Qui sème le vent…

Qui sème le vent…

 

Le billet de Martin Moisan

 

On commence à prendre peur dans les étages, et c’est peut-être de là que reviendra la raison. 

 

À la fin du printemps le pouvoir croyait avoir maté la révolte populaire des gilets jaunes. Castaner avait matraqué, éborgné, les juges avaient emprisonné. Les nervis de l’ultra gauche avaient vidé les cortèges par la violence créant ainsi la demande d’ordre. Le président avait anesthésié une partie de l’opinion avec son monologue marathon. Les élections européennes étaient passées et la droite orléaniste étaient venue au secours du pouvoir déserté par son électorat de gauche. Ouf, c’était la fin du cauchemar et on croyait avoir repris la main. L’attelage brinqueballant était sorti du gué et on allait donc pouvoir accélérer à fond et profiter de l’effet de sidération pour passer les réformes qui fâchent : assurance chômage, retraites, lois sociétales sur la PMA et faire voter les traités scélérats.

 

Rien n’est réglé, au contraire, les raisons du mécontentement se sont envenimées

Pourtant, malgré cet apparent soulagement, absolument rien n’a été réglé des problèmes de fond qui minent la société française et qui ont jeté dans la rue des centaines de milliers de personnes dont on n’entendait jamais parler. En particulier, la question migratoire qui obstrue le paysage politique a été complètement évacuée alors que par ailleurs les français n’ont rien vu venir de ce qui leur avait été promis pour améliorer leur situation. Au contraire, entre prélèvement à la source et serrage de vis sur les prestations sociales, leur pouvoir d’achat a encore été laminé, tandis que les prix des biens de consommation courante flambent. Enfin, la signature du pacte de Marrakech qui ouvre toute grandes les portes du pays et organise le dépouillement des français au profit des nouveaux venus a encore accéléré l’invasion dont chaque français peut mesurer à l’œil nu qu’elle est en train de submerger le pays. Même s’ils n’en sont pas encore à pouvoir le formuler publiquement, cette fois-ci, ils ont bien compris qu’on était en train de les dépouiller pour habiller les nouveaux venus.

Et donc le feu continue de couver sous la cendre et l’incendie menace de reprendre de plus belle.

La contestation est en train de changer de forme, elle se personnalise

Les gens ont compris que les défilés en centre-ville ne servaient rien, ils ont compris que tout se passait à Paris et qu’une fois le coup raté à l’acte 4, rien ne serait plus possible. En effet, pris de panique suite à cet épisode, le pouvoir a considérablement durci la répression. Les moyens extrêmes du totalitarisme ont été employés pour mater la rébellion, au point que la presse et les observateurs étrangers s’en sont émus. (Même si la presse, aux ordres des ultra-riches, a dorénavant perdu son rôle de contrepouvoir – NDLR). Des lois liberticides ont été votées interdisant toute contestation sur les réseaux sociaux et même dans certains cas de manifester. Les activistes ont été fichés, inquiétés, traqués, emprisonnés. La marmite est cadenassée, la soupape de sécurité a été fermée ; et donc, la pression monte dangereusement sans trouver d’échappatoire.

Aucun moyen de se faire entendre, des corps intermédiaires désavoués incapables de jouer leur rôle stabilisateur et un pouvoir forcené qui ne veut rien lâcher et qui au contraire se crispe dans l’autoritarisme, l’arrogance et la provocation.

Résultat : faute d’exutoire, faute d’être entendue, la colère s’est transformée en haine et la haine s’est focalisée sur la personne de Macron et par contact sur tout ce qui lui est proche ou qui le soutient. Le président est systématiquement hué lors de ses sorties publiques : finale du championnat de France de Rugby, sortie ridicule du palais de l’Élysée en chef de guerre juché sur le command car. Chaque fois que Macron sort et malgré le cadenassage du périmètre, il est hué. Et maintenant, par simple contact, ce sont les députés LAREM qui sont directement visés là où ils sont, c’est à dire dans leur département d’origine, dans leurs permanences et sans doute bientôt à leur domicile personnel. Tout ce qui vient de MACRON est détesté, tout ce qui touche Macron est haï et donc les députés qui sont ses créatures et qui le soutiennent sans nuance se retrouvent maintenant en première ligne et c’est sur eux que se cristallise désormais la haine.

