Macron finira-t-il par gagner ?

Macron finira-t-il par gagner ?

Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« La seule chose qui différencie un héros d’un méchant c’est la direction dans laquelle il pointe son arme. » (Willem Dafoe).

 

Par principe, je n’aime pas taper sur mon camp. Comme Eric Zemmour, Patrick Buisson, Marion Maréchal (et quelques autres), je prône une union des droites et j’en ai marre de voir « la droite la plus bête du monde » se déchirer en des « chicayas » stériles.

Depuis des années, j’ai fait mienne la tirade de Philippe Malaud – alors président du CNI (1) – « je n’ai pas d’ennemis à droite ». Et pourtant, deux faits récents me donnent envie de pousser un coup-de-gueule contre cette droite, idiote, inconsciente, voire suicidaire, qui fait le jeu de Macron, ce fossoyeur de notre identité nationale (auquel je reconnais pourtant un certain génie). 

Avec son « Et en même temps », Macron est en train de réussir là où Giscard-d’Estaing avait échoué : le délitement des partis politiques traditionnels au profit d’un « extrême-centre » favorable à une gouvernance européenne. Giscard en a rêvé, Macron, lui, va le faire !

Et, avec la complicité (d’une partie) d’une droite qui se dit…nationale. C’est à pleurer ! 

La première illustration de mon propos, c’est l’interview de l’avorton présidentiel dans « Valeurs Actuelles ». Quatorze pages – excusez du peu ! – lui sont consacrées : un chef-d’œuvre de servilité journalistique, et ils se sont mis à trois pour disséquer la parole présidentielle. Bien sûr l’article est ponctué de quelques critiques, juste ce qu’il faut pour ne pas trop déboussoler le lecteur. 

Les journalistes annoncent d’ailleurs la couleur d’emblée : « Ainsi va (notre) relation avec le plus jeune président de la 5ème République : différends maintes fois, oppositions parfois, respect quoi qu’il en soit ». On est entre gens mondains et policés : ouf, on respire !

Durant des années, j’ai été abonné à cet hebdo résolument « de droite » qui savait tirer à boulets rouges sur Hollande. Et puis, j’ai cessé mon abonnement quand certains de ses chroniqueurs – suppôts d’une droite libérale et d’un capitalisme débridé – ont commencé à trouver moult qualités à ce jeune président si dynamique. Certains ont quitté le navire depuis, mais le mal était fait. 

Les dirigeants de « Valeurs Actuelles » semblent tombés sous le charme du gnome élyséen, comme ce fut le cas, jadis, pour Philippe de Villiers. Macron est, indéniablement, un séducteur mais ses zélateurs sont, incontestablement, des imbéciles, des crétins (ou pire : des « collabos »). Si « Valeurs Actuelles » doit devenir l’hebdo de la droite-cachemire (qui est finalement assez proche de la gauche-caviar), boycottons-le ! 

L’autre fait divers qui me fait bondir, c’est l’affaire – montée en épingle par les médias à la botte du pouvoir – de l’attentat contre la mosquée de Bayonne. Les réactions de « Bizounours » ou de faux-culs autour de cette « agression fasciste » m’insupportent !

Dans le monde des enfants, cet univers – très moral – où les bons triomphent toujours des méchants, il existe un nombre impressionnant de héros. Les gamins trop gâtés de la génération post-soixante-huitarde, qui s’expriment avec un vocabulaire limité à 50 mots, bêtifient en parlant de « supers héros dotés de supers pouvoirs ».

Ces personnages, totalement irréels, ont été créés par les Américains pour faire oublier les héros qu’on admirait jadis. Ceux qui défendaient la veuve et l’orphelin ou leur patrie en danger. 

Dans ma jeunesse, je lisais « le Prince Eric » et « La mort d’Eric » de Serge Dalens (2), ou « L’escadron blanc » de Joseph Peyré. Et comme, à cette époque, on ne cherchait pas encore à abrutir (et à abêtir) les masses laborieuses, il s’agissait de véritables livres, pas de bandes dessinées plus ou moins débiles (3). Superman a été créé en 1933 par Jerry Siegel et Joe Shuster. Après lui sont arrivés : Spiderman, l’homme araignée, Batman, l’homme chauve-souris, Catwoman, le pendant femelle des précédents (parité oblige !), etc…etc… Oui mais voilà, dans la vraie vie, les choses se passent différemment. Notre pauvre pays est dirigé par Mégalo-Man, lequel vit avec une vieille harpie coiffée comme un cocker, Nympho-Man (4) qui aime à déniaiser les puceaux. 

Le Sénat, cette chambre de parasites inutiles, est présidé par Eléphant-Man (5), un gros franc-maçon qui défend le port du voile islamique dans l’espace public. Dans les banlieues de non-droit – où les flics, les pompiers et les femmes seules n’osent plus s’aventurer – la rue appartient à Musul-Man qu’on pourrait comparer à un hibou car il dort le jour, il vole la nuit, et l’un et l’autre sont des espèces protégées. Musul-Man vit (fort bien) de trafics en tous genres et d’aides diverses qu’on lui alloue généreusement pour s’assurer la paix sociale. Parfois, il endosse le costume de Pyro-Man pour aller foutre le feu à des bagnoles, juste pour s’amuser, ou à un lieu de culte chrétien. Il incendie ou vandalise, en gros, une église par semaine mais les médias ont reçu pour consigne de n’en point parler, car il ne faudrait pas effrayer le bourgeois, « faire le lit de l’extrême-droite » ou pire, « stigmatiser une communauté » (6).

