Enquête en suspicion de “tromperie aggravée”

Grippe aviaire dans le sud-ouest

 

        Nous disions le 13 janvier, sur ce blog, toute notre tristesse et notre colère devant la destruction, en cours, de l’élevage traditionnel des palmipèdes dans le Sud Ouest. Dès l’origine de cette affaire, nous avions pointé la responsabilité de la très puissante coopérative VIVADOUR à l’origine, pour le moins, d’une négligence qui lui aurait fait contaminer tout le Sud Ouest au départ d’un seul élevage.

Nous écrivions :

        ‘’Il semble bien que malgré ses dénégations, la coopérative VIVADOUR soit en cause. Il semble bien que tout soit parti d’un transport de canards “prêts à gaver” partis de l’élevage d’un coopérateur de VIVADOUR (éleveurs de canetons) situé à ALMEYRAC dans le Tarn. Ainsi, Le 30 novembre, une production sous suspicion a été amenée par camion dans trois élevages du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées. Cette production avait été réalisée à 500 mètres d’un élevage qui depuis le 27 novembre connaissait une mortalité ravageante. Comment donc, le simple principe de précaution n’a pas pu conduire à maintenir sur place cette production ? Tout se serait passé sous le contrôle et les ordres de la coopérative VIVADOUR leader de la filière dans le Sud-Ouest.’’

        Jeudi 9 février, nous apprenions que le Parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour « tromperie aggravée ». Cette enquête devrait permettre de démontrer si des lots de volatiles ont pu être envoyés à des éleveurs du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées tout en sachant qu’ils pouvaient être contaminés par le virus H5N8.

        Aujourd’hui, ce sont 227 foyers d’infection, 415 communes et 3000 exploitations touchées.  En catastrophe, les autorités ont ordonné l’abattage préventif de près de 2 millions de canards. Ces mesures de biosécurité ont été imposées de force, sans concertation. Elles sont inadaptées et insupportables pour les petites fermes. Cette épizootie va coûter 120 millions d’euros à la filière. C’est une véritable catastrophe économique et sociale qui s’abat deux années de suite sur l’élevage familial traditionnel qui n’y résistera pas. Nous confirmons notre première analyse, nous assistons bien à la destruction programmée de l’élevage traditionnel.

        Nous l’avions déjà dit, personne n’en parle, mais on le sait dans les campagnes, toutes les semaines des malheureux mettent fin à leurs jours car ruinés sur la terre que leur ont laissée leurs aïeux. Pour nous, cela est insupportable. On ne doit pas être ruiné par son travail sur sa terre. Que des gouvernements aient laissé ruiner, détruire et fait crever toute la paysannerie française depuis les années 70 est insupportable. Tout y est passé et maintenant c’est une des dernières activités rentables à l’échelle familiale qui y passe. La logique des marchés est implacable et la main invisible du marché sait exactement quoi faire pour parvenir à ses fins.

        Dès les premiers éléments connus, nous faisions état de nos doutes sur le caractère frauduleux de cette affaire. Dès l’origine, nous avons fait part de notre sentiment sur le fait qu’il pouvait s’agir d’une opération raisonnée de destruction de la filière familiale au profit d’autres pays nouvellement entrés dans le marché Européen libre. Dès les premiers éléments connus, nous émettions un doute sur la collusion du secteur coopératif, des grands groupes agro alimentaires, des pouvoirs publics, et de l’Union Européenne.

        Nous réitérons et confirmons ces doutes. Comme pour le nouveau procès AZF, ce que nous avons signalé dans un précédent billet, nous observons qu’une nouvelle fois l’enquête est centralisée à Paris, ce qui pour nous est inadmissible. Cette affaire est locale, c’est ici qu’on crève, c’est ici qu’elle devrait être jugée. Au contraire, on la délocalise pour l’éloigner de nous, pour la soustraire à la pression locale ; ce qui démontre bien la collusion du pouvoir et des ’’gros’’ pour tenir les ‘’petits’’ loin de leurs arrangements.

        Les lobbies coalisés avec les pouvoir publics règlent leurs affaires hors la vue des victimes. Alors, on peut assez facilement prédire l’avenir : bataille d’experts, contradictions d’experts, des années de procédure, aucune vérité technique à la fin. L’usure et le temps viendront à bout des plaignants dont la plupart auront disparu, ravagés de chagrin, ruinés sur leur terre, vieillis et rendus malades de désespoir quand les plus fragiles n’auront pas mis fin à leurs jours.

       Plus rien ne sera produit en France, VIVADOUR et les gros de la filière augmenteront leurs profits grâce à une matière première obtenue à bas coût à l’étranger avec des normes sanitaires sans commune mesure avec les normes françaises et encore, quand il y en a….

        La LIGUE du MIDI dénonce les normes françaises irréalistes qui tuent nos paysans. Elle dénonce cette parodie de justice et cet habillage d’une entreprise raisonnée de destruction de l’élevage familial dans le Sud Ouest pour enrichir les gros de la filière.
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