présidentielle


Le billet d’Arnaud Beauregard


Cette première partie de campagne présidentielle aura eu la vertu de mettre en évidence l’exécration du peuple de la France périphérique pour cette classe médiatique et politique dominante mais minoritaire.
L’aune des urnes confirme l’implosion des idéologies partisanes dans cette France d’en bas peuplant majoritairement les communes rurales et péri-urbaines qui a placé en tête la contestation populiste.

        Jusqu’à présent, le peuple faisait preuve de complaisances serviles en se cantonnant dans le carcan assigné par la classe dominante du système politique de l’alternance sous des étiquettes interchangeables. Le discrédit des partis politiques se partageant le pouvoir au fil des décennies est apparu considérable car près de sept français sur dix ne font plus confiance ni à la droite ni à la gauche pour gouverner le pays.

       Cette France périphérique où naguère on constatait un clivage opposant l’ouvrier qui votait à gauche tandis que le paysan portait son choix à droite s’est unifiée au travers du rejet du mondialisme économique et “immigrationniste”. Au fil des élections, on constate que de plus en plus d’électeurs affirment le désintérêt, le rejet de la politique, soit par une adhésion au « Parti du Plus à Rien à Foutre » qui se traduit par l’abstention ou le vote blanc soit par l’attrait du vote populiste au travers du « Marinisme », ou encore, comme on vient le constater du « Mélenchonisme ».

        Au final, l’électorat de cette « France oubliée et insoumise » qui n’a au fond qu’un seul bien, la patrie, a placé en outsider sur le podium d’arrivée la candidate du Front National Marine LE PEN, tandis que la nouvelle bourgeoisie a opté pour le candidat du modèle économique mondialisé. Celui – là même, qu’une partie de la classe politique appelait « Emmanuel HOLLANDE » avant de se coucher devant lui le 23 Avril dernier à vingt heures et deux minutes.

        L’élection présidentielle de 2017 se traduit par un vote de classe entre les nantis et les “ouvriers-employés”, entre les métropoles et le reste de la France, entre la nouvelle bourgeoisie, qui fait venir son personnel de maison du monde entier, et les chômeurs des grands bassins industriels abandonnés, subissant un nouveau mode de vie imposé par ce lumpenprolétariat.

        La fracture sociale est consommée: d’un côté le réalisme et le désespoir de la France des oubliés, composée de la classe ouvrière, des employés, des professions intermédiaires, des petits patrons et de l’autre côté l’optimisme du monde « BOBO » qui chante à tue tête « tout va très bien madame la marquise ». Comme d’ailleurs, l’a souligné avec beaucoup de finesse François ASSELINEAU sur une chaîne info en entonnant la chansonnette « Parler printemps » d’Emmanuel MACRON.

        A l’issu du verdict des urnes du premier tour, les médias « caméra au poing » se sont empressées de filmer avec beaucoup de mépris sous couvert de reportages d’informations ces « petits gens sans importance » de la France périphérique dont le seul espoir réside dans le vote « bleu marine ». La sempiternelle image du prolétaire, digne dans la pauvreté,véhiculée par le film la « belle équipe », de Julien Duvivier, a été remplacée par la caricature du « Sans dent » équivalent du « Dupont la joie » de Claude SAUTET, incarnant le beauf blanc raciste, xénophobe, atteint de crétinisme; ainsi le vote “Mariniste” est présenté exclusivement comme un choix nauséabond et sans conviction.

        Le débat télévisé des onze candidats a mis en exergue que l’élection présidentielle était devenue un spectacle;  l’homme du peuple y est élevé au rang de spectateur-consommateur de la politique spectacle, qui dans la logique commerciale va à l’isoloir comme il pousse son caddy au milieu des rayonnages d’un supermarché dégoulinant de marchandises imposées par le marketing de la mondialisation. Le système a mis en place ces nouveaux chiens de Garde que sont les journalistes des médias « main Stream » transformés en nouveaux inquisiteurs du tribunal de la sacro sainte bien-pensance.

        Il semblerait que la présidentielle se jouait au premier tour et que celui qui aurait son visage affiché à 20 heures face à MLP pouvait d’ores et déjà savourer sa victoire à la magistrature suprême.

