Le billet de Robert Langlois :

courtoisInconnue pour la plupart d’entre nous, elle mérite quelques lignes, non comme maire du village de RIEUMES (31370) mais surtout parcequ’elle est une synthèse de la Macronie.

D’abord le nom : c’est celui d’une très riche et très ancienne famille de banquiers toulousains, la famille COURTOIS de VIÇOSE, doyenne des banques Françaises, dont le nom demeure encore au frontispice de l’établissement historique de la rue Rémusat au cœur de la ville.

L’histoire a basculé en 1992, lorsque la banque Courtois en quasi faillite a été absorbée par le Crédit du Nord. Fin courue d’avance pour une banque familiale indépendante qui s’est vue monter en graine et a voulu jouer dans la cour des grands (celle des vrais requins) en se transformant en banque d’affaire et de marché. Fatale décision de gestion qui s’est conclue en déconfiture totale (ce que ne mentionne pas l’article très bienveillant qui suit). Malgré cet épisode, la famille a été épargnée et conserve encore une partie de son prestige dans les vieux milieux d’affaires Toulousains dont les effectifs et la mémoire finissent par se raréfier.

On relèvera les connexions avec la famille BAYLET propriétaire de la DÉPÊCHE du MIDI. Pour mémoire et pour ceux qui nous suivent, nous avions déjà fait le portrait de Jean Michel BAYLET dans ces colonnes. Jennifer est une protégée de la Dépêche qui soutient régulièrement sa carrière politique. Dans ces milieux, les liaisons claniques de pouvoir et d’argent priment sur les options politiques et l’intérêt général.

Dans le civil, la petite Jennifer administre une part des débris de la fortune familiale. Elle est présidente du conseil d’administration de la société COURTOIS SA qui gère le patrimoine foncier de la famille lequel rapporte tout de même près de 700.000 euros de loyers annuels.

Mais ce n’est pas ce qui l’intéresse, Jennifer veut faire de la politique et se voit un destin national. Déjà en 2015 à peine âgée de 30 ans, elle se voyait succéder au cacique socialiste Pierre IZARD à la tête du Conseil Départemental de la Haute Garonne. Rien que ça !

Aujourd’hui, elle est conseillère régionale et maire de RIEUMES, bourgade rurale au Sud de Toulouse, berceau de l’autre partie de la famille. Mais ce n’est pas ce qui l’intéresse.

Ce qui intéresse Jennifer, c’est PARIS, c’est la grande politique.

2011 : elle est candidate aux cantonales à l’âge de 25 ans en se déclarant « sans étiquette » tout en se réclamant d’un stage à BERCY chez WAUQUIEZ. Élue, elle s’est déclarée contre le cumul des mandats et pas intéressée par la mairie de RIEUMES. 

2014 : elle s’est présentée, toujours sans étiquette, à la mairie de RIEUMES où elle a été élue. Et dans la foulée elle s’est présentée aux sénatoriales en 4ème position sur la liste UDI-DVD conduite par Alain CHATILLON… les 3 premiers de liste ont a été élus, pas elle. Raté !

2015 : elle s’est présentée aux élections départementales contre la liste soutenue par Pierre IZARD mais elle a perdu les élections. Elle se voyait lui succéder à la tête du département. Encore raté ! Elle s’est alors immédiatement lancée dans la campagne des régionales sur la liste de droite conduite par Dominique REYNIE qui a aussi perdu les élections. Cependant grâce à sa place de 4ème sur la liste des Républicains validée en haut lieu par les instances parisiennes des Républicains, elle a été élue dans l’opposition.

2016 : elle a soutenu Bruno Le Maire aux primaires de la droite, mais vu son échec, elle a parrainé en sa qualité de maire de RIEUMES François FILLON aux élections présidentielles… Mais comme M. FILLON n’a pas été élu, elle a aussitôt démissionné des Républicains pour rejoindre le parti LRM d’Emmanuel MACRON. La voilà aujourd’hui élue au bureau exécutif national du parti sur la liste gagnante de CASTANER. La DÉPÊCHE du MIDI, journal de la Démocratie de Monsieur BAYLET peut titrer :

La République en marche : l’ascension fulgurante de Jennifer Courtois-Périssé.

De la banlieue toulousaine, nous pouvons juger son action politique à travers l’exercice de son mandat de maire de RIEUMES, commune de 3.500 habitants (Trois mille cinq cents).

Jennifer ne réside évidemment pas à Rieumes, dont elle ne s’occupe que de très loin, c’est à dire en réalité depuis PARIS où elle se voit une carrière nationale. En attendant, la commune part à vau l’eau. Le plus visible, le chantier de réfection de la voirie centrale qui traverse Rieumes et n’est plus géré. Il a plusieurs mois de retard et on ne peut plus passer ni en voiture ni à pieds. Le village est coupé en deux, le commerce se meurt, les habitants n’en peuvent plus. Cela fait maintenant plusieurs mois que cela dure. Pour le moment seule la phase 1 du chantier a été engagée et il reste encore la phase 2. À ce rythme, cela fera 2 ans d’un chantier qui bloque tout le village et rend la vie des riverains impossible. Rieumes est abandonnée à son triste sort, les entreprises titulaires des marchés de travaux l’ont bien compris. Elles en prennent naturellement à leur aise et en profitent pour occuper leurs équipes ailleurs. Rieumes peut bien attendre puisqu’il n’y a personne à la barre. Néanmoins, Jennifer a fait un gros investissement pour les lumières de Noël. On ne circule pas, le village se meurt, mais il faut que ça brille, que ça en jette !

              Mais comme le dit Jennifer :
« Il y a ceux qui s’impliquent au quotidien, ceux qui tractent, ceux qui réfléchissent, chacun vit son engagement comme il le souhaite »

              et Jennifer de conclure :
« c’est fini, on a changé de société, j’ai 32 ans et je ne ferai pas de la politique toute ma vie. Je ne crois pas aux professionnels de la politique. »

 

Ceci dit, depuis son entrée dans la vie active, on ne lui a rien vu faire d’autre … Telle est Jennifer, qui appartient à cette nouvelle race de politiciens parfaitement à l’image de la Macronie : très grande bourgeoise, arriviste, carriériste et, ce qui ne gâche rien, issue de la plus vieille famille de banquiers de France. Jennifer se fout complètement de ses électeurs et des mandats qui lui sont confiés, seules l’intéressent sa personne, sa carrière, son image et la lumière braquée sur son jeune nombril.

courtoisLa banque COURTOIS était une banque enracinée dans le Midi TOULOUSAIN depuis des siècles. Axel COURTOIS a voulu la faire monter à l’étage supérieur, elle s’y est perdue.

Jennifer veut faire comme elle a vu faire. Madame ‘’j’entre en ville’’ veut monter à PARIS, il lui faut la lumière, les micros, les dîners en ville, le frisson du pouvoir.

En attendant, la seule chose dont on soit certain, la concernant, c’est que le village de RIEUMES dont elle est maire se meurt par son incurie et par le mépris hautain qu’elle affiche pour la piétaille électorale. Nous ne manquerons pas de suivre sa carrière pour savoir si à titre personnel elle connaîtra le même sort que la banque familiale. Mais on le sait, en politique comme dans la banque, les faillis trouvent toujours repreneur et les battus trouvent toujours à se recaser à se recaser.

              Dans certaines familles on sait cela depuis la naissance.

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