D’après Nicole Mina

 

Beltaine est le nom celto-gaélique de la troisième des grandes fêtes de l’année celtique. On associe son nom au dieu Bélénos (le Très Rayonnant) et à la déesse Belissama (la Très Brillante), ainsi qu’au nom du mois de mai en irlandais et en gaélique écossais.

Beltaine initie la Saison Claire, après la Saison Sombre et le changement du rythme de vie qui en découle marque ce passage tant physiquement que spirituellement. Elle symbolise la forte montée de sève, la fertilité, l’accroissement des troupeaux, la force de la jeunesse. En ce sens, elle est l’antithèse totale de la fête de Samain.

Physiquement, on reprend les activités de plein air, puisque le beau temps se stabilise : la chasse, le début des travaux agraires et champêtres pour les agriculteurs et les éleveurs. Pour les âmes guerrières, c’est l’occasion de s’affronter dans des guerres des conquête claniques, d’organiser des razzias.

Dans la vie quotidienne, les jeunes gens et les jeunes filles reprennent dans la rivière leurs jeux et les fausses batailles, générateurs de rapprochements propices à la formation de nouveaux couples. Cette habitude a perduré longtemps, et de nombreux prêtres, au Moyen Âge, menaçaient des foudres de Dieu les garçons et filles qui « dès la messe terminée allaient ensemble se baigner nus dans la rivière ».

Spirituellement, il s’agit principalement de recueillir les bonnes plantes et herbes (les « simples » comme on disait encore il n’y a pas si longtemps dans le Sud) et en particulier les orties, afin de soigner, prévenir les maladies mais aussi alimenter les feux sacrés. Se déroulaient aussi les rituels de protection des maisons et les divinations.

Durant la fête de Beltaine étaient organisés les rites de passage entre les périodes froide et chaude, entre l’obscurité et la lumière, entre la léthargie psychique et le renouveau. Les druides allumaient de grands feux alignés, prononçaient des incantations tandis qu’on faisait circuler le bétail entre ces feux, afin de le protéger des épidémies pour toute l’année. Pour les participants, sauter au-dessus de ces feux assurait bonheur, prospérité et fertilité. Des sacrifices d’animaux y avaient lieu, tout comme à Samain, en offrande aux dieux.

Symbole de l’espoir des fertilités humaines, se déroulait la danse autour d’un mât : un grand poteau planté dans le sol, symbole phallique, avec des rubans de toutes les couleurs, attachés en son sommet, chaque participant tournant autour du mât avec un ruban dans la main.

Comme les autres fêtes, Beltaine se prolongeait dans la nuit. Un banquet réunissait les participants, les tables étant garnies des premiers dons de la nature, et largement décorées de fleurs, et très certainement de… muguet. L’ambiance était gaie, loin de la gravité de Samain par exemple, mais attention ! Il ne fallait pas approcher des lieux réputés être fréquentés par les fées et autres créatures du Petit Peuple parce que le voile entre leur monde et le nôtre est très ténu durant la nuit de Beltaine.

Le Feu de Beltaine était considéré comme puissant, sacré et fort et ne pouvait être allumé que par une personne de pouvoir. Beltaine est l’élément d’un culte fort par excellence. On suppose d’ailleurs que l’assemblée des druides dans la forêt des Carnutes dont César parle dans La guerre des Gaules, se tenait à l’époque de Beltaine.

Beltaine est l’une des très rares fêtes celtiques à ne pas avoir été « récupérée » par le Christianisme, mais elle se superpose à peu près au premier mai et demeure vivace dans plusieurs régions d’Europe, y compris bien sûr en France.

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