Le billet de Martin Moisan

 

Sur l’électoralisme

 

Nationaliste révolutionnaire, j’ai toujours considéré que le salut de la France ne pourrait résulter que d’un bouleversement total, impossible à obtenir par un consensus électoral en l’état des institutions et de la fragmentation gauche / droite de l’opinion. Pour notre courant de pensée, la solution ne pouvait venir que d’un évènement historique favorable qui aurait permis un renversement de régime. Or la crise des gilets jaunes a démontré que notre camp était incapable de canaliser un tel mouvement et encore moins de le porter vers la reprise du pouvoir. Au contraire, ce sont nos adversaires mondialistes et immigrationnistes coalisés qui ont stérilisé le mouvement : libéraux de droite au pouvoir et ultra gauche à la casse dans la rue.

Sans totalement faire le deuil définitif de la thèse de la reprise du pouvoir à l’occasion d’un évènement favorable qui le laisserait en déshérence, on voit bien qu’en l’état de nos forces il faut momentanément explorer d’autres voies.

Or, la dramatique évolution démographique et la submersion que nous subissons nous placent dans une urgence extrême. Et donc, la solution électorale ne peut plus être écartée ; ou plus exactement, il faut tout faire pour la faire aboutir, si non au changement radical de paradigme que nous souhaiterions ; du moins à un moindre mal qui permettrait de stopper la submersion, de rendre les choses plus supportables et de replacer la marche de la France dans le sens de la souveraineté, de sa tradition et de son identité.

Sur les conditions d’une solution électorale

 

L’exemple italien et ce que nous avons pu voir au cours de notre descente en profondeur dans le creuset du mouvement des gilets jaunes nous a fait très nettement apparaitre que dans son immense profondeur, le pays était en attente d’une fusion des populismes à l’italienne centrée sur l’identité, la sécurité, la souveraineté et la vraie justice sociale. Par ailleurs, l’attente d’une prise en compte réelle et sérieuse de la question migratoire et d’une remigration contrôlée nous est nettement apparue dès avant l’effondrement de LFI. Nous l’avons relatée ici au cours de diverses chroniques sur le mouvement des gilets jaunes et sur ses suites.

L’effondrement électoral de LFI désertée par ses électeurs sur la question migratoire et sur les positions suicidaires de Mélenchon sur ce point, est venu nous confirmer qu’il se trouvait à gauche et surtout dans l’abstention, une très grosse masse en attente de solutions et surtout proche de nos idées sur les questions de souveraineté, de sécurité et d’identité ; tout comme de vraie justice sociale.

De notre point de vue, c’est donc dans cette voie qu’il faut chercher à construire ex nihilo un rassemblement transversal de très grande ampleur au-delà des clivages politiciens droite/gauche anciens… Ex nihilo, parce que tous les partis qui ont participé de près ou de loin au pouvoir sont définitivement désavoués et, de notre point de vue, parce que le RN – de par son déterminisme lié à son passé- obstrue définitivement le passage.

La solution électorale ne se trouve pas dans le rassemblement des droites qui ne fera jamais revenir les abstentionnistes, mais dans une fusion des populismes qui ramènera les électeurs en déshérence et en attente, vers le courant novateur qui sera à même de la porter.

Tel est le point de vue que j’ai ici développé, pour le moment par bouts et par morceaux.

Buisson et Zemmour exactement sur cette ligne

 

L’interview de Patrick BUISSON va exactement dans ce sens et j’y souscris intégralement. L’attelage qu’il vient de former avec Éric ZEMMOUR, dont on connait bien par ailleurs la foi patriotique et l’amour de la France, est très prometteur. Si une solution électorale existe, elle ne peut être que là.

La question sera pour eux de s’adjoindre d’autres porteurs de ce projet, cette fois-ci venus de la gauche populiste.

Levée de doutes et de réserves sur la personne de Patrick Buisson

 

L’épisode au cours duquel Patrick Buisson a collaboré avec l’infâme crapule qu’est Sarközy ne plaide pas en sa faveur et il pourrait y avoir là des raisons de douter de sa vertu.

Toutefois, il faut prendre le monde tel qu’il est et les gens tels qu’ils sont. Or, que l’on sache, il n’y a personne dans notre camp qui porte aussi clairement ce projet et qui soit à la hauteur de Patrick Buisson en termes de clarté de vues et de puissance pédagogique pour le porter.

D’autre part comme Buisson le dit lui-même, la question de l’incarnation ne se pose pas pour le moment et il est largement assez intelligent pour savoir que sa personne ne fera pas consensus.

Choix de personnalités intactes

 

Un tel projet ne trouvera d’écho dans l’opinion que s’il est porté par une majorité de personnalités intactes de toutes participation au pouvoir. L’opinion n’admettra pas de se voir proposer un nouveau recyclage de personnalités qui de près ou de loin auraient cautionné la corruption passée et les pouvoirs successifs qui ont conduit le pays là où il en est aujourd’hui. Ce point est tout à fait fondamental, les porteurs du projet devront être particulièrement vigilants à se garder de la facilité qui consisterait à s’appuyer sur l’ancien monde.

Ralliement de notre camp

 

Pour le moment, le projet Zemmour-Buisson en est encore au stade de la planche à dessin. Néanmoins ce qu’on peut d’ores et déjà en percevoir donne un immense espoir ; en tout cas à ceux qui avaient fui les urnes depuis longtemps.

Nous avons encore du temps, mais tout notre camp doit comprendre que l’alternative Macron / Le Pen ou Macron / Maréchal assurerait à coup sûr la reconduction de Macron. Or au rythme où il accélère son entreprise de démolition, un second mandat laisserait la France dans un chaos total et dans une situation de submersion quasi irréversible.

La partie éparse, ou réfugiée dans l’abstention, de notre camp doit écouter et suivre avec la plus grande attention l’évolution du projet Zemmour-Buisson.

De leur côté, les électeurs du RN doivent se préparer à laisser de côté leurs sentiments. Le salut de la France ne peut pas dépendre de l’attachement sentimental à un nom ou à une illusion.

 

On ne manquera pas de revenir sur le projet Zemmour-Buisson et d’en tenir la chronique. 

Si une seule solution électorale existe, elle est probablement là, et tout notre camp doit se préparer à s’y rallier.

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