D’après Joachim Boumaza

 

En ces temps de désastre économique, nous achetons des prix, pas des produits, sans regarder d’où provient réellement ce qui se trouve dans nos assiettes ou ce qui nous habille.

Des prix toujours plus bas, des caddies toujours plus remplis, des chaînes de hard discount qui prennent de plus en plus de terrain à proximité de nos habitations, voilà ce qui menace aujourd’hui notre avenir….

 

Le nôtre oui, car tandis que les LIDL, MARIE BLACHERE, DOMINOS, PRIMARK … se gavent en proposant des prix toujours plus bas, ils réduisent aussi leurs masses salariales, proposant des postes de travail polyvalents, car produire de la rentabilité à un coût, elle-même doit être rentable. Un agent de caisse, autrefois caissier(e), se doit d’être manutentionnaire, inventoriste, réceptionnaire, technicien de surface, agent de sécurité et même agent commercial. 

Leurs responsabilités augmentent, mais leurs salaires diminuent. Leur stress et leur fatigue générale ne soulèvent que peu d’émoi pour des consommateurs toujours plus exigeants dans les services qu’ils exigent : attendre 5 minutes en ligne de caisse devient un drame qui mérite une compensation, et par la même occasion une exécution sommaire de l’employé au regard vide et à l’allure robotique. 

Car il faut vite rentrer à la maison pour éviter la contravention de 135 euros, que les hommes en bleu hésitent de plus en plus à dresser. Rentrer vite aussi, car il serait impensable de manquer quelques frasques du clown de l’audiovisuel sur C8, qui présente un ersatz de talkshow qui ravit des millions de français en manque de vie sociale. 

L’implantation de ces géants de l’achat de masse aux prix défiant toute concurrence a un impact sur la vie locale et sociale, en particulier sur celles des petits entrepreneurs, épiciers et boulangers, bouchers et pizzaiolos, cavistes et revendeurs de vêtements, qui voient leur clientèle décliner au profit de multinationales qui se remplissent les poches sur le dos de nos travailleurs et qui s’exilent fiscalement avec le soutien de l’État, tandis qu’eux, entrepreneurs français, considérés comme contributeurs de seconde zone de la croissance nationale, croulent sous les taxes, normes européennes inutiles et restrictions sanitaires contradictoires.

Quand nos régions tuent nos artisans

OVOPRODUITS- PRODUITS ALIMENTAIRES INTERMÉDIAIRES- PRODUITS ALIMENTAIRES ÉLABORÉS À L’AVANCE

Ces adjectifs ne vous disent peut-être rien, mais ils se sont insinués dans votre quotidien alimentaire depuis déjà quelques années. Cette salade composée que vous payez entre 12 ou 14 euros sur le bord de mer dans un restaurant qui sert 300 couverts le midi pour 3 cuisiniers maximum au service, ou bien cette baguette de pain achetée 40 centimes environ dans votre enseigne d’origine allemande, s’auto- proclamant « première chaîne de magasins de France » ont pour point commun d’utiliser ces gammes de produits issus de l’agro- alimentaire pour élaborer leurs recettes. 

Ces plats « faits maison », revendiqués par votre enseigne de pizza américaine ou ces plats cuisinés par votre restaurant franchisé, ne sont produites qu’avec des œufs à l’état liquide conditionnés en bidons de plusieurs litres, décortiqués de leurs coquilles ou même en rouleaux prêt à couper, le tout sous vide, avec l’aide de conservateurs en poudre dont les quantités sont jalousement gardées, dans un soit disant souci de secret de fabrication, ou plutôt pour ne pas effrayer le consommateur non averti des risques sanitaires que représentent leur utilisation.

Pourtant, l’Union européenne oblige les fabricants à avertir les consommateurs mais, pour ne citer que les contrôles des réglementations françaises, elles privilégient les recommandations visant à affaiblir notre pouvoir d’achat plutôt que notre santé.

Il convient de vous éclairer sur un événement qui se déroule tous les deux ans à Paris, ex capitale du bon vivre, du raffinement et du rayonnement français, LE SIAL ; autrement dit Salon International de l’Alimentation. Cette manifestation biennale, qui rassemble en moyenne 300.000 visiteurs, regroupe aussi tous les représentants de la cuisine de l’avenir, en somme, de la cuisine industrielle de luxe. Parmi ses visiteurs, se mêlent un nombre majoritaire de professionnels de la restauration traditionnelle ou de distributeurs, alléchés rien qu’à l’idée d’augmenter leur marge brute, plutôt que de s’assurer de la qualité des propriétés alimentaires qu’ils serviront à leurs clients une fois retournés en cuisine. 

Parmi ces gargotiers, on peut rencontrer de futurs émules, désireux de se lancer dans la restauration après avoir travaillé dans le bois ou la maçonnerie durant 20 ans, rêvant déjà de faire fortune mais sans avoir aucune expérience professionnelle dans la profession, ou à défaut un cdd de six mois chez MC Do. Pour eux, le choix du tout industriel aux apparences du « fait maison » est une logique, le micro-ondes étant le seul outil de travail qu’ils devront apprendre à maîtriser. 

Mais, qui finance ce genre de pratiques ? Des partenaires internationaux issus du milieu technologique, du numérique, de la protéine alimentaire, de l’emballage éco responsable, de la recherche scientifique, des médias, de représentants du e-commerce, de startups spécialisées dans l’événementiel, de l’agro-alimentaire… mais aussi des régions qui sont représentées par des entrepreneurs locaux qui cherchent à se faire une place parmi les premiers d’un concours d’innovation, qui visent à remplacer le service de l’humain par la technologie industrielle 2.0.  

Comment une société ouverte aux principes de « l’accueil pour toutes et tous » comme la France, dirigée par l’UE, comment une région comme l’Occitanie qui nous concerne directement, peut entrevoir une diminution du chômage de masse alors qu’elle finance indirectement la mort de l’emploi en TPE, les droits des travailleurs et l’avenir des formations culinaires pour les futurs apprenants. 

Pour de nombreuses associations de la mouvance d’extrême gauche, la préoccupation première est le sort de « générations d’enfants surexploités », pour la production de vêtements issus de pays qu’ils ne sauraient situer sur le globe, payés une misère vue de France, pour le compte de multinationales peu scrupuleuses de leurs conditions de travail, alors que parallèlement, chez nous en France, nous subissons le même sort. Le militantisme altermondialiste n’est qu’un mélange de déni et de recherche de la facilité pour attirer de multiples couvertures médiatiques, dons et subventions, plutôt que de rejoindre ceux qui, comme la Ligue du midi, se battent dans une médiatisation moindre à quelques kilomètres de chez eux.

 

Il existe deux sortes de combattants, ceux qui font passer les convictions avant la postérité et ceux qui privilégient la postérité avant leur convictions, mais ceux-là n’en seront jamais rassasiés.

L’Aile ou la Cuisse, film français réalisé par Claude Zidi et sorti en 1976 avec Louis de Funès.

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