« Crépuscule » de Juan Branco : ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption !

« Crépuscule » de Juan Branco : ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption !

Le billet de Daniel Pollett

 

Le livre de Juan Branco, Crépuscule*, frappe le lecteur par son actualité à laquelle on ne saurait échapper, la cruauté de sa réalité factuellement vérifiable, le cynisme des acteurs, d’autant plus qu’il est écrit par un homme du milieu -le terme est choisi sciemment- devenu paria à grands risques pour lui.

 

Ces politiciens issus d’écoles élitistes essentiellement par un hermétisme de principe, aussi par la fortune, la corruption et le copinage, sont facilement donneurs de leçons et précepteurs de morale. Ils vont chercher dans tous les acquis de branches professionnelles des avantages prétendument indus ou n’étant plus d’actualité, alors qu’eux-mêmes ne manquent pourtant pas de privilèges exorbitants payés par ces contribuables auxquels ils ne cessent de trouver de nouveaux impôts à payer et des avantages à supprimer. L’auteur expose que : « Derrière l’accumulation des privilèges se masquent souvent des situations de déshérence familiale extrême, où l’ambition forcenée déstructure et déshumanise à marche forcée » … Comme dans « Dallas » ? Ajoutons le gauchisme exponentiel parasitant toute saine réflexion et on ne s’étonnera pas d’entendre les propos les plus délirants tenus par de jeunes prétendants à la politique, à la sociologie ou au journalisme. 

L’auteur décrit ce qu’il nomme une « fabrique au consentement » issue d’un tri sélectif des journalistes et des mécanismes de désinformation nécessaire au futur élu (Macron) pour qu’il octroie sans protestation des postes éminents à des gens dont il sait et leur dit qu’il sait qu’ils ne sont autour de lui que pour cela. Sinon, comment expliquer ce regroupement de candidats venus de partout et de nulle part pour former un mouvement politique issu de même ? 

Parlant de l’un des hommes les plus riches de France, il expose que celui-ci lui a annoncé dès 2014 que Macron était le futur président de la République. Le même a pris le contrôle financier -et donc décisionnaire- d’un des journaux les plus lus afin « qu’ils cessent de l’emmerder ». Indifférent à l’intérêt général, il déstabilise la direction, laisse attendre des financements conduisant à une autocensure de fait puisque, comme le disait Bonaparte, « la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit ». Ensuite, pourquoi déranger celui par qui on a été arrangé ? De plus, l’auto-censure est davantage surveillée horizontalement, entre confrères, que verticalement par la hiérarchie, ne permettant pas à quiconque d’une équipe de remettre en cause la servilité instituée en vue de proroger les acquis collectifs. L’auteur précise par la suite que s’il a été ainsi informé à propos de Macron, d’autres ont dû l’être aussi afin de prévenir tout conflit d’intérêts avec une possible candidature d’envergure. Vous avez dit « démocratie » ? 

Tel ministre incompétent nommé par pur calcul politicien s’entoure immédiatement d’une équipe surtout destinée à le protéger plutôt qu’à servir le Bien commun. Des salaires démesurés octroyés à de jeunes ambitieux sans expérience professionnelle sont assurés singulièrement autant par des ministères que par des entreprises dépendant des commandes publiques, avec échanges réciproques de ces serviteurs zélés assurant une couverture de réseaux relationnels d’importance. 

On ne s’étonnera pas que Macron se retrouve ainsi, après avoir été élu grâce à une pure spéculation médiatique, entouré d’inconnus devenus subitement un prétendu renouveau du personnel politique.

Dans un pays où dix individus possèdent 90% de la presse écrite, il est inévitable que tout cela soit publiquement présenté comme étant une normalité bienfaisante, autant que l’amitié entre un riche patron de presse et le candidat Macron en quête de financements électoraux soit cachée. Surtout quand le maintien de la fortune du premier dépend des décisions politiques prises par le second. 

