orientation

 

Par Colette Mercier

 

Ce qui suit est le fruit d’observations continues sur une très longue carrière dans le privé et sur l’observation des carrières de la génération actuelle des 25 / 45 ans.

 

Conseils à tous les autres…

 

Si vous ne vous sentez pas assez fort pour accéder aux études les plus exigeantes ou aux carrières les plus prestigieuses, ou si ça n’est pas votre truc cherchez votre voie ailleurs.

Si vous n’avez pas les capacités pour le très haut niveau scolaire ou si au moment où il fallait donner le coup de rein vous étiez plus passionné par les filles, par les garçons, ou tout simplement par la rêverie ou le glandouillage, ce n’est pas grave. Le monde est vaste et chacun peut y trouver sa place. Tout est question de volonté, d’équilibre et d’idée qu’on se fait des choses.

 

Ne perdez pas votre temps ni votre argent dans des formations sans débouchés sérieux

 

Laissez les autres s’y fourvoyer, faites autre chose. N’importe quoi d’autre, voyagez à travers le monde, apprenez les langues, ouvrez-vous l’esprit, soyez opportunistes, entrez en apprentissage, soyez débrouillard.

 

L’apprentissage

 

Les vigoureux auront intérêt à s‘orienter le plus tôt possible vers l’apprentissage. Il n’y a plus de « manuels » dans ce pays et la prime sera à ceux qui savent quoi faire de leurs mains et se rendre utiles. Dans une économie en voie de récession et quand les matières premières se raréfient, les fondamentaux vont changer. Fini le temps du grand gaspillage. Il va falloir réparer, faire durer entretenir. Par ailleurs, la mondialisation va connaitre des revers importants. Tout ce qui ne demande pas nécessairement un investissement industriel lourd va se produire à nouveau dans la proximité. Le local va reprendre le dessus sur le mondial. Une grande partie de la production va se réorienter vers des biens durables produits dans la proximité.

Pour faire court, fini les meubles jetables IKÉA, fini les trucs produits au bout du monde qu’on jette. Les balais en paille de riz se produiront de nouveau dans le voisinage, tout comme les cornets à glace.

Pareil pour l’agro-alimentaire, les maraîchers locaux, les éleveurs en circuit court dans la proximité vont reprendre le dessus. Les excès de la mondialisation vont se terminer, toute une économie de proximité va se recréer. Déjà les consommateurs se réorientent vers le durable et le local.

Ceux qui ont 15 ans aujourd’hui vont assister à des bouleversements inouïs. Nous allons voir le grand retour de la proximité et de la durabilité. C’est à dire le retour des artisans, des petits producteurs, des petites entreprises, des ateliers, de l’agriculture familiale de proximité.

Un vaste champ d’activités « nouvelles » en fait traditionnelles va s’ouvrir, plutôt se ré-ouvrir. Les jeunes ont intérêt à se précipiter pour apprendre les gestes chez les anciens qui les connaissent encore.

L’apprentissage est la solution pour ceux qui pensent différemment. Tous les secteurs sont concernés, du plus haut luxe jusqu’aux métiers les plus courants. Des stars de l’horlogerie ou de la chaudronnerie dans l’aéronautique aux métiers de bouche en passant par ceux du bâtiment.

Il faudra toujours des charpentiers, des couvreurs, des peintres, des menuisiers, des couturières, des traiteurs, des boulangers, des mécanos, des chauffagistes et des hommes à tout faire …

Là aussi n’hésitez pas à payer le ticket d’entrée, n’hésitez pas à trimer chez un patron. C’est la seule manière de faire. Vous commencerez par balayer l’atelier, par charger le camion et de proche en proche, de geste en geste, vous saurez tout faire. Cela s’est toujours fait de cette manière, il n’y a aucun déshonneur à avoir été arpette, au contraire. Monter qu’on a su souffrir est un atout majeur.

Un conseil aux parents, le temps est révolu où on considérait qu’il fallait entrer à la banque ou à la poste. Les métiers manuels indépendants porteront beaucoup plus loin que les emplois précaires du salariat.

