Par Olivier Maurice –Contrepoints

Tout l’échafaudage d’arguments présentés par le président de la République et l’équipe gouvernementale à la mi-juillet est en train de s’effondrer.

Beaucoup d’événements se sont produits depuis le 12 juillet et le lancement du passeeport sanitaire, de nombreux événements et de nombreuses informations.

Tous vont dans le seul et même sens : en plus d’être un gâchis économique et social, le passeeport sanitaire se révèlerait bien être une totale aberration sanitaire. Son principal crédit semble en fait d’avoir radicalisé le noyau dur des supporters de l’équipe au pouvoir.

On a bien observé une augmentation des vaccinations, mais en y regardant de plus près, ce sont surtout les populations les moins à risque qui se sont ruées dans les centres de vaccination, en grande partie pour pouvoir profiter de leurs vacances, des cinémas et des restaurants. Comme en plus, on leur a accordé le droit de pouvoir tomber le masque, de s’affranchir des gestes barrières et même celui d’éviter l’isolement en cas de contamination, la pilule a été vite avalée.

Pour d’autres, plus soucieux de leur santé et de celle des autres que de l’urgence de pouvoir boire une bière en terrasse, les indices qui s’accumulent un peu partout sur l’absurdité de la mesure ont vite fait de conforter leur intuition initiale, à savoir qu’un gouvernement qui ne fait que mentir ou se tromper depuis un an et demi ne pouvait que de nouveau mentir et se tromper une fois de plus.

Pour un bon nombre enfin, l’injustice et l’humiliation de la mesure les a finalement convaincus, soit de sortir dans la rue, soit de la nécessité de trouver un moyen à court ou à moyen terme de mettre fin à toute cette folie, soit des deux.

Il est maintenant indéniable que quasiment tout l’échafaudage d’arguments présentés par le président de la République et l’équipe gouvernementale à la mi-juillet est en train de s’effondrer.

DES VACCINÉS CONTAGIEUX

L’argument de la contagion des personnes à risque par les non-vaccinés a été le premier à tomber, même s’il a fallu un bon mois et demi (à partir de la diffusion des premières preuves que les vaccins n’empêchaient en aucun cas la contamination, dont le précédent article a été un, sinon le tout premier en France) pour que l’information arrive enfin au cerveau des experts médiatisés et ne déclenche l’évidence de la conclusion qui s’impose immédiatement : les vaccinés infectés et exemptés de toute mesure de précaution sont autant de bombes virales lâchées dans la nature.

Le passe sanitaire est passeé en quelques semaines d’une bulle de protection virale à un vecteur de transmission avéré. Même le conseil scientifique s’est finalement rendu compte de la perte d’efficacité et a appelé le gouvernement à changer de discours, façon politiquement polie pour expliquer que le passe était inutile et carrément dangereux.

Évidemment, on n’a vu depuis aucune communication institutionnelle expliquant avec condescendance qu’en étant vacciné, vous avez de fortes probabilités de devenir un heureux porteur asymptomatique massacrant joyeusement papi et mamie sous la bénédiction médiatique et gouvernementale.

On n’a pas eu droit non plus à l’inquisition traquant les vaccinés en les traitant d’assassins et d’égoïstes comme c’était le cas il y a un mois et demi, mais cette fois à l’encontre des non-vaccinés…

URGENCE OU PRÉTEXTE ?

On s’est également rendu compte que l’urgence de la quatrième vague qui s’annonçait comme une déferlante monstrueuse allant tout balayer sur son passeage, relevait à fois de l’exagération, du pessimisme, de l’absence de sang-froid et du manque total de confiance accordée à la société civile.

L’étude des données en Martinique, département présenté pendant plusieurs semaines comme étant l’antichambre de l’enfer et la preuve de l’absolue nécessité de la vaccination, montre clairement a posteriori que la prétendue vague monstrueuse de contaminations  avait déjà atteint un plateau à partir du 20 juillet, soit 10 jours avant la mise en place du reconfinement.

