D’après Luciano Lago

 

L’Occident, dans sa phase actuelle de décadence, n’a pas les moyens de rivaliser avec le développement impétueux de la Chine. Ajoutez à cela l’étroite coopération entre la Chine et la Russie, étendue de la sphère économique à la sphère militaire, qui fait du bloc Russie/Chine un antagoniste capable de remettre en question l’intention, proclamée par Biden, de restaurer le leadership américain sur le monde.

 

Dans son dernier discours officiel, le Premier ministre chinois Xi Jin Ping a lancé un avertissement aux États-Unis : le monde ne connaîtra pas la paix et la stabilité tant que les États-Unis ne cesseront pas de s’ingérer dans les affaires des autres pays. Il a également dénoncé les tentatives éhontées de l’Occident de compenser son incapacité réelle, dans son obsession à contrer les menaces chinoise et russe, en organisant des soulèvements et en orchestrant de la propagande pour provoquer des changements de régime.

C’est là une forme de guerre hybride avec un objectif bien circonscrit, d’ailleurs, et explicitement déclaré comme tel par les dirigeants de Washington, qui refusent de considérer comme légitimes les gouvernements des pays qui s’opposent à l’hégémonie nord-américaine et qui, dès lors, s’engagent à les combattre en utilisant l’arme des sanctions ou des embargos. Cependant, le jeu avec la Chine et la Russie est plus compliqué, les sanctions sont inefficaces et Washington recourt alors à la rhétorique habituelle des « droits de l’homme », sans reconnaître que ce sont les États-Unis qui sont les plus responsables des violations des droits de l’homme dans le monde.

Pour appuyer leur propagande, soutenue par le méga-appareil médiatique occidental, Washington et Londres mobilisent leurs services de renseignement pour créer des empoisonnements préfabriqués, de l’affaire Skripal à l’affaire Navalny, dont la Russie est accusée (sans preuve), ou pour fomenter des émeutes et des manifestations à Hong Kong.

Dans le cas de la Russie, Vladimir Poutine est dépeint comme le nouveau tyran impitoyable qui lâche ses agents à la recherche de prétendus opposants à empoisonner, tandis que Xi Jin Ping est décrit comme le nouveau danger pour le « monde libre ». Sinon, les services de renseignement de Washington et de Londres préparent les habituels « False Flag » (provocations scénarisées) d’attaques aux armes chimiques menées par les Russes et les Syriens en Syrie pour accuser Poutine et Assad et préparer de nouveaux « bombardements humanitaires ».

On ne peut pas dire que les Anglo-Américains fassent preuve de beaucoup d’imagination à cet égard, il suffit de se rappeler les « armes de destruction massive » présentées comme motif de la guerre contre l’Irak, mais ce peu d’imagination est parfois compensé par Israël avec ses attaques préméditées contre certains navires dans le Golfe Persique, dont l’Iran est accusé, bien sûr. La plus récente fausse attaque contre un navire commercial israélien a été démentie par des images aériennes d’un drone iranien. Des provocations visant à convaincre du « danger » de l’Iran, un pays qui depuis 41 ans est le plus grand antagoniste d’Israël et de l’hégémonie américaine dans la région. Dans tous les cas, l’arme préférée de Washington (et de Londres) est toujours celle des « droits de l’homme ».

En réalité, l’embargo, pour affamer les peuples et les pousser à mettre en œuvre un changement de régime, est la marque de fabrique de la politique américaine : la même technique que celle mise en œuvre par Israël, depuis plus de onze ans, contre les Palestiniens de Gaza.

Tout ce qui menace la vie et la dignité des personnes est un crime contre l’humanité. Honteux est le comportement de l’Europe qui se plie à ces blocages décidés par Washington, démontrant ainsi sa servilité envers le maître. Cependant, le cas de l’Arabie saoudite est comme une « poutre dans l’œil » des défenseurs des droits de l’homme, avec la couverture accordée par les États-Unis au prince sanguinaire Bin Salman, qui est tout à la fois derrière le meurtre du journaliste Khashoggi et derrière l’agression contre le Yémen.

Cette énorme pierre d’achoppement met en évidence l’hypocrisie de cette propagande que seuls les imbéciles peuvent encore croire aujourd’hui.

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