Quoi de plus naturel en somme ?

Pour la plupart sortis du néant, sans expérience politique et devant tout au seul Macron, les députés LAREM supportent le régime et votent les lois comme au plus beaux jours du centralisme démocratique. Le parlement est devenu une chambre d’enregistrement qui ne représente absolument pas l’opinion majoritaire ni l’intérêt supérieur du pays. Par ailleurs, l’opposition est inexistante et personne n’interpelle plus le pouvoir au parlement. Les français ont le sentiment de ne plus être représentés, de ne plus être écoutés, d’avoir été trahis. À cela s’ajoutent les affaires qui les contrarient au plus haut point. S’ils ont toujours supporté que les princes se gobergent, c’était à condition qu’ils fassent leur travail et surtout qu’ils protègent les intérêts supérieurs du pays. Or là, non seulement ils ne les défendent plus, mais ils les bradent. Tout cela est littéralement insupportable. Et donc, les français ont nettement le sentiment que non seulement ils se sont faits gruger lors de l’élection présidentielle et lors des législatives dans la foulée, que ce pouvoir est très mal élu, qu’il est illégitime ; mais que dans le même temps, plutôt que de chercher un compromis conforme à l’intérêt général et acceptable par tous, il impose de manière forcenée une politique qui ne convient qu’aux seuls ultra-riches et aux vainqueurs de la mondialisation, qu’il submerge le pays sous la migration et qu’il organise le dépouillement de la classe moyenne de souche ; écrasant le peuple et le défiant sous sa morgue.

Les députés dernier rempart contre la dictature, directement sous pression

Ces sont donc maintenant les députés LAREM derniers supporters de ce pouvoir haï qui vont se retrouver en confrontation directe et personnelle avec le peuple ; ou du moins la partie du peuple qui n’a plus rien à perdre et qui agit pour compte de la majorité silencieuse et opprimée. Cette mise en regard ne se fera pas dans les urnes, mais physiquement, là où ils sont. Qui sème le vent récolte la tempête. Il n’y a plus de débat démocratique dans ce pays, plus d’opposition, plus d’exutoire à la contestation pacifique. La situation est telle que le pouvoir l’a faite : verrouillée et explosive, et il en est le seul responsable.

Certains députés l’ont sans doute compris, un peu tard, et tentent de se désengager. Les plus avisés ont refusé de voter la mise en place du CETA. Ils ont bien fait et ils seraient encore mieux avisés de parler à leurs collègues et de les inviter à se désolidariser du pouvoir exécutif avant que les choses ne se gâtent vraiment. Par la violence encore contenue, les français leur font comprendre qu’ils ont intérêt à se désolidariser de ce pouvoir dictatorial et à jouer leur rôle, justement démocratique. Tous les contre-pouvoirs ayant été broyés, ils sont le dernier contre-pouvoir face à la dictature. Soit, ils s’en désolidarisent, soit il se pourrait qu’ils aient à affronter l’Histoire dont on sait qu’elle peut basculer dans le tragique.

La peur est parfois bonne conseillère, souhaitons tous qu’elle le soit.

La France Fracturée

La France Fracturée

 

De Jacques MYARD – Membre Honoraire du Parlement-

 

La France vient de connaître plus de six mois de fortes tensions avec le mouvement de gilets jaunes, mouvement qui traduit une profonde cassure économique entre les Français qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois et ceux qui bénéficient des bienfaits de la mondialisation heureuse ou supposée telle.

 

Cette cassure est d’ordre économique et elle s’exprime au nom d’une certaine idée de la France : « Nous sommes français, nous avons droit à vivre de notre travail, à pouvoir bénéficier des mêmes services publics sans parcourir des dizaines de kilomètres ». 

Ces demandes sont plus que légitimes et relèvent de la politique économique du gouvernement qui a passé à la trappe la politique industrielle, l’aménagement du territoire et toute politique prévisionnelle, en d’autres termes « feue l’ardente obligation » du début de la Vème République. C’est le règne du tout marché qui ne peut conduire qu’aux inégalités croissantes !

Il n’y a là aucune fatalité et cette fracture peut être corrigée en changeant radicalement de politique économique.

