D’après Daniel Pollett

Ce second tome des mémoires de Jean-Marie Le Pen succède à « Fils de la Nation ». Laquelle nation a malheureusement décliné l’offre incessante du chef du Front National de représenter avec une large majorité ses propres intérêts.

On peut se demander jusqu’à combien de morts et de désastres, jusqu’à quel bas niveau de délitement de la société et même de notre civilisation d’étranges consciences accepteront de descendre. Et aussi jusqu’à combien de mensonges criminels et calculés elles accepteront de croire en faisant le jeu de l’extrême-centre, ce large parti des tièdes qui craignent tant de se brûler alors même que le feu sacré légué par nos Anciens. Exprimé autrement, il s’agit simplement de s’occuper de ses propres affaires.

Jean-Marie Le Pen a passé sa vie avec le devoir, une position peu avantageuse et induisant un grand nombre de coups à recevoir. C’est peut-être pour cela qu’il demeure si incompris par les simples d’esprit façonnés par la mode omniprésente de la revendication perpétuelle de nouveaux droits. On le voit combattre la loi Veil, cette rupture nette avec la civilisation millénaire qui se refusait jusqu’alors à reconnaître comme légitime et intéressant le Bien commun le fait d’interrompre la vie d’un enfant à naître. Il établit le parallèle avec d’autres lois favorisant le divorce et d’autres assimilant la défense de la nation à des appels à la haine. Le tout complété par des dispositions favorisant l’immigration, et nous avons obtenu le départ du Grand Remplacement. Car depuis lors, pendant que les Gauloises se font avorter, d’autres pondent des djihadistes par douzaines, tandis que l’amour de la patrie est devenu une marque de xénophobie d’un autre âge.

Il exhorte Valéry Giscard d’Estaing à tenir compte des avertissements formulés par le Front National, notamment à propos d’économie. Le Président disait que le taux de prélèvements obligatoires ne devait pas dépasser 40% du PIB sauf à basculer dans le socialisme, mais il augmenta lui-même ces prélèvements de 7%. Il participa ainsi activement à diluer les limites entre la droite et la gauche. Cette confusion fut tellement entretenue et accentuée par ses deux premiers successeurs -l’un prétendant être de gauche alors qu’il était de droite et le suivant faisant l’inverse- auxquels ont eux-mêmes succédé ceux que Jean-Marie Le Pen appelle les « petits malfaiteurs » qu’on en arrive aujourd’hui, à une désillusion générale et à un manque de confiance total ou presque du peuple envers les politiciens. On notera précisément que la plupart des grandes orientations politiques, des engagements internationaux et quasiment toutes les dispositions spoliant les Français ou les astreignant à des procédures limitant les libertés décidées par les uns n’ont jamais été abrogées par les autres. Hélas, comme l’écrit Jean-Marie Le Pen, « … l’époque, encore trop douce, anesthésiait la réaction populaire. »  Depuis, on voit où le développement de l’individualisme nous a conduits.

Le Front National s’occupait d’écologie, dès les années soixante-dix, dialoguant avec les premiers militants écologistes. L’idéologie ayant pris le pas sur la véritable écologie, qui tout comme le patriotisme est l’affaire de tous, on en est venu à oublier un argument bien pertinent du Front national, à savoir que la propriété privée protège du gaspillage et de la négligence. Il n’est que de voir ce qu’il advient du bien public pour en être sûr. À ce sujet comme pour d’autres, dès sa création, le Front National voyait loin, sans doute parce que composé d’hommes et de femmes riches du passé historique de la France, bien loin de ceux qui aujourd’hui prétendent réécrire l’Histoire alors même qu’ils ne la connaissent pas par paresse, ou qu’ils la négligent par idéologie.

