France : l’intenable grand écart

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Le billet de Robert Langlois

 

L’électeur faiseur de rois

        Sous l’ancien régime, le monarque tenait son pouvoir de droit divin. Les français, seul peuple régicide, ont décapité leur monarchie millénaire pour finalement remplacer le droit divin par le suffrage universel. L’électeur se trouve donc tout puissant, investi du pouvoir divin de sacrer son monarque.

        Telle est la vraie raison et la dimension prométhéenne du vote et de la sacralisation du suffrage universel. Toute critique raisonnée les concernant était jusqu’ici inaudible.

Le peuple mineur devant le monarque républicain

        Se prenant pour Dieu donnant son onction, l’électeur sacralise son vote, ce qui ne tient plus de la raison mais du sentiment. Les foules sentimentales (cf. Souchon) votent, non pas par raison, mais bien par sentiment. Or, le sentiment est la faiblesse des peuples, celle qui permet leur manipulation par des joueurs de flûte bien plus cyniques que celui de Hamelin.

        Rendu mineur par le sentiment, le peuple perd toute raison, tout esprit critique envers le pouvoir qu’il a consacré. On peut résumer cela de la manière suivante :  “J’ai moi-même donné l’onction du Saint Chrême républicain à mon monarque. Qu’il soit un salaud est impossible, ce serait trop affreux.’’ C’est le fondement même de la perpétuation du modèle de république monarchique français.

Contradictions du peuple de France

        Cependant, une très grosse partie du corps électoral se détourne désormais des urnes. L’usurpation – illusion est sur ses fins. L’électeur n’avale plus. La critique raisonnée devient possible.

        Telle est la nature du peuple français. Fondamentalement monarchiste mais régicide, se croyant investi du pouvoir divin de faire les rois, mais laïque et républicain, sentimental et finalement mineur devant son monarque. Mais aussi peuple ayant rayonné sur le monde et, encore aujourd’hui, universellement respecté pour sa grandeur, peuple majeur pour ce qu’il a apporté au monde.

Des institutions et une fonction présidentielle taillées sur mesure

        Il fallait à ce peuple des institutions conformes à sa nature profonde. Elles lui ont été données par la constitution de la Vème république de 1958 modifiée en 1965 qui, par la désignation du monarque au suffrage universel et par le pouvoir absolu qu’elle lui confère, répond parfaitement à cette attente.

        Ces institutions ont progressivement dérivé vers encore plus d’absolutisme. Le décalage entre la durée du mandat présidentiel et celle des mandats parlementaires (7 et 5 ans) a été supprimé. Maintenant présidentielle et législatives ont lieu en même temps, tous les 5 ans ce qui renforce le pouvoir présidentiel qui, le temps du mandat n’a plus aucun contre-pouvoir, du moins au plan intérieur.

La fâcheuse rencontre entre des institutions absolutistes et des personnalités déséquilibrées

        Le risque que font courir de telles institutions est celui de leur rencontre avec des personnages immatures, incompétents, sans colonne vertébrale, narcissiques, cocaïnomanes ou soumis à toutes sortes d’addictions et d’appétits ainsi qu’aux turpitudes les plus diverses.

        Que l’on se retourne en arrière et on verra que depuis Pompidou aucun n’y a échappé. À des degrés divers certes, mais de Giscard à Macron, nous avons connu tous les spécimens et aucun ne s’est montré à la hauteur du pouvoir dont il disposait. Le destin ne livre pas couramment des personnages ayant la stature pour endosser un tel habit. Au contraire, l’évolution produit des personnalités de plus en plus légères et insuffisantes.

Faillite des partis politiques dans leur rôle de sélection des candidats

        À cet incroyable risque, s’ajoute la faillite totale des partis politiques dans leur rôle de sélection des élites. Cela joue pour toutes les élections, mais de manière paroxysmique pour l’élection majeure, celle qui est en clé de voûte de tout le système. La vertu et l’équilibre des personnalités ne sont pas les critères primautaires. Au contraire priment la désinhibition, le cynisme, l’appétit et toutes autres turpitudes du même ordre. Enfin, ce sont les Lobbies de la mondialisation qui effectuent le casting. L’électeur ne choisit que sur le plateau qui lui est présenté.

