Grand débat

 

Le billet de Martin Moisan

 

Venu en tournée en Occitanie pour tenter de rallier les maires à sa tentative de récupération de la colère populaire, Macron s’est montré encore plus coupé du peuple et enfermé dans son isolement que jamais. Totalement isolé par peur des français et enfermé dans un cul de sac politique, Macron est dans une impasse dont il ne sortira plus.

 

Le jeudi 17 Janvier il est donc venu à Toulouse, présenter ses vœux aux militaires sur la base militaire de Francazal au Sud-Ouest de Toulouse. Ce sera d’ailleurs la seule cérémonie de vœux à laquelle il participera cette année alors que l’an dernier il y en avait eu un peu plus d’une vingtaine.

Le site de Francazal est un glacis militaire de 300 hectares intégralement surveillé, clôturé et protégé par des mesures déjà très strictes. Le site est totalement inviolable, imprenable par la foule. Pourtant manifestement, cela ne suffit pas à assurer la sécurité du président en déplacement à Toulouse. C’est ainsi qu’un vaste périmètre de plusieurs milliers d’hectares s’étendant sur 7 communes au Sud-Ouest de Toulouse s’est retrouvé sanctuarisé dès la veille par un dispositif policier exceptionnel, totalement hors de proportion, jamais vu.

Routes et sortie d’autoroute barrées, contrôle extrêmement strict des allées et venues des résidents, gendarmes disposés à tous les carrefours routiers, barrages étanches, gardes mobiles dotés de fusils d’assaut exhibés de manière bien ostentatoire, munitions bien visibles dans les chargeurs, hélicoptère en observation, patrouilles en véhicules banalisés, escadrons de gendarmerie mobile et véhicules moteurs tournants tout l’après-midi, camions militaires de transport de troupes bien en vue, identification des véhicules par des policiers en civil, photographies des manifestants, flicage intégral. Tout ça sans compter le dispositif en réserve à l’intérieur même du périmètre de la base ; d’après nos information très conséquent et prêt à intervenir.

Ambiance surréaliste, digne de la Turquie contemporaine ou d’un pays d’Amérique latine au plus fort des années 70.

Les Gilets jaunes toulousains, largement informés de cette sanctuarisation ne se sont pas déplacés. Inutile en effet d’aller se geler pour rien par un froid pareil et par grand vent. Néanmoins nous étions 150 environ, qui avons pu parvenir jusque devant le principal barrage. Essentiellement sous bannières CGT, NPA, SUD, jeunes communistes, FSU, LO et autres organisation militantes de gauche. Quelques black blocks aussi, bien reconnaissables. Bonne ambiance, aucune hostilité à notre encontre bien que nous soyons immédiatement identifiés comme de l’autre bord en refusant de porter les chasubles et les bannières des organisations de gauche qui nous étaient tendues.

La question migratoire a pu être débattue sans crispations, tout doucement la base y vient. Le militant syndicaliste n’y croit plus, il porte la chasuble ou le drapeau plus par habitude que par réelle conviction. Néanmoins, eux sont là, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. À noter la présence d’observateurs de la LDH venus relever les éventuelles exactions policières.

Nous avons vu l’avion présidentiel se présenter dans l’axe de la piste où il est venu se poser directement depuis Paris. Nous avons vu passer devant nous les voitures officielles et les bus des militaires venus à la cérémonie et puis c’est tout. Black-out total, les rares élus locaux qui avaient été conviés ont dû arriver bien à l’avance par un autre chemin et par convoi protégé, nous ne les avons pas vus.

Bref, Macron à Toulouse s’est bunkérisé derrière un dispositif policier extravagant, signe de sa très grande fébrilité et de la peur bleue que lui inspire désormais le peuple de France en révolte.

Il s’est dit qu’il n’aurait pas couché à Toulouse mais qu’il serait allé directement et très discrètement à Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot. Sans doute ses services de sécurité lui ont-ils recommandé d’éviter tout séjour dans l’environnement toulousain. Mesure prudente en effet, il ne faudrait pas que le fragile jeune homme se trouve directement confronté à la vindicte populaire, cela pourrait augmenter le stress qui manifestement ne le quitte plus.

Beau résultat pour les Gilets jaunes toulousains qui n’ont même pas eu besoin de se déplacer pour placer Macron et sa suite en état de stress maximum. La tension et la fébrilité extrême du pouvoir sont palpables, les mesures de protection jamais vues prises hier à Toulouse en sont la preuve manifeste. Dans le même temps, Toulouse ville était quadrillée de policiers, nous sommes bien dans un état totalitaire, cela se voit à l’œil nu.