Dès 1973, Jean-Marie Le Pen dénonçait les dangers et inconvénients déjà existants de l’immigration pour laquelle il demandait individuellement et préalablement un triple contrôle sanitaire, professionnel et judiciaire. Il demandait aussi l’expulsion définitive des chômeurs et agitateurs étrangers. Il revendiquait la discrimination naturelle et légitime entre nationaux et étrangers pratiquée dans tous les pays du monde. Notons que les mesures de bon sens proposées par Jean-Marie Le Pen sont aujourd’hui les revendications des patriotes auxquelles se rallient lentement, timidement et par pur opportunisme quelques tièdes du vaste extrême-centre. Parlant de Marine, il expose et regrette que « En rompant avec son père, elle a brisé le lien sacré de piété qui fonde notre civilisation. » Il trouve grand dommage qu’elle n’ait pas aussi repris la fête des Bleu-blanc-rouge ni l’hommage à Jeanne d’Arc (repris depuis l’édition du livre). Il y a là une importante considération intellectuelle, morale et spirituelle. Marine a, effectivement, tourné le dos à une valeur fondamentale des relations humaines, familiales et même patriotiques en niant le rôle du Père. Elle a détruit la clef de voûte dont la seule position assure la nature, la fiabilité et la solidité de la structure. On peut aujourd’hui légitimement se demander ce que Marine Le Pen pourrait infliger à chacun de nous qu’elle ne connaît pas après ce qu’elle a fait à son propre père.

Bien sûr, un chapitre aborde l’affaire du « détail ». Si le mot était certes malheureux parce qu’ayant plusieurs sens et donc sujet à interprétations, il le fut surtout parce que prononcé par Le Pen. Il suffit de consulter un dictionnaire pour se rappeler les sens de ce mot dans son intégralité. On peut aussi écouter la phrase pour comprendre dans quel sens il fut utilisé. Mais la presse s’en fit l’écho adéquat pour conduire à une action en justice, après avoir provoqué le déplacement en France d’Ariel Sharon venant s’ingérer dans la campagne présidentielle française, rien que ça ! Le piège médiatique se continua avec diverses affaires et est toujours d’actualité. De façon prémonitoire, à propos de l’assassinat de François Duprat, le Menhir écrit : Je ne veux pas qu’un mauvais usage de l’histoire transforme la France en chaudron de haines recuites, en effervescence de communautés irréconciliables. » Dans le même temps où ce livre est paru, les gauchistes de toutes sortes ont commencé une singulière et dangereuse réécriture de notre histoire nationale, comme partout dans le monde occidental. Notons aussi ici l’objectivité humaniste de Jean-Marie Le Pen que ces mêmes gauchistes présentent comme le Mal en personne. À force de piquer sans relâche, les sales bêtes finissent par provoquer la réaction de leurs victimes et ont même le culot de s’en plaindre après.

À cela s’ajoutent les innombrables tracas administratifs et fiscaux dont JMLP est encore aujourd’hui la cible, toutes choses dans la légalité feutrée et sélectivement musclée du pays des droits de l’homme. De plus, compter les frais considérables que lui auront coûté les actions en justice rappellerait à plus d’un patriote engagé le vertige de gâchis et d’empêchements qu’ils engendrent, que l’on perde ou que l’on gagne.

Jean-Marie Le Pen encouragea les jeunes à bâtir une Europe forte et prospère dès les années quatre-vingt, mais il ne s’agissait pas de l’Union européenne fonctionnant comme l’Union soviétique, laquelle allait disparaître quelques années plus tardpour être aussitôt répliquée à l’Ouest où elle avait été pourtant fort et justement critiquée. Il n’était donc pas ce xénophobe replié sur de vieilles lunes caricaturé dans les médias. Ceux-là étaient tant convaincus de leurs propres inepties qu’ils prêtèrent crédit aux affirmations de singuliers instituts de sondages, qui prétendirent que JMLP serait bien loin derrière les deux concurrents du second tour des présidentielles de 2002.

La mobilisation sans précédent de l’union bien-pensante des adversaires de la veille, servie par des moyens illimités et une presse aux ordres, augmentée des abstentionnistes habituels qui se réveillèrent pour ne pas laisser passer la bête immonde, se chargea de supprimer radicalement l’éventualité diabolique que le premier tour apporta, à la surprise générale.