Musul-Man a tué plus de 200 personnes sur notre sol ces dernières années, souvent de façon atroce comme ce fut le cas pour certaines victimes du Bataclan, pour le Père Hamel, pour le Lt-colonel Beltrame ou, tout récemment, pour quatre policiers parisiens.

La presse qualifie pudiquement de « blessure au cou » ce qu’on n’ose pas appeler « égorgement » : c’est le même rituel odieux que pour le mouton de l’Aïd-el-Kebir !

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que, de temps à autres, un Gaulois « pette les plombs ». Comprenez-moi bien : Je ne saurais justifier, minimiser et encore moins excuser l’attaque d’une mosquée, pas plus que d’une synagogue ou d’une église catholique (6). Je trouve d’ailleurs tout à fait logiques les cris d’orfraie de la gauche (si complaisante à l’égard de la montée de l’islam). Ce qui me choque profondément, en revanche, c’est l’attitude de vierge outragée de Marine Le Pen qui voit dans cet attentat « une atteinte aux valeurs qu’elle a toujours défendues ». 

Aussitôt après sa patronne, Jordan Bardella – celui qu’on surnomme « Pathé Marconi » (la voix de son maître) – en a remis une couche, suivi, dans la foulée par Sébastien Chenu, l’inverti qui a remplacé Flo-flo Philippot dans le cœur de Marine. Je suppose que si le forcené de Bayonne avait agi en « tutu » rose (ou sous les couleurs du mouvement LGBT), Sébastien Chenu lui aurait trouvé des circonstances atténuantes ? Les journalistes de « Valeurs Actuelles » – dont j’ai parlé plus haut – traitent le vieil illuminé de « salopard », un qualificatif qu’ils n’utilisent jamais quand Musul-Man donne du couteau, de l’explosif ou de la Kalachnikov. 

Il est vrai que, pour nous convaincre que ce type est un salopard, on est allé enquêter dans son village et là, ses voisins, le facteur, le (la) maire, bref, tout le monde nous a confirmé que cet individu – inconnu des services de police et détenteur légal d’armes-à-feu – était un méchant con, hargneux et mauvais comme une teigne. Il aurait « reçu une formation militaire » ce qui, dans notre pays, semble être une tare. Mais il n’a pas servi à la Légion ou chez les paras. Il n’est même pas ancien membre de l’OAS. Je présume que c’est pour ça qu’il a raté son coup ! 

Décidément les fascistes ne sont plus ce qu’ils étaient : car, aller à visage découvert, dans sa propre voiture et en plein jour, pour tenter – sans y parvenir – de mettre le feu à la porte d’une mosquée, puis s’enfuir en tirant – mal – sur deux Musulmans, c’est d’un amateurisme déconcertant !

Donc dormez en paix, braves gens ! Les démocrates veillent : le fascisme ne passera pas !

Et je suis même en mesure de vous prédire la suite de cette affaire : 

  1. a) – L’illuminé de Bayonne – qui, à mon humble avis, est fou – sera déclaré responsable de ses actes, jugé et très sévèrement condamné.
  2. B) – Puisqu’il détenait légalement des armes, on renforcera encore un peu plus la lutte contre la détention d’armes par des citoyens ordinaires : tireurs, chasseurs, collectionneurs…
  3. c) – Peut-être en profitera-t-on pour dissoudre quelques groupuscules d’extrême-droite ?
  4. d) – Quant à Musul-Man, qui digère mal la mort de son seigneur et maître, le regretté Abou Bakr Al-Baghdadi, il continuera à affuter son couteau en vue de quelques « blessures au cou » de « Kouffars » innocents. 

Mais je ne voudrais pas passer pour islamophobe : Dieu (ou Allah) m’en préserve ! A en croire les médias, dans notre pays, l’islam est stigmatisé en permanence.

Et les chiffres parlent d’eux même :

Actes antireligieux en France, l’an passé, en 2018 :

Actes antichrétiens : …………………………………………………………………..1063

Actes antisémites (pourtant une petite communauté)  : ..…………….541

Actes antimusulmans : ………………………………………………………….………100

Mais notre société pétocharde préfère se shooter au « Padamalgam » qui est une drogue douce – en vente libre – qui autorise toutes les lâchetés, et adopter la politique de l’autruche : la tête dans le sable et le cul à l’air…

Bon, il va sans dire que mes propos sont à prendre au second degré, quoique…

Notes :

1)- Centre National des Indépendants.

2)- Nom de plume du magistrat Yves de Verdilhac.

3)- Ceci mérite d’être nuancé car j’aime beaucoup les albums de Tintin, Astérix et Lucky Luke, mais c’est à peu près tout.

