Les oligarques sont prêts à sacrifier l’économie réelle pour remplir leurs poches déjà pleines…

Les oligarques sont prêts à sacrifier l’économie réelle pour remplir leurs poches déjà pleines…

Le billet d’Antonin Campana

Les manifestations populaires, celles des Gilets Jaunes, comme celles des opposants au projet gouvernemental de réforme des retraites, ont rarement été aussi massives avec aussi peu de résultats à la clé. Depuis plus d’un an, des millions de Français ont manifesté contre les projets gouvernementaux sans que cela ne stoppe ni même n’enraye la mécanique implacable de casse sociale et de spoliation des plus faibles, initiée par Macron. Le mot « dédain » revient régulièrement dans la bouche des commentateurs : dédain pour les travailleurs, dédain pour les plus modestes, dédain pour les Français en général… Seul le dédain et le mépris peuvent en effet expliquer ce refus ostensible de considérer les souffrances et les inquiétudes des gens qui descendent dans la rue.

 

En 1968, plusieurs semaines de grèves ont abouti aux accords de Grenelle (avec notamment une augmentation de 35% du SMIG). En 1986-1987, 28 jours de grèves ont fait capoter le projet de grilles des salaires à la SNCF. En 1995, 22 jours de grève ont fait plier Alain Juppé. Certes, toutes les grèves que la France a connues n’ont pas débouché sur des avancées sociales significatives. Certaines furent des échecs. D’autres obtinrent quelques concessions seulement. Mais aucune de celles qui ont eu l’envergure du mouvement social qui a commencé le 05 décembre, n’a été confrontée à une telle indifférence du pouvoir. Aucune concession significative n’a permis aux grévistes de sauver la face. Au contraire, ils ont encaissé pendant plusieurs semaines les railleries, la condescendance, le mépris et l’arrogance des membres de la Majorité. Comme si leur action n’avait en soi aucune importance ! Même chose d’ailleurs pour les Gilets Jaunes, écartés d’un revers de main, après que médias et macroniens les aient catalogués homophobes, racistes et antisémites !

Ce qui peut surprendre, si l’on considère l’agitation sociale dans notre pays depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes jusqu’aux grèves de décembre et janvier, est moins l’échec de cette importante contestation sociale, que la manière dont elle a été traitée par le pouvoir. Macron est le premier du genre à avoir clairement signifié à tous les Français qu’il se moquait totalement de la paralysie du pays et des conséquences économiques d’un an de manifestations, de grèves et de blocages. L’essentiel était que sa feuille de route soit suivie. Entêtement d’un enfant-roi devenu président du régime, ou conséquence d’une évolution des rapports de forces ?

Economie réelle et économie financière

Jusqu’aux années 80, la richesse des élites oligarchiques était basée sur le travail productif national. C’était la bonne marche de l’industrie, du commerce et des transports du pays qui assurait les fortunes. Autrement dit, plus les ouvriers, les employés et tous les salariés faisaient régulièrement et correctement leur travail, plus l’oligarchie était prospère. L’oligarchie redoutait donc les grèves et concédait régulièrement quelques miettes aux gens qu’elle exploitait. L’oligarchie avait aussi grand intérêt à investir dans l’appareil global de production : ses usines mais aussi, via l’Etat à son service, les réseaux de transport (routes, autoroutes, voies ferrées…), les infrastructures du pays (ouvrages d’art, réseaux électriques, télécommunication…) et même l’établissement de routes migratoires (pour disposer d’une main d’œuvre servile)…

Au début des années 80, les ultralibéraux prennent le pouvoir. Partout, c’est la fin du contrôle du mouvement des capitaux. Autrement dit, l’argent que l’oligarchie devait nécessairement investir dans le pays pourra désormais servir à construire des usines dans des pays à la main d’œuvre bon marché, avec bien sûr, à la clé, la fermeture des usines du périmètre national. C’est le début des « délocalisations ».

Les ultralibéraux vont également imposer (à partir de 1983 en France), la dérégulation des marchés financiers. Les règles qui imposaient des contraintes et des limites à l’imagination des banquiers, des investisseurs et des spéculateurs sont abolies. Le monde de la banque et de la finance devient un casino. Le capital financier devient une marchandise que l’on manipule et sur laquelle on parie.

Progressivement, la richesse oligarchique qui dépendait autrefois de l’économie réelle va ainsi dépendre de l’économie financière.

Les chiffres sont aujourd’hui sans appel.

La sphère économique mondiale

(Unité : le Téra dollar soit le millier de milliards de dollars)

Source : www.financeglobale.fr

Il y a deux manières de calculer le poids de la sphère financière (cf. l’économiste Raphaël Didier).  Soit, comme le fait l’économiste Patrick Artus, en additionnant, au niveau mondial, l’encours de crédit, l’encours d’obligations, l’encours de produits dérivés et la capitalisation boursière. Soit, comme le fait l’économiste François Morin, en additionnant les marchés dérivés, les marchés des changes et les marchés financiers (tableau). Dans le premier cas, la sphère financière représente plus de 1.100 % du PIB mondial, soit 12 fois plus que l’économie réelle. Dans le second cas, les flux financiers sont près de 60 fois supérieurs aux flux de l’économie réelle !

La seule activité bancaire en France représente 4.2 fois le PIB du pays, sans même prendre en compte l’activité de la banque centrale. Le bilan de la BNP est à lui seul équivalent au PIB de la France ! Que pèsent dans ces conditions la SNCF, Michelin et ce qu’il reste de l’industrie française ?

Mettez-vous à la place d’un oligarque ou d’un fond d’investissement. Préféreriez-vous investir votre agent dans une économie réelle qui stagne ou dans une économie financière en pleine croissance ? Préféreriez-vous gérer les revendications d’une masse salariale indisciplinée ou miser anonymement dans un casino qui vous assure de gagner des sommes colossales à tous les coups ? Préféreriez-vous investir en bourse ou dans une usine du Pas-de Calais ?

