Le billet de Robert Langlois

Expérience vécue

        Voulant encourager un jeune protégé, amateur débutant de pièces d’or, j’envisageai de lui offrir un petit coffre pour son anniversaire. Par une ruse à ma façon, je finis par découvrir qu’il convoitait un modèle, sans vraie marque, vendu chez LEROY MERLIN et vu sur internet (Erreur fatale).

        Je me rendis donc illico dans l’implantation la plus proche. Pas de vendeur en vue. Je me plaçai donc en attente devant le poste du chef de rayon concerné où se trouvaient déjà deux autres clients. L’attente s’annonçait longue, elle le fut. J’en profitai donc pour prospecter moi même le rayon, muni des références et de la photo de l’objet, trouvées sur le site internet de la marque. Coup de chance les coffres se trouvaient à deux mètres du poste de travail du chef de rayon. Une dizaine de modèles en exposition, tous semblables, étiquetage incertain, impossible de trouver le bon truc à coup sûr. Il y en avait bien un qui semblait correspondre, mais le prix n’était pas le bon, ni la référence. Je patientai donc en attendant que quelqu’un apparaisse… ce fut le chef de secteur. Je lui demandai donc de me faire voir le modèle en question en lui indiquant la référence…

        Avant même de vérifier dans le rayon, le gars commence par consulter son ordinateur, me redemande la référence qu’il ne trouve pas, me dit que j’ai du mal noter … se met à flotter et finit par se perdre. À ce moment, je compris qu’on n’y arriverait pas. Je décidai néanmoins de poursuivre l’expérience jusqu’au bout.

Pédagogue et bienveillant, je lui fis donc observer que les coffres étaient à deux mètres derrière lui … ce qu’il semblait n’avoir jamais remarqué. Je le pris donc par la manche et le plaçai devant le linéaire. Très grand désarroi quand le gars eut vaguement l’air de comprendre que le rayon n’était plus géré depuis un moment et que ni l’étiquetage ni le classement n’étaient à jour. Retour devant l’ordi, recherche … le gars me dit que le modèle existe bien mais qu’il ne l’a pas dans son état de stock et donc pas dans son rayon. Insistant, je lui fis alors observer que le modèle semblait bien en rayon ce qui le laissa perplexe. De retour devant le linéaire le gars dût se rendre à l’évidence. ‘’Ça doit être le modèle d’exposition mais il n’est pas à la vente, vous n’avez qu’à le commander sur internet’’…

        Manifestement je le faisais caguer. ‘’C’est quoi ce connaud qui vient faire des complications alors qu’il peut commander par internet et se faire livrer directement chez lui ?’’. Voilà ce que je pus lire dans ses yeux comme si je l’entendais. Toujours pédagogue je lui exposai donc ce qui allait se passer très bientôt ; c’est à dire que son magasin serait remplacé par un parking ou un terrain vague couvert de caravanes blanches et que lui pourrait aller se chercher du boulot ailleurs.  Chef de secteur, au minimum un BTS et plutôt une petite école de management Bac + 5… voilà le niveau requis…

        Je croisai alors les gros yeux incrédules du client qui patientait derrière moi et qui ayant assisté à tout la scène m’écoutait bouche bée face à l’abîme qu’il entrevoyait. Il avait dû décrocher en entendant ‘’couvert de caravanes’’ … Là ça avait été trop pour lui, par sécurité il s’était mis en mode dégradé… CRÉTINS.

       Je me rendis donc séance tenante chez BÉZIAN, vieille maison toulousaine de serrurerie fondée en 1898 où une jeune fille charmante et très dégourdie me vendit sur le fait un vrai coffre d’une marque allemande réputée et non pas une “chinoiserie”. Je pouvais le voir, le toucher, m’en faire expliquer le fonctionnement et l’emporter sur le fait pour à peine 50 € de plus. J’avais la certitude que le modèle serait suivi, qu’il y aurait toujours un technicien pour un dépannage, pour refaire un jeu de clés ; que cet objet garderait toujours une bonne valeur de revente. Je me dis que BÉZIAN c’était mon échelle, celle qui me correspondait et que je n’avais plus rien à voir avec la grande distribution mondialisée qui ne vend que des “chinoiseries” ou des produits de marques connues mais fabriqués selon un cahier des charges dégradé. C’est à dire finalement de la camelote étiquetée de marque pour gruger le client.

        Enfin, je me dis qu’il faudrait que je dispense à mon jeune protégé une pédagogie pour l’aider à retrouver des sensations en dehors d’internet. Le “solutionisme” que propose internet est une catastrophe cognitive. Ceux qui y succombent finissent décérébrés, plus aucune sensations tactiles, plus aucun réflexe, plus aucune autonomie. Il leur suffit d’effleurer un écran et tout est déjà réglé. Le “solutionisme” d’internet tue l’esprit.