4)- Je sais, on devrait dire « NymphoWoman » mais la théorie du genre m’interdit de « sexuer » les personnages : chacun a le droit de choisir son sexe après tout !

5)- Également connu sous le nom de Gérard Larché ou « Gros Gégé » pour les intimes.

6)- A l’heure où j’écris ces lignes, un cimetière chrétien a été profané près de chez moi, à Cognac. Qui en parle en dehors d’un bref entrefilet dans « Sud-Ouest » ?

Au-delà du rejet de Sylvie Goulard, c’est toute la stratégie de Macron qui est visée

Au-delà du rejet de Sylvie Goulard, c’est toute la stratégie de Macron qui est visée

D’après Contrepoints

Il est fort probable que Sylvie Goulard ait été utilisée comme un message que les eurodéputés ont voulu passer au président Macron mais aussi à la Commission : le parlement européen ne se pliera pas aux stratégies politiques d’un pays.

Le parlement européen a ainsi rejeté la candidature de Sylvie Goulard à la commission européenne. Elle devait recevoir comme portefeuille le marché interne mais aussi la politique industrielle de l’UE. Par conséquent des fonctions majeures, compte tenu de la construction européenne accomplie autour des aspects économiques et industriels (l’ancêtre de la CEE et de l’UE était la Communauté européenne du charbon et de l’acier).

Ce rejet du candidat français à la commission a été interprété comme étant une attaque contre la France et la politique de Macron par une partie de ses alliés. Ce camouflet est d’autant mal vu en France que Sylvie Goulard est un produit de l’État français en tant que haut fonctionnaire issu de l’ENA et de l’IEP de Paris. Du coup, qu’en est-il réellement ?

Le spectre du populisme

À l’heure actuelle, outre celle de Sylvie Goulard, seules deux autres candidatures de commissaires ont été rejetées par le parlement européen. Et ces rejets sont chargés de symbole. En effet, les autres candidats refusés sont László Trócsányi, ancien ministre de la Justice de Hongrie et membre du Fidesz de Viktor Orban, et Rovana Plumb ancienne ministre du parti social-démocrate de Roumanie actuellement au pouvoir.

Les partis dont sont issus ces deux candidats à la Commission sont dans le viseur des institutions européennes pour atteinte au respect de l’État de droit et corruption. Le rejet des deux candidats, bien qu’officiellement motivé par la crainte de conflits d’intérêts, est très certainement lié à la réputation douteuse de leur parti dans l’UE.

De ce fait, la décision rendue à l’encontre de Sylvie Goulard envoie une image négative en Europe pour LREM qui est, de fait, mis dans le « même sac » que le Fidesz hongrois et les socio-démocrates roumains. Une situation d’autant plus problématique pour la formation politique du président Macron vu le discours de LREM axé sur la lutte contre les populistes.

 

Une démonstration de la division qui règne entre les « partis de la coalition »

Le rejet de Sylvie Goulard a aussi été analysé comme révélateur de division entre les trois groupes européens (les socio-démocrates S&D, les centristes de Renew Europe, dont fait partie LREM, et les chrétiens-démocrates du PPE) qui composent la coalition majoritaire. En effet, le PPE aurait twitté par erreur qu’il allait s’opposer frontalement à la candidature de Sylvie Goulard lors du vote et les S&D se sont montrés sceptiques à son égard.

Le PPE et le S&D ne portent en effet pas LREM et Emmanuel Macron dans leur cœur. Ce dernier est accusé d’avoir contourné le système de Spitzenkandidaten pour mettre à la tête de la Commission une personne plus favorable à la France et à son parti. Un sentiment qui semble partagé par les autres groupes européens.

Un désastre pour LREM

Ce n’est pas la première fois que LREM et le gouvernement français, sous la présidence Macron, se heurtent au reste de l’UE et parfois à ses propres alliés libéraux de l’ALDE (notamment les néerlandais et les tchèques). La posture vindicative des dirigeants français est de moins en moins acceptée par leurs homologues européens et tout particulièrement par ceux qui sont issus de pays ayant une situation économique et politique plus positive que celle de la France.

L’absence de réformes en France mêlée à une attitude injonctive envers le reste de l’Europe lasse cette dernière. Il est fort probable que Sylvie Goulard ait été utilisée comme un message que les eurodéputés ont voulu passer au président Macron mais aussi à la Commission : le parlement européen ne se pliera pas aux stratégies politiques d’un pays et ne fermera pas les yeux sur les affaires touchant des candidats.

NDLR :

Cette affaire démontre que la déplorable candidature de Nathalie Loiseau à la présidence du groupe centriste-libéral, dans la foulée des élections européennes n’a pas été oubliée par les euro-députés. Nous avons souvent dit que Macron se verrait bien en président de l’Union Européenne ou secrétaire Général de l’Onu. En trébuchant dès la première marche du parlement européen Macron-Jupiter vient de voir s’éloigner ses fantasmes de super monarque mondial.

