Richard Roudier : hommage Jeanne d’Arc – Montpellier (16-05-2021)

« Ainsi que la tradition et la perpétuation de notre mémoire collective nous y invitent, nous commémorons en ce mois de mai l’épopée de Jeanne d’Arc.

Pour ce qui est de la période contemporaine le Pape Benoit XV l’a canonisé le 16 mai 1920 tandis que la loi du 10 juillet de la même année en fait une fête nationale qui se perpétue depuis tous les seconds dimanches du mois de mai.

Dans la longue cohorte des héros qui ont forgé notre pays ainsi que les autres nations de civilisation européenne, Jeanne d’Arc tient vraiment une place à part. Son passage dans l’Histoire a été fugace comme une comète mais fulgurante par ses incidences sur le cours de notre destin national et européen.

Née vers 1412 à Domrémy en Lorraine dans une famille d’agriculteurs aisés, Jeanne témoigna dès son plus jeune âge d’une grande piété.  Son enfance fut marquée par la terrible épreuve que subissait le Royaume de France depuis 1337, à savoir la guerre de Cent Ans.

Ce qui n’était au départ qu’une querelle dynastique se mua en fléau pour une grande partie de la population soumise aux pillages et aux exactions multiples perpétrées par les troupes aux ordres des rois d’Angleterre.

Vers l’âge de treize ans elle entend des voix célestes qui lui enjoignent de placer le Dauphin Charles sur le trône et de libérer la France des Anglais et de leurs alliés bourguignons.

Désireuse de leur obéir, elle se rend à Vaucouleurs afin d’y rencontrer le capitaine Pierre de Baudricourt au service du Dauphin afin d’obtenir une audience auprès de ce dernier. Baudricourt se laisse convaincre et, par son entremise, Jeanne parvient à rencontrer le dauphin à Chinon.

Jeanne, revêtue d’une armure, l’épée au côté, brandissant sa bannière frappée des noms de Jésus et de Marie galvanise des troupes dont le moral était au plus bas.

Sans expérience militaire mais portée par sa foi et le désir ardent de l’accomplissement de sa mission, Jeanne bat les Anglais qui sont obligés de se retirer d’Orléans, le 8 mai 1429.

Après cette victoire qui connait un grand retentissement, notre stratège veut aller vite. Il faut dégager la route du nord afin de faire sacrer le Dauphin dans la cathédrale de Reims.

Le 17 juillet 1429, elle assiste au couronnement du dauphin qui prend le nom de Charles VII.Infatigable, la « Pucelle d’Orléans » se fixe un autre objectif : réintégrer Paris au domaine Royal.

Mais c’est l’échec. Capturée devant Compiègne par les bourguignons le 23 mai 1430, elle est vendue aux Anglais.

Jugée par un tribunal de l’inquisition à Rouen, elle est accusée d’hérésie et non de sorcellerie comme on le croit trop souvent. Le tribunal est présidé par l’évêque Pierre Cauchon, partisan des Anglais.

Torturée elle sera brulée vive sur la place du Vieux Marché à Rouen, le 30 mai 1431.

L’intervention de Jeanne dans la guerre de Cent Ans marque un tournant décisif

Auparavant les armes de France cumulaient des défaites toujours plus désastreuses les unes que les autres : Crécy (26 août 1346), Poitiers (17 septembre 1356), Azincourt (25 octobre 1415).

A partir de la victoire d’Orléans et de Patay se sont les succès qui s’enchainent avec Formigny (15 avril 1450) et Castillon (17 juillet 1453).

Les Anglais sont finalement « boutés » hors du royaume de France qui sort victorieuse de cette longue et terrible épreuve.

Jeanne a redonné à tout un peuple désemparé et trahi, de l’espoir et une force morale au moment où il n’y en avait plus.

D’un point de vue politique, la cérémonie du sacre a transfiguré le « petit roi de Bourges » qui a ainsi établi sa légitimité et renforcé son pouvoir.

Mais Par-dessus tout, Jeanne est une héroïne qui incarne l’éveil du sentiment national français, ce sentiment d’appartenance qui engendre des liens de confiance et des solidarités au sein d’un même peuple.

Les action communes menées contre l’occupant anglais ont soudé des seigneurs et des guerriers qui ont perçu qu’au-dessus de leur identité provinciale charnelle se superposait – sans la nier-une identité historique, l’identité nationale française.

Cela signifie former une même communauté, soudée par la référence à un passé commun, des intérêts partagés et un destin commun.

Elle est l’archétype du héros européen depuis Ulysse et Léonidas

Ce qui caractérise le héros européen c’est qu’il s’agit souvent au départ d’un héros improbable – dans le cas de Jeanne, une femme qui doit s’imposer tant à la guerre qu’en politique qui sont des univers essentiellement masculins.

En outre elle ne vient pas d’un milieu qui la prédestine à sa mission. Au Moyen-Age les paysans ne se battaient pas ou très peu. Elle tient tête à des hommes d’Eglise qui détiennent le monopole du savoir, elle qui ne sait ni lire, ni écrire.

Le héros européen n’est pas fataliste, il est convaincu que son implication peut faire changer les choses. Ce que l’on fait ici et maintenant peut être déterminant pour l’avenir et en modifier le cours.

Il est dans l’acceptation de sa mission. Il pose un acte librement consenti, car le héros européen est un homme ou une femme épris de liberté et de justice.

Cette transcendance lui permet de traverser les épreuves sans douter de la justesse de son engagement. « Dieu premier servi » comme elle se plaisait à le rappeler.

Cette foi la mène au martyre, stade ultime et suprême de l’engagement total.

C’est ce lien inaltérable qui a guidé l’action de Jeanne

Par-delà son charisme, elle est un exemple de fidélité à des valeurs civilisationnelles immuables : sa foi en Dieu, en son Roi en son Pays. Tout ce que le peuple français a chéri pendant des siècles et qu’on l’a forcé à détester.

Un modèle de courage et d’abnégation et d’honneur. Des valeurs honnies dans la société mercantile.

Plus que jamais Jeanne demeure une balise ».

Jeanne est une chanson de Laurent Voulzy, extrait de l’album Lys & Love, dont il est le premier extrait paru en single, le 13 septembre 2011. Les paroles sont écrites par Alain Souchon, tandis que Laurent Voulzy en a composé la musique. Cette chanson est dédiée à Jeanne d’Arc.

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