gilets jaunes

 

Bordeaux (François 33)

 

A peu près autant de manifestants que la semaine dernière… Difficile à évaluer, le cortège étant réparti dans plusieurs rues.  Certainement plus de 7000 personnes, preuve que la colère ne faiblit pas. Beaucoup de gauchistes. Et beaucoup de femmes, très motivées, très actives. Les racailles sont arrivées vers 17h00, très reconnaissables à leur uniforme : survêtement et casquette. Les vrais gilets jaunes étaient devant, avec nos amis qui sont restés soudés et disciplinés. Les gauchistes étaient en queue de cortège.

Le Préfet et Juppé avaient décidé de bloquer l’accès de la place Pey-Berland (Mairie et Cathédrale) et ont laissé le cortège se balader dans Bordeaux. Vers 16h30/17h00 ils ont laissé les manifestants arriver sur la place. Là un dispositif très impressionnant attendait les Gilets jaunes : beaucoup de flics, des gaz, des canons à eau… la riposte de la police a été très violente, en particulier par des tirs tendus de flash-ball. Nos amis sont partis à ce moment-là, sans être ni inquiétés ni interpellés.

Vers 18h les gauchistes dépavaient la station de tram de Pey-Berland. La soirée risquait d’être violente. Les racailles accompagnaient la manif, mais sur les côtés… peut-être pour repérer les cibles comme à l’Appel store, la semaine dernière. Il y avait beaucoup de flics en civil… qui filmaient. Les racailles semblaient s’en foutre complètement.

Une quinzaine de nos amis avait disparu. Nous craignions qu’ils aient été arrêtés avant le début… pas de réponse au téléphone.

En fait, la plupart des Gardés à vue de Bordeaux ont été libérés à 13h00, mais pas tous ; il y avait beaucoup plus de monde retenu au commissariat de Bordeaux que le nombre de 27 personnes annoncé par la presse. Trois de nos amis ont été interpellés, bien avant (c.a.d samedi vers 13h00) et très loin du lieu de la manif. Ils sortaient de chez un armurier, chez lequel ils avaient voulu acheter un liquide détoxiquant pour annihiler l’effet des gaz lacrymogènes. L’armurier n’en détenait pas… jusqu’ici, rien de terriblement illégal. Peut-être avaient-ils été dénoncés, peut être suivis, peut-être l’armurerie était elle sous surveillance… Les 3 patriotes ont été traités violemment, mis en cellule en compagnie de délinquants de droit commun, pour la plupart étrangers. Ils sont demeurés en GAV pendant 24 heures et seront jugés en comparution immédiate pour, tenez-vous bien, « attroupement illégal ». Nous vivons une drôle d’époque. En tous cas la dictature est « en marche ».

Il nous restait 8 de nos gars en garde à vue. On ne sait pas où ils étaient gardés. Les cellules du commissariat central étaient pleines. Il y avait beaucoup d’antifas. Les flics avaient laissé les menottes à tout le monde et mis nos copains avec les noirs et les arabes, avec les antifas en face. Ils avaient tellement de monde qu’ils ont dû diviser les portions de nourriture. L’eau était rationnée.

Les marchands de surplus militaires sont pris d’assaut. Les Gilets jaunes ont acheté tout ce qui était matériel de protection. On aurait dit une « Une ambiance de pré-guerre civile ». On a l’impression que la population y est prête. Même les clients des magasins du centre-ville faisaient leurs courses de Noël au milieu des gaz et des manifestants. Comme s’ils étaient accoutumés.

Des militaires nous ont dit spontanément : on ne soutiendra pas les flics. Si nous sommes appelés on se mettra en maladie. Ça signifie que même chez eux, la parole commence à se libérer…

On a l’impression que chacun a compris que nous glissons vers une situation de plus en plus violente. C’est ce qui explique peut-être les efforts du gouvernement pour casser au plus vite les Gilets jaunes.

 

 

 

 

 

 

Rejet de la Macronie dans le sud de l’Ardèche (Un helvien en jaune 07)

 

Bizarre ? Non ce n’est pas Bizarre, POUR NOUS c’est naturel et normal. Aujourd’hui dans le sud Ardèche, la mobilisation des Gilets jaunes n’a pas faibli depuis le 17 novembre.