Mais la France connaît désormais des fractures beaucoup plus graves et porteuses de conflits annoncés. La victoire de l’Algérie contre le Sénégal et les manifestations sur les Champs-Élysées ainsi que dans de nombreuses villes ne sont pas de simples exubérances de supporters d’une équipe de football qui donnent libre cours à leur joie et enthousiasme.

Ces manifestants s’expriment au nom de leur identité nationale, ils s’affirment comme des Algériens en France et veulent être – pour un grand nombre – reconnus comme tels.

Ce phénomène n’est pas nouveau mais il devient de plus en plus prégnant et s’impose parfois avec violence. C’est là une violence – non de simples casseurs – mais une violence politique qui incarne tout simplement un communautarisme affirmé dont les conséquences sont malheureusement prévisibles et très risquées pour l’unité nationale de la France et la paix civile !

Il est à peine croyable que les médias français avec une totale naïveté célèbrent ces événements, au lieu de rappeler que brandir à l’Arc de Triomphe – haut lieu de la Nation française – des drapeaux algériens est un acte politique grave qui interpelle et révolte la très grande majorité des Français !

Il est vrai que ces individus ont bien compris le message d’Emmanuel Macron qui a plusieurs reprises a qualifié « la colonisation en Algérie de crime contre l’Humanité », bel encouragement pour ceux qui déversent leur haine sur les réseaux sociaux en diffusant à satiété leur fameux « nique la France ».

Et, cerise sur le gâteau, comme dirait Gavroche, -un indigène parisien-, les immigrés en situation irrégulière envahissent le Panthéon et exigent leur régularisation, du jamais vu !

La France n’est plus ni un État qui contrôle ses frontières, ni un pays qui fait respecter son identité nationale aux étrangers qui vivent sur son sol, elle est devenue une Terra incognita sur laquelle des hordes viennent planter leur drapeau pour se l’approprier !

Propos excessifs ? Ne le croyez pas. De nombreux observateurs étrangers ne comprennent plus que la France puisse laisser le haut du pavé à des individus qui vont jusqu’à mettre bas la statue de de Gaulle.

En laissant faire ce genre de manifestations le gouvernement joue avec le feu ! Il devrait garder à l’esprit la prophétie de Louis de Bonald :

« Toutes les fois que l’on attend le retour de l’ordre, on ne peut se tromper que sur la date ».

 

C’est exact, mais il y aura de la casse, par notre faute et notre laxisme.

Destruction des libertés publiques : un projet politique déterminé !

Destruction des libertés publiques : un projet politique déterminé !

 

Par Régis de Castelnau – Les Crises

 

Emmanuel Macron est porteur d’un projet politique : destruction de l’État providence comme base matérielle de l’organisation de la société, abandon de l’intervention publique comme mode de régulation sociale, fin de la démocratie représentative comme dialectique de la société civile et de l’État. Ce projet était au cœur du choix de cet inconnu par l’alliance de l’oligarchie et de la haute fonction publique d’État. Et il constitue sa feuille de route une fois installé au pouvoir.

En 2011, Catherine Colliot-Thélène, avait publié un ouvrage qui ne fut pas suffisamment remarqué. Intitulé « La Démocratie sans « Demos » ». Elle posait les principes théoriques des nouvelles formes de « démocratie » sans le peuple nécessitées par la contradiction qui travaillait les corps sociaux. Contradiction née de l’incompatibilité entre l’aspiration des peuples et des nations à la souveraineté et les formes prises par la mondialisation néolibérale. On conseillera également la lecture du livre de Grégoire Chamayou « La société ingouvernable, Une généalogie du libéralisme autoritaire » qui dévoile les origines et la nature de ce projet politique.

Tout le monde en convient, l’Union Européenne, par sa construction est une institution qui a sanctuarisé dans des traités à valeur constitutionnelle irréformables ce qui relevait auparavant de la délibération souveraine des peuples. Mais ce constat a masqué l’autre risque, celui de la mise en cause des libertés publiques fondamentales. Celles justement dont les opposants frustrés par le refus de prise en compte de leurs aspirations veulent se servir. Et de ce point de vue, la présidence d’Emmanuel Macron commence à ressembler à un véritable laboratoire.

