Le billet de François Jay

 

Une pétition sur le net est en train de battre des records, elle concerne Bordeaux et sa liaison aérienne avec Paris. Sur le net les internautes se déchaînent pour demander la fin des vols entre Paris et Bordeaux. Pour des raisons écologiques, plus de 35.000 personnes ont signé pour la fin des vols Paris Bordeaux assurés par Air France. On pétitionne pour la disparition de ce service. Un nombre incroyable, si on le rapporte aux voyageurs vers Paris (550.000 passagers/an) ou à la population de la Métropole : 800.000 habitants.

 

Cette mobilisation « bordelaise » fait suite aux déclarations unanimes des responsables des collectivités locales : le Président de la Région, Alain Rousset, socialiste, le Président de Bordeaux Métropole, Patrick Bobet Républicain, le Maire de Bordeaux, Nicolas Florian -Macron compatible-, et le Maire de Mérignac, Alain Anziani, Socialiste. Tous demandent le maintien des vols entre Paris et Bordeaux. Si les écolos se mobilisent c’est pour faire pression sur eux.

 

L’Etat grand stratège (???)

Bruno Lemaire a décidé un plan de soutien à Air France qui, sinon, fera faillite : 7 milliards d’euros de prêts mais assortis de conditions « écologiques », clientélisme électoral oblige. Parmi ces conditions, l’abandon de l’avion A380 soit une perte pour la compagnie de 500 millions d’euros et l’abandon des lignes intérieures qui ont une alternative TGV en moins de 2h30. Les vols vers Bordeaux, depuis Paris, seraient donc supprimés et « en même temps » la possibilité pour l’aéroport de Bordeaux d’offrir des vols internationaux avec escale à Paris. Comme la nature a horreur du vide, les concurrents d’Air France qui organisent des correspondances depuis d’autres grands aéroports comme Madrid, Londres, Lisbonne ou Bâle seront favorisés… Comme d’habitude, l’Etat français, grand stratège, décide d’aider, non pas en simplifiant et en allégeant les contraintes bureaucratiques, mais au contraire, en compliquant les conditions de travail d’Air France, et, au passage, en augmentant la dette publique. Ce sont les compagnies concurrentes qui se frottent les mains, et ce sont les aéroports de transit autres que Paris qui vont en profiter…

 

Le clientélisme écologique

Comme un seul homme, toutes nuances politiques confondues, les élus locaux se mobilisent pour dénoncer cette mesure absurde. Pour une fois qu’ils s’opposent à une décision censée lutter contre le réchauffement climatique, nous devons les saluer, les encourager. Depuis des années, par clientélisme écologique, ils multiplient, chacun à leur niveau, les dépenses censées diminuer les émissions de CO2 : ils bloquent la circulation automobile (et provoquent des embouteillages épouvantables), bétonnent pour créer des pistes cyclables (sans vélos), ou pour poser des rails de transports en commun, et font même installer, comble du ridicule, des « éoliennes urbaines », comme le maire de Bordeaux. Cette fois, surprise, brusquement, ils veulent maintenir les navettes aériennes entre Bordeaux et Paris, qui lâchent tous les jours des tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Chacun sait bien que les avions crachent du CO2 comme des milliers de voitures. Qu’est devenue leur mobilisation pour la planète ?

Il y a une explication à ce revirement. Oui, le transport aérien brule des hydrocarbures et donc envoie dans l’atmosphère du CO2, mais les liaisons aériennes entre Mérignac et Paris sont une condition du maintien de nombreuses industries de pointes autour de l’aéroport de Mérignac… Thalès, Dassault, Snecma… et de nombreux sous-traitants, quelques-uns installés dans de petites villes comme Marmande (Creuset, Asquini) ou Figeac (Ratier) etc… sont les grands utilisateurs de l’avion. L’Aéronautique, c’est leur gagne-pain (ils fabriquent, conçoivent, innovent…), mais c’est aussi leur outil de travail ! Ces techniciens, ces ingénieurs ont besoin de se déplacer, et leur temps est cher… Les obliger à rejoindre la gare (au milieu des embouteillages entretenus par la lutte contre la bagnole), puis attendre au milieu des racailles qui contrôlent le quartier, pour arriver à Paris dans le même environnement organisé par Madame Hidalgo, c’est leur pourrir la vie. 

Ces sociétés, pour certaines qui sont nées à l’époque héroïque de l’aviation, avaient choisi de s’installer ou de rester en Aquitaine pour de multiples raisons (l’environnement industriel, scientifique, le climat, la mer…) et parmi ces raisons, les facilités de déplacement professionnel apportées par les liaisons aériennes avec Paris (16 vols par jour). Sans vols vers Paris, elles choisiront rapidement de travailler ailleurs. L’interventionnisme étatique, au service d’une mode écologique absurde, frappe une nouvelle fois, cette fois-ci, une métropole de province. Et par quoi Bruno Le Maire compte-t-il remplacer ces entreprises de pointe, d’avenir ? Par des usines de montage de vélos, de fabrication de selles, ou de chambres à air pour bicyclettes ? Notre pays est-il condamné au tourisme, et à la viticulture ?

 

Bruno Le Maire choisit le déclin, par corruption électorale

Bruno Le Maire, pour afficher un engagement « écologique » à but électoral, choisit de brider l’aéroport de Mérignac en obligeant les voyageurs à prendre le TGV (avec son accueil, ses grèves, son hygiène et sa sécurité…). Concrètement il décide de la disparition de l’industrie aéronautique en Aquitaine. Quant à nos élus locaux, ils ont compris que les employés de ces entreprises et de leurs sous-traitants sont opposés à cette décision stupide de l’équipe Macron. Ces milliers de familles sont aussi des électeurs. Voilà l’enjeu. Le calcul du Maire de Bordeaux, et de ses collègues, c’est que ces milliers de votes perdus de personnes qui vivent de l’aéronautique, ne seront pas compensés par le gain de voix écologistes. On en est là, dans ce pays, où la corruption électorale règne. Bruno Le Maire se fout du déclin du pays par corruption électorale, et les maires de Bordeaux et de Mérignac s’opposent à ses décisions, mais, également, par corruption électorale. 

Comment pouvons-nous supporter ces baltringues ?

 

Ils prennent leurs décisions pour se maintenir au pouvoir, même si celles-ci vident nos régions, et la France elle-même, de leurs industries.

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