En effet, ce samedi 15 décembre 3 à 400 gilets jaunes ont joué au chat et à la souris, toute la journée, dans la zone commerciale du Moulon avec les policiers, les gendarmes du PSIG et les CRS sans aller jusqu’à l’affrontement.

Bloquant, entre autres, depuis le matin les accès à Intermarché, les gilets jaunes ont d’abord reçu à 11h51 le commandant du commissariat de police d’Aubenas venu à la rencontre des Gilets jaunes. Son message était clair : « Il faut être raisonnable. On vous a laissé faire un filtrage qui est devenu un blocage. Là, le parking est vide. Il faut trouver un bon équilibre. Parlez-en entrevous mais il faut arrêter de bloquer. »

Les Ggilets jaunes lui ont alors demandé s’il pensait vraiment ce qu’il disait et lui ont conseillé de retourner dans son commissariat. Seconde visite d’intimidation à 13h30 du secrétaire général de la préfecture de Privas qui a ordonné de libérer immédiatement les accès.

Sa demande ayant eu pour principal effet de provoquer la franche rigolade des intéressés, les gendarmes du PSIG et policiers à 14h30 ont repoussé les gilets jaunes vers le rond-point Mac Donald qui a été immédiatement totalement bloqué. Les Gilets jaunes se sont alors approprié l’avenue (300 m) reliant ce rond-point à celui de Quick toujours occupé par une centaine de gilets jaunes paralysant la circulation jusqu’à 17h00.

Par petits groupes, le blocage des accès à Intermarché a repris périodiquement dans l’après-midi, avec quelques moments de tension pour être levé vers 17h30.

Le démantèlement, jeudi, par les Crs des abris construits par les gilets jaunes au rond-point de Millet (Quick) a entraîné le déménagement des néo ruraux (appelés par les autres gilets Jaunes « Les Notre Dame des Landes ») qui filtraient la bretelle sud à Quick vers le rond-point des Moulines a 1 km au sud sur la route d’Ales ou ils ont immédiatement reconstruit, sur le terre-plein central, les abris indispensables à un filtrage de longue durée.

Ce même samedi des barrages filtrants se sont été poursuivis à Viviers, Ruoms, Lavilledieu, le Pouzin (avec des fouilles de véhicules par la gendarmerie), Joyeuse. Mieux même, alors que le gouvernement annonce une baisse de la mobilisation, on a observé que la ville des Vans qui n’avait pas été impactée par les Gilets jaunes a commencé ce Samedi 15 décembre. En effet, au matin, jour de marché, une dizaine de Gilets jaunes a investi le rond-point Prévost à l’entrée du village, sous l’œil discret des gendarmes de la COB des Vans. Distribution de tracts, discussion avec les automobilistes, l’action était bon enfant.

Alors Manu, l’ardéchois serait-il encore plus réfractaire que le reste de la France ? Sans aucun doute et je vais t’expliquer pourquoi. Nous ressemblons à une châtaigne cévenole enrobée dans sa bogue piquante. De fait, nous t’offusquons par notre caractère entier et peu malléable. Notre humeur est indépendante et facilement frondeuse, notre esprit batailleur ; nous avons intérieurement les fortes qualités de notre race paysanne : jugement sain et équilibré, une profonde droiture, une vive sensibilité, le sens de l’honneur, de la justice de la solidarité de l’effort né d’une lutte acharnée avec un sol qui ne donne des fruits qu’avec parcimonie et nous respectons les traditions familiales et sociales. Notre attachement à notre terre est viscéral. C’est tout cela que tu n’es pas et que tu ne seras jamais. Tu ne nous ressembles pas et tu ne nous ressembleras jamais.

La venue, jeudi, des CRS nous a mobilisé encore plus forts. Les premières grenades lacrymogènes que tu feras lancer par chez nous feront l’effet d’une pierre lancée sur un nid de « chaberlions » (puisque tu ne sais pas ce que c’est je te traduits : il s’agit des frelons !)

Il faut bien réfléchir avant de le faire.

Faites connaitre notre site, partagez !