-Unis envers l’Otan et pour la liberté et la sécurité de l’Europe », assurant que « la Russie n’était pas ciblée » (MDR). Le déploiement américain « n’est dirigé contre aucun pays en particulier », a en effet souligné Jens Stoltenberg avant d’ajouter : « L’Otan est une alliance défensive … Nous ne cherchons pas la confrontation avec la Russie mais la réalité est que de récentes activités de ce pays ont réduit la stabilité et la sécurité ».

Au mois de décembre 2019, le chef d’état-major des forces armées de la Fédération de Russie, Valéri Guérassimov, avait exprimé ses inquiétudes au sujet de ces exercices militaires et des déploiements de troupes de l’Otan dans les pays baltes et en Pologne. « Le déploiement des éléments de la défense antimissile des Etats-Unis se poursuit. L’activité militaire s’intensifie dans les Pays baltes et en Pologne, dans les eaux de la mer Noire et de la mer Baltique », avait-il ainsi souligné, pointant « des préparatifs ciblés de l’OTAN en vue d’un déploiement de ses forces dans un conflit militaire de grande ampleur ».

A l’occasion d’une réunion avec des responsables militaires à Sotchi (Russie) le 3 décembre, le président russe Vladimir Poutine avait pour sa part affirmé sa volonté de « coopérer avec l’OTAN, sur des menaces réelles comme le terrorisme international, les conflits armés locaux et le danger de la prolifération des armes de destruction massives », dénonçant toutefois l’expansion de l’organisation militaire aux frontières de son pays. 

Iran-USA : vers quoi va-t-on ?

Iran-USA : vers quoi va-t-on ?

De nos camarades de « Nation » Belgique

 

Cet article a été écrit avant les affirmations sur la destruction de l’avion ukrainien. Mais cet événement ne change pas grand-chose à l’analyse générale…

 

Bien entendu, en tant qu’identitaire européen, notre attention doit se focaliser sur ce qui se passe dans nos pays et sur notre continent. Mais par la « magie de notre mondialisation » on sait bien que notre Europe est forcément affectée par ce qui se passe au Moyen-Orient. Et la très récente et très sérieuse crise américano-iranienne ne fait pas exception à la règle.

Alors, loin des postures romantiques ou issues de la théorie du « clash des civilisations », essayons d’analyser froidement ce qui se passe là-bas.

De qui est-ce la faute ?

Avant tout, des USA pour avoir, voici presque 20 ans, fait chuter le régime de Saddam Hussein et avoir ainsi quasiment offert l’Irak sur un plateau d’argent aux Iraniens. En effet, avec une population chiite largement majoritaire, cette évolution était inévitable si le régime de Saddam disparaissait…

Sans compter que l’invasion U.S. de l ‘Irak a aussi provoqué le développement d’AL Qaeda en Irak et en Syrie, et par après celui de DAESH.

Va-t-on vers une guerre ?

Pour ce qui est de la guerre de communication et d’images, on est en plein dedans… Pour ce qui est d’une vraie confrontation militaire directe et prolongée ? Sans doute pas !

Vu l’ampleur de la perte, les Iraniens se devaient de réagir spectaculairement. Pour rappeler leur capacité de nuisance, bien réelle, mais aussi par rapport à leur propre opinion publique. Mais ils éviteront tant que possible une confrontation militaire classique et frontale, dont ils savent qu’ils peuvent en sortir très affaiblis…

L’Etat-major US, lui, est également assez peu favorable à une guerre en bonne et due forme.

D’abord car elle risque malgré tout d’être coûteuse en vie de G.I ‘s mais aussi car les généraux US connaissent la capacité des Iraniens et des groupes armés qui leur sont proches, de mener une guerre asymétrique (guérilla, attaques éclair, attentats), et ceci dans tout le Moyen-Orient : du Yémen à l’Afghanistan, en passant pat l ‘Irak, le Liban, etc… Sans compter que, si le régime Iranien se sentait menacé dans sa survie même, il pourrait s’attaquer à Israël ou lancer des attaques en Europe et aux USA via de probables cellules dormantes.

Pourquoi Trump a-t-il fait assassiner le Général Souleimani ?

Plusieurs raisons connexes peuvent être évoquées.

-Détourner l’attention de l’opinion publique de la procédure de destitution qui vise actuellement le président américain

-Le fait de se montrer un homme fort afin d’augmenter ses chances d’être réélu aux prochaines élections.

-Sa volonté de satisfaire le très puissant lobby pro-israélien, qui lui est indispensable pour tenir, face à la guerre interne qui est menée contre lui par le « deep state » – l’état profond (l’establishment de Washington) -.