« Grazie » : Salvini devant des dizaines de milliers de sympathisants réunis à Rome

« Grazie » : Salvini devant des dizaines de milliers de sympathisants réunis à Rome

D’après RT

Alors qu’il caracole en tête des sondages, Matteo Salvini a réuni avec les partis alliés Forza Italia et Frères d’Italie des dizaines de milliers de sympathisants lors d’un meeting contre le gouvernement de coalition de gauche.

« Grazie, grazie, grazie [Merci, merci, merci] !» : depuis le succès de son appel à un rassemblement anti-gouvernemental le 19 octobre à Rome, l’ancien ministre italien de l’Intérieur et chef du parti populiste La Ligue multiplie les messages d’affection envers ses sympathisants sur les réseaux sociaux. L’événement a rassemblé, selon ses organisateurs, 200 000 personnes sur la place Saint-Jean-de-Latran.

Le chef de file des populistes, dont le parti recueille selon les sondages entre 30 et 33% des intentions de vote, avait appelé à cette grande démonstration de force dans la capitale italienne fin août, après l’éclatement (à son initiative) de la coalition entre son parti et les populistes de gauche du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui a entraîné la re-formation d’un gouvernement entre ces derniers et le Parti démocrate.

Poussé dans l’opposition, le populiste de droite s’est désormais tourné vers son ancien allié Forza Italia (droite) et Frères d’Italie, crédités chacun d’environ 8% des intentions de vote. Il tire désormais à boulets rouges sur le gouvernement d’alliance entre le M5S et le Parti démocrate, qu’il juge « illégitime ».

« Je veux vivre dans un pays libre, où on peut gouverner sans attendre un appel téléphonique de [la chancelière allemande Angela] Merkel ou [du président français Emmanuel] Macron », s’est-il exclamé devant la foule massée lors de ce rassemblement auquel participaient l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, chef du parti de droite libéral Forza Italia, et Giorgia Meloni, la présidente du parti nationaliste Frères d’Italie.

« Nous reprendrons en main ce splendide pays pour rendre à nos enfants l’Italie que nos pères nous ont laissée », a-t-il par ailleurs lancé.

Outre ses ambitions nationales, Matteo Salvini vise aussi la mairie de Rome, aux mains des Cinq Etoiles depuis 2016, et a prévu de lancer une pétition pour réclamer la démission de la maire de la capitale, Virginia Raggi, dont il attaque avec constance le bilan.

Le M5S et le Parti démocrate, de leur côté, sont chacun crédités de 18% à 20% des intentions de vote. Autre opposant de Matteo Salvini, l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi, à l’origine d’une scission avec le Parti démocrate en septembre, lançait le même jour son mouvement Viva Italia à Florence.

Avete regalato a me un’emozione incredibile e a tutti gli Italiani speranza e coraggio: GRAZIE! #orgoglioitaliano 🇮🇹

Publiée par Matteo Salvini sur Dimanche 20 octobre 2019
La France vendue à la découpe : la grande braderie se poursuit…

La France vendue à la découpe : la grande braderie se poursuit…

De Laurent Izard

 

En l’espace de quelques décennies, une grande partie du patrimoine économique, immobilier, foncier et même historique de la France a été dispersé, souvent au profit d’investisseurs internationaux. Ce processus concerne en premier lieu nos grands groupes dont nous perdons parfois le contrôle. Mais de nombreuses petites et moyennes entreprises, des terres agricoles, des monuments historiques ou de prestige sont également rachetés par des personnes physiques ou morales étrangères.

 

Les motivations des investisseurs sont très variées : dans certains cas, il s’agit simplement de réaliser des placements financiers sécurisés, d’où l’intensification des participations des fonds d’investissement américains dans le capital de nos grands groupes industriels. Dans d’autres cas, l’acquisition d’une entreprise française répond à une stratégie de croissance externe, de captation de marchés, ou encore à une logique de complémentarité industrielle. Mais parfois, il s’agit simplement d’opérations de prestige destinées à améliorer l’image d’un groupe étranger.

L’acquisition d’entreprises symboles du savoir-faire à la française, comme Baccarat, Lanvin, Courrèges, Canson ou de vignobles du Bordelais illustre bien cette préoccupation. On peut également mentionner la recherche de captation de hautes technologies qui explique, entre autres, l’acquisition d’Altis, d’Aldebaran Robotics, de Savoye ou encore de Linxens, leader mondial de la fabrication de circuits gravés flexibles et spécialiste des paiements sans contact, absorbé par l’entreprise d’État chinoise Tsinghua Unigroup avec l’approbation de Bercy.

L’appétit des investisseurs internationaux est presque sans limites et aucun domaine n’est véritablement épargné : les acquisitions étrangères concernent des secteurs aussi variés que la grande distribution (Marionnaud, Printemps, PriceMinister, plusieurs centres commerciaux…), le tourisme (Le Club Med, Nouvelles Frontières, Fram et la plupart de nos grands hôtels…), la haute couture et le prêt-à-porter (Lacoste, Aubade…), l’immobilier de prestige, les banques et compagnies d’assurances, les médias, le sport (Rossignol, de nombreux clubs sportifs parmi les plus prestigieux), les terres agricoles et les vignobles ou encore l’économie numérique (Meetic, Kelkoo…). Le secteur de la santé est également devenu depuis peu une proie pour les prédateurs internationaux qui rachètent progressivement les laboratoires français d’analyse médicale, les cliniques privées ou les entreprises pharmaceutiques.