Voilà un pouvoir mis en place par surprise en 2017 après une opération politico-judiciaro-médiatique qui a pris de grandes libertés avec les règles qui gouvernent une élection régulière. Sans que les organes de contrôle qui doivent normalement veiller à cette régularité y trouve à redire. Et c’est d’ailleurs cette complaisance qui est la marque du système autoritaire que construit jour après jour Emmanuel Macron. Ce qui s’apparentait initialement à un coup d’État n’est pas apparu comme tel, mais c’est ensuite par la mise en place de petites touches successives que le pouvoir Macronien a sérieusement mis en cause les libertés publiques et emmène la France vers quelque chose qui commence à ressembler à un État policier. Par la volonté de ce pouvoir de passer en force, mais grâce aussi à la défaillance ou au ralliement des institutions chargées du maintien de l’équilibre des pouvoirs et de la protection des libertés. La connivence de ces organes avec l’exécutif trouve son origine dans des convergences idéologiques, sociologiques et politiques qu’ils entretiennent avec cette France d’en haut à laquelle ils appartiennent.

Pour illustrer cette dérive, on prendra trois exemples particulièrement caractéristiques. Tout d’abord le travail législatif et méthodique destiné à détruire la liberté d’expression. Ensuite, toujours à l’aide d’une assemblée de godillots comme on en a rarement connu, la suppression de la liberté de manifestation. Et enfin l’instrumentalisation de la justice pour tenter de briser violemment un mouvement social.

Faire taire et intimider les opposants

Tout d’abord donc la mise en cause de la liberté d’expression. Par l’adoption de textes répressifs et manifestement inconstitutionnels par un Parlement dont la majorité est complètement caporalisée. Il y a eu la loi fake news dont la simple lecture montre bien qu’elle est destinée à faire taire les réseaux dès lors qu’ils émettent ou relaient des informations qui déplaisent au pouvoir. Ce texte philosophiquement absurde qui fait du juge des référés (!) le dépositaire de la vérité objective, ne vise en fait qu’à imposer une vérité d’État. On a bien vu le rôle des réseaux lorsqu’ils ont fait triompher la réalité contre la parole officielle de l’État exprimée par son ministre de l’intérieur, à propos de « l’attaque de l’hôpital de la Pitié ». Le juge constitutionnel dont la jurisprudence protégeait jusqu’alors la liberté d’expression, n’a vu aucun inconvénient à la promulgation de ce texte, à la stupéfaction des juristes. En attendant bientôt la « loi contre la haine » prévoyant un parquet du même nom dont est saisi le Parlement et que les sages valideront aimablement. Dans ce domaine de la liberté d’expression, la crise des Gilets jaunes a vu la répression judiciaire se déchaîner, n’hésitant pas condamner à de la prison ferme pour de simples partages de pages Facebook, ou pour des slogans lancés dans des manifestations ! Ahurissantes premières que ces sanctions uniquement destinées à intimider et à faire peur à ceux qui utilisent leur droit constitutionnel de s’opposer au pouvoir en place. Volonté d’intimidation que l’on va retrouver avec les convocations par la police de journalistes qui ont eu l’outrecuidance d’enquêter et de s’exprimer sur des scandales qui touchent le président de la république et son entourage. On imagine les hurlements si Nicolas Sarkozy se l’était permis, mais nous n’avons eu cette fois que la porte-parole du gouvernement oubliant la protection du secret des sources et nous disant contre la réalité juridique, que les journalistes étaient des « justiciables comme les autres ». Tout ceci est plus qu’inquiétant.