L’ascension électorale de Macron s’explique par cette orchestration médiatique réalisée par des fortunés assistés de jeunes loups ayant tous en commun un manque total de vision, de morale, de talent et, surtout, de volonté de servir le Bien commun, conduisant inévitablement à la privatisation des actifs et à la mutualisation des passifs : ils ne sont là que pour se servir eux-mêmes. 

En matière de corruption, de trafics d’influence et de désinformation des services publics payés par le contribuable et des médias subventionnés, outre des règlements de comptes par-dessus la Direction de France-télévision (dont on ne plaindra pas la directrice qui trouve qu’il y a là « trop de mâles blancs de plus de cinquante ans ») on ne trouve aucune remise en cause du traitement médiatique de Macron, bénéficiaire de plus de huit-mille articles entre Janvier 2015 et Janvier 2017. Soit autant que pour l’ensemble des candidats de la Gauche, alors que durant cette période rien de remarquable ne se manifestait dans son action politique. L’amitié inavouée entre Macron et quelques milliardaires dont la fortune pourrait faire vivre plusieurs nations explique cette fulgurante ascension anticipée et servie par des médias pratiquant l’auto-censure autant que l’idolâtrie. Cette complaisance du milieu journalistique envers les puissants commence à relever de la criminalité, tant des millions de vies sont altérées, voire perdues, à cause de cette politique inhumaine destinée uniquement à protéger quelques fortunes privées au détriment du peuple et du pays. 

L’auteur conclut en appelant à la destitution de l’usurpateur élu par défaut, par corruption et par méconnaissance, et à l’établissement d’un véritable système institutionnel permettant aux Français de retrouver, enfin, leur souveraineté de peuple responsable. Après la lecture des désastres énumérés, on ne peut que souscrire à cette nécessité, à cette urgence légitime et absolue.                                                                                                                                                       

 

 

*Crépuscule, Juan Branco, Massot Éditions, 2019, 312 pages.

Macron finira-t-il par gagner ?

Macron finira-t-il par gagner ?

Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« La seule chose qui différencie un héros d’un méchant c’est la direction dans laquelle il pointe son arme. » (Willem Dafoe).

 

Par principe, je n’aime pas taper sur mon camp. Comme Eric Zemmour, Patrick Buisson, Marion Maréchal (et quelques autres), je prône une union des droites et j’en ai marre de voir « la droite la plus bête du monde » se déchirer en des « chicayas » stériles.

Depuis des années, j’ai fait mienne la tirade de Philippe Malaud – alors président du CNI (1) – « je n’ai pas d’ennemis à droite ». Et pourtant, deux faits récents me donnent envie de pousser un coup-de-gueule contre cette droite, idiote, inconsciente, voire suicidaire, qui fait le jeu de Macron, ce fossoyeur de notre identité nationale (auquel je reconnais pourtant un certain génie). 

Avec son « Et en même temps », Macron est en train de réussir là où Giscard-d’Estaing avait échoué : le délitement des partis politiques traditionnels au profit d’un « extrême-centre » favorable à une gouvernance européenne. Giscard en a rêvé, Macron, lui, va le faire !

Et, avec la complicité (d’une partie) d’une droite qui se dit…nationale. C’est à pleurer ! 

La première illustration de mon propos, c’est l’interview de l’avorton présidentiel dans « Valeurs Actuelles ». Quatorze pages – excusez du peu ! – lui sont consacrées : un chef-d’œuvre de servilité journalistique, et ils se sont mis à trois pour disséquer la parole présidentielle. Bien sûr l’article est ponctué de quelques critiques, juste ce qu’il faut pour ne pas trop déboussoler le lecteur. 

Les journalistes annoncent d’ailleurs la couleur d’emblée : « Ainsi va (notre) relation avec le plus jeune président de la 5ème République : différends maintes fois, oppositions parfois, respect quoi qu’il en soit ». On est entre gens mondains et policés : ouf, on respire !

