Le billet d’Eric de Verdelhan

 

« Paix trompeuse nuit plus que guerre ouverte. »

Les maximes populaires de l’Inde » (1858)).

« Mieux vaut une bonne guerre qu’une mauvaise paix. »

(Proverbe finlandais ; « La Finlande et son histoire » (1845)).

 

Par goût de la provocation, j’ai failli intituler cet article « Vive la guerre ! » ou mieux « ¡Viva la muerte! », le célèbre cri du général franquiste José Millán-Astray en 1936(1). Mais j’appartiens à une génération qui n’a pas connu la guerre sinon de loin, chez les autres. Celle que se faisaient, au temps de la guerre froide, l’URSS et les USA, par Cubains, Libyens ou autres guérilléros interposés.

Hélas, je ne peux même pas me prévaloir du titre d’ « ancien combattant » de mai 68, car en Bretagne, où je vivais à l’époque, nous n’avons pas connu les terribles assauts de « CRS-SS » contre les « Résistants » (surtout à l’envie de travailler) qui occupaient la Sorbonne.

En 68, j’étais nationaliste et viscéralement antigaulliste (je suis encore les deux !) et il ne me déplaisait pas que le pouvoir bastonne violemment les fils-à-papa-gauchistes « et en même temps », que les gauchos cassent du flic gaulliste. Avoir « le cul entre deux chaises » a parfois des avantages !

Ensuite, on m’a appris à jouer à la guerre, chez les paras. De cette époque, j’ai bien aimé l’apprentissage des « coups tordus » enseignés à Mont-Louis ou Quélern (2), en revanche, les balles à blanc ou l’explosion de grenades à plâtre n’ont pas fait de moi un guerrier. Né pétochard, je suis resté peureux. Alors, me direz-vous, pourquoi évoquer la guerre ?

Simplement pour répondre à l’avorton présidentiel, qui, dans un discours-fleuve – ces prêches interminables dont il a le secret – a répété six fois « Nous sommes en guerre ».

Macron adore marquer les esprits avec des formules chocs et un phrasé pompeux.

Or, notre époque molle, aseptisée et matérialiste, aime se faire peur en évoquant – sans trop y croire – le spectre d’une troisième guerre mondiale.

Donc, Macron effraie le bon peuple en comparant une pandémie à une guerre, et le vulgum pecus est satisfait puisque le Coronavirus l’effraie autant, sinon plus, qu’une vraie guerre.

Tout le monde est content d’avoir peur et Macron peut jouer au « Chef de guerre », moulé dans une combinaison d’aviateur faite sur mesure (3). Mais tout ceci n’est que comédie !

Pourtant, ne nous leurrons pas, nous vivons sur un volcan : des conflits, d’une ampleur supérieure aux guerres précédentes, sont en gestation. Cet avis n’est pas une vue de l’esprit ou une élucubration pessimiste. C’est celui, entre autres, de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi et de plusieurs stratèges politiques ou militaires.

Quelles seront les causes possibles – ou probables – de guerre ? Tentons de le déterminer :

La guerre de 14-18 était prévisible de longue date. 39-45 ne fut que son prolongement et, elle aussi, était prévisible dès la signature du Traité de Versailles.

Pourquoi la guerre froide (1945-1991) n’a-t-elle jamais débouché sur une guerre « chaude » ?

Simplement parce qu’elle était idéologique. Les ressorts passionnels de l’humanité, ceux qui donnent naissance aux guerres, sont la suprématie ethnique, la religion et l’intérêt économique sous toutes ses formes. L’affrontement entre Communisme et Capitalisme, purement idéologique, n’a jamais débouché sur une confrontation générale, mais seulement sur des conflits limités (Corée, Vietnam, guerres en Afrique…) financés, en sous-mains, par les deux grandes puissances.

Depuis l’antiquité, le déclenchement des guerres est toujours prévisible. Il repose sur les mêmes mécanismes que les lois de la physique : la montée en température d’un gaz donne lieu à une explosion ; la poussée de plaques tectoniques se termine en séisme ; l’accumulation de cumulo-nimbus finit toujours par provoquer un orage. On peut donc prévoir le déclenchement des conflits.

En revanche, on ne peut pas pronostiquer la forme qu’ils prendront. Comme l’éthologie humaine le démontre, l’état de paix ne correspond pas à la nature humaine. L’agressivité est la règle de l’espèce humaine. L’idéal kantien (ou chrétien moderne) de la paix perpétuelle, n’a jamais fonctionné. L’histoire – NOTRE histoire – est structurée par la guerre.

