Par Olivier Maurice

Comment peut-on être autant conformiste et transgressif à la fois ? Comment peut-on être aussi péremptoire en disant de telles sottises sans queue ni tête ?

Il existe des personnes que l’on n’interrompt jamais. Non pas par respect ou par politesse, mais par sidération ; parce que ce qu’elles disent nous paraît tellement hallucinant, tellement sidérant, tellement idiot, que ça nous laisse comme deux ronds de flan et que l’on ne sait simplement pas quoi répondre. Sandrine Rousseau en est l’archétype politique, tout comme Nabila en est l’archétype cosmétique.

Autant en rire et les prendre à la rigolade. Autant s’amuser de ce fabuleux cocktail de bêtises et de sans gêne. Autant applaudir à ce chef-d’œuvre de narcissisme décomplexé. Ce paradoxe de la morale immorale fascine. Comment peut-on être autant conformiste et transgressif à la fois ? Comment peut-on être aussi péremptoire en disant de telles sottises sans queue ni tête ?

Sans doute parce que tout cela reste du spectacle, de la fiction, de l’amusement et qu’en fin de compte, personne ne prend Nabila ou Sandrine Rousseau au pied de la lettre, même si le succès médiatique leur apporte sans aucun doute à l’une comme à l’autre une reconnaissance flatteuse et pécuniaire non négligeable.

On les reconnait à leur absence d’humanité

Il y a toujours eu des invasions de pornographes jouisseurs dans les époques troubles : Caligula ou Néron inaugurant le lent déclin de l’Empire romain, le marquis de Sade préfigurant la chute de l’ancien régime.

Sandrine Rousseau est un pur produit du consumérisme exacerbé, une exagération du « parce que je le vaux bien », une soupape de sécurité qui s’enclenche par excès de pression narcissique. Sandrine Rousseau est un signal qu’il faut prendre au sérieux, car il nous montre avec éclat là où il ne faut surtout pas aller : dans l’égoïsme débridé et la haine violente de l’humanité qu’elle prône avec un sourire déconcertant et obscène.

Comment peut-on parler de décroissance sans faire preuve de la plus infime compassion pour les milliards de drames humains qu’un tel scénario pourrait déclencher. Sandrine Rousseau prêche la fin du monde, la fin de notre monde, la fin du monde actuel. Sandrine Rousseau prêche la révolution, et avec elle, son cortège de massacres, de règlements de compte, de délation et de lynchages. Mais pour elle, tout cela reste bien théorique : les vies humaines ne sont dans sa bouche rien d’autre que des chiffres dans une équation, rien d’autre que des variables dans une thèse qu’elle considère sensée, noble et scientifique : la solution finale au problème capitaliste.

La maladie marxiste

Le procès de Nuremberg a tenté et en partie réussi à faire le procès des criminels du nazisme. Il n’y a jamais eu de procès du marxisme.

Sans doute parce que les ravages qu’apporteraient les théories criminelles du faux prophète barbu ne se sont pas vues tout de suite. Sans doute parce que les couches et les couches de vernis moral étaient trop épaisses et qu’elles cachaient trop bien l’horreur des solutions sous la criante nécessité de régler les problèmes que le marxisme prétendait résoudre. Sans doute surtout parce que quand on a obtenu les preuves concrètes de la nocivité meurtrière du marxisme, il était déjà trop tard.

Ne commettons pas la même erreur avec tous ces nouveaux prophètes de la fin du monde dont Sandrine Rousseau fait partie : ne les écartons pas d’un revers de manche sous prétexte que ce qu’ils disent est totalement débile et ne repose sur rien.

La dictature du prolétariat également ne reposait sur rien et était une idée totalement stupide. Nous avons vu le carnage qu’elle a fait, et qu’elle continue d’ailleurs encore à faire.

Ne refaisons pas l’erreur qui a été de considérer Marx, Lénine, Trotski ou Mao comme des illuminés clairvoyants voulant œuvrer pour le bien de l’Humanité. Ces gens ne sont rien d’autre que des criminels qui ont construit une jolie histoire de conte de fée pour camoufler leur gigantesque appétit de gloire et de domination.