En fait, l’oligarchie a déserté l’économie réelle pour se gaver dans l’économie financière. Les deux économies sont aujourd’hui totalement découplées. Même l’arrêt économique de la Chine, suite au Coronavirus, n’empêche pas les bourses de grimper (pour le moment !). Alors une grève en France ! L’indice Baltic Dry mesure le transport maritime global. En 5 mois et demi, il s’est effondré de 83.52%. On pourrait penser que c’est autrement plus préoccupant que l’occupation d’un rond-point dans la Creuse, n’est-ce pas ? Et bien pas du tout : dans le même temps le Cac 40 est passé de 5.400 points à 6.100 points !

Les oligarques évoluent aujourd’hui dans un univers parallèle alimenté par les banques centrales. Celles-ci inondent les marchés financiers et ignorent totalement l’économie réelle. Les tombereaux de Dollars, d’Euros, de Yen imprimés par les banques centrales atterrissent, via le Casino, dans les poches d’oligarques qui s’enrichissent à hauteur que la population s’appauvrit.

L’économie réelle n’a plus aucun intérêt pour les 0.01%, d’autant que tout ce qui compte « stratégiquement » leur appartient désormais : l’eau (y compris en France, via des firmes comme Veolia, Suez ou Saur), l’énergie, les transports, la santé, l’agro-alimentaire, les médias, Internet, les télécommunications, etc.

De ce constat objectif, il découle que les cheminots, les agents de la RATP, les infirmières, les enseignants ou les dockers peuvent faire grève autant qu’ils le désirent. Cela n’aura aucune chance de toucher, même de manière très superficielle, le train de vie des oligarques qui spéculent sur les marchés. Mettez en rapport le marché des changes (FOREX) ( 5.100 milliards de dollars qui changent de mains tous les jours. Six fois plus qu’en 1992. Plus de deux fois le PIB français !) et le chiffre d’affaire de la SNCF (33 milliards d’Euros… par an) et vous comprendrez que la grève des cheminots et la galère des usagers n’aient pas beaucoup ému nos élites bancaires et financières !

C’est un fait et cela explique largement l’échec du mouvement des Gilets Jaunes, l’échec des grèves contre la réforme des retraites et l’arrogance gouvernementale : pour l’essentiel, la richesse des dominants ne provient plus de l’économie réelle ! La contestation sociale ne touche plus les « gros » comme à l’époque de Zola, comme en 1968, ou même, encore, comme en 1995 !

Mais Macron et le gouvernement, me direz-vous, ne sont-ils pas impactés par la contestation sociale ?

Bien sûr, ils encaissent les coups, mais c’est leur job. Ils sont payés pour ça. Les « élus » sont élus parce-que les médias oligarchiques et les milieux économiques ont organisé leur promotion. Ce sont des larbins de l’oligarchie. Tant que la contestation sociale ne met pas en péril la situation de leurs maîtres, leur rôle consiste à être sourd et aveugle à la détresse de leur peuple, tout en continuant à faire remonter vers l’oligarchie les biens réels qu’ils peuvent encore voler à celui-ci (réseaux d’eau, ports et aéroports, cotisations retraite, Française des Jeux, Métros…). Cependant, ces « élus » n’ignorent pas qu’ils tiennent, pour l’oligarchie, un rôle de fusible ; qu’ils sont, pour l’oligarchie, des leurres chargés de dévier les coups qui pourraient atteindre les possédants. La contestation sociale fait peur aux politiciens car ils savent que leur tête pourrait finir au bout d’une pique. Aussi, s’entourent-ils de leurs propres larbins, chargés de les protéger en éborgnant et mutilant les récalcitrants. Aussi font-ils parfois, sans déroger à leur mission, quelques concessions symboliques, qui tiennent plus de la trouille que de l’esprit de justice. Aussi tiennent-ils un discours sur le réchauffement climatique qui justifie leurs politiques de spoliation… mais aussi, indirectement, la volonté de leurs maîtres de déconnecter définitivement l’économie financière de l’économie réelle.

Sacrifier l’économie réelle pour sauver la planète

Au dernier Forum de Davos, il était piquant de voir les grands promoteurs de la mondialisation se soucier avec force de la « planète ». Les mêmes qui se sont arrangés jusque là pour que nous ne puissions rien acheter qui n’ait préalablement parcouru plusieurs milliers de kilomètres, les mêmes qui ont délocalisé sans scrupules notre industrie, générant largement la pollution qu’ils dénoncent, déclaraient à qui voulait les entendre qu’ils allaient maintenant, foi de Greta Thunberg, « sauver la planète ». Peut-on rappeler ici qu’un porte-conteneurs pollue autant qu’un million de voitures ?

Les vraies raisons de cet hypocrite préoccupation écologique sont à rechercher dans ce que nous avons exposé plus haut : l’économie financière est aujourd’hui totalement déconnectée de l’économie réelle. Celle-ci lui est désormais plus un boulet qu’un atout. L’économie financière « hors sol » peut maintenant sacrifier ce par quoi elle avait autrefois vécu. Le Forum économique mondial de Davos (FEM) qui s’est tenu du 21 au 24 janvier 2020 a organisé la mise en scène sanglante de ce sacrifice. Ravalée par les Grand Prêtres de l’économie financière (banquiers centraux, BlackRock, fonds d’investissements…) au rang de bouc émissaire du réchauffement climatique, l’économie réelle a été donnée en offrande au dieu du Climat afin de « sauver la planète » (voir aussi l’article de William Engdahl mis en ligne sur le site du Centre de Recherche sur la Mondialisation ).

Le rôle de l’économie financière est de soutenir l’économie réelle. Il fallait une bonne raison pour justifier la réorientation des flux de capitaux de l’économie réelle vers les produits financiers, beaucoup plus rentables. Le « réchauffement climatique » induit par l’économie réelle était une raison toute trouvée.  A Davos, nous avons ainsi assisté à la bénédiction Urbi et orbi d’une opération que la Finance a commencée il y a déjà plusieurs années.