        Pour finir, je me dis que la maison BÉZIAN serait encore là quand la magasin de LEROY MERLIN aurait disparu. Ce qui me parut de très bon augure. En plus, pour ceux qui ne savent plus faire autrement, BÉZIAN a aussi un site internet.

Quincaillerie BLANCHET à Villeneuve Tolosanne

        On n’achète pas un coffre tous les jours… en revanche, la droguerie-quincaillerie-ménage c’est tous les mois, voire toutes les semaines. Surtout, il existe de très grands écarts qualitatifs sur ces produits de moins en moins durables et dont la qualité s’est énormément dégradée sous l’effet de la mondialisation. On trouve plus de chinoiseries que de bons produits. Si on n’y prend pas garde on se ruine très vite avec des trucs ‘’bon marché’’ qui ne valent rien et qu’il faut tout de suite remplacer.

        Pour ceux qui habitent près de TOULOUSE, je recommande vivement la quincaillerie BLANCHET à Villeneuve Tolosanne. Un vrai paradis, tout y est. Ils ont toujours tout, en plusieurs modèles, toutes les tailles, toutes les dimensions. Surtout pas d’ordi, un capharnaüm indescriptible, de tout pendu au plafond, des rayons serrés les uns contre les autres, l’odeur de la cire, celle des vieux produits, des bassines GILAC introuvables ailleurs, des objets d’autrefois, des brosses en soies naturelles, des marmites émaillées qui durent une vie entière, tout pour la ménagère, tout pour l’atelier, beaucoup de choses pour le jardin, des outils de coupe en acier qui tient le fil. Un accueil toujours égal, un conseil sans défaut, ils savent tout, connaissent tous les produits, tous les trucs et tours de mains. Bref un vrai paradis. Le patron approche de l’âge de la retraite, il est entouré de jeunes, y aura t’il un repreneur ? Il le faut absolument.

        Pratiquement toutes les quincailleries traditionnelles autour de Toulouse ont disparu, tuées par la grande distribution. Il en reste de rares à la mode d’autrefois, inchangées depuis les années 50. Ce sont des trésors précieux qui doivent être protégés comme le sont les espèces en voie de disparition.  Les protéger c’est y faire ses achats, les faire vivre. On n’y perd rien, tous leurs produits sont de qualité, sélectionnés et éprouvés depuis longtemps. En plus les prix y sont souvent moins chers que dans la grande distribution. Si vous avez besoin de 3 boulons, on vous en servira 3 et pas 20 sous blister et d’un acier qui résistera au serrage. Tout ce que vous y trouverez est durable. Si vous avez besoin d’un siphon de baignoire, vous pourrez le monter sans difficulté, pas de joint en silicone qui foire au premier tour de serrage. Pareil pour tout : chez eux pas de trucs en plastoc clipsé indémontable, pas d’appareillage électrique qui vous foire dans les doigts au montage, pas de “chinoiseries” ruineuses. En plus chez Blanchet, vous avez le patron en direct et cerise sur le gâteau, il fait travailler plus de personnel au service du client que dans tout le rayon quincaillerie de LEROY MERLIN.

Le choix du commerce local, une vraie démarche identitaire durable

        Le choix du commerce de proximité est une démarche personnelle de résistance face à la mondialisation marchande et aux concentrations du commerce qui dévitalisent le tissu de la France périphérique. Il faut redécouvrir ces commerces, se donner la peine d’y aller, et surtout les recommander et les faire connaitre autour de soi. La quincaillerie BLANCHET est à 20 kilomètres de chez moi, (pas plus loin que le LEROY MERLIN) C’est un voisin qui me l’a faite connaitre. je lui en suis infiniment gré. Je ne vais plus que là, cette découverte fut un soulagement.

        Pour l’alimentaire, des circuits courts de plus en plus professionnels se font jour. Des producteurs se fédèrent, pour monter des magasins fermiers de très grande qualité. Toujours près de Toulouse, je recommande vivement la boucherie des éleveurs du Savès sur la grand place à Saint Clar de Rivière.

        Fréquentez le commerce local, découvrez le, faites le connaître, vous rendrez service à tout le monde et à vous même en permettant qu’il perdure.

        Comme il peut toujours y avoir des fâcheux qui cherchent à nuire, je précise que ni la famille BÉZIAN, ni la famille BLANCHET, ni les producteurs du Savès n’ont de relations avec la LIGUE du MIDI et que je n’ai pas non plus d’intérêt dans leurs affaires.
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