Par Jean Lacroix

 

Les media évoquent ces temps-ci, les brutalités que quelques idiots infligent à de pauvres femmes.

Avant la chute du mur de Berlin nombre d’entre eux taisaient toutefois les pratiques des Républiques populaires. A coup d’hormones, leur médecine transformait de charmantes sportives, en véritables armoires à glace. Conséquences de cette science débridée : vie raccourcie, anomalies pathologiques et parfois changement de sexe. On ne pouvait à cette époque, dire mal du paradis socialiste. Une certaine presse se serait indignée, peut-être, si des transsexuels de l’Est, avaient brutalisé leurs coéquipières restées femme ?

L’éclairage actuel sur les « féminicides », ne nous semble pas tout à fait neutre. De type européen, l’auteur des délits dénoncés appartient toujours à la culture occidentale. Très présentes sur notre territoire, les ethnies nord-africaines ou subsahariennes, semblent ignorées dans ce genre de pratique. Si l’on tient comme déviance anthropologique universelle, le comportement du mâle châtieur : statistiquement les Occidentaux devraient partager avec d’autres, la une des journaux.

Pour le mal fait aux femmes, le monde culturel montre une attitude contrastée. Il place François Truffaut au Panthéon des cinéastes : mère de famille, Matilde, son héroïne de « La femme d’à côté » tue son amant. Mais paradoxalement, un jury désigna il y a peu Stendhal, comme le plus grand des écrivains français. Type du héros stendhalien, Julien Sorel tente pourtant, heureusement sans succès, d’assassiner sa maîtresse. Des penseurs considèrent Sade comme le sommet de la Liberté ; leur divin Marquis, ne traitait pas avec tendresse ses jeunes partenaires. On vénère Dostoïevski : dans Crime et Châtiment, Raskolnikov, étudiant tourmenté, fend à coup de hache deux vieilles sœurs.   Nous pourrions évoquer Carmen, qui chante le meurtre d’une sulfureuse Gitane par Don José, brigadier de l’armée espagnole cocufié par un toréador ; c’est l’un des opéras les plus joués. (1)

Mais plus grave est l’auto-filtre que les féministes, les intellectuels et le microcosme de l’information mettent sur un livre à grand succès. Cet ouvrage propose d’organiser la cité terrestre, pour l’accès assuré à la cité de Dieu. Considéré par certains comme de paix et de tolérance il dicte, entre autres, la conduite à tenir à l’endroit de son épouse préférée ou de ses trois autres. Nous citons, pour les gens peu coutumiers de cette somme titrée Coran, le Verset 34 de la Sourate IV :

 

« Les hommes ont autorité sur les femmes,

en vertu de la préférence

que Dieu leur a accordé sur elles,

et à cause des dépenses qu’ils font

pour assurer leur entretien.

Les femmes vertueuses sont pieuses,

elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve.

Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité ;

reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les.

mais ne leur cherchez plus querelles,

 si elles vous obéissent.

-Dieu est élevé et grand- »  (2)

 

On comprend le succès du fameux adage nord-africain : « Bats ta femme, etc………… »

Bienveillants ou idiots utiles, certains esprits se garderont de prendre le Saint Texte à la lettre. Ils s’emploieront à l’interpréter, voire à contester sa traduction. Or pour les adeptes de cette navrante religion, l’Ange Gabriel dicta le Coran au Prophète, son scribe. Le livre sacré s’en trouve transcendant, incréé et cause de lui-même.  On ne saurait y changer le moindre mot. Par comparaison, des hommes, faillibles par nature, rédigèrent nos Evangiles.

La religion mahométane fournit une excuse divine, à la tyrannie des conjoints et au matriarcat, structure familiale quasiment disparue d’Occident. Rassurons les défenseurs de l’éternel féminin. Le verset agressif cité est le seul à l’adresse des femmes. Les autres injonctions violentes, pourtant très nombreuses à l’endroit des Infidèles, des Israélites et des Chrétiens, ne distinguent pas le sexe.

L’Arabe se réfère au Coran ; sa religion, l’Islam, signifie soumission. Le Français puise dans l’Evangile : catholique, sa religion, vient d’universel, généralisable. Les étymologies portent ici beaucoup de sens. Pour notre cause féminine, dans notre foi référons nous à Jean (8, 1-11). On y pardonne à la femme adultère que la foule, selon la Loi de Moïse en vigueur alors, s’apprêtait à lapider. « Moi non plus je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus » y dit notre Seigneur. Ces profondes paroles de justice, de mansuétude et de vérité contrastent avec la cruelle injonction mahométane évoquée.

En outre, le Christ rend de fait caduque l’injonction de l’ancestrale Loi Mosaïque à punir corporellement les femmes. Les Français israélites, un peu aidés il est vrai par Napoléon, gommèrent les excès de cette Loi de Dieu voici déjà plus de deux siècles.

Les Arabes, eux, n’ont encore rien aboli de leurs fatras archaïques de normes transcendantes. Médias, Féministes et monde du « penser correct », seraient bien inspirés de demander la censure à l’égard d’un livre incitant à la violence conjugale qu’ils dénoncent. Comme pour les nageuses soviétiques à l’époque, ils feignent de ne pas en être instruits.

Imaginons Charles Martel défait à Poitiers : les Naïades russes en burkini ; pour les libertaires, Makach walou le Marquis de Sade ; héros stendhalien et Brigadier espagnol absous, mais littérature et opéra en panne d’inspiration ; Truffaut sous les verrous. Pour conclure : Julien Sorel acquitté, Philippe Saurel Caïd de Montpellier.

 

 

Notes :

  • Pour ne pas alourdir le texte, nous n’évoquons pas la probable perplexité des cérébraux à la mode, devant Tolstoï et Gustave Flaubert ; do it your self, Anna Karénine et madame Bovary se tuent sans l’assistance d’un mâle.
  • Le Coran, traduction de D. Masson, Folio Classique, 10 juin 2002. Une autre traduction, celle de Mohammed Arkoun chez Flammarion, 1980, dit la même chose en style plus poétique.
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