Aujourd’hui, vendredi 18 janvier, visite à Souillac dans le Lot et rencontre avec 600 (six cents, il faut ce qu’il faut …) maires ruraux d’Occitanie selon le même protocole que précédemment dans l’Eure. Cependant cette fois-ci, net changement de ton sur les chaînes en continu qui pointent la difficulté de Macron à rétablir le contact avec les corps intermédiaires, avec les maires et au-delà avec le peuple de France, sans parler des gilets jaunes. Signe très net d’une inflexion, les commentateurs reprennent les critiques formulées sur le caractère convenu et cadré de l’exercice où les intervenants sont triés sur le volet, les éventuels opposants écartés, les questions et les réponses préparées à l’avance à la seule convenance du pouvoir. Sont également envisagés et commentés le possible échec du grand débat et les possibles suites pour le quinquennat qui s’en trouverait considérablement affaibli et impuissant. Est également évoqué le caractère nettement électoraliste et donc inconvenant compte tenu de la situation de la démarche d’un Macron déjà en campagne pour les européennes.

Images de ministres à Souillac rudement apostrophés par des Gilets jaunes, incapables de répondre aux questions très directes qui leurs sont posées, empêtrés et tournant en rond hors sujet sans pouvoir fournir les réponses attendues. Un déplacement de Macron prévu à Rocamadour a été annulé en urgence, trop de risque d’incidents. Même dans le Lot, Macron est obligé de se bunkériser, il ne peut plus s’exposer en public.

Comme la fois précédente dans l’Eure, les questions posées par les maires sont toutes restées dans l’ordre du réformisme – ISF, 80 km/h, dotations, finances locales, Loi Notre, accès au numérique, dégradations par les Gilets jaunes, ours des Pyrénées, méthanisation des rejets des élevages, construction d’un bout de route ici ou là – sans que soient jamais pris en compte les problèmes de fond que posent les Gilets jaunes : démocratie participative, RIC et bien sûr la question migratoire que tout le monde tait pour le moment bien qu’elle soit au cœur des préoccupations de la très grande majorité des français. Non, le débat organisé par Macron n’est pas à l’échelle de l’enjeu.

Il n’a été question que de banalités, de gestion courante, jamais des sujets qui importent vraiment. Rien de surprenant puisque tout cela est parfaitement « téléphoné » que le président choisit lui-même les questions auxquelles il entend répondre et qu’il écarte tout ce qui pourrait le détourner de son cap.

On l’a donc vu une nouvelle fois doué de moyens cognitifs surnaturels répondre à tout dans un monologue technocratique, en transpiration et sur un débit étrangement rapide. (Quels fortifiants prend-il pour se désinhiber à ce point malgré les stress qui ne le quitte plus ?)

Dans le Lot comme dans l’Eure, Macron a endormi l’assistance pendant plusieurs heures, sans que rien d’important ou que l’on puisse retenir n’ait été dit. Grand oral assommant, mais page blanche à l’écrit. Aucune perspective sérieuse pour sortir de la crise.

Enfin, Brigitte Barèges, maire de Montauban (Tarn-et-Garonne), s’est fait huer en parlant des problèmes de l’immigration : « Les Gilets jaunes demandent à être considérés. Ils ont autant droit aux logements sociaux que des personnes de nationalité étrangère. Il n’y a pas d’ONG pour eux, alors qu’ils en auraient bien besoin. Pourquoi ne pas augmenter les retraites en faisant en sorte de diminuer toutes les fraudes sociales ? »

Des maires qui huent la seule parmi eux qui ose parler du sujet qui obstrue le débat, c’est bien la preuve que ces gens ne représentent plus rien et qu’ils ne sont pas les bons interlocuteurs. Tous n’ont pas hué Brigitte Barèges et ceux qui ne l’ont pas fait feraient bien de se désolidariser publiquement du grand débat. Ils n’ont rien à y gagner, ni eux, ni leurs administrés.

Bunkérisé, incapable de se présenter en public, isolé politiquement, tentant désespérément de se raccrocher à des maires qui se sont placés hors-jeu, incapables de se hisser au niveau du débat que proposent les Gilets jaunes, Macron est bien dans une impasse.

Le grand débat n’est qu’un habillage, un baronnage auquel certains maires avilis se prêtent sans vergogne. La manœuvre est éventée, le grand débat est d’ores et déjà un fiasco. Les Gilets jaunes ont placé Macron dans un cul de sac. Le pouvoir est sur le reculoir, le dos au vide, incapable de répondre à l’enjeu historique qui lui est présenté.

 

Un maire nous parlent de la Grande mascarade de Souillac. La lutte doit se poursuivre !

 

Source : Gilets Jaune Live 24/24 7/7 Anti-censure

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