Ainsi, dès 2011, BlackRock, Goldmans Sachs et différents fonds de pension américains ont fondé le Conseil des Normes Comptables de Soutenabilité écologique (Sustainability Accounting Standards Board (SASB). Le but de cette structure est d’orienter les différents investissements en fonction de leurs adéquations aux impératifs écologiques. Parmi les organisations « philanthropiques » qui animent le Conseil et fixent les normes on relèvera notamment, outre BlackRock et Goldman Sachs, State Street Global, Carlyle Group, Rockefeller Capital Management, Fidelity Investments, Bank of America, Merril Lynch, UBS…

En 2015, la Banque des Règlements Internationaux B.R.I. (NDLR: lire l’excellent ouvrage de Valérie Bugault « Les raisons cachées du désordre mondial »), associée à BlackRock, a lancé le Groupe de Travail sur la Divulgation Financière relative au Climat (TCFD). Le groupe est alors dirigé par Mark Carney, Gouverneur de la Banque d’Angleterre. Carney, ancien de Goldman Sachs, est aussi membre du Conseil du Forum de Davos ainsi que président du Conseil de Stabilité Financière de la B.R.I. Il vient d’être nommé Conseiller au changement climatique de Boris Johnson ( !).

En 2016, le TCFD a lancé « l’Initiative Finance Verte » (G.F.I). Le but : canaliser l’économie financière vers des investissements « verts », des investissements « résilients au changement climatique », en vue de « limiter les émissions de CO2 ». Les banquiers centraux de la B.R.I. ont nommé 31 membres dirigeants, parmi lesquels les représentants de BlackRock, de Generation Investment Management dirigé par Al Gore, de J P Morgan Chase, de Barclays, de HSBC, du Crédit Agricole…

Tout ce petit monde de banquiers centraux, de financiers, de fonds de pension, de fonds d’investissement, de banques d’affaires… s’est donc logiquement retrouvé à Davos pour décréter qu’il était urgent de « sauver la planète ». Comment ? On l’a vu, c’est très simple : il suffit de canaliser les investissements vers les secteurs d’activité qui émettent le moins de CO2 et de sanctionner éventuellement ceux qui ne se soumettent pas à une discipline « écologique » de fer !

Ainsi, Mark Carney (le Gouverneur de la Banque d’Angleterre devenu expert en climat auprès de Boris Johnson), déclare à la BBC, sur la foi d’une analyse d’un fond de pension ( !) : « si vous additionnez les politiques de toutes les entreprises ici-bas aujourd’hui, elles correspondent à un réchauffement de 3,7/3,8°C » (avec, bien sûr, élévation de 9 mètres du niveau des océans et famines à la clé) et d’avertir que les fonds de pension qui ignorent le changement climatique risquent à présent la banqueroute (cité par William Engdahl). Autrement dit, les fonds de pension qui continuent à investir dans l’économie réelle polluante (les « entreprises ») et ignorent les conseils de BlackRock, Goldman Sachs ou Rockefeller seront poussés à la faillite !

BlackRock justement (12.500 milliards de dollars de chiffre d’affaire, 7.000 dollars d’investissements, 6 fois le PIB de la France) a clairement mis les points sur les i, quelques jours avant le forum de Davos de 2020. Son PDG, Larry Fink, a fait savoir dans une lettre datée du 16 janvier que le « risque climatique » force une « recomposition fondamentale de la finance » et un « changement dans l’allocation des capitaux » qui sera plus rapide que le climat lui-même.  Larry Fink prédit : « Dans le futur proche (et plus proche que certains n’anticipent), il y aura une réallocation incitative du capital ». BlackRock construira son portefeuille en fonction de la « soutenabilité [écologique] » des entreprises. Il se défaussera « d’investissements qui présentent un haut risque en termes de soutenabilité [écologique], comme les producteurs de charbon thermique », il lancera « de nouveaux produits d’investissement qui examinent de plus près les énergies fossiles » et renforcera « [son] engagement vers la soutenabilité [écologique] ».

Dit plus clairement : sous prétexte de risque climatique, BlackRock annonce que les capitaux iront de plus en plus vers des « produits d’investissements » indépendants des énergies fossiles et des émissions de CO2, c’est-à-dire de l’industrie et des entreprises de l’économie réelle. Les « nouveaux produits » en question seront donc de plus en plus des produits purement financiers. Cela tombe bien, ce sont aussi les plus lucratifs ! Ce « changement dans l’allocation des capitaux », déjà très largement entamé, menace donc directement l’économie réelle. Les financiers somment hypocritement l’économie réelle de se tourner résolument vers les « énergies vertes », tout en sachant que les « énergies vertes » ne permettront pas à l’économie réelle de fonctionner, ni même de nourrir, de loger et d’habiller 7 milliards et demi d’êtres humains !

A moins de trouver une nouvelle source d’énergie, il n’est donc pas possible aujourd’hui de dissocier l’activité de production des énergies fossiles. En décidant de ne plus financer les projets liés aux énergies fossiles, la Banque Européenne d’Investissement, outil de la Commission européenne, signe l’arrêt de mort de l’économie réelle. Produire oblige à émettre du CO2, et cesser d’émettre du CO2 revient à cesser de produire. L’argent est le sang des entreprises. Priver les entreprises de financements pour lutter contre le changement climatique revient à asphyxier l’économie. Mettre des limites à l’économie réelle provoquera des faillites, du chômage, de la misère et de la contestation sociale. C’est pourtant ce que font en toute lucidité les 0.01% à la tête de l’économie financière.

Et tout cela pour sauver la planète ? Allez, sans rire ?

Et maintenant, que peut-il se passer ?

