dé-diabolisation

La LIGUE du MIDI a pris le parti du combat identitaire et de l’action sur le fond et dans le temps long. Il semble en effet que le foisonnement électoraliste ne produit rien au plan des idées et qu’au contraire, tout est confondu dans la pensée unique. La Ligue reste résolument en dehors du champ électoral pour faire éclore ses thèses. Par conséquent, c’est avec le recul et le sang-froid d’entomologistes étudiant une colonie d‘insectes que nous observons les mœurs et les débats politiciens.

Au point de décomposition et de déshérence où en est le Front National qui portait tant d’espoirs électoraux, on peut formuler un certain nombre de considérations sur les personnes et sur les stratégies qu’elles ont promulguées. Dans un précédent billet, nous avions exprimé notre avis sur le Front National dont nous avons fait la critique historique. Quant à Marine LE PEN il apparaît qu’elle n’était pas la bonne personne et qu’elle s’est définitivement disqualifiée lors du débat du second tour de la présidentielle.

Il convient alors de formuler un avis sur la stratégie de dédiabolisation du FN et sur Florian PHILIPPOT qui en a été le porteur. Pour les compliments, ce sera vite fait. Brillant, il l’est assurément, retors également, Excellent débatteur aussi. Chapeau ! dommage qu’un tel talent soit stérilisé par d’autres turpitudes personnelles. Car si, comme toutes les élites formées dans les grandes écoles parisiennes, Florian PHILIPPOT est un très grand spécialiste de la lutte interne ; en revanche dans la lutte externe, c’est à dire contre l’adversaire réel il n’est pas au niveau.

Rappelons que dans le combat électoral quand on n’est pas élu, on n’est rien. Or, malgré plusieurs tentatives, Florian PHILIPPOT n’a jamais été capable de se faire élire. Gros déficit révélateur d’un lourd handicap et d’une incapacité personnelle à pratiquer le sport électoral. Incapacité à sortir du microcosme parisien, manque de charisme, manque d’empathie, arrogance distante de “marquis de cour”, et finalement “ mépris de classe” impossible à dissimuler. Cela se sent, cela se voit et c’est rédhibitoire. Tout l’inverse par exemple d’un Gilbert COLLARD pourtant nettement moins avantagé sur le papier, foisonnant, parfois maladroit, souvent excessif, mais beaucoup plus proche de ses électeurs, nettement plus populaire et finalement authentique, sincère et sans doute sympathique. Parti avec un très lourd handicap contre une célébrité locale soutenue par LREM qui a submergé la France en une seule vague, il a mouillé la chemise, il a “fait le job”. Seul, il a tenu contre la meute de la presse main stream et contre tout l’establishment. À la fin, de justesse, mais c’est d’autant plus méritoire, Gilbert COLLARD a vaincu. Bravo donc à lui. L’un est député, l’autre ne l’est pas. C’est tout !

Revenons aux joutes internes dans lesquelles Florian PHILIPPOT excelle. En très peu de temps, il a réussi a encapsuler « la patronne », à faire virer le patriarche fondateur, à évincer les historiques et à les remplacer par sa parentèle et des petits jeunes gens à lui. Il s’est emparé de l’appareil du parti sans coup férir. Pour lui, lutte interne et dédiabolisation se confondent… carriérisme, ambitions personnelles et dédiabolisation ne font qu’un. En effet, quel plus sûr moyen de s’emparer du parti que de prôner la dédiabolisation pour virer les diaboliques et faire place nette, pour rester seul à parler à la patronne. Alors oui, ‘’dédiabolisation piège à cons’’ et surtout, dédiabolisation = moyen de s’emparer du parti.

Très gros “piège à cons” en effet, car si au plan électoral le succès apparent était là, et si les scores atteints en pourcentage ont été remarquables, il faut largement nuancer cette lecture et compter en creux tous ceux que cette stratégie a écartés des urnes. Car les scores obtenus l’ont été avec des taux d’abstention record. Et c’est bien là que la stratégie de dédiabolisation a été une catastrophe car elle a éloigné la partie du corps électoral qui attendait qu’on lui parle d’identité, de sécurité, d’immigration, de FRANCE. Comme l’a très justement formulé Alain FINKIELKRAUT, l’identité Française est malheureuse. Un très grand nombre de Français malheureux n’ont pas trouvé dans le discours du Front National une réponse conforme à leurs attentes. Ils sont donc restés chez eux.

