Le billet de Guy Roland

 

Je pense qu’à l’instar de Monsieur Jean-Baptiste ESTELLE, premier échevin de Marseille en Mai 1720 qui a accepté que le Commandant Chataud, du navire « Le Grand Saint Antoine » arrivant du Levant, les coffres pleins de tissus très chers, aille à sa place et à la place des trois autres échevins de Marseille, tous complices, au Château d’If et pendant trois ans,  les adversaires mortels de Monsieur Didier Raoult ont manifestement du mal à comprendre qu’une seule dose de son médicament ne vaille que 12 centimes d’euro.

Le navire du Commandant Chataud ayant eu 8 morts à bord durant le voyage depuis le Liban, il aurait dû passer par une quarantaine en bonne et due forme. Les 156 Registres des Archives Départementales sont visitables à Marseille et permettent de vérifier que c’est une intervention personnelle et secrète de falsification de Monsieur Estelle qui a déclenché la Peste de Marseille. Il a fait avec la complicité des autres échevins le pari que ces morts étaient décédés d’autre chose que de la peste venue d’Orient en ne permettant pas la quarantaine de ce bateau. Cette peste commença évidemment par un mort puis se poursuivit par cinquante morts pour atteindre mille morts et atteindre son pic avec trois mille morts quotidiennement.

L’énergie que déploya ensuite Monsieur Estelle au milieu de la tourmente pour sauver ses compatriotes lui valut plus tard d’être anobli. Une seule page dans l’ensemble des dossiers officiels du récit de ces événements est notoirement modifiée et atteste visiblement d’une fraude. Certes Estelle s’est battu comme un beau diable pour défendre les Marseillais. Les trois ans au château d’If d’un lampiste – le Commandant Chataud – sont le prix que paya ce faux coupable pour les 100.000 victimes de cette épidémie dont personne ne peut dire aujourd’hui à Marseille et ailleurs qu’Estelle et ses amis n’en sont pas responsables et coupables.

Comme souvent, dans ces cas-là, c’est un personnage inconnu, Le Chevalier Roze qui sauve l’honneur de la ville. Il recrute, comme l’avait fait Jean-Baptiste Estelle, près de cent forçats – en échange de leur liberté – pour se hâter d’enterrer des centaines de corps qui croupissent depuis des semaines au ciel libre. Il interrompt l’épidémie, ce faisant, perd l’ensemble des forçats tués dans cet ultime combat et manque d’y perdre la vie, lui-même, sauvé de justesse de cette hécatombe. Ce nom est honoré aujourd’hui à Marseille où la ville lui rend hommage jusqu’en une tribune du Stade Vélodrome ! Monseigneur de Belzunce fut aussi l’homme admirable d’une situation qui rend ses lettres de noblesse à cette ville d’exception. Son dévouement et son abnégation totale envers ses compatriotes constituent le pendant de fidélité chrétienne absolue que Le Chevalier Roze incarne au plan laïc envers cette même ville.

Il est possible d’imaginer que cette grande peste de 1720 soit l’élément historique qui ait mobilisé le Professeur Raoult dans cette direction au moment de ses études. Le même déni qu’aujourd’hui marqua la plupart des esprits au moment des premiers morts à Marseille en Mai 1720. On constate la même attitude de la majorité qu’au moment où la nouvelle épidémie de coronavirus commença en France en Janvier et Février 2020. C’est le Docteur Peyssonel qui a vécu au Caire qui, le premier, parle de peste. Il faut entendre le répertoire des appels au calme et des mensonges éhontés d’esprits pourtant avisés et informés – de Madame Buzyn à Monsieur Cymes – pour comprendre rapidement que l’explication est aujourd’hui vraisemblablement de la même nature qu’en 1720 à Marseille. Car s’il y a l’impératif médical d’une part il y a aussi l’autre impératif économique et social par ailleurs.

Mais il y a aussi un troisième élément qui n’existait qu’au niveau de l’amateurisme en 1720 et qui est devenu une exigence impérative et prioritaire dans le monde et dans la France d’aujourd’hui. Il s’agit – faute d’éducation chrétienne généralisée – du maintien et de la progression infinie du niveau de vie des quelques Jean Baptiste Estelle devenus institutionnels, impératifs, indispensables, désormais. Et, en gros, c’est la surprise de tous ceux qui ont embrassé la carrière médicale pour avoir pignon sur rue qui ne comprend pas – pas du tout ! – qu’on puisse embrasser la même carrière médicale pour vendre à ce prix-là des doses de vie.

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