Nos infrastructures économiques (aéroports, autoroutes, installations portuaires…) intéressent également les investisseurs étrangers. La Chine a notamment lancé un gigantesque plan d’investissement sur toute la planète afin de sécuriser ses exportations en contrôlant l’ensemble des flux logistiques. Ces « Nouvelles routes de la soie » (récemment rebaptisées Belt and Road Initiative) permettent également à l’Empire du Milieu de s’affranchir de toute dépendance à l’égard des États-cibles par la construction ou l’agrandissement de ports maritimes, la création de voies ferrées transcontinentales ou la réalisation d’entrepôts géants. La France n’échappe évidemment pas à ce processus. On comprend dès lors l’inquiétude que peut susciter la privatisation d’ADP. Et même les barrages français sont à vendre : jusqu’alors exploités par EDF, ils sont désormais ouverts à la concurrence, que l’Europe réclamait depuis dix ans.

On analyse souvent les investissements internationaux en affirmant que ces opérations sont toujours bénéfiques pour nos entreprises et notre économie : nous déployons même une intense énergie pour attirer les investisseurs étrangers et nous nous réjouissons quand les statistiques montrent que notre pays les séduit davantage que l’Allemagne ou l’Inde. Certains entrepreneurs français créent même des startups innovantes dans le but de les revendre quelques années plus tard.

Les conséquences néfastes de ce processus sont toutefois négligées ou minorées car les intérêts de court terme occultent systématiquement les préoccupations plus lointaines, pourtant essentielles.

Chassons pour commencer une contrevérité trop souvent répandue : tous les investissements étrangers ne créent pas nécessairement d’emplois, et toutes les acquisitions étrangères ne garantissent pas la pérennité de l’entreprise achetée. L’OPA du groupe canadien Alcan sur Péchiney en 2003 le montre bien : suite à cette OPA, notre fleuron industriel de l’aluminium a été rapidement démantelé et vendu branche par branche par ses acquéreurs successifs. Plus généralement, la France a perdu la moitié de ses emplois industriels depuis le début des années 1980 (6,9 millions de salariés en 1984 pour 3,4 millions fin 2017 en incluant les emplois intérimaires) en dépit – et en partie à cause – de la cession de ses fleurons industriels.

De fait, on constate que les entreprises sous l’influence d’investisseurs internationaux sont davantage exposées à des risques de délocalisation ou de licenciements massifs. C’est sans état d’âme que des dirigeants étrangers ont récemment pris la décision de fermer les usines françaises de Molex, Continental, Whirlpool, Ford ou Tupperware par exemple. D’autre part, les fusions entrainent souvent une détérioration du climat social, car outre les départs imposés, les salariés subissent de lourdes contraintes de productivité et de nouvelles méthodes de management, parfois brutales et exclusivement centrées sur les résultats.

La cession de nos fleurons industriels et les prises de participations étrangères entrainent de plus une évaporation financière : les seules entreprises du CAC 40 ont en effet versé 57,4 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2018 (dividendes et rachats d’actions). Or, il faut savoir que la moitié du capital des entreprises du CAC 40 est détenu par des investisseurs étrangers…

Enfin, nous perdons notre souveraineté politique, car l’État hésite logiquement à prendre des mesures qui pourraient contrarier les investisseurs internationaux et entrainer, par exemple, une crise boursière ou la fermeture de sites de production. Notre indépendance militaire est également menacée, car les futurs équipements de notre armée sont confiés à des consortiums internationaux (c’est notamment le cas de notre futur avion de combat qui remplacera le rafale) et avec la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, nous sommes devenus dépendants des Américains pour l’entretien de nos centrales nucléaires comme de nos navires et sous-marins à propulsion atomique.

Ainsi, en perdant le contrôle de nos entreprises et plus généralement de nos sources de créations de richesses, nous abandonnons peu à peu la maîtrise de notre pouvoir de décision.

Notre passivité est d’autant plus surprenante que la plupart des pays cherchent à garder le contrôle de leur patrimoine économique quitte à s’affranchir – lorsque cela est nécessaire – de leurs engagements internationaux. Aux États-Unis, un organisme public particulièrement efficace, le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS) analyse les acquisitions d’entreprises américaines par des compagnies étrangères et bloque fréquemment les projets de fusion. La Chine interdit par principe l’acquisition de ses entreprises par des investisseurs étrangers. Depuis 2009, l’Allemagne s’est dotée d’un outil de contrôle solide avec l’adoption de sa « loi sur le commerce extérieur ». Et l’Australie vient d’interdire les acquisitions d’immeubles dans les grandes villes par des ressortissants étrangers non-résidents, interdiction assortie d’une peine d’emprisonnement de trois ans.

En France, les décrets Villepin (2005), Montebourg (2014) et plus récemment la loi PACTE (2019) nous donnent également la possibilité de contrôler la plupart des investissements étrangers dans les secteurs dits « stratégiques ».