Cela s’est nettement vu au second tour de la présidentielle où le score de la candidate a été très en deçà des attentes. Par conséquent, notre analyse est que la stratégie de dédiabolisation de Florian PHILLIPOT, l’occultation des attentes identitaires, sécuritaires, de lutte contre l’Islam et de frein à la submersion migratoire on été une composante majeure de l’abstentionnisme.

Si l’une des clés de cette élection a bien été le “dégagisme” à l’encontre de la classe politique traditionnelle, l’autre a été l’absence de réponse à l’attente identitaire. La stratégie de dédiabolisation de Florian PHILIPPOT a tenu les électeurs éloignés des urnes. Résultat c’est MACRON l’usurpateur qui est président. C’est tragique, mais c’est aussi simple que cela.

D’autre part, contrairement à ce qui est généralement avancé, il ne semble pas que la question de la sortie de l’Europe et de l’Euro soit la cause principale de l’échec. Ces carcans interdisent toute politique différente de celle prônée par la commission de Bruxelles et par l’oligarchie mondialisée. Ne pas en sortir, c’est se condamner à l’impuissance. Les Français sont largement à même de le comprendre. Pour autant ils ont besoin d’un plan de sortie qui les rassure. Or cette démonstration n’a pas été faite. Il semble donc qu’on ne peut pas reprocher à Florian PHILIPPOT d’avoir placé cette question au centre des débats. En revanche, l’erreur a été de ne pas avoir su présenter ce projet, d’avoir tergiversé, d’avoir donné l’impression de flotter et surtout de l’avoir fait porter par une candidate insuffisante et beaucoup trop légère, incapable de soutenir une thèse aussi lourde. À titre de comparaison, malgré son très faible score, un François ASSELINEAU incollable au plan technique, a été beaucoup plus convaincant sur ce sujet largement défendable pour peu qu’on le fasse de manière sérieuse et non dans l’approximation.

La lecture des choses peut être la suivante : la stratégie de dédiabolisation n’a eu d’autre objet que d’éliminer les historiques et de s’emparer de l’appareil du parti. Elle a eu pour résultat d’écarter des urnes une frange importante du corps électoral qui n’a pas trouvé de réponses attendues sur le terrain identitaire. La question de la sortie de l’Euro et de l’Europe n’a pas été portée avec le sérieux et la maturité voulus. À ce point d’imprécision et d’impréparation il aurait mieux valu ne pas l’aborder.

La LIGUE du MIDI hiérarchise ainsi ses prises de position : en tout premier lieu identité, sécurité, lutte contre l’invasion migratoire, lutte contre l’Islam conquérant. Les questions économiques, sociétales ou d’organisation politique ne viennent qu’après. Ceci a été anticipé depuis longtemps grâce à notre lecture de l’Histoire et du temps long en dehors du foisonnement et de l’urgence liés aux élections. L’acuité de ces questions va aller croissant, au point d’occulter toutes les autres.

Pour finir, on s’amusera du tweet que Florian PHILIPPOT a fait partir du restaurant où il se régalait, dernièrement à Strasbourg, d’un bon coucous avec quelques affidés. Voici une possible lecture : s’il veut encore exister, peut-être seul dans le désert, il lui faut conserver un accès aux médias et continuer à causer dans le poste. Pour cela, il lui faut donner des gages et faire le numéro que vont exiger de lui les “montreurs d’ours”. Avec ce tweet, il a donné des gages, il a déjà montré qu’il savait jongler, il va falloir maintenant qu’il apprenne à danser.

La Ligue du Midi voit dans ces épisodes la confirmation de la justesse de ses thèses. Plus que jamais, le combat est celui de l’identité. Elle propose une alternative militante à ceux qui pensent qu’une victoire électorale ne pourra s’obtenir que par une action de fond sur le terrain identitaire en dehors du champ électoral justement.

 

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