
“Occitanie”: l’éditorial de Richard Roudier
Le résultat de la consultation sur le nom de la Grande Région ne laissait planer aucun doute, tant l’enracinement de la population, dans nos 13 départements est fort; la surprise ne pouvait venir que de l’ampleur du résultat. Et nous n’avons pas été déçus puisque la presse nationale qualifie le choix “Occitanie” de plébiscite… Quant à l’équipe Delga, elle est encore sous le choc, ne sachant plus comment se débarrasser de la patate chaude, avouant même “on ne pourra faire autrement que de retenir Occitanie … (sic) impossible de trapper (passer à la trappe) un nom qui s’est imposé face aux autres noms en compétition, la question n’est plus de savoir si Occitanie va être validé, mais comment…”
Comme nous l’avions dit au début de la consultation, deux thèses s’affrontent : celle des jacobins-mondialistes avec une appellation à caractère géographique comprenant en l’occurrence Pyrénées ou Méditerranée ou même ces 2 noms accolés, c’est le choix, entre autres, des multi-nationales, qui considèrent la région comme une marque ; l’autre c’est celui des tenants de l’identité et de la cause des peuples. Le résultat est clair et sans appel : les occitans-catalans ont rejeté massivement et avec beaucoup de finesse toute connotation géographique assurant la victoire du droit du sang sur le droit du sol.
D’ailleurs cette analyse est confirmée en miroir par le clan des affairistes, et des politiciens “hors sol” qui vient d’exprimer publiquement son désaccord au travers d’un communiqué de presse du président du Conseil Economique Social et Environnemental (CESER). Jean-Louis Chauzy est clair : “Ce serait une erreur de suivre le résultat de cette consultation. Si le 24 juin, la Région choisit le nom « Occitanie », nous demanderons au préfet de suivre l’avis du Ceser (Languedoc-Pyrénées), car ce nom répondait à tous les critères importants : géographique, historique, culturel, sentiment d’appartenance, lisibilité “. On voit en quelle estime ce syndicaliste de la CFDT tient la population, mais ça ne nous surprend pas puisqu’on sait que depuis des mois la CFDT a rejoint le camp de Macron et du MEDEF. On pourrait d’ailleurs conseiller à Monsieur Chauzy de proposer que dorénavant le préfet remplace Carole Delga à l’Hôtel de région.
On notera également le mépris de l’exécutif régional vis-à-vis des catalans, exécutif qui se triture les méninges pour proposer une ou plusieurs mesures pouvant désamorcer une fronde : localisation à Perpignan d’une Euro-Région ; soutien de la Région pour changer le nom du département des Pyrénées-Orientales; présence dans le nouveau logo de la Région (à côté de la croix occitane) des couleurs catalanes. Les catalans ont leur dignité et refusent par avance ces distributions de breloques. Ils connaissent l’Histoire et savent que les socialistes ont toujours fait des promesses aux autonomistes ou régionalistes pendant les campagnes électorales avant de les laisser tomber une fois élus et Mme Carole Delga ne fait ni mieux ni pire que François Mitterrand en 1981. Les échanges risquent d’être vifs au sein de la gauche lors de la séance de détermination du nom le 24 juin. Tout ça n’est que magouille, et arrangements entre amis et Llorenç Perrié Albanell dans un souci de clarté démocratique vient de demander la publication des résultats département par département et en particulier celui des Pyrénées Orientales.
Si Carole Delga –qui ne connait pas l’histoire de l’arroseur arrosé- veut sortir par le haut de cette épreuve à haut risque, qu’elle a elle-même déclenchée, nous lui conseillons de revenir aux fondamentaux et d’écouter la voix de l’histoire, la voix de l’identité et la voix du peuple.