Durant des années, j’ai été abonné à cet hebdo résolument « de droite » qui savait tirer à boulets rouges sur Hollande. Et puis, j’ai cessé mon abonnement quand certains de ses chroniqueurs – suppôts d’une droite libérale et d’un capitalisme débridé – ont commencé à trouver moult qualités à ce jeune président si dynamique. Certains ont quitté le navire depuis, mais le mal était fait. 

Les dirigeants de « Valeurs Actuelles » semblent tombés sous le charme du gnome élyséen, comme ce fut le cas, jadis, pour Philippe de Villiers. Macron est, indéniablement, un séducteur mais ses zélateurs sont, incontestablement, des imbéciles, des crétins (ou pire : des « collabos »). Si « Valeurs Actuelles » doit devenir l’hebdo de la droite-cachemire (qui est finalement assez proche de la gauche-caviar), boycottons-le ! 

L’autre fait divers qui me fait bondir, c’est l’affaire – montée en épingle par les médias à la botte du pouvoir – de l’attentat contre la mosquée de Bayonne. Les réactions de « Bizounours » ou de faux-culs autour de cette « agression fasciste » m’insupportent !

Dans le monde des enfants, cet univers – très moral – où les bons triomphent toujours des méchants, il existe un nombre impressionnant de héros. Les gamins trop gâtés de la génération post-soixante-huitarde, qui s’expriment avec un vocabulaire limité à 50 mots, bêtifient en parlant de « supers héros dotés de supers pouvoirs ».

Ces personnages, totalement irréels, ont été créés par les Américains pour faire oublier les héros qu’on admirait jadis. Ceux qui défendaient la veuve et l’orphelin ou leur patrie en danger. 

Dans ma jeunesse, je lisais « le Prince Eric » et « La mort d’Eric » de Serge Dalens (2), ou « L’escadron blanc » de Joseph Peyré. Et comme, à cette époque, on ne cherchait pas encore à abrutir (et à abêtir) les masses laborieuses, il s’agissait de véritables livres, pas de bandes dessinées plus ou moins débiles (3). Superman a été créé en 1933 par Jerry Siegel et Joe Shuster. Après lui sont arrivés : Spiderman, l’homme araignée, Batman, l’homme chauve-souris, Catwoman, le pendant femelle des précédents (parité oblige !), etc…etc… Oui mais voilà, dans la vraie vie, les choses se passent différemment. Notre pauvre pays est dirigé par Mégalo-Man, lequel vit avec une vieille harpie coiffée comme un cocker, Nympho-Man (4) qui aime à déniaiser les puceaux. 

Le Sénat, cette chambre de parasites inutiles, est présidé par Eléphant-Man (5), un gros franc-maçon qui défend le port du voile islamique dans l’espace public. Dans les banlieues de non-droit – où les flics, les pompiers et les femmes seules n’osent plus s’aventurer – la rue appartient à Musul-Man qu’on pourrait comparer à un hibou car il dort le jour, il vole la nuit, et l’un et l’autre sont des espèces protégées. Musul-Man vit (fort bien) de trafics en tous genres et d’aides diverses qu’on lui alloue généreusement pour s’assurer la paix sociale. Parfois, il endosse le costume de Pyro-Man pour aller foutre le feu à des bagnoles, juste pour s’amuser, ou à un lieu de culte chrétien. Il incendie ou vandalise, en gros, une église par semaine mais les médias ont reçu pour consigne de n’en point parler, car il ne faudrait pas effrayer le bourgeois, « faire le lit de l’extrême-droite » ou pire, « stigmatiser une communauté » (6).

Musul-Man a tué plus de 200 personnes sur notre sol ces dernières années, souvent de façon atroce comme ce fut le cas pour certaines victimes du Bataclan, pour le Père Hamel, pour le Lt-colonel Beltrame ou, tout récemment, pour quatre policiers parisiens.

La presse qualifie pudiquement de « blessure au cou » ce qu’on n’ose pas appeler « égorgement » : c’est le même rituel odieux que pour le mouton de l’Aïd-el-Kebir !