Jean- Le Pen revient sur ses relations avec sa fille Marine, laquelle recueillait peu de voix aux élections internes du Front national. Il pensa qu’on s’attaquait à elle pour l’atteindre lui par une sorte de cabale d’hypocrites. Il resta longtemps dans cette erreur, même quand beaucoup de vrais fidèles tentaient de lui faire comprendre que si sa fille avait si peu de suffrages, c’était parce qu’elle ne plaisait pas. Comme il la nomma vice-présidente, nombre des meilleurs, dont le regretté Roger Holeindre, quittèrent le FN. On connaît la suite. Les querelles de personnes, les rivalités pour les investitures, le désaveu muet contre Marine empestèrent les relations au sein du FN et continuèrent à provoquer le départ de nombreux cadres historiques. Néanmoins, le père passa le relais à sa fille, pensant qu’il valait mieux une personne jeune à la tête du FN en vue des années terribles à venir, dans lesquelles nous sommes. Début 2011, le Menhir devint donc président d’honneur du parti qu’il avait fondé et dirigé avec l’opiniâtreté qu’on lui connaît. Il perdit ce titre honorifique après un nouveau propos exploité comme les précédents, ce qui fut pour lui l’occasion de découvrir l’ingratitude de gens qui lui devaient leur carrière politique, en plus de la perfidie des anciens gauchistes passés au FN et de quelques opportunistes.

Jean- Le Pen revient sur la position contradictoire des écolos qui, soutenant le mondialisme hautement pollueur, ne servent pas l’écologie. Nouveaux idiots utiles de la mondialisation, nous les voyons bien s’allier aux forces antinationales et toutes leurs mouvances, aux forces du Mal qui veulent supprimer tout ce qui fait la nature de l’homme et des peuples, leurs cultures, leurs coutumes, leurs patrimoines, leurs langues. Ces forces dénaturent l’humain dans ce qu’il a de plus sacré, de plus inviolable, elles veulent supprimer les différences entre les hommes, mais aussi celles de l’homme avec l’animal. Elles veulent ôter aux femmes la procréation et la gestation et en faire un commerce, pour cela elles permettent déjà de faire des expériences sur les embryons et de fabriquer des êtres hybrides. Les écolos ne défendent pas l’écologie ni l’avenir de la planète, ils servent une idéologie destructrice avec l’aval des instances internationales telles que l’ONU, le GIEC, l’UE… À ce sujet, le Menhir écrit : « Jamais sans doute, même en 1793, même en 1917, un tel ramas d’imbéciles, d’idéologues et de salauds ne se sont pris pour le Bien. »

Brièvement, avec à la fois une pudeur calculée et des expressions bien lestes, Jean-Marie expose ses déceptions avec ses filles, malgré lesquelles Le Pen essaie encore de faire passer un message clair d’amour de la France éloigné des vanités, revendiquant légitimement son expérience et son mérite de tribun du peuple. Notons en particulier certains mots si bien choisis, ainsi : « Une humanité virtuelle, produit de l’utopie mondialiste, entend se substituer aux hommes produits par l’histoire, à leur races, civilisations, us, coutumes et croyances ». N’en déplaise aux adeptes de nouveaux langages et de l’universalisme, il existe bien des races, toutes les civilisations ne se valent pas, et l’histoire est là pour montrer d’où sont venues ou pas venues les grandes découvertes, inventions et structures sociales élaborées.

On peut conclure le message du Menhir par cet extrait aussi intellectuel que spirituel : « Débranche le flux colonisateur méphitique qui coule d’Amérique et d’Afrique, ces modèles débiles dont nous reproduisons les pires tares. Revenons à nous, au modèle de la civilisation blanche, européenne et chrétienne. Il nous a permis de vivre exemplaires durant de nombreux siècles. Soyons-en fiers et continuons-le. »

Note :

1 Voir à ce sujet la courte vidéo de Vladimir Boukovsky : j’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché

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