« Le temps n’est plus aux manifestations »

Il y a eu ensuite la « loi anticasseurs » qui en pleine crise des Gilets jaunes a suscité une certaine émotion, chacun se rappelant la diatribe émue du député Charles de Courson. Rappelons que ce texte donne aux préfets des pouvoirs d’interdire individuellement à des citoyens de circuler librement et d’user de leur droit de manifestation. La privation de l’exercice d’un tel droit fondamental ne peut être évidemment prononcée que par un juge. Nous avons assisté à une jolie petite opération de communication pour amener le Conseil constitutionnel à valider cette hérésie. D’abord Emmanuel Macron pour faire joli, a utilisé pour la première fois dans l’histoire de la Ve République la faculté du président à déférer un texte au Conseil. On a ensuite annoncé à grand son de trompe et comme une victoire de la liberté l’annulation de la mesure donnant les pouvoirs aux préfets. Sauf que la Cour suprême a validé le principe liberticide de l’interdiction préalable. Le considérant 24 de la décision se conclut par la phrase : « Dès lors, les dispositions contestées laissent à l’autorité administrative une latitude excessive dans l’appréciation des motifs susceptibles de justifier l’interdiction. ». L’entourloupe est bien là, car on peut lire : si le texte avait été un peu plus rigoureux et avait laissé au préfet une latitude qui ne soit pas « excessive » pour porter atteinte à une liberté fondamentale, eh bien cela aurait pu coller. Le principe de l’interdiction individuelle préalable par le préfet, c’est-à-dire l’exécutif, est donc validé. Et naturellement le texte a été utilisé dans toutes ses autres dispositions. À plusieurs reprises des attroupements de trois personnes dans la rue ont été considérés comme autant de manifestations non déclarées, entraînant gardes à vue, déferrement au parquet, comparutions immédiates, et lourdes condamnations par une justice complaisante.

 

« On peut cogner chef ? »

Et enfin il y a le scandale absolu des formes prises par la répression policière et judiciaire du mouvement social commencé au mois de novembre dernier. Emmanuel Macron ayant décidé clairement de refuser toute solution politique à cette crise, s’en est remis à la répression violente. Et il a bénéficié pour cela de l’appui inconditionnel des forces de l’ordre et de la complaisance assez sidérante de l’appareil judiciaire. Les stratégies utilisées pour réprimer les manifestations fussent-elles pacifiques ont été suffisamment dénoncées pour qu’il soit inutile d’y revenir. Mais simplement souligner à quel point est choquante la vision de ces centaines de vidéos où l’on voit des policiers se comporter comme des nervis, user de brutalité et de violences illégales en affichant des comportements indignes. La presse étrangère a fait à plusieurs reprises part de sa stupéfaction, sans compter les institutions internationales et les O.N.G. qui s’en sont émues. La justice quant à elle a d’abord vu la politisation inquiétante des parquets et notamment celui de Paris qui ont mis en œuvre des directives explicites données par Édouard Philippe et Nicole Belloubet, qui ont pu ensuite venir à l’Assemblée nationale, annoncer triomphalement des bilans de répression dignes d’une guerre civile. Gardes à vue illégales comme autant de séquestrations arbitraires, comparutions immédiates systématiques et souvent irrégulières, réquisitions délirantes ont émaillé cette période déshonorante. Malgré quelques résistances, les juges du siège ont accepté de prendre en charge par la brutalité de leurs décisions un travail de maintien de l’ordre oubliant que leur mission est de rendre la justice. Mais, docilité et acceptation de l’instrumentalisation ont également été complétées par un refus systématique de mettre en œuvre les procédures de répression des illégalités policières pourtant avérées et documentées. Sans compter bien sûr la mansuétude judiciaire grossière dont bénéficie un entourage d’Emmanuel Macron pourtant bien vulnérable sur ce point. L’ahurissante mise hors de cause des trois collaborateurs de l’Élysée pourtant signalés pour faux témoignage par un rapport du Sénat difficilement réfutable, apporte la démonstration que l’absence totale de vergogne est devenue habituelle.

Emmanuel Macron et ses soutiens passent leur temps à mettre en avant l’opposition binaire qui existerait entre le progressisme qu’ils incarnent et la barbarie qu’ils imputent à leurs opposants souverainistes. Ce sont pourtant eux qui malmènent la République et travaillent à détruire ses précieuses libertés.

Ces gens-là sont dangereux !!

La France caniculaire de Macron en pleine réaction bourgeoise. Jusqu’à quand ?

La France caniculaire de Macron en pleine réaction bourgeoise. Jusqu’à quand ?

