Pardon ?

pardon

Le billet de Thierry Lafronde

        Il parait que l’heure est à la repentanceIl faut demander pardon pour toutes les monstruosités, barbaries, abus de pouvoir et autres péchés d’orgueil gravissimes que le peuple français aurait commis envers l’humanité toute entière.

        Pardon donc, ici et maintenant, pour tout ce que les générations de Français qui nous ont précédé ont fait.

        Pardon pour la langue précise, ciselée, chantante qui est à la fois un outil pour bien formuler les idées et décrire les choses tout en permettant au rêve et à l’imagination de s’envoler. Une cohorte d’auteurs français tant philosophes que littéraires, poètes et romanciers figure au panthéon des plus illustres au monde et donne du plaisir aux étudiants et érudits exigeants ainsi qu’à tout amateur.

        Pardon pour le raisonnement, la logique, la déduction, l’argumentation et la réflexion tout simplement qui ont essaimé dans la plupart des écoles du monde. L’esprit cartésien – vous savez le philosophe Descartes ? – reste une référence de méthode basée sur le doute constructif et l’avancée méthodologique à partir d’une idée ou d’un fait bien établi. Bien loin des croyances fumeuses et des rites aléatoires qui séduisent quelques adeptes illuminés de sectes ésotériques en vogue.

        Pardon pour les lois et les règles de vie qui ont inspiré la plupart des pays construits après la France. Le code Napoléon reste la référence de la plupart des pays d’Amérique latine aujourd’hui et la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » inspire bien des peuples. Joséphine Baker chantait même « j’ai 2 amours, mon pays et Paris ! ».

        Pardon pour l’esthétique, la beauté, les arts en général. Architecture, sculpture, peinture, musique, pas un domaine où les maîtres français n’aient excellé à plusieurs moments de l’histoire ; l’apogée revenant incontestablement au siècle de Louis XIV, le roi soleil qui inspira toutes les cours de l’époque. Versailles en témoigne encore et certain président actuel n’hésite pas à y replonger pour redorer un blason terni.

        Pardon d’avoir répandu ces savoirs faire et lumières dans le monde entier, dès le XVI siècle aux Amériques et dans quelques villes africaines puis en Asie et dans toute l’Afrique notamment au XIX siècle. Avoir apporté ce que l’on appelait alors la civilisation : apaiser les conflits intérieurs de contrées souvent misérables, juguler les maladies et épidémies chroniques, structurer, administrer, développer dans tous les domaines ces nouveaux pays, multipliant leurs populations et leur assurant un bien meilleur niveau de vie, du moins jusqu’à leurs indépendances dans les années 1960.

        Pardon de quoi ? Tout ce qui précède n’a pas à être pardonné. Ce sont des faits historiques largement positifs pour la France et le monde. Nos Anciens ont été très bons dans bien des domaines et diffusé avec générosité leurs talents et compétences. Un dicton, pourtant anglais, résumait tout cela : « heureux comme Dieu en France ! ».

        S’il faut demander pardon, ce n’est ni au nom du passé, ni de nos Anciens, mais bien au nom du présent et de nous-mêmes qui sommes devenu un petit peuple assailli par les contradictions, les doutes et les craintes. Désormais submergés par des envahisseurs n’apportant que leur misère et exigences, dirigés par des piètres manipulateurs obsédés par leurs avantages à court terme, nous récoltons ce que nous méritons. Pardon d’être si faibles, ici et maintenant, après avoir été si grands.

Faites connaître notre site, partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *