Macron : Jules Ferry, François Mitterrand, Molière et Armande Béjard


Le billet de Jean Lacroix

Certains reprochent amèrement à Emmanuel Macron d’avoir parlé de crime contre l’humanité pour qualifier la présence française en Algérie durant plus de 130 ans. Nous ne hurlerons pas avec les loups. Nous essayerons au contraire de comprendre ce qui justifie la saillie de notre candidat à l’élection présidentielle. Nous refusons d’y voir, comme on a pu le dire, la quête intéressée des voix des « quartiers réputés défavorisés » ; des quotas de visa revus à la hausse, pour les familles Algériennes du bled, suffisaient seuls à l’achat de tels suffrages. Pas besoin d’en rajouter.

Nous pensons que c’est dans la généalogie de la pensée morale d’Emmanuel Macron ; et sans doute dans son surmoi socio-libéral, qu’il faut aller chercher explication. François Mitterrand, Jules Ferry et Emanuel Macron, appartiennent à la même veine historique, celle de l’ Intelligentsia libérale de gauche. Un courant politique toujours prompt à l’indignation morale mais dont les membres demeurent résolument spectateurs engagés du phénomène inexorable de l’accumulation du “Capital mondial” : Marx non merci. Progressiste, il existait déjà avec ses contradictions en 1870. Complices de ceux de droite, les Versaillais de gauche, firent fusiller plus de 7000 infortunés Communards patriotes, en arrêtèrent 43 000 et en déportèrent 4 600. On situe même l’origine de ce courant sous Louis-Philippe, l’Orléans. Désabusé et en exil, notre dernier Roi aurait dit « la République a bien de la chance. Elle au moins, elle peut fusiller !».

Faut-il rappeler que François Mitterrand, avait proclamé en 1954 que « quitter l’Algérie serait un crime », mais sans oser en qualifier la nature. Le crime fut en effet effectif, en particulier contre les Harkis lâchement abandonnés ; ces glorieux supplétifs de l’armée française appartiennent pleinement à l’humanité. En son temps, feu Georges Frêche, autre membre de l’Intelligentsia libérale, contesta cette appartenance, employant même le terme “sous hommes”.

La Commune de Paris possédait en mai 1870 son Comité de Salut Public. Alger eut le sien lors des « évènements » où là encore, le Peuple se souleva ; la confusion entre les deux Comités a pu se faire dans l’esprit de notre Enarque. Comme entre la fusillade de la rue d’Isly à Alger, le 26 mars 1962, où le même Peuple tomba sous les balles françaises, et l’attitude des Versaillais de Gauche massacrant les Communards. Voila sans doute ce qui entraîna notre candidat à s’indigner rétrospectivement et à avancer l’idée de crime contre l’humanité.

La notion de crime s’explique aussi par l’intervention illégitime de la France sur des populations étrangères. Monsieur Macron loue les vertus de la laïcité et les valeurs de la République, comme jadis Jules Ferry le fit. Mais parallèlement, ce dernier défendait farouchement la colonisation. Il s’opposait pour cela à d’autres hommes de gauche qui préféraient vouer l’énergie nationale à de nobles desseins, bien plus consensuels. Partageant le même nationalisme que la Droite, la bonne gauche revancharde n’avait de cesse de reprendre au Boche, l’Alsace et la Lorraine, honteusement perdues après Sedan. Une multitude de lycées, d’écoles primaires, de rues et d’avenues, y compris en Algérie lorsqu’elle était française, s’appellent fièrement Jules Ferry.

Agrégé de philosophie, monsieur Macron sait les sciences humaines et l’ethnologie. Ainsi se garde-t-il de toute tentation ethnocentrique ; attitude que renforcent ses idées sur la diversité et le droit à la différence. En 1830, lorsque les Français débarquèrent à Sidi-Ferruch, les Arabes pratiquaient l’esclavage par coutume et par religion. Américains en 1810 et Anglo-néerlandais en 1818 étaient déjà intervenus militairement sur place, pour mettre un terme aux piratages barbaresques pourvoyeurs de force de travail ancillaire. Or en pays musulman, l’esclavage possédait ses particularités. Les femmes capturées étaient invitées à animer le harem ; Dieu le permet ; on les épousait si elles enfantaient. Les hommes étaient émasculés ; un eunuque « testiculé » dans un riche riad d’Alger ou de Constantine, n’eut pas été convenant au milieu de ces dames.

Adeptes avant l’heure du vivre ensemble, les Arabes mêlaient dans la même servitude : des Noirs raflés dans l’ancien empire Songhaï et des Blancs enlevés lors de razzias européennes. Montesquieu dans la lettre 21 des Lettres Persanes semble s’indigner de laisser Usbek, un eunuque blanc, seul avec les épouses ; en revanche la présence de leurs collègues noirs le laisse indifférent. Comme quoi, même la philosophie des Lumières, cette matrice de la gauche, discrimine!

En homme cultivé, monsieur Macron sait que l’esclavage était de mise en pays musulmans, et qu’il structurait l’économie et la sociologie de l’Afrique du Nord et du « Dar al Islam ». Ainsi voit- il sans doute la France fautive de l’avoir aboli en Algérie en 1848. Forcer une population à rompre avec de séculaires traditions ancestrales au profit de nos règles occidentales, ne relève-t-il pas du plus coupable ethnocentrisme? Le fait que chez nous, le dernier esclave disparut mille ans plus tôt sous Charlemagne ne légitime pas d’imposer aux autres, nos idées progressistes. Pour aggraver cette fâcheuse ingérence, relevons que les textes sacrés et incréés musulmans permettent encore de nos jours, en théorie, d’asservir un mécréant ou un infidèle. Ils lui confèrent un vrai statut. Relevons que ce n’est qu’en 1970 que l’esclavage fut, en principe, abandonné dans les royautés du Golfe.

Cette inacceptable abolition forcée par la France nous paraît être à la source du désappointement d’Emmanuel. Et d’une faute nationale, il en a fait un crime contre l’humanité. Crime d’autant plus grave que la cause finale était l’émancipation d’un peuple par : l’instruction publique mode Ferry, et la modernité. Ainsi nous imposions notre métaphysique progressiste à une population musulmane qui ne la demandait pas. L’ethnologie moderne condamne sans appel cette odieuse immixtion. Né un siècle plus tôt, Bernard Henry-Lévy, par le concept du droit d’ingérence qu’il a forgé eut peut-être pu, atténuer les tourments macroniens ?

C’est dur d’être de gauche ou macroniste : louer Jules Ferry pour son côté laïque et le rejeter pour son penchant colonial ; admirer Mitterrand pour son esprit de gauche, le réfuter pour son versant Algérie française. Vers où incliner ? Jadis en Afrique du nord, le maître achetait pour son harem des femmes jeunes. A l’inverse, Emanuel Macron, trente neuf ans, épouse une femme plus âgée de vingt ans : C’est Molière et Armande Béjard. En parlant d’esclaves mâles en terre mahométane, on employait souvent le terme eunuque pour celui qui demeure auprès des femmes sans, hélas, les toucher. Nous nous interdisons tout syllogisme, mais les hispanophones savent que de Macron à maricόn, il ne manque qu’un i !!! …

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