personne pour défendre

 

Le billet de Colette Mercier

 

Un gendarme de 45 ans, père de famille, affecté à la protection du premier ministre, s’est suicidé dans les jardins de l’Hôtel Matignon.

L’arrogance et le mépris de l’équipe au pouvoir ne s’applique pas qu’au peuple de France, aux gueux aux sans dents, à ceux qui ne sont rien. Elle s’applique à tous même, et y compris, à ceux, gendarmes, policiers, militaires qui sont chargés de la protéger.

 

Même les dictateurs les plus primaires savent qu’ils doivent privilégier leur garde prétorienne

 

Depuis la plus haute antiquité, s’il y a bien une nécessité que tous les dictateurs saisissent immédiatement dès leur entrée dans les « palais » ; c’est celle de devoir avant tout privilégier leur garde prétorienne pour s’assurer de sa fidélité. Toujours la payer, toujours la privilégier et toujours la placer hors d’atteinte des tentations de corruption. Tous les tyrans savent qu’ils doivent avant tout s’assurer de la loyauté des hommes chargés de les protéger. Aucun n’y déroge, tant c’est la garantie de leur survie.

 

Manifestement nos énarques, bouffis de suffisance et de mépris, ignorent cette précaution pourtant élémentaire

 

C’est ainsi que les gendarmes chargés de la protection du Premier Ministre sont maltraités au plus haut degré.  Au point, fait rarissime et peut-être sans précédent, de s’en être ouverts auprès de leur hiérarchie, dans une lettre rendue publique.

Déjà un rapport du Sénat de juillet 2018 dressait un constat déplorable de l’état des forces de sécurité́ intérieure : police, gendarmerie.

 
Une vague de suicides sans précédent

 

Le nombre de suicides dans la gendarmerie et la police a explosé. Le témoignage poignant du sous- officier José TESAN nous en dit long sur le moral des hommes et sur le management par la haute hiérarchie.

Surtout préoccupé de sa propre carrière, le général LIZUREY, Directeur de la Gendarmerie Nationale, qui avait assumé la nomination de BENALLA au grade de lieutenant-colonel, a bien essayé de calmer les esprits le mois dernier ; bien entendu sans le moindre commencement de suite, ni mesure réelle et sérieuse pour résoudre le problème.

 

Une situation perceptible à l’œil nu

 

Lors d’une récente visite rue de Varennes, Richard ROUDIER et moi-même avons pu constater l’état déplorable du mental des gendarmes en faction autour de Matignon. Lorsque nous avons cherché à croiser le regard de l’un des hommes en arme posté en sentinelle à l’angle de la rue, nous avons pu voir ses yeux battus et le manque total d’estime de lui-même qui transparaissait dans son regard. Le type a fui le nôtre et a baissé les yeux. Aucun doute d’interprétation, nous n’avons pas vus les yeux d’un soldat, fier de son uniforme, mais ceux d’un homme déconsidéré et honteux de sa condition. Cela ne nous a pas surpris, au contraire, nous y avons vu la confirmation de nos analyses.

 

Suicide d’un garde républicain dans les jardins de Matignon

 

Cette fois-ci c’est dans l’enceinte même de l’un des plus hauts palais de la république qu’un garde républicain a mis fin à ses jours avec son arme de service.

Le fait est à lui seul une synthèse des rapports entre la bande au pouvoir et les hommes de devoir chargés de les protéger. Il revêt une signification politique et humaine particulière, il est révélateur de l’extrême fragilité de ce pouvoir et sa totale déconnexion d’avec la réalité, même la plus élémentaire concernant ses propres intérêts et sa sécurité.

 

La bande au pouvoir s’est définitivement coupée de l’armée, de la police et de la gendarmerie

 

Voilà ce que signifie l’acte posé par ce malheureux. À part peut-être la partie la plus carriériste de la haute hiérarchie, les hommes du rang, les sous-officiers et les officiers n’en peuvent plus de la condition qui leur est faite, ni du mépris dont ils sont l’objet. Depuis l’éviction du Général de VILLIERS, depuis l’affaire BENALLA, la césure est totale et c’est sans doute désormais irréversible.

 

Il n’y aura personne pour les protéger

 

Sans doute les arrogants au pouvoir pensent-ils qu’ils peuvent tout nous faire sans que jamais nous nous rebellions ; qu’ils peuvent tyranniser le peuple de France sans que rien jamais ne se passe. Sans doute ont-ils déjà calculé que rien ne se passerait avant la fin de leurs mandats. Sans doute que, convaincus de leur intouchabilité, ils se croient autorisés à mépriser à ce point les hommes chargés de leur protection.

Très mauvais calcul, très mauvaise spéculation.

Le jour où ça tournera vraiment mal, peut-être plus proche qu’ils ne le pensent, il n’y aura plus personne pour les défendre. Ces hommes mettront la crosse en l’air.

 

C’est ce sur quoi nous pouvons raisonnablement spéculer.

Nous exprimons toutes nos condoléances à la veuve et aux enfants de ce garde républicain. Nous exprimons toutes nos condoléances à ses frères d’arme.

 

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