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que, de temps à autres, un Gaulois « pette les plombs ». Comprenez-moi bien : Je ne saurais justifier, minimiser et encore moins excuser l’attaque d’une mosquée, pas plus que d’une synagogue ou d’une église catholique (6). Je trouve d’ailleurs tout à fait logiques les cris d’orfraie de la gauche (si complaisante à l’égard de la montée de l’islam). Ce qui me choque profondément, en revanche, c’est l’attitude de vierge outragée de Marine Le Pen qui voit dans cet attentat « une atteinte aux valeurs qu’elle a toujours défendues ». 

Aussitôt après sa patronne, Jordan Bardella – celui qu’on surnomme « Pathé Marconi » (la voix de son maître) – en a remis une couche, suivi, dans la foulée par Sébastien Chenu, l’inverti qui a remplacé Flo-flo Philippot dans le cœur de Marine. Je suppose que si le forcené de Bayonne avait agi en « tutu » rose (ou sous les couleurs du mouvement LGBT), Sébastien Chenu lui aurait trouvé des circonstances atténuantes ? Les journalistes de « Valeurs Actuelles » – dont j’ai parlé plus haut – traitent le vieil illuminé de « salopard », un qualificatif qu’ils n’utilisent jamais quand Musul-Man donne du couteau, de l’explosif ou de la Kalachnikov. 

Il est vrai que, pour nous convaincre que ce type est un salopard, on est allé enquêter dans son village et là, ses voisins, le facteur, le (la) maire, bref, tout le monde nous a confirmé que cet individu – inconnu des services de police et détenteur légal d’armes-à-feu – était un méchant con, hargneux et mauvais comme une teigne. Il aurait « reçu une formation militaire » ce qui, dans notre pays, semble être une tare. Mais il n’a pas servi à la Légion ou chez les paras. Il n’est même pas ancien membre de l’OAS. Je présume que c’est pour ça qu’il a raté son coup ! 

Décidément les fascistes ne sont plus ce qu’ils étaient : car, aller à visage découvert, dans sa propre voiture et en plein jour, pour tenter – sans y parvenir – de mettre le feu à la porte d’une mosquée, puis s’enfuir en tirant – mal – sur deux Musulmans, c’est d’un amateurisme déconcertant !

Donc dormez en paix, braves gens ! Les démocrates veillent : le fascisme ne passera pas !

Et je suis même en mesure de vous prédire la suite de cette affaire : 

  1. a) – L’illuminé de Bayonne – qui, à mon humble avis, est fou – sera déclaré responsable de ses actes, jugé et très sévèrement condamné.
  2. B) – Puisqu’il détenait légalement des armes, on renforcera encore un peu plus la lutte contre la détention d’armes par des citoyens ordinaires : tireurs, chasseurs, collectionneurs…
  3. c) – Peut-être en profitera-t-on pour dissoudre quelques groupuscules d’extrême-droite ?
  4. d) – Quant à Musul-Man, qui digère mal la mort de son seigneur et maître, le regretté Abou Bakr Al-Baghdadi, il continuera à affuter son couteau en vue de quelques « blessures au cou » de « Kouffars » innocents. 

Mais je ne voudrais pas passer pour islamophobe : Dieu (ou Allah) m’en préserve ! A en croire les médias, dans notre pays, l’islam est stigmatisé en permanence.

Et les chiffres parlent d’eux même :

Actes antireligieux en France, l’an passé, en 2018 :

Actes antichrétiens : …………………………………………………………………..1063

Actes antisémites (pourtant une petite communauté)  : ..…………….541

Actes antimusulmans : ………………………………………………………….………100

Mais notre société pétocharde préfère se shooter au « Padamalgam » qui est une drogue douce – en vente libre – qui autorise toutes les lâchetés, et adopter la politique de l’autruche : la tête dans le sable et le cul à l’air…

Bon, il va sans dire que mes propos sont à prendre au second degré, quoique…

Notes :

1)- Centre National des Indépendants.