La paix n’est qu’une transition passagère entre deux conflits.

Depuis la plus haute antiquité, les guerres n’ont représenté qu’une cause très marginale de la mortalité. L’idéologie pacifiste, qui tend à vouloir éliminer la guerre, est aussi stupide que la théorie du genre pour éliminer la sexuation, le Marxisme pour tuer la religion et l’économie privée, ou le cosmopolitisme pour faire disparaître le sentiment d’appartenance et d‘identité ethniques.

Le problème n’est donc pas d’éliminer les guerres, c’est impossible, mais de les gagner le plus rapidement possible, pour que les effets positifs de la victoire l’emportent sur les effets négatifs de sacrifices prolongés. L’auteur de cette vision n’est pas Clausewitz, c’est Jules César.

Depuis 1945, on pense qu’il n’y aura plus jamais de guerre « mondiale », mais seulement des conflits locaux, si possible… chez les autres. Et on se persuade que l’ONU parviendra toujours à éviter une généralisation des conflits. On a commis la même erreur après 14-18 – qu’on appelait la « Der des Ders » – et la création de la « Société des Nations », l’ancêtre de l’ONU.

Pourtant, les causes d’embrasement sont multiples. La crise provoquée par le Coronavirus est un facteur de plus, et, en cas d’effondrement économique (et financier) de l’Europe, il pourrait devenir un facteur déclenchant. Il y a des données mathématiques qu’on ne peut pas éluder, même si la politique de l’autruche et le « politiquement correct » font qu’on ne veut surtout pas en parler.

Je vais d’ailleurs rester ô combien prudent dans la suite de cet article : le seul fait d’évoquer les risques, mais surtout les causes possibles d’un conflit pourrait me conduire devant la justice pour « incitation à la haine raciale ou religieuse ». Notre pays, qui se targue d’être un État de droit (et le parangon des « droits de l’homme »), donne raison à la citation de Chamfort (Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, poète, journaliste et moraliste français : NDLR) : « En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. »

Quels sont les tensions susceptibles de provoquer un conflit grave ? :

Avant d’aller plus loin, il faut se rappeler qu’il y a 1,8 milliard de Musulmans dans le monde, et qu’il reste 1,2 milliard de Catholiques. Depuis un demi-siècle, la population musulmane a plus que doublé et la communauté catholique a fondu de moitié. Ceci se passe de commentaire !

L’immigration afro-maghrébine (très majoritairement musulmane) en Europe, peut dériver vers une guerre civile chez nous. La présence sur place de fortes troupes de manœuvre, jeunes, fanatisées, formées militairement au Djihad, peut en être le déclencheur (4).

La confrontation entre Islam et Occident (y compris la Russie), en dépit de la guerre de religion entre Sunnites et Chiites, mène peu à peu à des conflits interétatiques.

Le problème d’Israël, insoluble, va inévitablement déboucher sur une nouvelle guerre entre l’État hébreu et ses voisins, avec, en toile de fond la révolte contre les colons juifs de Cisjordanie.

L’éradication d’Israël est une idée fixe de tous les Musulmans (y compris Erdogan).

Le monde arabe (à l’exception du Maroc, mais pour combien de temps ?) est entré dans une spirale de chaos qui va s’accentuer, avec deux fronts distincts : Sunnites contre Chiites et dictatures militaires contre Islamistes. Sans oublier une volonté farouche et récurrente de liquider les Chrétiens. Ces troubles ne peuvent qu’amplifier l’immigration vers l’Europe (5).

L’islam est le principal facteur de déclenchement d’une troisième guerre mondiale, dans la mesure où l’on assiste partout à sa radicalisation. L’Islam radical est financé par l’Arabie et le Qatar, avec un ennemi implicite : la civilisation occidentale. Dans l’esprit des Islamistes, l’ennemi c’est le monde chrétien, même si cela ne correspond à aucune réalité sociopolitique.

L’État d’Israël est en grand danger. Bien qu’il dispose de la dissuasion nucléaire, ça n’empêchera pas certains de ses voisins, probablement bientôt dotés de la même arme, de le frapper. Israël peut parfaitement être l’amorce de l’explosion générale.