La théorie de la lutte des classes, l’utopie du paradis des travailleurs, l’aspiration égalitariste ne sont pas des nobles causes : ce sont à la fois des cauchemars et des idioties.

Rien que du déjà vu

La vision économique et sociale que nous présente Sandrine Rousseau découle en droite ligne de cette doctrine marxiste et des avatars qui en ont découlé.

Quand elle parle de « droit à la paresse », elle s’adresse directement au précepte marxiste que le travail, dans ce que Marx appelle la société capitaliste, procède en réalité de l’exploitation des travailleurs par le capital. Il serait donc tout à fait légitime de se rebeller contre cette injustice : de refuser de travailler afin de refuser d’engraisser les profiteurs.

Quand elle parle de « patriarcat », elle décrit la lutte des classes et son aboutissement dans la société du XIXe siècle, dominée par des figures mâles, blanches et occidentales.

Sandrine Rousseau répète inexorablement la leçon qu’elle a apprise à l’école, la petite histoire que d’autres avant elle ont pris comme parole d’évangile parce qu’elle faisait espérer l’avenir d’un futur radieux, où les injustices sociales auraient disparues comme par magie.

La seule touche nouvelle est de justifier le parasitisme et de banaliser la haine sexiste, raciste et ethnique, sous couvert de combat moral. Encore une répétition du fameux « la fin justifie les moyens » qui a servi de cache misère à toutes les horreurs que la doctrine marxiste a pu engendrer.

Un combat ringard et dangereux

Nous ne sommes plus en 1867, en 1917, en 1949 ni même en 1959. Les connaissances et les esprits ont évolué et cela fait maintenant belle lurette que l’on a compris (et que l’on a de sérieuses preuves) que les théories avancées par Marx n’avaient rien d’historiques, rien de scientifiques et surtout rien de bénéfiques.

On comprend maintenant bien mieux comment la spécialisation des tâches a permis l’économie d’effort et le progrès à la fois matériel, social et culturel. On trouve des preuves écrites de la division du travail dans le code d’Hammurabi qui est un des tout premiers textes écrits. On peut scientifiquement attribuer dans la spécialisation éleveur-agriculteur l’origine même de la révolution néolithique.

La maîtrise du modèle mathématique et théorique s’est construite tout le long du XXe siècle et est devenue, depuis les années 1920 et les premières chaines de montage, le principal facteur de la croissance économique. C’est cette compartimentation des tâches et des productions, à des postes séparés, puis dans des ateliers séparés, puis dans des usines, des pays, des continents séparés, qui a en grande partie permis les fulgurants progrès technologiques de la fin du XXe siècle.

Rien de nouveau en vérité, juste la compréhension qu’il faut impérativement que les destins de chacun soient différents afin que chacun puisse vivre en société.

Cette réalité économique en réseaux interconnectés est totalement contraire à la vision verticale/horizontale du communisme. La propriété n’est pas clivée entre production et consommation. La propriété définit tout simplement les limites de la liberté et de la responsabilité individuelle dans une société. Elle en est la fondation sur laquelle tout l’édifice repose.

La propriété et la spécialisation sont à l’origine de la civilisation humaine.

Totale perdition

Les bêtises de Sandrine Rousseau auront au moins eu un bénéfice : montrer comment tout une partie du monde universitaire, médiatique et politique français peut se ridiculiser et démontrer avec autant d’arrogance son inculture, son nombrilisme et sa vacuité.

Le communisme n’a jamais fonctionné, non pas parce que ce n’était pas le vrai communisme, mais parce que l’utopie d’un monde communiste, sans propriété et sans spécialisation, correspondrait à la totale négation de l’humanité et à sa perte irrémédiable. Le communisme, c’est tout simplement la destruction définitive de l’espèce humaine dans d’horribles souffrances et la plus meurtrière des barbaries.

Laissons ce fantasme aux dépressifs suicidaires et aux narcissiques égoïstes et criminels dont le rêve est de posséder tout sans limite et sans aucun souci des autres. Mais surtout, faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher cette épidémie de haine et de jalousie de se répandre comme le véritable poison qu’elle est, ce qu’elle a déjà malheureusement réussi à faire à de trop nombreuses reprises.

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