2)- Nom de plume du magistrat Yves de Verdilhac.

3)- Ceci mérite d’être nuancé car j’aime beaucoup les albums de Tintin, Astérix et Lucky Luke, mais c’est à peu près tout.

4)- Je sais, on devrait dire « NymphoWoman » mais la théorie du genre m’interdit de « sexuer » les personnages : chacun a le droit de choisir son sexe après tout !

5)- Également connu sous le nom de Gérard Larché ou « Gros Gégé » pour les intimes.

6)- A l’heure où j’écris ces lignes, un cimetière chrétien a été profané près de chez moi, à Cognac. Qui en parle en dehors d’un bref entrefilet dans « Sud-Ouest » ?

Au-delà du rejet de Sylvie Goulard, c’est toute la stratégie de Macron qui est visée

Au-delà du rejet de Sylvie Goulard, c’est toute la stratégie de Macron qui est visée

D’après Contrepoints

Il est fort probable que Sylvie Goulard ait été utilisée comme un message que les eurodéputés ont voulu passer au président Macron mais aussi à la Commission : le parlement européen ne se pliera pas aux stratégies politiques d’un pays.

Le parlement européen a ainsi rejeté la candidature de Sylvie Goulard à la commission européenne. Elle devait recevoir comme portefeuille le marché interne mais aussi la politique industrielle de l’UE. Par conséquent des fonctions majeures, compte tenu de la construction européenne accomplie autour des aspects économiques et industriels (l’ancêtre de la CEE et de l’UE était la Communauté européenne du charbon et de l’acier).

Ce rejet du candidat français à la commission a été interprété comme étant une attaque contre la France et la politique de Macron par une partie de ses alliés. Ce camouflet est d’autant mal vu en France que Sylvie Goulard est un produit de l’État français en tant que haut fonctionnaire issu de l’ENA et de l’IEP de Paris. Du coup, qu’en est-il réellement ?

Le spectre du populisme

À l’heure actuelle, outre celle de Sylvie Goulard, seules deux autres candidatures de commissaires ont été rejetées par le parlement européen. Et ces rejets sont chargés de symbole. En effet, les autres candidats refusés sont László Trócsányi, ancien ministre de la Justice de Hongrie et membre du Fidesz de Viktor Orban, et Rovana Plumb ancienne ministre du parti social-démocrate de Roumanie actuellement au pouvoir.

Les partis dont sont issus ces deux candidats à la Commission sont dans le viseur des institutions européennes pour atteinte au respect de l’État de droit et corruption. Le rejet des deux candidats, bien qu’officiellement motivé par la crainte de conflits d’intérêts, est très certainement lié à la réputation douteuse de leur parti dans l’UE.

De ce fait, la décision rendue à l’encontre de Sylvie Goulard envoie une image négative en Europe pour LREM qui est, de fait, mis dans le « même sac » que le Fidesz hongrois et les socio-démocrates roumains. Une situation d’autant plus problématique pour la formation politique du président Macron vu le discours de LREM axé sur la lutte contre les populistes.

 

Une démonstration de la division qui règne entre les « partis de la coalition »

Le rejet de Sylvie Goulard a aussi été analysé comme révélateur de division entre les trois groupes européens (les socio-démocrates S&D, les centristes de Renew Europe, dont fait partie LREM, et les chrétiens-démocrates du PPE) qui composent la coalition majoritaire. En effet, le PPE aurait twitté par erreur qu’il allait s’opposer frontalement à la candidature de Sylvie Goulard lors du vote et les S&D se sont montrés sceptiques à son égard.

Le PPE et le S&D ne portent en effet pas LREM et Emmanuel Macron dans leur cœur. Ce dernier est accusé d’avoir contourné le système de Spitzenkandidaten pour mettre à la tête de la Commission une personne plus favorable à la France et à son parti. Un sentiment qui semble partagé par les autres groupes européens.