 

Le courrier des stratèges

La réaction bourgeoise sévit, après un long hiver passé au tremblement des émeutiers qui ont envahi Paris. Rien n’est trop beau désormais pour avilir la contestation populaire et pour revenir aux mesures les plus vexatoires et aux exclusions les plus farouches. Certains n’hésitent pas désormais à évoquer une dérive illibérale du régime, qui cherche à museler les oppositions et à imposer avec plus de virulence que jamais un ordre unique, unilatéral, dont le substrat repose sur la défense sans vergogne des élites parisiennes. Personne ne sait quand ce mouvement de balancier s’achèvera et entamera, avec peut-être plus de violence qu’attendu, son reflux.

 

C’est vrai qu’elle n’a pas fière allure, cette France de la Grande Peur et de la réaction bourgeoise qui prend sans état d’âme sa revanche contre les masses populaires qui l’ont mise en danger cet hiver. Partout où elle peut reprendre le contrôle de la situation, partout où elle peut mettre sa griffe pour dire son droit irréfragable à tenir le pays, elle agit. Et même les franges modérées de l’élite commencent à s’en sentir mal à l’aise.

Réaction bourgeoise et liberté de la presse

Par exemple, l’excellent Arnaud Benedetti et Virginie Martin co-signent une tribune dans le Huffington Post pour dénoncer le dérapage illibéral de Cédric O, le trésorier de la campagne d’Emmanuel Macron. Ce discret secrétaire d’État au Numérique a imprudemment plaidé, avant de se raviser, en faveur d’un ordre des journalistes qui aurait un pouvoir disciplinaire sur la profession. Ah ! ces horribles journalistes et leurs pâles ombres d’Internet qui mine l’opinion publique avec des idées libertaires ! comment les tolérer plus longtemps en République ?

Il est vrai que les professions ordinales sont une invention de Vichy, qui avait trouvé de zélés collaborateurs pour faire régner l’ordre à sa place. Voilà qui fait un peu tâche, mais qui en dit long sur cette dérive autoritaire qu’on entend dans les milieux bourgeois du pays. Il faut désormais que l’ordre revienne, et qu’il règne, par-delà le folklore suranné des libertés publiques.

L’écologie, cette nouvelle religion bourgeoise

Dans le même ordre d’idée, tous ceux qui ont osé contester les mantra écologistes doivent désormais payer. La canicule qui secoue ces derniers jours de juin, on vous le répète, prouve irréfutablement que le réchauffement climatique est d’origine humaine. Tous ceux qui ont osé un peu de climato-scepticisme ou de climato-réalisme en contestant les fondements de la taxe carbone doivent donc être mis à l’index.

On retrouvera dans les discours de Brune Poirson cette espèce de ténacité bourgeoise qui consiste à ne rien lâcher, jusqu’à la déraison, sur un sujet qui prête à débat. Il faut à tout prix augmenter le prix du carburant pour éviter le recours à la voiture. Que cette mesure pénalise en priorité ceux qui n’ont pas les moyens de se loger près de leur travail, et en particulier près des zones métropolitaines, est tout simplement effacé de la carte, de la réalité, du regard. Reste une certitude qui devra devenir vérité : ceux qui prennent la voiture tous les jours doivent payer cet affront à Mère Nature.

Les classes dominantes, dans ce culte étrange rendu à une déesse païenne appelée Nature (qui ne dit pas son nom), effectuent ici un étrange basculement superstitieux dont il faudra un jour identifier les racines profondes. On aura quelques surprises. En attendant, il faut présenter les plus plates excuses, et multiplier les précautions oratoires lorsqu’on cherche à glisser l’idée que la canicule que nous traversons n’est pas sans précédent dans l’histoire du monde, bien avant qu’on invente le gaz à effet de serre.

 

La virulence et l’intolérance au pouvoir

En ces temps troublés, en ces temps de dérive autoritaire, la parole officielle se fait de plus en plus intimidante. Tout ce qui ressemble à un populiste, à un nationaliste, à un souverainiste, est banni par le pouvoir et par les dominants. On en veut pour preuve cette idée somme toute banale qu’avait eu le MEDEF d’organiser un débat sur le populisme lors de ses universités d’été, en invitant des représentants de la France Insoumise, des Gilets Jaunes et Marion Maréchal en personne.