Bizarrement, depuis que l’on ne peut que constater le manque total d’évidence quant à l’efficacité des mesures (pour être gentil), on n’entend plus parler d’apocalypse zombie en Martinique…

UNE TOTALE IMPRÉPARATION

L’étude plus approfondie des chiffres martiniquais donne d’ailleurs une claire idée de l’incroyable niveau d’exagération et d’incapacité des services de santé à gérer le problème.

Début juillet, le département avait été quasiment épargné par l’épidémie, ne déplorant que 104 décès imputés au Covid-19 depuis mars 2020 (2,7 pour 10 000 habitants, soit 6 décès par mois en moyenne). Alors oui, l’épidémie a frappé en juillet et en août, et a frappé durement, comme a frappé durement la première vague en métropole en mars-avril 2020.

En un mois, la Martinique a compté 200 décès. 725 lits d’hôpitaux sont actuellement occupés.

Lors de la première vague en métropole, on a compté 2800 décès en un mois dans la région Grand Est qui a été la première touchée : 5 décès pour 100 000 personnes dans la région grand Est en un mois, tout comme 5 décès pour 100 000 personnes en Martinique entre le 15 juillet et le 15 août…

Mais comment les services sanitaires sur place n’ont-ils pas pu anticiper qu’une première vague serait forcément sévère ? Comment ont-ils pu ignorer que l’adhésion à la vaccination serait forcément faible dans une population qui avait été largement épargnée depuis 18 mois ? Pourquoi a-t-il fallu attendre la mi-août (soit un bon mois) pour que subitement le nombre de lits (hospitaliers et de réanimation) soit magiquement multiplié par deux du jour au lendemain ?

Bizarrement, on n’entend nulle part que la vague initiale martiniquaise a fait autant de morts que la vague initiale qui a frappé l’Est de la France, alors que, quand même, 20 % de la population avait reçu une première dose au 15 juillet 2020…

UNE PROTECTION EN QUESTION

Le dernier argument que l’on entend encore est celui de la protection contre les formes graves. Le chiffre de 85 % des cas graves non vaccinés est encore régulièrement sorti comme arme nucléaire pour faire taire avec autorité ceux qui osent poser des questions.

Passeons sur les épisodes pornographiques de malades hospitalisés confessant leurs fautes en public et sortis comme illustrations… Cet argument risque lui aussi de ne pas mettre longtemps à s’effondrer tout comme les autres.

D’abord parce que le débat est toujours ouvert, les chiffres n’étant pas rendus publics pour des raisons d’ailleurs parfaitement légitimes de confidentialité, le pivot entre les deux bases de données, celle des patients hospitalisés et celle des personnes vaccinées, ne pouvant être fait qu’à partir des numéros de sécurité sociale.

Surtout parce que les données internationales, principalement israéliennes mais aussi américaines, semblent contredire totalement le chiffre français sorti comme joker par tous les commentateurs et qui ne repose que sur une seule étude, publiée le 30 juillet sur les malades hospitalisés entre le 31 mai et le 11 juillet, soit avant la « vague delta » et donc sur un nombre très faible de cas, pour bon nombre hospitalisés depuis belle lurette, et ce dans la partie descendante de la vague de printemps et donc infectés à une époque où quasiment personne n’était vacciné.

Accessoirement d’ailleurs le chiffre exact est de 78 % de patients décédés du Covid-19 non vaccinés, chiffre d’ailleurs inférieur au ratio de personnes hospitalisées non vaccinés (85 %), ce qui pourrait signifier qu’il y a davantage de décès chez les vaccinés entrant à l’hôpital que chez les non vaccinés (comme quoi une seule étude ne veut pas dire grand-chose).

Quand on ajoute à tout cela quelques cas concrets de personnalités connues, comme Jakob Devarieux, le chanteur du groupe Kassav, mort du Covid-19 et ayant reçu 3 doses, ou la candidate de télé-réalité Sabrina Perquis, elle aussi gravement atteinte alors qu’elle a elle aussi reçu 3 doses, on peut raisonnablement se dire qu’une mise au point sur l’efficacité réelle des diverses injections ne serait pas du tout superflue plutôt que d’en faire une bataille d’arguments d’autorité.