Un désastre pour LREM

Ce n’est pas la première fois que LREM et le gouvernement français, sous la présidence Macron, se heurtent au reste de l’UE et parfois à ses propres alliés libéraux de l’ALDE (notamment les néerlandais et les tchèques). La posture vindicative des dirigeants français est de moins en moins acceptée par leurs homologues européens et tout particulièrement par ceux qui sont issus de pays ayant une situation économique et politique plus positive que celle de la France.

L’absence de réformes en France mêlée à une attitude injonctive envers le reste de l’Europe lasse cette dernière. Il est fort probable que Sylvie Goulard ait été utilisée comme un message que les eurodéputés ont voulu passer au président Macron mais aussi à la Commission : le parlement européen ne se pliera pas aux stratégies politiques d’un pays et ne fermera pas les yeux sur les affaires touchant des candidats.

NDLR :

Cette affaire démontre que la déplorable candidature de Nathalie Loiseau à la présidence du groupe centriste-libéral, dans la foulée des élections européennes n’a pas été oubliée par les euro-députés. Nous avons souvent dit que Macron se verrait bien en président de l’Union Européenne ou secrétaire Général de l’Onu. En trébuchant dès la première marche du parlement européen Macron-Jupiter vient de voir s’éloigner ses fantasmes de super monarque mondial.

« Grazie » : Salvini devant des dizaines de milliers de sympathisants réunis à Rome

« Grazie » : Salvini devant des dizaines de milliers de sympathisants réunis à Rome

D’après RT

Alors qu’il caracole en tête des sondages, Matteo Salvini a réuni avec les partis alliés Forza Italia et Frères d’Italie des dizaines de milliers de sympathisants lors d’un meeting contre le gouvernement de coalition de gauche.

« Grazie, grazie, grazie [Merci, merci, merci] !» : depuis le succès de son appel à un rassemblement anti-gouvernemental le 19 octobre à Rome, l’ancien ministre italien de l’Intérieur et chef du parti populiste La Ligue multiplie les messages d’affection envers ses sympathisants sur les réseaux sociaux. L’événement a rassemblé, selon ses organisateurs, 200 000 personnes sur la place Saint-Jean-de-Latran.

Le chef de file des populistes, dont le parti recueille selon les sondages entre 30 et 33% des intentions de vote, avait appelé à cette grande démonstration de force dans la capitale italienne fin août, après l’éclatement (à son initiative) de la coalition entre son parti et les populistes de gauche du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui a entraîné la re-formation d’un gouvernement entre ces derniers et le Parti démocrate.

Poussé dans l’opposition, le populiste de droite s’est désormais tourné vers son ancien allié Forza Italia (droite) et Frères d’Italie, crédités chacun d’environ 8% des intentions de vote. Il tire désormais à boulets rouges sur le gouvernement d’alliance entre le M5S et le Parti démocrate, qu’il juge « illégitime ».

« Je veux vivre dans un pays libre, où on peut gouverner sans attendre un appel téléphonique de [la chancelière allemande Angela] Merkel ou [du président français Emmanuel] Macron », s’est-il exclamé devant la foule massée lors de ce rassemblement auquel participaient l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, chef du parti de droite libéral Forza Italia, et Giorgia Meloni, la présidente du parti nationaliste Frères d’Italie.

« Nous reprendrons en main ce splendide pays pour rendre à nos enfants l’Italie que nos pères nous ont laissée », a-t-il par ailleurs lancé.

Outre ses ambitions nationales, Matteo Salvini vise aussi la mairie de Rome, aux mains des Cinq Etoiles depuis 2016, et a prévu de lancer une pétition pour réclamer la démission de la maire de la capitale, Virginia Raggi, dont il attaque avec constance le bilan.

Le M5S et le Parti démocrate, de leur côté, sont chacun crédités de 18% à 20% des intentions de vote. Autre opposant de Matteo Salvini, l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi, à l’origine d’une scission avec le Parti démocrate en septembre, lançait le même jour son mouvement Viva Italia à Florence.

