faisans

 

Le billet de Cédric de Valfrancisque

 

« Ce petit monde ne vit que de tripotages, de corruption et d’abus de pouvoir…».

(Jean Dutourd; « La chose écrite » (2009)

 

En cette fin janvier, l’illusionniste « Jupiter » Micron est sur le point de réussir un nouveau tour de bonneteau : récupérer le mouvement des « Gilets jaunes » à son seul profit.

 

La rousse Ingrid Levavasseur, qui continue à se dire « apolitique », veut conduire une liste aux Européennes, ce qui lui permettrait de multiplier par dix ses modestes revenus d’aide-soignante.

On nous refait le coup d’Édouard Martin, ce délégué syndical très « grande gueule » qui promettait de « pourrir la vie » de François Hollande, lequel en a fait un député européen… socialiste.

Depuis Édouard Martin se gave à Strasbourg et ferme sa grande gueule : CQFD !

Pour lancer la rouquine, Micron a mis à la manœuvre Bernard Tapie, le ressuscité-miraculé qui, avec sa gouaille faubourienne, a réinvesti les radios et les plateaux télé. On est bien content de revoir « Nanard », surtout quand il sert de clown blanc à l’Auguste Micron.

« Nanard » Tapie, c’est un peu notre Stavisky : flambeur, hâbleur, menteur, tricheur…

Il fut un temps, pas si lointain, où on ne voyait que lui à la télé : tantôt donnant des leçons de management chez Jean-Marie Cavada, tantôt poussant la chansonnette chez Drucker ou sautillant comme un cabri chez Véronique et Davina ; fossoyeur d’entreprises (dont il revendait les actifs à son profit), puis « ministre des Vils » de François Mitterrand. De matchs de foot truqués en élections bidonnées, « Nanard », c’est une pointure, un cador. Il a même été taulard, c’est tout dire !

Souvenez-vous qu’en 1994, à la demande du Florentin – lui-même expert es coups tordus – Tapie avait conduit une liste des Radicaux de gauche aux Européennes ; liste destinée à plomber celle menée par Michel Rocard.

Je me souviens d’une émission où un économiste, pour une fois compétent, lui démontrait qu’il vendait ses balances « Terraillon » à perte. Et « Nanard », hilare, l’avait claqué en lui rétorquant « Et alors, on se rattrapera sur la quantité » : un maître, une lame, je vous dis !

Quand il a voulu faire de la politique, « Nanard » Tapie a choisi Marseille, cette belle ville cosmopolite et bigarrée où le « faisan » prospère en toute liberté. La ville de France qui, depuis des années, compte le plus grand nombre d’élus mis en examen.

J’épargnerai à mes lecteurs la longue liste des voyous, escrocs, fraudeurs et autres malfrats édiles ou ex-élus de la cité phocéenne (et donc payés par les impôts des contribuables marseillais).

Contentons-nous du cas Sylvie Andrieux, cette ex belle blonde, députée jusqu’en 2016.

Sylvie est la fille du sénateur Antoine Andrieux, un pote de Gaston Defferre, le « parrain de Marseille » et la filleule de la sénatrice socialiste Irma Rapuzzi.

Elle adhère au PS dès l’âge de quinze ans (1976), puis entre à vingt-deux ans à la Société Coopérative de Manutention (SOCOMA), créée à l’initiative de Gaston Defferre dans les années 1950 : une coopérative ouvrière qui, selon la presse locale, a été « une manne financière, un point de chute ou un centre de formation des cadres du PS ». La blonde Sylvie qui, aux dires des mauvaises langues, avait « la cuisse plus légère que la conscience », a également été vice-présidente de la Mutuelle Nationale des Étudiants de France (MNEF).

Elle est divorcée de Jean-Paul Bacquet (député PS du Puy-de-Dôme) avec lequel elle a été mariée de 1997 à 2004. Depuis elle vit avec Jean-Paul Bouisse, chef d’entreprise et ancien président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vaucluse. Elle a été Franc-maçonne, durant vingt ans, de l’ordre maçonnique mixte « Le Droit humain ».

Elle quitte son emploi à la SOCOMA en 1997 (mais y conserve des parts : pas folle la guêpe !) après avoir été élue pour la première fois députée de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, à 36 ans. Elle y est réélue en 2002 et en 2007.                                                                                                     

En 2012, elle est élue députée de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Mais, en 2013, elle est impliquée dans une affaire de détournements de subventions du Conseil Régional de PACA.

Elle aurait détourné 740.000 euros via le financement d’associations, entre 2005 et 2009.

A la suite de ces accusations, le président de la région PACA, Michel Vauzelle, lui retire la délégation à la politique de la ville qu’elle occupait en tant que vice-présidente du Conseil Régional.

Le 7 avril 2010, l’Assemblée Nationale lève son immunité parlementaire. Elle est mise en examen le 8 juillet 2010 pour « complicité de tentative d’escroquerie et  détournement de fonds publics ». Le 29 mai 2012, elle est renvoyée devant le Tribunal Correctionnel pour « détournement de fonds publics ». Le PS lui retire son investiture le 31 mai 2012, mais elle maintient sa candidature.

Face à Stéphane Ravier (FN), elle est réélue avec 50,99 % des suffrages : que ne feraient pas les vrais démocrates pour « faire barrage au Front National » ?

Son procès commence le 4 mars 2013, pour trois semaines. Le 22 mai, elle est déclarée coupable de « détournement de fonds publics » et condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis, 100.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Ses avocats interjettent aussitôt appel du jugement. En septembre 2014, la Cour d’Appel renforce la peine et la condamne à quatre ans de prison, dont trois avec sursis. Elle se pourvoit aussitôt en cassation.

Le 9 novembre 2016, la Cour de Cassation rejette son pourvoi et rend définitive la peine prononcée par la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence : la députée est condamnée à quatre ans de prison dont trois avec sursis, 100.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Il revient alors au Conseil Constitutionnel de la déchoir de son mandat. Mais le 8 décembre 2016, sans attendre la décision du Conseil Constitutionnel, Sylvie Andrieux démissionne.

Sa peine d’un an d’emprisonnement ferme a été aménagée ab initio par la Cour d’Appel.

Elle accorde à la condamnée un placement sous surveillance électronique (PSE), plus connu sous le nom de « bracelet électronique ». Grâce à la blonde Sylvie Andrieux, la France a été, une fois de plus, la risée du monde entier : nous sommes, en effet, le premier pays dont une députée venait siéger au Parlement munie d’un bracelet électronique.

Il faut bien que l’on soit, de temps en temps, premier quelque part, non ?

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là !

La villa de Sylvie Andrieux (présumée construite illégalement), posait un problème juridique pour le dispositif de surveillance électronique. L’ex élue possédait un ancien « cabanon » qui, en réalité, était devenue une belle maison de bord de mer. Cette « Villa Mari-Jo » était une habitation supposée illégale, car elle empiétait sur le domaine public maritime.

La condamnée, administrativement « sans titre, ni droit de propriété » devait donc être surveillée électroniquement dans une habitation illégale, censée être détruite.

Les démêlés de l’ex belle blonde ont occupé la presse locale en 2016 et 2017.

Je ne sais plus qui a dit : « le rugby est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen ; la politique est un sport de gentlemen pratiqué par des voyous » ? Mais je m’inscris en faux contre cette allégation : en France, la politique est un sport de voyous pratiqué par des voyous ! Parité oblige, les voyous peuvent être des deux sexes, et même de sexe indéterminé ; c’est très « tendance » !

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