L’idée paraissait intéressante sans être disruptive. Mais pour beaucoup d’élites conservatrices comme Laurence Parisot, pour les tenants de l’ordre, elle était bien trop révolutionnaire. La polémique a rapidement enflé. On imagine que les pressions en coulisse aussi. Et bim! le président du MEDEF a renoncé à son idée.

Impossible, dans la réaction bourgeoise, d’ouvrir une brèche en faveur du débat ni de la délibération démocratique.

Jusqu’à quand cela peut-il tenir ?

Combien de temps la France pourra-t-elle vivre sous ce régime d’arrogance, d’intolérance, et de haine ? Beaucoup imaginent qu’ils reprennent simplement leurs droits, le cours normal de l’histoire, et qu’ils renouent avec les principes d’une société bien gouvernée. D’où leur espèce de suffisance à imposer ces vexations au nom de la vertu.

Nous avons quelques doutes sur l’issue de ce traitement brutal. L’effilochage des Gilets Jaunes en capilotade était à peu près inévitable compte tenu du caractère horizontal, spontané, émotionnel de ce mouvement. Il aurait pu servir d’avertissement pour changer les choses et la règle du jeu. Dans son inconséquence, la canaille mondaine, comme dit l’excellent Maffesoli, n’a pas de limite et peut recommencer indéfiniment la même erreur pour conserver ses privilèges.

 

Le mouvement qui viendra après les Gilets Jaunes pour contester la réaction bourgeoise tirera pour sa part les leçons de ses échecs. Il sera plus structuré, plus virulent, et plus violent. Nul ne sait quand il reviendra, mais on peut faire confiance à nos élites pour attiser son départ.

Le bébé cobra est un danger mortel sitôt sorti de l’œuf !

Le bébé cobra est un danger mortel sitôt sorti de l’œuf !

 

Le billet de Pieter Kerstens

 

Quand Madame Belloubet, Garde des Sceaux, prétend que les adolescents de moins de 13 ans seraient « irresponsables pénalement », (car effectivement ce sont leurs parents qui sont alors responsables de tous les actes de leurs enfants), soit elle ignore la réalité, soit elle fait preuve d’angélisme ou alors elle considère ses concitoyens comme des imbéciles.

 

S’il est exact que l’enfant jusqu’à 3 ans est incapable de discerner le Bien du Mal, ou le Bon du Mauvais, il ressent quand même la différence entre la douleur et la douceur du bien-être.

Mais à partir du plus jeune âge et dès 4-5 ans, les enfants sont réceptifs et capables de distinction, ce qui a conduit certains dirigeants, nombre de responsables et chefs politiques dans le monde, à embrigader et à séparer les enfants de leurs parents, afin de les endoctriner et formater leurs esprits à diverses idéologies, hors de toute morale.

Notre devoir de mémoire nous impose les souvenirs des « Pfimfe » et « Hitlerjugend » de la Seconde Guerre mondiale et des enfants-soldats africains lors des conflits tribaux pré ou postcoloniaux comme au Kenya avec la révolte des Mau-Mau, au Nigéria en 1968, au Congo ex-Belge ou en Somalie avec les milices Al-Chabab, par exemple.

En Extrême-Orient, quand les Khmers Rouges ont envahi Phnom-Penh le 17 avril 1975, toutes les gôches européennes se sont extasiées devant la jeunesse des bataillons communistes, composés de soldats de 10-18 ans qui, par la suite ont démontré leurs capacités meurtrières à éliminer plus de 2 millions de leurs parents, à coups de pelles et de faucilles, sans aucune hésitation, au nom de l’Angkor Vat, réelle dictature sanglante de Pol Pot et de Khieu Samphan.

Pas une manifestation, pétition ou condamnation de ces barbaries par les prétendus « démocrates » ou « humanistes » qui, aujourd’hui encore, se posent en donneurs de leçons et injurient les opposants à leurs utopies, chimères et idéologies nauséabondes.

Lors de mon premier séjour à Damas en 2014, j’ai eu le « privilège » de regarder une vidéo produite par Daesh dans laquelle une petite fille de 7-8 ans était embrigadée, dans un camp de formation militaire destiné aux enfants, et qui déclarait tranquillement, avec un joli sourire, que son plus beau rêve serait de pouvoir tuer un « croisé » (un infidèle chrétien).