        Dans ce contexte de premier tour, on ne peut que déplorer  la première partie de campagne de Marine LE PEN qui n’a été en réalité qu’ un grand rendez-vous manqué avec le peuple. Beaucoup trop de thèmes comme le grand remplacement par une immigration massive ou encore l’islamisation de notre société ont été volontairement éliminés pour séduire l’électorat des banlieues qui avait voté en masse François HOLLANDE contre SARKOZY et contrairement à Mélenchon, la séduction du vote ouvrier s’est essoufflée pour Marine LE PEN.

        N’en déplaise à David RACHLINE, son directeur de campagne, mais il faut souligner que sa qualification au deuxième tour revient de loin et on peut subodorer que si la campagne du premier tour avait duré encore une dizaine de jours, il n’aurait pas été exclu de constater l’élimination de Marine LE PEN de la campagne présidentielle.

        Dans l’inconscient collectif de la France Périphérique, Marine LE PEN représente au fond le seul espoir crédible face à l’invasion migratoire incontrôlée aux frontières mais contrôlée à l’intérieur par le grand capital ! Pourtant celle-ci n’oriente pas son discours sur la notion du grand remplacement si chère à Renaud CAMUS et repris courageusement par Nicolas DUPONT-AIGNAN.

        Nous avons pu noter également, dans les fameuses “144 propositions » de MLP que certains sujets semblaient  mal travaillés comme,  entre  autres, la sortie de l’euro qui crée blocage et  inquiétude dans les classes populaires. Pour une majorité de français, y compris chez les frontistes, une sortie de l’euro ne semble pas réaliste et les petits épargnants craignent de voir rétrécir leur maigre bas de laine.

        Cette obsession europhobe du Front national qui n’est pas une préoccupation majeure des classes populaires a généré un sentiment d’aventurisme, conduit par une cohorte d’amateurs, à l’égard du Front national. Il est indéniable que cette sortie de l’euro, avancée comme priorité par MLP lui a fait perdre au premier tour des centaines de milliers de voix qui lui étaient, semble-t-il, acquises.

        La chute s’est accentuée avec cette proposition inconséquente de consultation du peuple français sur une sortie de l’euro et de l’UE si elle était élue présidente de la République.Finalement, ce qui semblait être un point fort de son programme s’est transformée en véritable boulet. Ce « scénario catastrophe » de démission en cas d’échec au référendum (confirmé par F. PHILIPPOT sur France Inter le 27/04/17) crée un repoussoir supplémentaire qui n’est pas propice à un vote d’adhésion massif de la France périphérique et pourrait entrainer une mise à mal  de la relation de confiance envers la candidate MLP.

        Il faut souligner également que la mise au placard de la députée Marion Maréchal LE PEN aura été une faute stratégique dans la conquête de l’électorat conservateur après le « Péneloppe Gate ».

        Ce ne sont pas les maigres scores réalisés dans le “Paris intra-muros” et dans la banlieue parisienne qui amèneront la victoire, mais en grande partie les scores honorables du Sud de la France qui permettront de compenser ceux de la capitale et des régions de l’ouest. Que ces messieurs WALLERAND de SAINT–JUST et Jordan BARDELLA restent au vestiaire et laissent la « Nièce » jouer le match de la finale ! Elle, au moins, ne bottera pas en touche !!!!

        Le peuple marginalisé de la France périphérique attendait au contraire du programme de MLP des solutions face à l’invasion migratoire, à l’islamisation massive de quartiers entiers, à la destruction de l’identité nationale, à l’explosion de l’insécurité, à l’effondrement de leur pouvoir d’achat, etc.… et non à une focalisation sur des thèmes, de surcroît mal travaillés, aux antipodes de leurs préoccupations quotidiennes.

        Le changement de stratégie dans la dernière ligne droite a été salvateur et a permis d’enrayer la chute.

MPL a enfin renoué avec la motivation du vote FN des classes populaires en exprimant tout haut la révolte silencieuse de la France des oubliés composés de millions de gens modestes.Son déplacement à Amiens à la rencontre des ouvriers victimes du « génocide de la mondialisation » laisse entrevoir l’immense espoir que tout est possible dans cette élection présidentielle et que la victoire n’est pas réellement acquise pour le funeste MACRON.