Et sans doute d’autres raisons qui nous échappent.

Notons que le Pentagone s’est empressé de préciser que l’attaque contre le Général Soleimani n’était pas de sa propre initiative mais avait été effectuée sur l’ordre direct de Trump… vous avez dit malaise ?

Que peut-il se passer maintenant ?

On vit sans conteste une étrange situation.

Les Iraniens sont de très bons joueurs d’échec (on dit d’ailleurs que c’est eux qui ont inventé ce jeu…) Mais ils se trouvent face à quelqu’un (Trump) qui n’aime guère les règles et préfère souvent retourner la table et renverser tous les pions… Ce qui veut dire que, soit on en restera là et c’est ce que les Iraniens semblaient proposer vu leurs communiqués ; et les 2 puissances continueront à s’affronter indirectement dans une guerre de basse intensité et par procuration ; soit, il y a aura une surenchère et là, on partira vers des scénarios bien dangereux et dont les retombées pourraient être dommageables, non seulement pour la région mais aussi pour le monde !

À propos du point de vue du général Desportes sur l’Otan

À propos du point de vue du général Desportes sur l’Otan

http://www.europesolidaire.eu

 

À propos du point de vue du général Desportes sur l’Otan

Je vais tenter en 3 chapitres de mettre en évidence les similitudes entre deux époques que trois siècles séparent mais également les différences fondamentales.

Nous en retenons ici les principaux éléments, car son avis coïncide parfaitement avec notre propre analyse, exposée dans de nombreux articles. Mais nous allons plus loin que le général Desportes. Si la France voulait récupérer un minimum d’indépendance à l’égard des États-Unis, elle devrait quitter l’Otan au plus vite. Charles de Gaulle l’avait compris, qui avait toujours refusé d’entrer dans l’Otan. Mais l’actuel Président de la république française est trop dépendant de Washington, quoiqu’il prétende, pour envisager cette mesure de salubrité.

 

La pertinence de l’Otan pour l’Europe

L’Otan est devenue un protectorat américain dirigé par un allié souvent brutal, parfois méprisant, qui va imposer un certain nombre de conditions commerciales, légales, à ses membres en échange de leur protection.

L’Europe est un continent mature, composé de nations anciennes, qui doit enfin trouver son autonomie stratégique, politique, opérationnelle et capacitaire (au plan des capacités militaires). L’Europe doit être capable d’engager les combats qu’elle a à mener et doit être capable de conduire une politique étrangère qui puisse être différente de celle des États-Unis.

 

L’avenir de l’Europe n’est pas transatlantique, il est eurasiatique

Depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation de l’URSS en 1991, l’Otan a perdu sa raison d’être et ses objectifs. Toutefois, même si l’ennemi officiel, aujourd’hui, de l’Otan est le terrorisme, il semblerait qu’elle ait des ennemis officieux, autrement dit la Russie. L’Otan s’étant consolidée dans sa lutte contre l’URSS du pacte de Varsovie, elle revient sans cesse à cet objectif, en tendant à lutter contre la Russie. Il est probable que les tensions qui existent aujourd’hui entre la Russie et l’Otan sont pour une bonne part de la responsabilité de l’Otan et en son sein des États-Unis. 

Pourtant, l’avenir de l’Europe n’est pas transatlantique, il est eurasiatique. Il faut donc que l’Europe arrive à vivre dans des conditions raisonnables avec son grand allié, son grand voisin, qui est la Russie. La Russie fait partie de l’Europe, elle a toujours fait partie de l’Europe. Qui plus est la France, en particulier, a toujours eu une relation étroite voire une amitié avec la Russie, même du temps des guerres napoléonienne et de la campagne de Russie. La France et la Russie ont intérêt à bâtir ensemble leur avenir.

 

L’Europe doit être souveraine, donc elle doit se donner une puissance militaire souveraine

Ceci signifie la mise en place d’une armée européenne, notamment pour ne plus subir l’extraterritorialité du droit américain et les règles commerciales qui lui sont imposées par Washington. Les pays européens, à cet égard, doivent se réveiller. L’Otan est un marchand de sable qui endort les pays européens en leur disant que les États-Unis les protégeront Or aujourd’hui, le parapluie américain n’est plus fiable. Malheureusement l’armée européenne est encore un mirage. L’Europe est encore très loin de créer une armée européenne. Pour que l’Europe soit souveraine et entendue lors de négociations internationales, elle doit posséder une puissance militaire. La France, aujourd’hui, pèse d’avantage que l’Europe parce qu’elle a une puissance militaire et qu’elle peut la déployer ; il faut que l’Europe se donne une puissance militaire analogue de manière à pouvoir être entendue.