Alors quand j’entends les adeptes « Droit de l’Hommiste », les Bisounours de la Justice et tous les défenseurs des assassins et meurtriers mineurs nous déclarer que ces enfants sont « irresponsables » et « victimes » de la société qui les avait persécutés ou frustrés, je leur réponds fermement et avec détermination qu’il faut mettre ces crapules hors d’état de nuire, longtemps. En permanence, ils ont eu le choix de leur décision avant de passer aux actes.

Depuis des décennies, les favelas au Brésil sont des couveuses de haine, des maternelles du crime, des écoles pour délinquants diplômés et constituent des gisements fertiles pour les études des criminologues et juristes du monde entier.

Partout sur notre Planète, les conflits aussi ont engendré le recrutement d’adolescents et d’enfants qui deviennent de réels prédateurs irrécupérables, car devenus totalement étrangers aux valeurs de civilisation ou réfractaires à toute forme de discipline, de respect ou de civisme, quelque soient leurs milieux familiaux et origines ethniques.

Le dernier bilan de la délinquance -en France- pour le premier trimestre 2019, publié mi-avril, laisse apparaître une très sérieuse augmentation des crimes et délits (plus de 700 agressions par jour) en hausse de 7% par rapport au 1er trimestre 2018. Idem pour les vols à la tire (41.709 faits soit + 16,4%), les vols à la roulotte (67.562, soit + 4,7%), les menaces et chantages (33.259 soit + 4,9%), les viols (5.739 faits, soit + 19,4%), les cambriolages (94.516 faits, soit + 2,4%) et cela uniquement sur les 3 premiers mois de 2019, et seulement pour les procédures signalées aux parquets, car beaucoup d’affaires ne donnent lieu à aucune plainte ! ! !

Selon Alain Bauer -professeur de criminologie au CNAM- :

« La justice peine à s’adapter à l’exigence d’une réponse rapide et efficace sur un certain nombre de difficultés identifiées depuis longtemps, comme le trafic de stupéfiants, source de nombreux phénomènes de délinquance. (…)  La France est un cas atypique avec une augmentation rapide de la violence ces dernières années et des vols du fait de bandes extraordinairement professionnelles, prédatrices et venues de l’étranger. »

Face à l’anarchie qui gagne, que font alors les voyous, les médias dits d’information et que fait le gouvernement ?

Les voyous jubilent. Les avocats des « grands frères » (les caïds) ont transmis leur diagnostic : le ministre Castaner -modèle Cazeneuve- aboie à la télé mais ses morsures sont légères. Tout va bien, on continue ! Parce que ce gardien de l’Ordre affirme aussi : « la prison est criminogène ! » Applaudissements dans les banlieues…où les multirécidivistes pullulent.

Et les médias en remettent une couche : c’est mal de politiser les faits divers. Ils édulcorent et minimisent. La sécurité des Français passe au second plan et sous la loi du silence.

Quant au gouvernement, lui, il récite la même rengaine en vogue depuis des années : « inadmissible…intolérable…insupportable…inacceptable… » et préfère en revenir au réchauffement climatique et aux Gilets Jaunes, graves sujets plus préoccupants. Mais plus grave encore serait qu’à la suite des Gilets jaunes, succèdent les gilets pare-balles !

Pour la mise hors d’état de nuire des délinquants juvéniles, il fut une époque où existaient des structures spécialisées : les maisons de redressement, baptisées les « hauts murs », établissements chargés de la rééducation des jeunes délinquants. Pourquoi les avoir supprimés ? Parce que nos « humanistes » aveuglés par les dogmes des Lumières et pétris par des utopies progressistes nous ont imposé leurs lois liberticides et des règlements interdisant la moindre contestation de leurs erreurs que nos concitoyens payent fort cher et même souvent de leur vie.

Qu’ils soient djihadistes, terroristes, criminels ou délinquants, majeurs ou mineurs, hommes ou femmes, européens ou eurasiens, salafistes ou hindouistes, végétariens ou claustrophobes, les coupables doivent subir un juste châtiment, être condamnés et emprisonnés. Pas de pitié pour les sauvageons, la racaille et la crapule qui polluent notre quotidien.

 

« La vie pour les innocents. La mort pour les assassins ! »