
Le beau temps est revenu avec le soleil invaincu du solstice d’été. La montée du thermomètre incite nos valeureux compagnons à aller chercher un peu de fraîcheur sur les sommets encore enneigés, dans les canyons tumultueux et bouillonnants, dans les forêts profondes à la rencontre des fées et des elfes, sur les causses à la découverte des cromlechs et menhirs ou d’un bijou de chapelle romane… en tous cas loin de la ville . Nous les invitons à nous transmettre leurs carnets de route.Pour nous ce sont …
Mende part en “vadrouille”
Il y a tout juste 50 ans sortait dans les salles obscures « la grande vadrouille », film culte du réalisateur Gérard Oury, culte pour son humour, culte pour ses répliques, sans oublier son côté “Road movie gaulois” avec les divers moyens de transport utilisés lors de la course poursuite avec les allemands (camion, train, charrette et surtout planeur)… Ce film fera 17.267.607 d’entrées en salle, record détenu jusqu’en 1998. Avec son duo de légende Bourvil-De Funès, le film dépeint l’occupation allemande vue sur le ton de la comédie et de l’humour avec un succès jamais démenti qui s’est transmis de génération en génération; c’est peut être après l’avoir vu que Jean Marie Le Pen déclarera : “En France, du moins, l’Occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés ».
Parmi les lieux de tournage du film, on retiendra la Bourgogne pour la partie centrale du film, le Cantal, Montpellier-le-vieux dans l’Aveyron et surtout la Lozère avec les environs de Mende pour la scène finale où nos six héros (soeur Marie-Odile, Stanislas Lefort, Augustin Bouvet et les 3 anglais) partent à bord de deux planeurs “castel-c25s” pour gagner la “zone libre” et échapper enfin au lourdaud et irascible Major Achbach. Cinquante ans après le tournage, on peut encore trouver les débris des voitures utilisées pour les cascades (dont la fameuse hotchkiss télécommandée que l’on voit tomber dans le film du haut de la falaise); un morceau du pot d’échappement trône dorénavant au local identitaire de l’Estrambord à Montpellier.
Pour ceux qui souhaiteraient découvrir les traces du tournages du film, le Groupe des Randonneurs pédestres mendois peut vous amener en randonnée, avec deux itinéraires au choix en fonction des difficultés du parcours. Il est tout à fait possible de découvrir le lieu mythique où eut lieu la simulation du décollage des planeurs avec les épaves des voitures encore présentes au bas de la falaise. Contrairement à l’idée largement répandue, ce n’est pas au bas de l’aérodrome de Mende qu’il faut se rendre, mais au “truc” (pic en occitan) de Balduc situé à quelques kilomètres de l’aérodrome, à proximité de la N 106. C’est un plateau dont les falaises (d’où partent les planeurs) sont situées en face de Chalhac, commune de Saint Etienne de Valdaunez. Quant à l’itinéraire menant aux épaves, celui-ci commence au hameau de Lantondre qui dépend de la commune de Saint-Bauzile. C’est à partir de là que l’itinéraire commence pour monter vers le plateau. Pour voir les épaves, il faut quitter le sentier au moment où le chemin se met à monter en pente vers la gauche. Un chemin rocailleux finit par mener aux épaves situées sous la falaise. La randonnée s’achève à la lavogne (dépression sur les terres de causses qui permet de boire aux animaux d’élevage) de Varazoux.
Vous profiterez pleinement de cette journée à connotation identitaire qui alliera culture, grand air et terroir… pour découvrir, comme moi, la Lozère vue du ciel en prenant un baptême de l’air en planeur.