Seulement 13.5% des placements des assureurs « français » sont dirigés vers des entreprises non financières. A peine 5% des transactions financières à travers le globe correspondent à des biens et des services réels. Sous perfusion des banques centrales qui lui assurent de gagner à tous les coups, l’économie financière ne veut plus de l’économie réelle : celle-ci n’offre plus aux investisseurs des débouchés aussi rentables que les actifs financiers ou les produits dérivés. Aussi se donne-t-elle de bonnes raisons pour réorienter les flux de capitaux de l’économie réelle vers les produits financiers et la spéculation. Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage, dit-on.

Mauvais calcul des 0.01% ? On pourrait le penser, car que se passera-t-il quand les banques centrales cesseront de faire fonctionner la planche à billet ? Jusqu’à présent, le système financier est alimenté en argent frais par les banques centrales. Il peut donc tourner en circuit fermé.  Mais demain ?

Admettons que pour une raison ou une autre, la perfusion financière soit coupée. Immédiatement, les bourses commenceraient sans doute à dévisser. Quelques fonds d’investissement seraient ruinés, des banques systémiques feraient sans doute faillite, mais au final qui serait réellement touché ? Les 0.01% prévenus à l’avance de la manœuvre ou les petits épargnants qui ne pourraient même plus retirer des banques leurs maigres économies ?  Voyez ce qu’il s’est passé à Chypre, voyez ce qu’il se passe au Liban.  Et puis regardons les faits : en 40 ans, l’essentiel des biens réels a été transféré aux 0.01% ! Ces derniers finissent aujourd’hui d’acheter avec de la monnaie de singe les derniers biens réels qu’ils n’ont pas. Et après que se passera-t-il ? Pensez-vous que, pour les ultra-riches, il soit vital que les usines et les industries dont la seule fonction est de fabriquer de quoi nourrir, habiller et loger le petit peuple, continuent à fonctionner ? Bien sûr que non, puisque ces entreprises ne leur rapportent rien.

Ici nous en revenons aux Gilets Jaunes, au mouvement de grèves et à l’indifférence des gouvernements nommés par les 0.01%. Les maîtres et leurs larbins se fichent de la contestation sociale car désormais la contestation sociale ne leur cause aucun préjudice. Bloquer l’économie réelle est obsolète car, du point de vue oligarchique, elle n’a plus aucune utilité, si ce n’est pour nourrir des masses humaines sans importance.

C’est quasiment acté : les 0.01% ont fait sécession ! Ils travaillent depuis 40 ans à s’exfiltrer de la population anonyme. Et ce processus d’exfiltration est sur le point d’aboutir. Ce qu’il se passera ensuite au sein de cette population ne les concernera plus. L’effondrement économique qu’ils auront causé, et qu’on mettra sur le compte du réchauffement climatique, fera connaître aux peuples la misère et la barbarie.  Mais ce ne sera pas le problème des 0.01% : que le peuple crève !

Néanmoins, il reste une chose que l’oligarchie ne possède pas encore totalement : la sécurité. Bien sûr, les larbins gouvernementaux surveillent la population grâce à des lois toujours plus liberticides. Bien sûr, des forces de police importantes sont chargées d’assurer la protection des dominants. Mais cela suffira-t-il ?

On sait que la société créée par l’oligarchie est une société multiraciale et multiculturelle. Pense-t-elle, cette oligarchie, que la misère fera se jeter les unes contre les autres les différentes communautés ? Pense-t-elle qu’elle se fera ainsi oublier ?

Espère-t-elle, cerise sur le gâteau, qu’elle pourra même manipuler à son avantage les différents groupes en conflit ?

Policiers attention : Macron joue au Prince !

Policiers attention : Macron joue au Prince !

Le billet d’Antonin Campana

 

Emmanuel Macron ne cache pas qu’il a longuement étudié Nicolas Machiavel. Le futur président du régime a même déclaré au New York Times que le penseur italien lui aurait permis de survivre à la « politique parisienne » ! Quelle chance pour les Français !

Cet intérêt jupitérien pour Machiavel nous est revenu en mémoire après la volte-face présidentielle sur les « violences policières ». On ne pouvait en effet, comme on nous le suggère, mettre ce revirement sur le compte d’une nouvelle image, d’une nouvelle vidéo ou d’un nouveau témoignage : ils s’accumulent depuis un an au rythme effroyable des éborgnés et des mutilés ! Les choses sont en fait bien plus simples et bien plus calculées : Macron et le gouvernement sont convaincus que l’épisode des Gilets Jaunes est derrière nous ! Quel rapport, direz-vous, avec la remise en cause des forces de l’ordre ? Le rapport est double, et pour le comprendre il faut relire Le Prince de Machiavel.

Machiavel expose, dans le chapitre XIX, que le Prince doit « éviter avec soin toutes les choses qui le rendraient odieux et méprisable ». Aussi :

« le prince doit se décharger sur d’autres des parties de l’administration qui peuvent être odieuses, et se réserver exclusivement celles des grâces ».

La répression, notamment, doit être exercée par une « tierce autorité » qu’il sera éventuellement possible de blâmer ou de sanctionner lorsque l’ordre sera rétabli. Ainsi, cette « tierce autorité » accumulera la haine pendant que le Prince s’attirera les sympathies du peuple.

On ne peut que conseiller aux membres des forces de l’ordre de lire et de relire Le Prince. Elles ont été les « tierces autorités » chargées de ramener l’ordre macronien. Maintenant que l’ordre est rétabli (dans l’esprit des dirigeants), la communication présidentielle va se charger de leur faire endosser toute la violence déployée, bien que tacitement autorisée par le pouvoir politique. En accablant cyniquement ceux qui n’ont été pourtant qu’un instrument de violence entre ses mains, Emmanuel Macron pense se dissocier de cette violence et s’attirer ainsi les sympathies du peuple. C’est prendre celui-ci pour un imbécile. Personne n’est dupe du procédé.