        L’ensemble du ralliement général de la sacro sainte bien-pensance au fils spirituel de François HOLLANDE met en évidence que les cloportes sont attachés à leurs privilèges à l’instar des arapèdes sur les rochers mais celle-ci a  oublié que le scénario déjà pré-établi devait être validé par le peuple au travers de son vote.

        Car en réalité, le petit peuple n’intéresse pas du tout MACRON, et il n’y a qu’à voir son comportement à la sortie du premier tour comme s’il avait déjà gagné l’élection présidentielle, en particulier son diner à la Rotonde comme le fit au soir de sa victoire SARKOZY au FOUQUET’S.

        E. Macron incarne tout ce que nous exécrons de ce monde politique et il ne suffit pas de dire seulement qu’on ne peut pas voter pour MACRON, car l’abstention ne sert à rien et le vote blanc n’est pas comptabilisé.

        Cet « Emmanuel HOLLANDE » qui n’aime pas la France, qui a eu l’outrecuidance de l’accuser de crimes contre l’humanité, qui ose prétendre qu’il n’existe pas de culture française… ce pur produit de la finance, cet homme qui s’apprête à laisser pour compte la France périphérique ne doit pas laisser les français amorphes. Le « tout sauf MACRON » doit se transformer dans l’urne par un vote révolutionnaire de l’union des ouvriers et des classes moyennes (les producteurs) de la France profonde balayant l’oligarchie.

        Il est grand temps que le peuple fasse tout valdinguer : les probabilités, les courbes de sondage, les projections pour les législatives, les faux experts des chaines infos… comme dirait l’autre il est temps de “disperser façon puzzle” une fois pour toutes cette classe politique nauséabonde.

        Certes les bulletins de vote ne sont pas des grenades à fragmentation et MLP semble bien isolée politiquement pour pouvoir “renverser la table”. Mais “Là où il a une volonté il y a un chemin” alors tout est possible pour cette France  qui représente tout de même 60 % de l’électorat. Gardons également en mémoire que la France est “à droite” électoralement et on n’ose pas imaginer  par quelle distorsion de la pensée, un électeur populaire FILLONISTE de la place du Trocadéro ou encore un électeur de Nicolas DUPONT-AIGNAN pourrait se convaincre de renoncer à leurs idéaux en votant MACRON au deuxième tour.

        Le temps de la pince à linge sur le nez pour voter est révolu, d’ailleurs la rue est déserte… fini les foules hystériques scandant avec haine le nom de LE PEN. En ce qui me concerne, même si je n’adhère pas à l’intégralité du programme de MLP, je vais, après plus de dix années de rupture et de détachement profond à l’égard du système électoral, retrouver le chemin des urnes et laisser sur le bord de la route ma conviction d’appartenance au parti du « Plus rien à foutre de cette caste politique ». La situation est bien trop grave pour abandonner cette France des clochers et des dolmens, aussi bien à l’hégémonie de l’oligarchie qu’à celle de l’islamisation.

        En ma qualité d’homme du peuple, ce fameux dimanche de second tour je donnerai ma voix sans l’ombre d’un état d’âme à Marine LE PEN, non seulement par fierté de ne pas être cocufié par la caste au pouvoir mais en espérant que ce jour là, à vingt heure, j’aurai l’extrême jouissance de voir les mines déconfites de tous ces salauds qui ont détruit la terre de mes aïeux.

        Mais mon retour à l’urne, c’est surtout pour le travailleur qui regarde abattu de sa fenêtre de son HLM son unique bien, sa voiture incendiée par des racailles, pour ces personnes du troisième âge qui se font dépouiller de leurs modestes économies par  des “chances pour la France” déguisées en faux policiers ou faux plombiers, pour tous nos compatriotes des zones de non-droit obligés de baisser les yeux quand ils pénètrent dans leur hall d’immeuble,  pour les femmes violées dans les trains de banlieues, pour les petites gens qui craignent chaque jour la saisie immobilière due à leur précarité financière, pour les gosses rackettés dans les écoles, pour les camarades paysans qui sont expulsés de leurs fermes par les banksters, pour les marins-pêcheurs qui ne prennent plus la mer que pour payer les crédits,  pour l’ouvrier qui a perdu son emploi de par la délocalisation de son usine, pour toute cette France des oubliés pour laquelle j’aurai une pensée émue au moment où je glisserai dans l’urne le bulletin de Marine le PEN et que j’entendrai le fameux “a voté”.
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