Enfin, une entreprise artisanale se transmet. Votre fils ou votre fille pourra toujours voir ses enfants lui succéder.

Je discute souvent avec un monsieur âgé qui dans les années 70 a poussé son fils qui ne voulait rien faire à devenir peintre. Aujourd’hui, son fils à 60 ans et tous ses petits enfants travaillent et s’épanouissent dans cette petite entreprise familiale qui fait vivre 4 familles et 3 générations. Pas de drogue, pas d’échec, pas de chômage, pas de décrochage, pas de catastrophes dans la génération des 25 – 35 ans. Tout le monde est au travail, gagne sa vie et est son propre patron. Tout le monde est déjà propriétaire de son logement et vit dans le voisinage. Qui dit mieux ?

 

L’opportunisme, la débrouillardise

 

Parfois les maturations sont tardives. Plutôt que de pourrir dans des études sans débouché, de stage en stage, de galère en galère ouvrez-vous à la vie, ouvrez-vous au monde. Si vous avez l’impression de n’être bon à rien, voyagez, acceptez n’importe quel boulot sur place. Vous ferez des rencontres, vous croiserez des opportunités.

Partez à l’autre bout du monde, sortez-vous la tête du guidon, levez le nez. Soyez débrouillards, laissez-vous porter par le vent. Ça sera toujours mieux que de végéter sur place. Vous en sortirez grandis. Au pire vous pourrez toujours revenir et galérer sur place. En attendant vous aurez vu du pays.

Un conseil aux parents, ne couvez pas vos enfants, ne leur coupez pas les ailes. Ne projetez pas sur eux vos propres angoisses. Si c’est leur souhait, laissez-les faire et si vous le pouvez aidez-les. Payez-leur le voyage (prévoyez quand même le billet de retour.)

Quoi qu’il arrive, ils en reviendront toujours plus dégourdis, plus matures et plus ouverts qu’ils n’étaient.

Si vous en avez les moyens, faites-les voyager le plus jeune possible, ça sera autant d’avance de prise.

 

Pour ceux qui ont encore plus de mal

 

Si vous n’avez pas trouvé votre voie, si vous avez galéré, si vous vous êtes planté, ce n’est pas grave. En revanche, ne vous contentez pas des minima sociaux. Travaillez au black, faites des ménages, allez entretenir des jardins, donnez des coups de main, bossez sur les marchés, rendez-vous utile. Ayez toujours plusieurs employeurs, plusieurs roues à votre carrosse. Vous trouverez une utilité sociale qui vous aidera à tenir et à conserver l’estime de vous-même.

Certains ont choisi cette voie, ils exploitent au mieux les replis du système et ne s’en sortent pas si mal. Si vous choisissez cette voie ou si vous y êtes contraint, rendez-vous utile par ailleurs, ne soyez jamais des parasites. On vous tendra toujours la main.

Un conseil, ne vous laissez jamais aller ni dégrader physiquement. Pas de drogue, pas d’alcool.

Tenez-vous toujours propre, levez-vous le matin de bonne heure, ne restez jamais les bras ballants.

 

Pour les nuls

 

Si vous n’avez aucun talent ou si vous n’êtes pas fait pour l’effort, ce n’est pas grave non plus. N’en soyez pas malheureux, le ciel y pourvoira et les anesthésiques sociaux aussi. En revanche ne pesez pas sur votre entourage, n’attendez pas tous des autres, lâchez-leur la grappe ; surtout à vos parents qui ne sont pas obligés de vous donner la béquée à vie.

Conseil aux parents : si votre rejeton est nul, ne le rejetez pas, mais ne vous laissez pas martyriser non plus. Ne le surprotégez pas, laissez-le un peu se débrouiller, ça lui donnera peut-être un peu de vitesse. En cas de chute libre ne le laissez pas s’écraser, si vous le pouvez rattrapez le, il finira toujours par se redresser un peu avec l’âge. Il sera à vos côtés pour les vieux jours. Pensez-y.

 

 

Soyez solidaire en famille.

protégez vous les uns les autres.

 

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