Avete regalato a me un’emozione incredibile e a tutti gli Italiani speranza e coraggio: GRAZIE! #orgoglioitaliano 🇮🇹

Publiée par Matteo Salvini sur Dimanche 20 octobre 2019
La France vendue à la découpe : la grande braderie se poursuit…

La France vendue à la découpe : la grande braderie se poursuit…

De Laurent Izard

 

En l’espace de quelques décennies, une grande partie du patrimoine économique, immobilier, foncier et même historique de la France a été dispersé, souvent au profit d’investisseurs internationaux. Ce processus concerne en premier lieu nos grands groupes dont nous perdons parfois le contrôle. Mais de nombreuses petites et moyennes entreprises, des terres agricoles, des monuments historiques ou de prestige sont également rachetés par des personnes physiques ou morales étrangères.

 

Les motivations des investisseurs sont très variées : dans certains cas, il s’agit simplement de réaliser des placements financiers sécurisés, d’où l’intensification des participations des fonds d’investissement américains dans le capital de nos grands groupes industriels. Dans d’autres cas, l’acquisition d’une entreprise française répond à une stratégie de croissance externe, de captation de marchés, ou encore à une logique de complémentarité industrielle. Mais parfois, il s’agit simplement d’opérations de prestige destinées à améliorer l’image d’un groupe étranger.

L’acquisition d’entreprises symboles du savoir-faire à la française, comme Baccarat, Lanvin, Courrèges, Canson ou de vignobles du Bordelais illustre bien cette préoccupation. On peut également mentionner la recherche de captation de hautes technologies qui explique, entre autres, l’acquisition d’Altis, d’Aldebaran Robotics, de Savoye ou encore de Linxens, leader mondial de la fabrication de circuits gravés flexibles et spécialiste des paiements sans contact, absorbé par l’entreprise d’État chinoise Tsinghua Unigroup avec l’approbation de Bercy.

L’appétit des investisseurs internationaux est presque sans limites et aucun domaine n’est véritablement épargné : les acquisitions étrangères concernent des secteurs aussi variés que la grande distribution (Marionnaud, Printemps, PriceMinister, plusieurs centres commerciaux…), le tourisme (Le Club Med, Nouvelles Frontières, Fram et la plupart de nos grands hôtels…), la haute couture et le prêt-à-porter (Lacoste, Aubade…), l’immobilier de prestige, les banques et compagnies d’assurances, les médias, le sport (Rossignol, de nombreux clubs sportifs parmi les plus prestigieux), les terres agricoles et les vignobles ou encore l’économie numérique (Meetic, Kelkoo…). Le secteur de la santé est également devenu depuis peu une proie pour les prédateurs internationaux qui rachètent progressivement les laboratoires français d’analyse médicale, les cliniques privées ou les entreprises pharmaceutiques.

Nos infrastructures économiques (aéroports, autoroutes, installations portuaires…) intéressent également les investisseurs étrangers. La Chine a notamment lancé un gigantesque plan d’investissement sur toute la planète afin de sécuriser ses exportations en contrôlant l’ensemble des flux logistiques. Ces « Nouvelles routes de la soie » (récemment rebaptisées Belt and Road Initiative) permettent également à l’Empire du Milieu de s’affranchir de toute dépendance à l’égard des États-cibles par la construction ou l’agrandissement de ports maritimes, la création de voies ferrées transcontinentales ou la réalisation d’entrepôts géants. La France n’échappe évidemment pas à ce processus. On comprend dès lors l’inquiétude que peut susciter la privatisation d’ADP. Et même les barrages français sont à vendre : jusqu’alors exploités par EDF, ils sont désormais ouverts à la concurrence, que l’Europe réclamait depuis dix ans.