Il y a une expression populaire un peu vulgaire, mais que je vais me permettre d’employer ici car elle traduit bien la réalité et a de plus une signification quasi éthologique qui n’échappera à personne : Policiers et CRS, le pouvoir républicain « vous pisse dessus » ! Il vous pisse dessus car vous n’êtes pour lui qu’une « tierce autorité » chargée de polariser la haine. Pas davantage. Et vous avez servilement fait votre boulot de tierce autorité ! Vous avez tout perdu : le pouvoir vous méprise et maintenant le peuple se méfie de vous. Pourtant, vous aviez l’estime de ce peuple, pas celui des banlieues bien sûr, pas celui qui vous insulte, pas celui devant qui votre hiérarchie vous demande de baisser la tête, pas celui qui compose votre « clientèle » habituelle, pas la tierce autorité black bloc : le petit peuple de France qui était sur les ronds-points et que vous avez, un peu quand même, martyrisé.

Dans l’Histoire, il y a une loi qui s’applique à tous les individus : il ne faut jamais trahir son peuple ! Tôt ou tard, on le paie. Vous le payez aujourd’hui par le mépris et la défiance qui vous rongent l’âme. C’est justice. Il ne tient qu’à vous d’ignorer le pouvoir oligarchique et de revenir à votre peuple.

 

Votre place est au milieu de lui. Il vous attend fraternellement !

 

NDLR :

On vient juste d’apprendre via Castaner la suppression de l’emploi des grenades lacrymogènes explosives, cela comme cadeau …

La faim justifie les moyens !

La faim justifie les moyens !

Le billet de Pieter KERSTENS

Depuis de très longs mois certains « Gilets Jaunes », ayant une activité professionnelle, crient leur exaspération d’être ignorés par un gouvernement sourd à leurs revendications et au fait que leur « fin de mois » commence le 15.

J’évoque ici une majorité de ceux qui manifestaient leur colère dans les premières semaines d’un mouvement qui concernait bien sûr aussi une grande partie du peuple français, mouvement récupéré par les gauchistes, les anarchistes et les « Black-Blocs » par la suite.

Il convient néanmoins de constater que le tandem du docteur Micron et de son assistant Edouard a lâché plus de 15 milliards d’Euros au début de l’année 2019, résultat que les syndicats « officiels » n’ont JAMAIS obtenu en 30 ans ! Alors oui, la violence paye… Parce que tôt ou tard, la population prend conscience que, gouvernements après gouvernement et sous diverses présidences, la désinformation, les mensonges et la propagande mènent au chaos.

Le devoir de mémoire nous rappelle que les euro-mondialistes nous ont imposé :

  • Une société au rabais où 10% de la population est analphabète, car depuis 1968, l’instruction dispensée dans les écoles, les lycées, les universités de France est tellement mauvaise que certains diplômés ne savent plus compter, ni écrire sans fautes ; quant à la lecture de la presse sur papier ou encore de livres divers, on y assiste à une chute libre des ventes annuelles alors que les moins de 35 ans passent de plus en plus de temps sur Internet…
  • Une société décadente où le droit de grève prime la liberté du travail et dans laquelle l’Etat Providence encourage le parasitisme et la paresse ;
  • Une société débauchée où les politicards et les intellectuels ont poussé les pédérastes et les pédophiles à tenir le haut du pavé tout en niant et masquant leurs délits ;
  • Une société où les pensionnés après 4O ans de labeur touchent moins que l’immigré qui débarquera demain du Bananenland (parce que chez nous il touchera sans travailler 20 fois plus que chez lui en travaillant) ;
  • Une société où les princes qui nous gouvernent avec la complicité des sociaux-chrétiens-démocrates-écolos-réformateurs ont inventé une Europe supranationale dirigée par des technocrates méprisants, arrogants et suffisants, totalement coupés du pays réel. Ces eurocrates incapables et incompétents, responsables du fiasco de l’Union Européenne.
  • Une société où la Commission Européenne règne depuis 30 ans et a imposé des milliers de directives, responsables de la disparition de centaines de milliers d’entreprises et de millions d’emplois ;
  • Une société de consommateurs ignares, qui a ouvert ses frontières à l’invasion de produits étrangers à bas prix et de mauvaise qualité, que nous sommes tout à fait capables de fabriquer ou cultiver nous-mêmes, bien mieux et avec moins de chômeurs ;
  • Une société « d’humanisme et de tolérance », où chacun  trouverait son « bonheur », nous promettaient-ils… FAUX, ARCHI-FAUX !

Constatons ce qui se passe dans les centaines de zones de « non droit » où règnent maintenant la Loi Coranique et une insécurité permanente, à tel point que même ceux dont le travail est de sauver des vies -les pompiers- sont accueillis par une racaille ivre de haine et armée de projectiles divers, aux cris de « Tuez-les! ».

Racailles et crapules, encore et toujours, choyées par une justice aveugle et complaisante.

Depuis fort longtemps, il suffit de regarder les différentes chaînes de télés, d’écouter les radios et de lire la presse écrite, pour bien se rendre compte qu’en France, les libertés fondamentales étaient abolies et que l’on ne votait plus POUR un candidat et un programme, mais TOUS ENSEMBLE dans un lynchage médiatique généralisé, orchestré, planifié et imposé pour condamner, écraser, brûler ou assassiner tous ceux ou celles dont l’avis, les convictions ou les opinions étaient différents de ceux que la démocratie totalitaire voulait imposer.

Malgré l’acharnement de la totalité de la classe politique, des institutions et des médias, la France ne se couchera pas devant les diktats européistes, parce que 4 français sur 10 refusent le front républicain ; citoyens qui, lentement mais sûrement, ouvrent enfin les yeux.

En France, comme ailleurs dans le reste de l’Europe, il faut faire tomber les tabous et dire tout haut ce que la majorité pense tout bas, sans haine, mais fermement, avec détermination et pour un changement radical de Système.

Quand le désespoir succède à l’exaspération, alors la violence devient sans doute légitime, car c’est à ce prix seulement que nous sauverons l’essentiel de nos valeurs, du naufrage dans lequel nous entraînent les régimes corrompus, inféodés aux oligarchies financières et mondialistes.