Mais faute de volonté politique et de moyens financiers, nous continuons à brader notre patrimoine.

Le discours écolo est une imposture !

Le discours écolo est une imposture !

 

Chronique de Paysan Savoyard

 

Nous ne nions pas, pour ce qui nous concerne, l’importance de la question environnementale. Il est très probable que l’activité humaine soit à l’origine du réchauffement climatique, lequel réchauffement aura sans doute d’importantes conséquences négatives.

L’activité humaine a commencé à peser sur l’environnement avec la révolution industrielle au milieu du 19e siècle. L’effet s’est très fortement amplifié avec la mise en place en Occident de la société de consommation, suivie de sa mondialisation. L’explosion démographique mondiale constitue un autre facteur majeur de la dégradation de l’environnement, sinon désormais le plus considérable.

En outre la société de consommation et l’agriculture moderne ont un impact sanitaire direct et sont très probablement à l’origine de la plupart des cancers. Enfin la société moderne a de multiples effets néfastes sur l’environnement visuel et les paysages. Pour toutes ces raisons, du fait également de ses conséquences sociétales destructrices, la société de consommation nous paraît constituer une catastrophe globale. Il en va de même de la mondialisation.

Ceci posé, la mobilisation de l’opinion et de la classe politique sur le sujet de l’environnement nous paraît fortement critiquable.

  • En dépit de son discours désormais écolo, la classe dirigeante n’a évidemment aucune intention d’opérer un quelconque changement significatif

Cette mobilisation environnementale, tout d’abord, ne constitue qu’un simple discours : la logorrhée écolo ne se traduira par aucun changement important. Et pour cause, des réformes écologiques véritables supposeraient de remettre en cause l’économie générale du système et la société de consommation dans son ensemble. Une réorientation écologique impliquerait que la classe abandonne, en vue de l’intérêt général, une organisation économique et sociale dont elle tire le plus grand profit, qu’elle renonce en d’autres termes à des gains privés, certains et immédiats, au nom d’un bénéfice collectif et avec l’espoir de résultats aléatoires et lointains. Dans ces conditions la réorientation souhaitable n’a évidemment aucune chance d’intervenir.

Non seulement rien ne changera mais au contraire même, les choses continuent d’aller dans le sens d’une prédation accrue sur l’environnement. Pour s’en tenir à quelques exemples concernant le cas de la France, le bétonnage et l’artificialisation du territoire se poursuivent : tous les dix ans l’équivalent de la surface d’un département moyen est artificialisée, du fait de l’implantation de nouveaux lotissements, de nouveaux centres commerciaux et de nouvelles infrastructures de transports. Le paysage terrestre et marin se peuple désormais d’éoliennes. Dans le domaine des transports de marchandises, la place du camion ne cesse de croître et celle du chemin de fer de régresser. Dans le contexte de la mondialisation, le transport aérien et le transport maritime, fortement polluants, ne cessent eux-aussi d’augmenter. S’agissant de l’agriculture les subventions restent captées par l’agriculture intensive et exportatrice. Le bio se développe mais est pour partie détourné et accaparé par l’agro-industrie. Certes la pollution liée à l’industrie a fortement diminué… et pour cause puisqu’elle a été délocalisée en Asie. Quant au nucléaire, les déchets s’accumulent alors qu’ils ne sont pas recyclables. En toile de fond, la population française continue d’augmenter fortement, du fait de l’immigration de masse, ce qui alimente et amplifie ces différents processus de dégradation de l’environnement.

Soulignons au passage la contribution personnelle de M. Macron et de son gouvernement à la dégradation de l’environnement. Sa principale réalisation lorsqu’il était ministre de l’économie a été d’autoriser la création de lignes de cars à longue distance, en concurrence avec le train. Dans la même veine, son ministre des transports vient de valider la suppression du dernier train de fret maraîcher qui circulait encore entre le sud de la France et Rungis. Les instances de l’Union Européenne viennent de signer, au cœur de l’été, les accords de libre-échange avec le Canada (CETA) et l’Amérique du Sud (Mercosur). Ces accords offriront un débouché en Europe à des pays dont la production agricole s’effectue dans des conditions nuisibles à l’environnement : élevage et cultures intensifs, utilisation massive de pesticides, d’engrais, d’antibiotiques, déforestation… Les exportations agricoles vers l’Europe encouragées par ces accords se traduiront en outre par une augmentation des transports, aériens, maritimes et routiers, fortement polluants.

Dans ce contexte, les déclamations écologiques, que tout le monde reprend désormais à l’unisson, sont une façon pour la classe dirigeante d’occuper le terrain et de paraître se préoccuper de la chose, alors qu’elle n’a évidemment aucune intention d’agir, au-delà des quelques mesurettes qu’elle prendra pour amuser la galerie.

  • Le discours écolo du Système s’accompagne de mensonges et d’opérations d’intox

Le discours écolo de la classe dirigeante s’accompagne en outre d’opérations d’intox intensives. Par exemple les labels bio qui se multiplient ne présentent aucune garantie véritable. Par exemple encore, les pouvoirs publics font la promotion des voitures électriques ou du chauffage solaire alors que ces technologies utilisent des métaux rares et que leurs produits ne sont pas recyclables.

