Le billet d’Éponine

 

Chaque jour amène aux trublions que nous sommes son lot de nouvelles aberrations politiquement correctes. Et là, franchement, je n’étais pas préparée à la communication d’un ami, que j’ai prise tout d’abord pour une blague.

Voici les faits : cet ami rédigeait un texte dans lequel il avait glissé, parlant de gens de notre espèce, c’est-à-dire coupables de réinformation, l’expression « les lanceurs d’alerte ». A son étonnement, « les lanceurs » se souligne automatiquement, signalant une erreur. Laquelle, grand dieu ? La réponse a été donnée par le correcteur automatique de Word 2016 dument interrogé : écrire seulement « les lanceurs » fait preuve de sexisme et il est conseillé de remplacer par « les lanceuses et les lanceurs », au nom du sacro et nouveau Saint Non-Discriminant, qu’on nous enjoint désormais de prier chaque fois qu’on prend la plume ou le clavier.

Ainsi donc, on ne peut plus utiliser un mot masculin comme terme générique ? Ainsi donc, cet usage immémorial doit être banni dans tous les cas, et, tel ou telle qui l’utiliserait encore serait punissable à brève échéance. Comment ? J’imagine que l’étape suivante de Big Brother-Word-Windows and Co pourrait être par exemple un blocage de clavier contre le (ou la) contrevenant€ (sic) à titre d’avertissement avant une descente de la police de l’orthographe. Note : j’ai sciemment laissé le signe € à la fin de contrevenant parce que c’est ce qui se passe quand on tape (-e-). Comme quoi tout n’est pas encore au point chez Word !

Revenons maintenant à la correction proposée « les lanceuses et les lanceurs ».  Pourquoi cette suggestion propose-t-elle « toutes les lanceuses… » en premier ? Le sexisme ultime serait donc de privilégier en place d’honneur l’expression au féminin ? Mais si on suit la logique des harpies féministes, cela peut paraître aussi sexiste et humiliant que de supporter qu’un homme leur tienne la porte, ou s’efface pour les laisser entrer dans l’ascenseur ? Et les hommes, comment s’accommoderont-ils de ce masculin rejeté systématiquement en arrière-plan ?

Il est vrai que Mme Taubira a récemment, au Canada, asséné une péremptoire vision dont sa haine génétique a le secret, en disant que les hommes doivent apprendre à vivre les situations d’infériorité. Sous-entendu : TOUTES les femmes (forcément victimes) ont souffert sous la domination de TOUS les hommes (forcément salauds) et l’heure de la vengeance a sonné… jusque sous la forme orthographique ! Fermez le ban !

Pour compléter le terrorisme orthographique, sévit dans nos écoles, collèges et lycées la Théorie du Genre, par laquelle on instille à nos enfants jour après jour l’idée suivant laquelle l’appartenance sexuelle n’est pas naturelle, mais un choix avant tout.

Pendant quelque temps, moi femme et pas jeune en plus, j’ai tenté d’analyser et de comprendre, sinon d’admettre, les raisons de ce déferlement sexiste, venu le plus souvent de femmes qui n’ont pas eu besoin de lois pour s’imposer à des postes de responsabilité. Je pense en particulier à Mmes Taubira et Schiappa. Et je n’ai trouvé que des réponses consternantes, tricotées (aïe, sexisme !) de poncifs éculés et peu vérifiables dans notre société, me laissant à penser que le fond du problème de ces amazones était en elle-même. Traumatisme d’un père ou d’une mère trop ceci ou pas assez cela ? Insatisfaction sociale ? Regret du pénis (aïe, Freud !) ? En fait peu importe la raison si elle n’a pas été murie et dépassée.

Et si j’observe autour de moi et compare avec les décennies antérieures, je ne peux que constater une société française dévirilisée dans laquelle les hommes européens ont de plus en plus de mal à se situer, entre exigence et risque de dénonciation style « balancetonporc ».  Ceci bien sûr pendant que des « pièces masculines importées » chouchoutées avec bienveillance par les mêmes harpies de gauche n’ont pas vraiment une vision égalitaire des femmes et même les considèrent basiquement comme des vagins sur pattes… vagins dont Mme Schiappa récite les monologues… la boucle est bouclée.

En fait, quels que soient les arguments de ces féministes, je les plains de tout cœur. Quoi de plus agréable pour une femme qui assume sa féminité que de croiser sur son chemin des hommes qui assument avec courtoisie leur masculinité ?

Je souhaite que la jeune génération de filles ouvre les yeux sur ces âneries qu’on leur impose à l’école et trouvent l’équilibre qu’on veut leur fausser.

Et puis tiens, pour me consoler, je vais écouter Michel Sardou « Femmes des années 80 ». Viril et admiratif, le mec. Ah ! ça fait du bien !

Voir en page 38 de la revue, un entretien sur les “délires du féminisme” avec Gabrielle Cluzel et Ingrid Riocreux .
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