La Russie, contrairement à une idée entretenue chez nous, ne sera pas un facteur de troubles. L’ « Impérialisme russe » est un mythe construit par Washington. En revanche, la Russie, elle aussi, est aux prises avec l’Islam. La confrontation mondiale produira, bien entendu, une catastrophe économique, notamment à cause de la rupture des approvisionnements.

Une économie mondialisée, fondée sur les flux intenses (maritimes, aériens, numériques, etc.) tombera comme un château de cartes.

La principale faiblesse des Occidentaux réside dans leur vieillissement, mais aussi, mais surtout, dans leur veulerie, leur confort bourgeois, leur ramollissement moral et mental…

C’est un syndrome qui a frappé les Romains à partir du deuxième siècle.

La guerre, comme celle de 14-18, peut commencer par un événement localement limité et se poursuivre par un enchaînement de faits totalement incontrôlables, comme une avalanche.

Cette guerre verra peut-être des échanges nucléaires. Lesquels ne seront pas forcément plus meurtriers qu’Hiroshima et Nagasaki (des « bombinettes » de 50 kilotonnes). Leurs effets seront plus destructeurs sur le plan psychologique que physique.

On assistera peut-être aussi à un recul global de l’humanité. Ensuite, les choses pourront mettre des siècles à se rétablir. Un recul de civilisation s’est déjà produit au cinquième siècle, quand l’Empire Romain s’est effondré. Et il a fallu… mille ans pour s’en remettre !

Macron croit – ou nous fait croire – que nous sommes en guerre contre une pandémie, et il n’a pas tout à fait tort, car le Covid 19 révèle de façon flagrante la perte d’autonomie de nos pays riches qui détiennent des armes nucléaires, sont membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, mais ne disposent pas des moyens élémentaires pour protéger leurs populations contre un simple virus…

Nous sommes indéniablement face à une catastrophe sanitaire au niveau mondial.

Pour autant cette catastrophe ne concerne que les pays de l’hémisphère nord. Même si 180 pays sont concernés, cette pandémie frappe surtout les pays, riches et vieillissants, de l’hémisphère nord (Europe, Russie, Canada et États-Unis, Chine inclue). Cette pandémie a déstabilisé nos habitudes d’Occidentaux embourgeoisés, mais elle ne s’avère pas forcément dangereuse sur le fond : 95% des malades étant rapidement soignés et guéris.

Mais nous préférons nous suicider économiquement (et socialement) plutôt que d’admettre une surmortalité épidémique. Nos anciens vivaient avec la réalité des guerres et des maladies, ce que nous ne connaissons plus depuis 75 ans.

La grippe saisonnière est responsable de 290.000 à 650.000 décès au niveau mondial.

Lorsque nous prenons la mortalité annuelle en France, sur 67 millions d’habitants nous perdons 147.000 malades du cancer, 140.000 de maladies cardiaques, 94.000 du tabac, de l’alcool et de drogues, 55.000 du diabète etc… Au cours de l’été de 2003, avec la canicule, nous avons connu une surmortalité de 20.000 personnes. Alors pourquoi autant de sidération collective, autant de fébrilité politico-médiatique et de « neutralisation » de la vie du pays ?

D’abord, pour camoufler l’impréparation, puis l’improvisation d’un « plan Pandémie » ; ensuite pour ne pas avouer que la « peste verte » risque d’être beaucoup plus grave que le Covid19.

D’autant plus que nos forces armées, aussi motivées soient-elles, sont aussi mal loties que nos personnels soignants.

Macron peut toujours « rouler des mécaniques », il ne sera jamais un chef d’État, encore moins un chef de guerre. Il n’y a que ce lèche-bottes de Christophe Barbier pour oser le comparer à Clémenceau dans les tranchées.

 

Mais Clémenceau n’avait pas une combinaison d’aviateur sur mesure.

 

 

 

Notes :

1)- C’est, à l’origine l’un des cris de guerre de la Légion espagnole, lancé par le général José Millán-Astray à la fin d’un discours de Miguel de Unamuno, en 1936.

2)- Mont-Louis (66) était le Centre National d’Entrainement Commando (CNEC). Quélern (29) un autre Centre d’Entrainement Commando.

3)- Quand on sait qu’il n’a même pas fait de service militaire, c’est impayable !

4)- Lire « Guerre à l’Occident ; guerre en Occident » du Lt-Colonel Jean-François Cerisier ; aux Editions Riposte laïque.

5)- Immigration fortement encouragée par l’Union Européenne, Soros et…le Vatican

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