Dans le registre de l’intox, il faut également relever la remarquable hypocrisie des éléments de langage diffusés par le gouvernement et les médias pour justifier la signature des traités CETA et Mercosur avec des pays dont les pratiques agricoles sont dépourvues de toute préoccupation environnementale : « si l’UE a signé ces traités c’est précisément pour conduire les pays en question à modifier leurs pratiques » nous dit-on (voir par exemple cet édito du Monde). Comme si le rôle de l’UE et des gouvernements européens était de faire de la pédagogie à destination du monde entier. Comme s’il était légitime de faire courir des risques sanitaires à la population européenne en attendant que les bonnes pratiques environnementales se soient diffusées universellement. Comme si ces accords n’étaient pas motivés par des objectifs libre-échangistes et mercantiles à l’opposé de toute idée d’intérêt général.

Cependant parmi les techniques de propagande et d’intoxication mises en œuvre par le Système, la plus perverse et la plus efficace reste le « Et toi que fais-tu ? ». Il s’agit de faire croire à monsieur-tout-le-monde qu’il détient, lui, une part de responsabilité dans le problème environnemental et dans sa solution. C’est ainsi que le Système lui enjoint de trier les déchets, de renoncer au sac plastique, d’acheter des voitures électriques, de se mettre au vélo et d’acheter bio, les petits ruisseaux étant censés faire les grandes rivières. Or c’est évidemment faux, pour une double raison. D’abord parce que les petits gestes que chacun peut consentir ne sont pas à l’échelle et ne pèsent rien à côté de l’impact des décisions prises au niveau des Etats. Par exemple si chacun essaie de réduire son usage de la voiture, les efforts consentis seront annihilés si dans le même temps le transport aérien et maritime explose, comme c’est le cas depuis vingt ans sous l’effet de la mondialisation. C’est faux ensuite parce que les gens de la rue, qui ne sont pas responsables du Système d’ensemble, peuvent difficilement s’en abstraire. Comment par exemple moins utiliser la voiture quand on habite loin des centres-villes ?

Et chacun tombe dans le panneau, s’efforce d’agir comme un bon petit soldat de l’environnement et se sent coupable de ne pas en faire assez. Cette technique qui consiste à faire peser la responsabilité sur tout-un-chacun permet de dédouaner les autorités, qui peuvent continuer à prendre en toute impunité des décisions allant gravement à l’encontre de la préservation de l’environnement.

On notera que cette technique de culpabilisation est employée dans d’autres domaines, avec les mêmes objectifs. La sécurité routière par exemple fonctionne selon ce même mode. Il s’agit de criminaliser le Français moyen, accusé d’être coupable de « délinquance routière ». Dans le même temps le Système organise, par exemple, un système de transport de marchandises basé sur le camion, qui est un facteur majeur d’insécurité routière…

  • L’écologie, outil de manipulation de l’opinion

Il se trouve que le discours écolo a pour le Système un triple intérêt. Il permet premièrement, sous couvert d’écologie, de donner la parole aux propagandistes « ultras » du Système. Depuis quarante ans en effet, le discours écolo est porté par des gens qui, avant d’être écologistes, sont surtout des gauchistes et des libéraux-libertaires. C’est ainsi que ces gens déploient leur énergie « citoyenne » essentiellement sur des sujets sociétaux. Ils militent pour les mesures les plus libertaires, en particulier dans le domaine des mœurs, en relayant les revendications des lobbys LGBT et féministe. Ils sont en première ligne dans le camp immigrationniste. Ils se déclarent « citoyens du monde », alors même que la mondialisation est précisément une cause majeure de la prédation environnementale.

La mobilisation écologique a pour le Système un second intérêt : elle sert le discours mondialiste et antinational. La mise en avant des problématiques écologiques et climatiques permet en effet de conduire l’opinion, ainsi que le souhaite le Système, à penser que les problèmes sont mondiaux et que le cadre national est décidément dépassé face à des questions qui réclament une solution globale. Or cette propagande supranationale est pour une bonne part mensongère. C’est ainsi que de nombreuses mesures favorables à l’environnement pourraient être mises en œuvre avec efficacité au plan national : on pense par exemple à la réorientation des subventions en direction de l’agriculture traditionnelle et écologique. De même encore, il serait tout à fait possible, grâce à la réglementation et à une politique de taxation, de privilégier le transport des marchandises par le rail et de décourager le transport routier sur longue distance. De même, c’est bien parce que les autorités nationales des différents pays occidentaux ont décidé de procéder à la délocalisation de leurs industries que la Chine est devenue le premier pollueur mondial. Pour les entreprises occidentales, les délocalisations ont eu notamment l’intérêt de les dispenser d’investissements dans le domaine de la pollution et de la protection de l’environnement.