 

Mais ce qui est très intéressant, et suivant divers témoignages recueillis dans certaines villes de province, c’est le fait que quelques groupes d’autodéfense se constituent dans les Zones de Priorité Sécuritaire, « là où la Police ferme les yeux et la Justice baisse les bras. »

Gilets jaunes : les trois France face à face

Gilets jaunes : les trois France face à face

 

Chronique de Paysan Savoyard

 

Le mouvement des gilets jaunes a mis en pleine lumière l’état du pays, profondément et inéluctablement divisé en trois blocs, qui se haïssent et se méprisent.

 

La France des Français moyens de souche

Les Gilets jaunes sont les Français moyens victimes ces dernières décennies de la triple évolution négative suivante. Ils ont pâti de la délocalisation de l’industrie, qui a fait basculer la moitié des régions françaises dans le chômage de masse. Ils ont été « périphérisés », évincés du centre des grandes métropoles par le niveau des prix et repoussés des banlieues par l’immigration. Ils subissent enfin la concentration du matraquage socio-fiscal sur la classe des salariés, tandis que la France des banlieues paie peu et reçoit beaucoup et que la fiscalité pesant sur la classe dominante ne cesse de diminuer par le biais de différents mécanismes, tels que l’optimisation fiscale.

Ces Français moyens de la France périphérique sont conduits à utiliser la voiture, qui s’impose en milieu non urbain et à disposer le plus souvent de deux véhicules par ménage. Dans ce contexte, le mouvement est né de la protestation contre la limitation de vitesse à 80 et l’augmentation du prix du gasoil. C’est pourquoi également ce mouvement s’est concentré sur les ronds-points et s’est livré à la destruction de nombreux radars.

Les Gilets jaunes ne représentent pas tous les Français moyens, certes.

Au sein de la classe moyenne, les fonctionnaires et agents des entreprises publiques ont vu leur situation se dégrader aussi, notamment par le poids des prélèvements. Mais ils conservent le bénéfice de la sécurité de l’emploi et de divers avantages sociaux et ils n’ont pas adhéré au mouvement des Gilets jaunes.

Ajoutons que la France des Gilets jaunes est souvent celle qui vote Front national.

La France des dominants

La France de la classe dirigeante et de ceux qui la soutiennent était à l’origine des mesures contre lesquelles les Gilets jaunes se sont insurgés. Elle a reculé partiellement sur la limitation de vitesse, en laissant les départements libres de la remettre en cause. Elle a reculé temporairement sur l’augmentation de la taxe prévue, tout en annonçant que, dans une perspective écologique, la taxation des véhicules polluants s’accentuerait à terme. La propagande anti voiture a d’ailleurs repris de plus belle, alors que les personnes habitant en milieu non urbain ne peuvent se passer de voiture.

Au-delà du débat sur l’écologie, l’épisode a mis en évidence l’ampleur du mépris et de la détestation que la classe dirigeante et ceux qui la soutiennent éprouvent pour la France moyenne. La phrase de M. Griveaux se moquant de cette France « qui fume des clopes et roule au diesel » est emblématique. Elle fait écho à plusieurs déclarations de M. Macron, se moquant des « gaulois réfractaires au changement » (29 août 2018) ou des gens « qui ne sont rien » tandis que d’autres réussissent (29 juin 2017) ou « ont envie de devenir milliardaires » (6 janvier 2015).

Cette France qui a manifesté sans retenue son hostilité aux Gilets jaunes est la France bourgeoise, qui vit dans les métropoles, la bourgeoisie de droite et celle de gauche- les fameux bobos – désormais rassemblées autour de M. Macron.

Pour discréditer le mouvement des Gilets jaunes, la classe dirigeante a laissé agir les casseurs d’extrême-gauche, lors des manifestations dans les grandes villes. Ces blacks-blocks et antifas constituent des groupuscules, dont les membres sont individuellement parfaitement connus et identifiés par les pouvoirs publics : ils sont pourtant laissés libres d’agir depuis maintenant une vingtaine d’années, jouant de fait le rôle de milices du Système.

Notons également que l’action des casseurs d’extrême-gauche a déclenché la réaction violente des forces de l’ordre, qui s’est exercée non contre les casseurs eux-mêmes, entraînés à ne pas se faire prendre, mais contre les Gilets jaunes moyens : une dizaine d’entre eux ont perdu un œil suite à des tirs de balles de défense des forces de l’ordre. Les Gilets jaunes ont pu ainsi comparer la réaction très vigoureuse de la police avec l’extrême retenue dont elle fait preuve, sur ordre, depuis 40 ans vis-à-vis des émeutiers des quartiers. Cette violence policière a creusé un peu plus le fossé qui existe entre la police et les Français moyens, ce qui sert on ne peut mieux les intérêts du Système. 

Pour le pouvoir cependant l’action des casseurs a été ambivalente. Elle a présenté l’intérêt de discréditer un peu plus encore le mouvement des Gilets jaunes aux yeux des milieux bourgeois. Elle a eu cependant l’inconvénient d’accentuer la pression exercée par le mouvement des Gilets jaunes lui-même, qui a contraint le pouvoir à accepter certaines concessions quant au pouvoir d’achat, notamment pour ce qui concerne la CSG des pensions de retraite. La portée de ces concessions doit toutefois être relativisée : les retraités, principaux bénéficiaires des concessions, ne sont pas le plus souvent des Gilets jaunes mais dans leur grande majorité des électeurs de M. Macron.

Notons également qu’au-delà de l’action des casseurs, l’extrême-gauche a réussi à récupérer en partie le mouvement, en lui faisant endosser des revendications écolo, anti ISF et en faveur du RIP, alors que les revendications initiales des Gilets jaunes tenaient au niveau de vie et à la façon dont les automobilistes sont traités.

La France des immigrés

La troisième France, la France immigrée, est, elle, restée à l’écart du mouvement des Gilets jaunes. Les ressortissants des quartiers se sont seulement mobilisés pour piller les magasins des Champs-Élysées, en profitant des émeutes déclenchées par les casseurs d’extrême-gauche.