        Or il se trouve que le pouvoir absolu confié au monarque républicain français, se trouve pratiquement vidé de toute substance réelle. Ainsi ont été perdus quasiment tous nos éléments de souveraineté du fait de la mondialisation et des transferts à l’Europe.

        La Ve République sacre un souverain absolu. L’Europe et la mondialisation le dépouillent de l’essentiel de ses pouvoirs. Les traités internationaux, les traités européens comme l’oligarchie financière, juridique ou technocratique mondiale et européenne corsètent notre souverain qui ne peut ni réagir ni protester. Comme tous ses prédécesseurs depuis Giscard, MACRON se trouve pris dans cette quadrature. Notre petit roitelet est nu.

Un casting adapté

        Pouvoir absolu d’un côté et perte totale de souveraineté de l’autre, nos monarques se trouvent pris dans une contradiction pathologique qu’aucune personnalité rationnelle et entière ne pourrait supporter. C’est la raison pour laquelle l’oligarchie organise un casting de personnalités faibles et déséquilibrées et surtout dépourvues de toute colonne vertébrale à même de pouvoir s’accommoder de ce très grand écart intenable.

        Vu sous cet éclairage, on comprend l’évolution du casting au fil du temps vers des profils de plus en plus compatibles avec cette contradiction.

MACRON le profil le plus abouti

        La construction toute en trompe l’œil, le command-car lors de l’investiture, tout chez MACRON est fait pour donner l’illusion au peuple sentimental d’un monarque absolu. L’artefact MACRON se pare des atours de l’absolutisme ‘’jupitérien’’ pour mieux masquer son impuissance et son vide intérieur.

        La créature MACRON est le profil le plus abouti de l’évolution à même de s’adapter à l’exercice d’un pouvoir absolu vidé de substance réelle. Sarkozy nous avait fait dire que quand on n’avait pas sa Rolex à 50 ans on avait raté sa vie. MACRON le dépasse dans la perfection nihiliste. MACRON vient de nous faire savoir que quand on n’avait pas réussi on n’était rien. Pauvre CRÉTIN !

MACRON déjà à poil devant MERKEL

        L’hégémonie de l’Allemagne transforme la France en ’’junior partner’’ selon une de ces expressions que les macronistes adorent. Ainsi, lors du premier Conseil européen des 22 et 23 juin, auquel MACRON assistait, auréolé de son triomphe, il n’a rien obtenu de ce qu’il escomptait. Il n’a été tenu aucun compte de ses exigences sur les emplois détachés. Pire, il a dû faire ostensiblement allégeance à MERKEL en admettant que la France ne prendrait aucune position sans obtenir l’accord préalable de l’Allemagne.

        Pire encore, il a affirmé qu’il accueillerait à bras ouverts les migrants alors même que, sur le terrain, son ministre de l’Intérieur tente comme il peut de les chasser.

MACRON totalement soumis à TRUMP

        Pour tenter de se rhabiller en chef de guerre aux yeux du peuple sentimental, notre jeune champion s’est empressé des se rallier à TRUMP et se positionner à son côté pour la prochaine intervention américaine en Syrie. D’autres aventures militaires suivront, on peut en être certain – avec le ressac terroriste qui viendra en retour.

        Totalement dépouillé du pouvoir régalien à l’extérieur, mais détenteur d’un pouvoir absolu à l’intérieur, le monarque ne trouve plus à exercer sa toute puissance qu’à l’encontre de son peuple. C’est ce que veut l’oligarchie qui a besoin de finir de tordre le peuple de France. Faible à l’extérieur, tyrannique envers son peuple, tel s’annonce le quinquennat de MACRON.

Un modèle en fin de cycle
            

        Un tel déséquilibre n’est plus tenable dans la durée. Le peuple de France ne le supporte plus. Sans que l’on puisse poser de date, la fin est assurée. Tout cela va se terminer par un bouleversement d’ampleur historique. Soit, le système s’effondrera sous le poids de ses propres contradictions comme cela s’est déjà vu dans l’Histoire, soit le peuple de France, dans un sursaut qui a fait sa grandeur, procédera à un renversement de régime.

        Cette fin de cycle pourrait être celle de l’état-nation centralisateur à la française. Ce serait alors l’occasion de faire renaître une France des provinces et des régions, conforme à la tradition française et finalement très contemporaine face à la nouvelle organisation du monde.
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