
Le billet de José Altémir
Amarante est une jolie bourgade de la vallée du Douro, une petite localité provinciale du Portugal où souffle encore modestement et asthmatiquement le souvenir d’une spiritualité agonisante. Il s’y trouve un monastère, jadis fort célèbre, dédié à Saint Gonzalvo (1187-1259). Celui-ci à l’issue du pont de granit franchissant le rio Tamega est bâti sur l’un des chemins menant à St Jacques de Compostelle et dans la chapelle initiale, on s’arrêtait autrefois pour écouter le prédicateur en renommée de sainteté.
Une fête très connue est organisée tous les ans en juin avec un grand concours de peuple. A cette occasion, garçons et filles, échangent le Bolo de Gonzalvo, un gâteau de forme phallique que nous ne dédaignons pas de vous montrer et qui émane et illustre la tradition susdite.
La vente, telle que nous la vîmes est réalisée par d’imposantes matrones dont on peut craindre que le seul phallus à elles accessible soit celui-là. Il en existe de deux sortes, une variété dure mais qui se consomme attendri de vinho verde et une variété propice à une mise en bouche immédiate. Fête et vente se déroulent au pied du monastère et avec un grand luxe de prélats.
Imagine-t-on pareille cérémonie dans une terre et au sein d’un peuple contaminés par l’Islam ? Entend-on les revendications des ligues de vertu miaulant leurs discours de renoncement à l’identité sous couvert d’une tolérance (il y a des maisons pour cela disait Claudel) à l’autre qui n’est que la négation de soi ?…Conçoit-on l’acceptation par les suppôts de cette religion de censure et d’interdit à cette expression rabelaisienne de la spiritualité ?