On analyse souvent les investissements internationaux en affirmant que ces opérations sont toujours bénéfiques pour nos entreprises et notre économie : nous déployons même une intense énergie pour attirer les investisseurs étrangers et nous nous réjouissons quand les statistiques montrent que notre pays les séduit davantage que l’Allemagne ou l’Inde. Certains entrepreneurs français créent même des startups innovantes dans le but de les revendre quelques années plus tard.

Les conséquences néfastes de ce processus sont toutefois négligées ou minorées car les intérêts de court terme occultent systématiquement les préoccupations plus lointaines, pourtant essentielles.

Chassons pour commencer une contrevérité trop souvent répandue : tous les investissements étrangers ne créent pas nécessairement d’emplois, et toutes les acquisitions étrangères ne garantissent pas la pérennité de l’entreprise achetée. L’OPA du groupe canadien Alcan sur Péchiney en 2003 le montre bien : suite à cette OPA, notre fleuron industriel de l’aluminium a été rapidement démantelé et vendu branche par branche par ses acquéreurs successifs. Plus généralement, la France a perdu la moitié de ses emplois industriels depuis le début des années 1980 (6,9 millions de salariés en 1984 pour 3,4 millions fin 2017 en incluant les emplois intérimaires) en dépit – et en partie à cause – de la cession de ses fleurons industriels.

De fait, on constate que les entreprises sous l’influence d’investisseurs internationaux sont davantage exposées à des risques de délocalisation ou de licenciements massifs. C’est sans état d’âme que des dirigeants étrangers ont récemment pris la décision de fermer les usines françaises de Molex, Continental, Whirlpool, Ford ou Tupperware par exemple. D’autre part, les fusions entrainent souvent une détérioration du climat social, car outre les départs imposés, les salariés subissent de lourdes contraintes de productivité et de nouvelles méthodes de management, parfois brutales et exclusivement centrées sur les résultats.

La cession de nos fleurons industriels et les prises de participations étrangères entrainent de plus une évaporation financière : les seules entreprises du CAC 40 ont en effet versé 57,4 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2018 (dividendes et rachats d’actions). Or, il faut savoir que la moitié du capital des entreprises du CAC 40 est détenu par des investisseurs étrangers…

Enfin, nous perdons notre souveraineté politique, car l’État hésite logiquement à prendre des mesures qui pourraient contrarier les investisseurs internationaux et entrainer, par exemple, une crise boursière ou la fermeture de sites de production. Notre indépendance militaire est également menacée, car les futurs équipements de notre armée sont confiés à des consortiums internationaux (c’est notamment le cas de notre futur avion de combat qui remplacera le rafale) et avec la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, nous sommes devenus dépendants des Américains pour l’entretien de nos centrales nucléaires comme de nos navires et sous-marins à propulsion atomique.

Ainsi, en perdant le contrôle de nos entreprises et plus généralement de nos sources de créations de richesses, nous abandonnons peu à peu la maîtrise de notre pouvoir de décision.

Notre passivité est d’autant plus surprenante que la plupart des pays cherchent à garder le contrôle de leur patrimoine économique quitte à s’affranchir – lorsque cela est nécessaire – de leurs engagements internationaux. Aux États-Unis, un organisme public particulièrement efficace, le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS) analyse les acquisitions d’entreprises américaines par des compagnies étrangères et bloque fréquemment les projets de fusion. La Chine interdit par principe l’acquisition de ses entreprises par des investisseurs étrangers. Depuis 2009, l’Allemagne s’est dotée d’un outil de contrôle solide avec l’adoption de sa « loi sur le commerce extérieur ». Et l’Australie vient d’interdire les acquisitions d’immeubles dans les grandes villes par des ressortissants étrangers non-résidents, interdiction assortie d’une peine d’emprisonnement de trois ans.

En France, les décrets Villepin (2005), Montebourg (2014) et plus récemment la loi PACTE (2019) nous donnent également la possibilité de contrôler la plupart des investissements étrangers dans les secteurs dits « stratégiques ».

Mais faute de volonté politique et de moyens financiers, nous continuons à brader notre patrimoine.