Pour le reste, les immigrés se sont complètement tenus en dehors du mouvement, manifestant le fait qu’ils ne partagent en rien les préoccupations et les intérêts de la France moyenne de souche.

**

Les Gilets jaunes l’ont confirmé : les trois camps sont bien en place. La crise des Gilets jaunes a accentué l’union des bourgeois autour de M. Macron, ainsi qu’en témoigne le score de celui-ci aux dernières élections européennes. Renforcés par les arrivées massives et continues de nouveaux congénères, les immigrés restent entre eux et continuent leurs affaires : communautarisation, islamisation, violence, trafics, naissances à gogo….

Quant aux Gilets jaunes, autrement dit les Français moyens de souche non fonctionnaires et non retraités, ils ont dû rentrer chez eux, après avoir obtenu des miettes. Une défaite de plus… Certainement pas la dernière…

Réveil des peuples et problème des « nationalités » en Europe hier et aujourd’hui

Réveil des peuples et problème des « nationalités » en Europe hier et aujourd’hui

 

Etait présent à la Fête de la Ligue du Midi 2019

  

Érick CAVAGLIA

 

Professeur d’histoire & géographie

prendra la parole lors de la fête de la Ligue du Midi,

le 8 septembre 2019 en petite Camargue.

 

Érick CAVAGLIA

Érick CAVAGLIA

Introduction

Après des décennies de « dormition » (Dominique Venner), il semblerait que les peuples européens sortent enfin de leur torpeur mortifère.

Ce réveil reste pour le moment assez diffus et peu structuré contre une oppression toujours plus forte mais dont les responsables sont encore mal identifiés par une partie importante de la population.

Une fois de plus tournons-nous vers notre passé pour tirer les enseignements utiles au présent.

Tout nos XIXe et XXe siècles ont été marqués par le réveil des peuples européens et son corolaire, le problème des nationalités. Ils ont constitué les facteurs essentiels des deux conflits qui ont ensanglanté l’Europe et le monde.

En quoi ces thématiques qui semblaient appartenir à une époque révolue reviennent elles sur le devant la scène ?

Nous commencerons par un rappel historique puis nous envisagerons l’avenir.

I – RAPPELS HISTORIQUES

 

1) L’Etat-Nation, fruit de la modernité

La Renaissance (1450-1620) voit la création en Europe d’entités politiques originales : les Etats-Nations.

Il s’agit de rassembler sur un territoire délimité par des frontières d’un groupe humain homogène doté d’un pouvoir politique institutionnalisé (définition de l’Etat), mais concomitamment il s’agit d’insuffler à ce groupe un sentiment d’appartenance- le sentiment national -destiné à le souder.

C’est ainsi qu’éclosent dès la fin du Moyen-Age les quatre plus anciens Etats-Nations d’Europe :

La France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal. Les deux premiers se sont forgés dans leur affrontement lors de la guerre de Cent Ans (1337-1453), les deux derniers dans leur lutte contre l’invasion musulmane (711-1492), la Reconquista.

Ailleurs, la formation politique qui prévaut est l’empire : russe, Saint Empire germanique, ottoman.

L’empire est un vaste territoire obtenu par conquête sur lequel vivent des populations différentes obéissant à une même autorité.

 

2)  La révolution renforce la notion de nation française et exporte le principe des droits des peuples

La révolution en uniformisant toutes les institutions souhaite faire de la France une « grande Nation » détentrice des droits de l’homme. Par la guerre qu’elle a déclarée à l’Europe et les succès de Napoléon, elle exporte un de ses principes les plus lourds de conséquences : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : chaque peuple a le droit de choisir son destin en se donnant les dirigeants issus de ses propres rangs.

Ce principe inoculé à coups de canon aux empires multiethniques va transformer le continent européen de façon irrémédiable. Il sera facteur d’unité pour les Italiens et les Allemands, facteur de désagrégation pour les empires russes, austro-hongrois et ottomans.

Les Polonais et les Finlandais combattent pour s’affranchir de la domination russe, les Slaves d’Europe centrale et orientale de celle des Austro-Hongrois, les Grecs et Slaves du Sud de celle de l’empire ottoman.

Après la défaite de Napoléon en 1815, les monarques victorieux redessinent la carte de l’Europe de façon à isoler la France et ses idées révolutionnaires et à établir un équilibre des forces destiné à maintenir la paix sur le continent. Le traité de Vienne entend lutter contre les aspirations nationales des peuples.

De ce fait il renforce le problème des nationalités en Europe.

Une nationalité au XIXe siècle désigne un peuple conscient de partager la même histoire, la même culture, la même langue, la même religion mais dépourvu d’Etat propre.

1848 : C’est l’embrasement de l’Europe, le « Printemps des peuples » :

Italiens, Hongrois, Tchèques souhaitent sortir de l’empire des Habsbourg, les Polonais s’insurgent contre la domination de l’empire tsariste.

Dans les premières semaines, les émeutiers l’emportent partout, mais incapables de s’organiser et tiraillés par des dissensions internes ils subissent ensuite une répression féroce – dans une moindre mesure, le mouvement des « Gilets jaunes » s’inscrit dans ce schéma.

Cependant, les aspirations nationales ne sont pas étouffées et les leçons de l’échec de ’48 seront assimilées.

Ainsi dans les années qui suivent, l’Italie réalise son unité autour du petit royaume du Piémont –Sardaigne et l’Allemagne autour de la Prusse. Vienne qui dominait l’Europe devient la capitale d’une puissance de second rang.

Le tragique été 1914 n’est que le prolongement de la révolution avortée de 1848. Il aura été le terrible « été des peuples ».

Les serbes désireux de s’affranchir de la menace austro-hongroise et souhaitant fédérer autour d’eux tous les Slaves du sud (Yougoslaves) déclenchent les hostilités. Les Russes, protecteurs naturels de leurs frères slaves mobilisent. La France qui tient enfin l’occasion de sa revanche sur l’empire allemand récemment créé afin de récupérer l’Alsace-Moselle se précipite dans le conflit.

