Par Franck BULEUX

« Il manquerait 40 à 50.000 naissances par an pour assurer le renouvellement des générations », alerte François Bayrou, ce dimanche 16 mai.

Dans une note transmise à l’AFP, le haut-commissaire au Plan dresse le constat d’une démographie française en berne, et propose un « pacte national pour la démographie » et plusieurs solutions. D’après lui, le pays doit “avoir plus d’enfants” mais aussi, et surtout, “accueillir des personnes d’autres pays”.

Ces propos me rappellent les positions favorables à l’immigration exprimées dans la publication en 1985 du livre de Bernard Stasi, alors dans le même mouvement politique que Bayrou, « L’immigration, une chance pour la France ». 

Car, à part la peur panique et irrationnelle de la Covid-19, nos représentants sont pour la politique des frontières largement ouvertes. Aucune donnée, puisque c’est interdit, ne nous est fournie sur la délinquance et le coût social réel de l’immigration.

Au-delà de ce constat, il serait nécessaire et utile, comme le fait le dernier numéro de la revue Front populaire, émanant des soutiens du philosophe normand, Michel Onfray, de mettre ce mot au pluriel, « immigrations ». Mais restons sur le thème générique de l’immigration, celle que les Français peuvent observer.

Car, ce que les centristes souhaitent, hier le Centre des démocrates sociaux (CDS) avec Stasi, le bien-nommé, aujourd’hui le Mouvement démocrate (MoDem) avec Bayrou, ce n’est pas l’immigration choisie, voulue, sélectionnée en fonction des capacités et des besoins du pays ou des qualités intrinsèques du migrant ; non, c’est l’immigration sociale, celle pour qui les gouvernants ont les yeux de Chimène. L’appel d’air français, en matière d’universalité des droits sociaux, est connu du monde entier.

Ce courant politique, appelé parfois démocrate-chrétien, est une plaie pour la France : des lois liberticides jusqu’à l’ouverture sans limite des frontières, cette « fausse droite » n’a cessé d’être le marchepied d’une gauche qui n’a même pas besoin de gagner les élections pour faire appliquer son programme ou ses lubies internationalistes. Ce courant « centriste » n’a eu de cesse d’influer la droite libérale et conservatrice vers des réformes sociétales contraires à la tradition de la France.

Aujourd’hui empêtré dans une affaire pénale de financement occulte de son parti, le MoDem de Bayrou n’a pas les honneurs de la « une » du Journal du dimanche (JDD) comme l’est, pour des causes identiques, Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national (RN) devait essayer d’appeler à l’ouverture des frontières en matière migratoire, peut-être bénéficierait-elle d’une tolérance médiatique, voire judiciaire ? Selon que vous vous appeliez Bayrou ou Le Pen…

Le seul point positif de la candidature, puis de l’élection de Macron à la présidence de la République est le décrochage, peu à peu, des centristes de la droite. Pour ceux du MoDem, cela n’a pas traîné, dès avant le premier tour de 2017, l’appel à voter Macron était net. Sans doute Fillon était-il trop « catholique » pour les démocrates-chrétiens ?

La mutation de la population française quantitativement et qualitativement se poursuit via son absence de choix en matière de politique migratoire. Un État doit avoir le choix de ses citoyens, nationaux ou résidents, sinon en quoi est-ce un État indépendant et souverain ?

La vocation de la France n’est pas d’être un « melting-pot » civilisationnel. Elle a vocation à être un continuum patriotique au sein de l’Europe et non une enclave de populations perdues, égarées et militantes pour lesquelles le choix de la France est un choix uniquement social, servant de surcroît de base arrière à des combats internationaux, comme samedi 15 mai en plein Paris, et ailleurs…

Le manque démographique constaté par Bayrou est notamment la conséquence des politiques centristes en matière de contrôle des naissances mais aussi l’absence de vision nationale d’un pays enfermé dans ses contradictions et proche de l’implosion, comme l’ont dénoncé récemment de nombreuses pétitions émanant des forces vives de notre nation. D’ailleurs Bayrou le sait, tout en évoquant les deux options pour enrayer le déficit démographique, il passe rapidement sur une politique nataliste pour se rabattre sur l’arrivée de migrants. Il est de notoriété publique que les migrants sont tous en âge de travailler et en sont capables (maîtrise de la langue, volonté d’intégration…), ce qui est loin d’être le cas.

Cette France centriste n’a qu’une idée : se maintenir au pouvoir. Observer la République, chaque gouvernement, ou presque, à bénéficier d’un ralliement de « centristes ». Depuis 35 ans, on sait les reconnaître, qu’ils soient les « compléments » de la droite, de la gauche ou des mondialistes macroniens, ce sont ceux qui prêchent pour toujours plus d’immigration. En 2007, Patrick Sébastien soutenait, avec ferveur, le candidat Bayrou. Après tout, les propos de Bayrou sont peut-être purement humoristiques.

 

En document : l’intervention de Bayrou : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-brief-politique/immigration-choisie-le-debat-maudit-qui-divise-jusque-dans-la-majorite_4608923.html

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