Enfin la mobilisation écologique présente pour le Système un troisième avantage, le plus important : elle permet d’occuper le terrain et l’espace médiatique en détournant l’attention de l’opinion de la question de l’immigration. La question climatique est pourtant bien moins cruciale que l’enjeu migratoire. Les risques environnementaux sont, en effet, pour les plus importants d’entre eux, relativement lointains et difficiles à évaluer quant à leur ampleur et leurs conséquences. Tandis que l’invasion et le Grand remplacement sont pour la France et les Français un phénomène actuel, aux effets gravissimes, à court terme et certains.

A cet égard, la question de l’environnement a pris utilement le relais de celle du chômage. Pendant des décennies, les médias, les instituts de sondage et les politologues ont prétendu que le chômage était de loin « la première préoccupation des Français ». Aujourd’hui très curieusement on ne parle plus guère du chômage, alors que les chiffres officiels en la matière sont tout aussi mauvais qu’auparavant : depuis plus de quatre décennies, entre 8 et 10 % de la population active, selon les périodes, est officiellement au chômage. Et très bizarrement la question du chômage est brusquement passée au second ou au troisième plan… C’est que les Français se sont bien rendus compte, à force, qu’en réalité le chômage prolongé est pour une bonne part un chômage volontaire et qu’il existe des centaines de milliers d’emplois non pourvus. Tout le monde a bien conscience également que la distribution d’allocations chômage et de prestations diverses retire à la situation de chômage son caractère dramatique. Conscient de l’évolution de l’état d’esprit de la population sur ce point, le Système a finalement cessé de prétendre que « le chômage est la première préoccupation des Français ». Ce sont maintenant les questions environnementales qui ont pris le relais. Avec le même effet de matraquage, de propagande et de manipulation de l’opinion, laquelle une fois de plus est dupe et reprend en chœur le discours officiel. Et l’effet souhaité est atteint une fois encore : le sujet le plus vital et le plus tragique – l’invasion et ses effets catastrophiques – est évacué de la liste des préoccupations officielle des Français et par là-même du débat public.

  • L’écologie, palliatif nécessaire à l’équilibre psychologique des partisans du Système

Il faut relever que, pour les partisans du Système eux-mêmes, à titre individuel cette fois, la mobilisation sur l’écologie a un grand intérêt du point de vue de leur équilibre psychologique. L’effet positif est quadruple.

L’écologie permet, premièrement, à ceux qui votent pour le Système de s’occuper l’esprit et de détourner le regard des questions d’immigration, en les évacuant de leurs préoccupations quotidiennes.

Le sujet permet deuxièmement aux anticapitalistes de gauche de paraître contester le Système et de l’accuser d’inaction, sans toucher au point-dur qu’est l’immigration où, là, capitalistes et anticapitalistes se retrouvent en accord.

Le sujet de l’environnement constitue troisièmement un exutoire. Les immigrationnistes se mentent à eux-mêmes et le savent : ils savent que l’Europe est en train d’être envahie et que la civilisation européenne elle-même est menacée. Ils se déclarent violemment hostiles au RN alors qu’en réalité, tout comme les électeurs frontistes, ils sentent bien eux-aussi que l’immigration est une catastrophe et cherchent par tous les moyens à s’en protéger à titre personnel. Le sujet de l’environnement vient leur permettre de transcender ce mensonge et de faire preuve sur ce terrain-ci de lucidité, de sincérité, de conviction et de zèle militant.

L’effet psychologique bénéfique de l’engagement écolo a une dernière dimension, plus subtile encore. L’immigration en effet provoque chez tout-un-chacun, même chez les immigrationnistes, une angoisse diffuse et latente. Or les immigrationnistes ne peuvent évidemment faire part de leur inquiétude face à l’invasion. Le sujet de l’environnement leur permet d’exprimer leur angoisse, leur peur, leur pessimisme… mais en les reportant sur la question du climat.

**

Terminons en soulignant cette dernière imposture du discours écolo. Au nom de quoi souhaiter préserver l’environnement et le conserver intact quand on veut par ailleurs remettre en cause, comme c’est le cas des écolos et de façon générale des progressistes, l’ensemble des cadres, des structures et des règles de l’organisation sociale, notamment pour ce qui est des mœurs et des coutumes ?

Les écolos légitimes sont en réalité les « réactionnaires », eux qui attachent du prix à la conservation de l’environnement aussi bien qu’à celle des principales structures sociales et règles de comportement. C’est pourquoi nous regrettons le discours écolo-sceptique de la plupart des responsables « populistes » et le considérons comme une grave erreur.

Répétons-le, pour résumer et conclure : nous ne nions pas pour ce qui nous concerne l’importance des risques environnementaux. Cependant, si ces risques sont sérieux et probables, ils sont également, pour la plupart, encore mal évalués et lointains, tandis que l’invasion migratoire représente pour nos peuples, pour notre civilisation et pour notre vie quotidienne, un danger mortel, immédiat et certain. Lorsque se seront produits, dans cinquante ou cent ans, les mutations climatiques majeures qu’on nous promet, notre mise en minorité sur notre propre sol et l’écroulement de notre civilisation seront intervenues depuis longtemps. Au moment où le climat de l’Afrique s’installera en Europe, il y aura déjà longtemps qu’elle sera peuplée d’Africains.