MÉDECINE OU POLITIQUE

Les solutions de déclenchement de réponse immunitaire sont une magnifique innovation technologique qui a permis de concevoir des outils très performants en un temps record.

Mais ce sont des outils thérapeutiques, ce ne sont pas des instruments politiques.

Aucun médicament, aucun geste chirurgical, aucune thérapie n’est efficace à 100 % et dans tous les cas. Ça n’existe pas.

Les médecins passeent à minima 9 ans à apprendre que pour être à même de tenter de soigner un individu, il faut au préalable faire un diagnostic personnalisé, ciblé et précis et qu’il faut ensuite adapter le traitement à la réponse de l’organisme…

Neuf années, pour se tromper parfois, et cela pour un seul individu… Pour le suivant, il faut tout recommencer.

Mais non, en dix minutes à la télé, on a fièrement établi qu’une poignée de fonctionnaires feraient mieux pour la population entière en quelques jours avec des textes de lois et des décrets.

UN AFFREUX GÂCHIS

Plutôt que de valoriser le bénéfice, la confiscation par les autorités de la mise en œuvre d’un acte médical ne peut que se solder logiquement par un échec retentissant qui ne fait que propulser au premier plan les faiblesses de celui-ci.

Que retenir de ces vaccins anti-Covid, une fois le concert de promesses passeé à la moulinette de la réalité ?

Qu’ils ne marchent pas, au point qu’il faut a minima une troisième dose, sans plus d’assurance que cela sera suffisant.

Qu’ils peuvent même se révéler extrêmement dangereux en créant un trompeur sentiment d’impunité et de sécurité.

Que ce n’est pas la vaccination qui nous sortira demain de la crise sanitaire. Le ministre de la Santé Olivier Véran a d’ailleurs déjà laissé planer l’ombre d’une extension du passee sanitaire au-delà de la date prévue du 15 novembre.

Qu’en revanche, un des effets facilement observable a été de couper le pays en deux et de faire descendre dans la rue toute une partie de la population, faisant ainsi planer le risque sérieux d’une dérive ou d’un embrasement.

ABSURDISTAN ENCORE ET ENCORE

Comme c’est devenu maintenant l’habitude depuis 18 mois, on voit à nouveau se dérouler devant nos yeux le même scénario de série B.

Pour commencer, après quelques discours grandiloquents à base de patrie en danger, d’effort collectif, de promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent et de tout va bien se passeer… le gouvernement foire totalement l’exécution d’une tâche présentée comme excessivement simple et dont il a fièrement revendiqué le leadership et s’est octroyé avec morgue le monopole : en l’occurrence il s’agit ici de la vaccination, mais le scénario s’est déjà produit à l’identique pour les masques, les tests, l’isolement, le traçage…

Afin de cacher sa pitoyable contre-performance et pour ne pas avoir à rendre des comptes du lamentable foirage de l’administration et du gouvernement dont il a l’ultime responsabilité, le président de la République monte au créneau et bombe du torse en annonçant des mesures radicales et musclées.

S’ensuit une usine à gaz technocratique remplie d’incohérences et de dysfonctionnements, qui finit par s’effondrer et fuir de partout une fois confrontée à la réalité.

Ce qui oblige l’exécutif (c’est en général le Premier ministre qui est chargé d’avaler son chapeau et de vendre des couleuvres) à mettre tout le monde d’accord en imposant une solution bien générale et bien liberticide : port du masque obligatoire et généralisé, tests et isolement obligatoires, confinement et autre couvre-feu.

On n’y coupera pas, la mécanique est déjà lancée pour camoufler l’épisode passe sanitaire par la prochaine vaccination obligatoire, son extension à l’ensemble de la société, ou une quelconque autre option encore plus liberticide et inefficace que les précédentes.

A moins que, après tout ça, dans une semaine, c’est la rentrée… et il arrivera peut-être un jour où quelqu’un sifflera la fin de la récré, parce que toute cette joyeuse plaisanterie et ce gigantesque monceau d’incompétence et de suffisance ne fait plus rire beaucoup de monde.

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