Quatre ans et 20millions de morts plus tard, les vainqueurs se retrouvent à Versailles pour redessiner les frontières européennes en tenant compte des aspirations des peuples.

L’Etat-Nation devient la référence et les grands empires multiethniques sont démantelés.

L’empire russe est amputé de ses provinces baltes et polonaises, les tchèques et les Slovaques forment un Etat indépendant des Habsbourg, il en va de même pour les Serbes, les Slovènes, les Croates et les Bosniaques qui constitue la Yougoslavie. La France récupère ses chères provinces…

Après tant de sacrifices et de destructions on aurait pu penser que le problème des nationalités était définitivement réglé. Non, il n’est que déplacé. Toutes les populations allemandes de l’ex-empire austro- hongrois, les anciens maitres, constituent désormais des minorités ethniques au sein d Etats qui leur sont hostiles et qui les briment. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne s’applique pas à la petite Autriche devenue non viable économiquement et qui souhaite son rattachement à l’Allemagne (Anschluss)… de même qu’il ne s’applique plus aux peuples européens aujourd’hui !

Hitler aura beau jeu de détruire le Diktat de Versailles et de s’appuyer sur les minorités germaniques d’Europe centrale et orientale pour réaliser sa politique pangermaniste qui visait à regrouper toutes les populations de langue et de culture allemande dans un grand Etat.

Sa défaite de 1945 entraine le déplacement forcé, dans des conditions épouvantables de 11 millions d’Allemands qui sont définitivement chassés de chez eux et forcés de partir s’installer à l’ouest. C’est un argument que l’on peut rappeler à tous ceux qui prétendent qu’une remigration est impossible !

En 1989, après l’effondrement de l’empire soviétique, on peut considérer que tous les peuples européens disposent de leur Etat.

Les nationalistes catalans, basques, corses, écossais considèrent eux que le problème n’est pas complètement résolu et se considèrent toujours colonisés…

Précisément, les Etat-Nations européens étaient à la tête de vastes empires coloniaux outre-mer.

Entre 1945 et 1975, des minorités indigènes se sont inspirées des principes européens d’autodétermination pour gagner leur indépendance malgré la faiblesse voire l’absence de conscience nationale. Chaque nouvel Etat issu de ce processus de décolonisation faisant son entrée à l’ONU.

Début des années 1970 : le monde aurait pu devenir si paisible ! Pensez donc pratiquement chaque peuple d’importance possédait son Etat. Chacun aurait pu vivre chez lui selon ses mœurs et sa culture et à chacun son Dieu. On aurait pu, on aurait dû en rester là ! Mais c’était compter sans la crise et sans les économistes néo-libéraux et leurs recettes pour enrichir les firmes multinationales !

Les décideurs économiques et leurs nervis politico-médiatiques, promoteurs de la « mondialisation heureuse » ne pouvaient pas s’en satisfaire.  Derrière l’emploi du terme « mobilités » se cache la nouvelle nomadisation de l’humanité, destinée – officiellement du moins à soutenir la croissance économique.

C’est ainsi que des masses africaines et proche et moyens orientaux se déversent sur l’Europe pour consommer et repeupler tandis que des milliers de travailleurs chinois s’implantent sur le continent africain. L’élaboration de la nouvelle humanité voulue par les maitres du monde est en marche : ce sera l’avènement du citoyen –du-monde-consommateur-interchangeable- hors sol.

Des individus vidés de leur spécificité culturelle, linguistique et sexuelle qui n’auront pour seul horizon la sous-culture américaine et le métissage généralisé et qui communieront aux grands- messes de l’antiracisme matinées d’écologie. Il est tout de même judicieux de noter que ce projet ne s’applique qu’aux populations européennes du monde occidental.

 

 

II- LE REVEIL DES PEUPLES EUROPEENS ET LE PROBLEME DES NATIONALITES AUJOURD’HUI

Depuis quelques années les classes moyennes européennes ainsi que les autres victimes de la mondialisation que sont les « petits blancs » sont entrées en résistance. Résistance contre la destruction des emplois, conséquences des délocalisations, résistance contre des prélèvements obligatoires toujours plus élevés pour toujours moins de services publics, résistance surtout face à une invasion-colonisation imposée de populations extra-européennes aux codes sociaux incompatibles et hostiles aux nôtres, financée par le fruit de leur labeur.

Cela prend des formes différentes en fonction des cultures et des histoires de ces peuples : élection de Donald Trump aux Etats-Unis, Brexit en Grande-Bretagne, manifestations de gilets jaunes dans notre pays, victoires électorales de partis populistes en Italie et en Europe centrale et orientale.

Partout les partis centristes qui ont couvert et encouragé cette catastrophe sont éliminés de la scène politique. Ce sont des signes qui ne trompent pas.

Mais l’oligarchie veille, elle ne va pas laisser ces peuples européens faire échouer son projet mondialiste si près du but.

La répression s’intensifie au niveau politique, médiatique et pénal pendant que les vannes de l’invasion sont toutes grandes ouvertes (Cf. le pacte de Marrakech). Il s’agit de rendre le multiculturalisme irréversible… en attendant le génocide des peuples européens.

Partout des enclaves allogènes se renforcent et se structurent, aux Etats-Unis et en Europe occidentale.  Les populations qui y vivent commencent à revendiquer plus de droits, plus de libertés et ne tarderont pas à réclamer un Etat qui fera sécession à l’instar du Kosovo. Ce pitre de François Hollande envisageait la partition de notre territoire. Merci à nos pseudo-élites d’avoir réussi en une période si courte à avoir recréé de toute pièce un authentique problème des nationalités en Europe dont le règlement ne sera pas moins brutal que dans le passé.

Mais c’est à cette condition que les ennemis de la civilisation européenne-et ils sont nombreux pensent parvenir à la faire sortir de l’Histoire. Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot !