Une déclaration de Sébastien Jallamion
Maggy Biskupski, présidente de l’association MPC (Mobilisation des Policiers en Colère), créée pour donner un cadre légal au mouvement apolitique et asyndical né au sein de la police nationale en 2016, suite aux violences urbaines perpétrées à Viry-Châtillon (Essonne) au cours desquelles des policiers (ayant reçu l’ordre de surveiller une caméra de surveillance dans un secteur contrôlé par des narcotrafiquants) avaient été pris pour cible et incendiés à l’intérieur de leur véhicule, s’est donné la mort le 12/11/2018 au soir.
Sous le coup d’une procédure disciplinaire menée par l’IGPN pour « manquement à son obligation de réserve », Maggy Biskupski avait continué à prendre la parole dans différents médias afin de tirer la sonnette d’alarme sur la situation dramatique des conditions de travail auxquelles sont confrontés les policiers. Il lui était notamment reproché de ne pas avoir demandé l’autorisation de sa hiérarchie pour s’exprimer publiquement, alors même qu’une telle autorisation n’est jamais accordée, et que c’est précisément pour pouvoir bénéficier d’une plus grande liberté d’expression que le collectif s’était structuré en association, dont elle avait accepté d’assurer la présidence.
Lorsqu’elle prenait la parole, Maggy Biskupski s’exprimait au nom des policiers qui restent dans l’ombre et qui lui faisaient part de leurs doléances, beaucoup ne faisant plus confiance à leurs syndicats pourtant censés les représenter.
Tout le monde aura compris : ses prises de parole dérangeaient en haut lieu, certaines vérités n’étant pas bonnes à dire, au point de vouloir la faire taire, quitte à faire un exemple de plus dans l’espoir de dissuader ceux qui seraient tentés d’informer les citoyens sur l’état de l’institution en charge de les protéger.
Par ailleurs, rappelons que l’association MPC avait officiellement déclaré être solidaire du mouvement citoyen de protestation du 17 novembre :
L’association Mobilisation des #Policiers en Colère réitère son soutien à l’initiative lancée sur les réseaux sociaux de mettre en évidence nos gilets jaunes, le #17novembre2018, en signe de ralliement à ce mouvement de contestation. #Police #policiers #Blocage
Nous le rappelons, nous sommes citoyens avant d’être #policiers! Alors, nous, Policiers en Colère, mettrons également ce jour-là nos gilets jaunes « Police » sur nos tableaux de bord.
Que ceux qui ont appuyé sur le bouton de la machine à broyer les fonctionnaires se rassurent : Maggy ne dira plus rien. Ses derniers mots, elle les a couchés dans une lettre retrouvée à son domicile et dont le contenu ne sera certainement pas rendu public… Elle a rejoint ceux qui sont bien trop nombreux à décider d’en finir, parce qu’ils en arrivent à penser qu’il n’y a plus d’espoir, confrontés à une hiérarchie carriériste qui n’a aucune notion de ce qu’est le service public et qui n’a d’autre préoccupation que de se faire bien voir de ceux qui sont à même de les promouvoir, quitte à s’acharner sur leurs subordonnés dont le seul tort est de déplaire…
Maggy Biskupski n’est plus là, je regrette de n’avoir pu l’aider, et j’imagine que ses proches et ses collègues ressentent la même chose. Cette frustration se mêle à la colère et à l’indignation, comme à chaque fois qu’un des nôtres en arrive à cette extrémité.
J’espère cette fois que l’omerta, à laquelle nous sommes (hélas) habitués dans la police nationale, sera brisée et que, demain, d’autres voix se feront entendre. Car le combat légitime que menait Maggy Biskupski ne s’est pas éteint avec elle.
Il doit continuer…
Qu’elle repose en paix.
Sébastien Jallamion,
47 ans, ancien policier, président de l’Association ANDELE.
Très en colère après le suicide de la policière Maggy Biskupski, Pierre Cassen (Président de Riposte Laïque) accuse politiques, hiérarchie policière, juges et journalistes. Il démontre qu’ils sont responsables de ce drame, et il les accuse, par leur comportement, d’avoir brisé une Française courageuse, qui refusait l’inacceptable.

Suicide, meurtre ou assassinat ? Une vidéo circule sur la possibilité d’un assassinat sur celle qui dérangeait trop … Paix à l’âme de cette Brave !