D’après Breizh-info

Au Pays basque Nord, plus de 1 000 élèves, enseignants et parents d’élèves se sont mobilisés à travers une chaîne humaine organisée la semaine dernière à Bayonne pour réclamer le droit de passer toutes les épreuves du brevet et du baccalauréat en langue basque. Ce que refuse le rectorat de Bordeaux malgré les promesses de Jean Castex.

À Bayonne, les élèves manifestent pour des épreuves en basque

On sait que la politique du ministère de l’Éducation nationale vis-à-vis des langues « régionales » de l’Hexagone s’est plus souvent traduite ces dernières années par des tensions à répétition entre les services de l’État et les acteurs de l’enseignement immersif que par la concorde.

Un rapport de force permanent auquel est également habitué le Pays basque Nord. Ainsi, le 4 février dernier dans l’après-midi, une chaîne humaine a été organisée entre la gare et la sous-préfecture de Bayonne par Seaska, le réseau d’enseignement immersif associatif en langue basque qui regroupe les ikastolak du département des Pyrénées-Atlantiques.

L’objet de la mobilisation visait à permettre aux élèves de l’enseignement immersif d’obtenir le droit de passer les épreuves du brevet et du bac en basque.

Le rectorat de Bordeaux fait un « retour en arrière »

Le 4 février, ce sont plusieurs centaines d’élèves, d’enseignants, de parents et de soutiens qui se sont donc donnés la main dans le centre-ville de Bayonne pour attirer l’attention du Rectorat de Bordeaux, qui n’en est pas à ses premières marques d’hostilité vis-à-vis de l’enseignement en basque.

Du côté du rectorat de Bordeaux justement, une réunion du Conseil académique de langues régionales se tenait le même 4 février dans la capitale de la Gironde. Mais les espoirs des défenseurs de la langue basque suite à la publication de la circulaire relative à l’enseignement des langues et cultures régionales le 14 décembre 2021 ont finalement été déçus.

Au terme de la réunion, la rectrice d’académie s’est prononcée défavorablement quant à la possibilité que les élèves qui suivent les cours en basque puissent ensuite passer tous leurs examens du brevet des collèges et du baccalauréat en langue basque.

Peio Jorajuria, le président de la fédération Seaska cité par Mediabask, a déploré le même jour une décision « à contresens de tout ce qui est écrit dans la circulaire de décembre, à contresens de ce qui nous a été dit par le Premier ministre que nous avons rencontré en septembre, à contresens des droits fondamentaux de nos élèves, de la reconnaissance du système immersif et même de l’enseignement bilingue promis par Paris ces derniers mois », qualifiant ce refus de « retour en arrière ».

L’Académie de la langue basque annonce plusieurs actions

Dans un contexte de crispation entre l’enseignement immersif au Pays basque Nord et l’Éducation nationale via son relais bordelais, Euskatzaindia, l’Académie de la langue basque fondée en 1918 et présentée comme « l’institution académique officielle qui se consacre à la défense de la langue basque », a fait savoir qu’elle entendait mener plusieurs actions suite à cette décision.

Elle compte notamment faire parvenir un courrier « aux principales institutions du Pays Basque Nord, ainsi qu’au président de la République française et au ministre de l’Education nationale » afin de dénoncer une situation « inacceptable » et ce, « à cause des multiples obstacles posés par l’administration française ».

L’académie envisage également de rencontrer d’autres organisations « œuvrant en faveur des langues minoritaires en France afin d’étudier ensemble cette problématique et de présenter des actions communes devant les institutions européennes ».

Enfin, tandis que six professeurs avaient refusé de corriger des copies de sciences lors des épreuves du brevet en juin 2021 en signe de protestation contre l’interdiction faite aux élèves de rédiger en basque, ceux-ci ont fait l’objet de sanctions avec des retenues sur salaire. L’ambiance est donc loin d’être au beau fixe entre Bayonne et Paris…

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