« Il n’y a pas de temps à perdre, la reconquête ne fait que commencer. »

« Il n’y a pas de temps à perdre, la reconquête ne fait que commencer. »

Discours de Vincent Vauclin lors de la Manifestation contre l’insécurité devant la Préfecture de Montpellier

 

Mes chers amis, mes chers camarades, 

 

C’est avec regret que j’ai dû renoncer à participer à cette mobilisation à vos côtés aujourd’hui.  

Je tiens à saluer cette initiative de Richard Roudier et de la Ligue du Midi, car effectivement l’heure est grave. Il ne s’agit plus seulement de parler d’insécurité, mais bien d’ensauvagement. Il ne s’agit plus seulement de dénoncer les violences dans les cités, mais de parler clairement de guérilla urbaine. Il ne s’agit plus seulement d’évoquer l’islamisation, mais bien un processus de sédition communautariste et de partition du territoire national. 

N’ayons pas peur des mots : Oui, la France est au bord de la guerre civile.

On dénombre chaque jour en France un millier d’agressions gratuites, des centaines de viols, des milliers de vols, de cambriolages et de voitures incendiés. 

Depuis 2015, le nombre de victimes de la barbarie islamiste s’élève à 250 morts et un millier de blessés. L’explosion de la délinquance et des attentats terroristes préfigure un embrasement général et une vague d’affrontements inter-communautaires sans précédent. 

Alors, la question n’est plus seulement celle du port du voile, ni celle du halal dans les cantines scolaires. Car oui, le temps de l’assimilation est révolu. 

Et ceux qui vous prétendent le contraire ont 30 ans de retard ! 

Seule l’organisation d’une politique de remigration, c’est-à-dire d’inversion des flux migratoires, pourra nous permettre d’éviter la guerre civile. 

Si nous ne faisons rien, nous les gaulois, nous les Français de souche, nous serons minoritaires sur nos propres terres avant la fin de ce siècle. Et cela, nous ne pouvons pas l’accepter. Alors, au nom de notre histoire et au nom de l’avenir de nos enfants, je vous demande de vous engager, de lever haut le drapeau national, de défier le politiquement correct médiatique et de flanquer une bonne droite au Sytème !  

Concrètement, sur le terrain électoral comme sur le terrain militant, nous devons nous mobiliser à chaque occasion pour faire entendre notre voix et pour imposer nos propositions dans le débat public. Il n’y a pas de temps à perdre, la reconquête ne fait que commencer.  

Je vous remercie pour votre attention, 

 

Vive la France, vive la Ligue du Midi, et vive la Dissidence Française !

Vincent VAUCLIN

Vincent VAUCLIN

La victoire du RN est impossible car la majorité des gens ont intérêt au statu quo

La victoire du RN est impossible car la majorité des gens ont intérêt au statu quo

Chronique de Paysan Savoyard

 

Les immigrationnistes comprennent plusieurs catégories. Les membres de la classe dirigeante, qui souhaitent, suscitent et organisent l’immigration, forment la première, celle des traîtres. L’immigration est partie intégrante de leur projet mondialiste : afin d’accroître encore leur pouvoir et de maximiser leurs profits, ils veulent organiser le monde – le monde occidental du moins – comme un ensemble unique, au sein duquel marchandises, services, capitaux et main-d’œuvre circulent librement.

  

Les immigrationnistes qui, sans appartenir à la classe dirigeante collaborent avec elle avec enthousiasme pour mettre en œuvre l’immigration de masse, composent le deuxième groupe. Les motivations de ces collabos – militants des associations, chrétiens pratiquants, juges, journalistes et intellectuels « engagés » – sont le plus souvent idéologiques : l’accueil des immigrés leur apparaît, quelles qu’en soient les conséquences, comme une obligation morale. Plus généralement, ils adhèrent à l’utopie absurde d’un monde sans frontières, universel, où régneraient paix et justice et d’où auraient été éradiqués la pauvreté et le racisme. Certains de ces collabos sont cosmopolites : leur immigrationnisme découle avant tout de la haine qu’ils éprouvent pour l’Europe et les Européens de souche.

On pense moins à la dernière catégorie d’immigrationnistes, pourtant de loin la plus nombreuse, celle des résignés. Les résignés ne sont pas les organisateurs de l’immigration et ils n’y collaborent pas avec frénésie. Ils ne la considèrent pas avec ravissement mais en perçoivent au contraire les graves inconvénients et les risques, dont ils cherchent d’ailleurs à se protéger pour eux-mêmes et leurs proches. Pourtant ils choisissent tout de même de continuer à voter pour les partis immigrationnistes. Laissant de côté pour cette fois les « traîtres » et les « collabos », c’est à ces « résignés » que nous nous intéresserons ici.

En fait les résignés savent… Parce qu’en fait tout le monde sait

 

Les immigrationnistes résignés en réalité savent. Ils savent que la France et l’Europe sont en train d’être envahies par l’immigration. Ils savent que cette immigration est une catastrophe. Ils ne le disent jamais et ne se le disent jamais à eux-mêmes, pour des raisons sur lesquelles nous revenons plus loin. Mais ils savent… et ressentent en fait à peu près la même chose que les électeurs du RN eux-mêmes.

Tout le monde sait d’ailleurs. Les membres de la classe dirigeante savent bien sûr : c’est en toute connaissance de cause qu’ils mènent la politique d’invasion qui sert leurs intérêts. Les collabos savent bien eux-aussi que l’immigration va balayer l’Europe, ses peuples et sa civilisation : mais ils l’acceptent, par idéologie. Comme les traîtres dirigeants et comme les collabos, les résignés savent… et ils s’y résignent.

Comment pourraient-ils ne pas savoir, au demeurant ? Il est impossible de ne pas savoir. La réalité de l’invasion crève les yeux et saute au visage. Il suffit de prendre le métro. Il suffit de marcher quelques minutes dans les rues des grandes villes. Il suffit de regarder la télévision, où il n’est question que de cela ou presque, explicitement ou en filigrane. Les attentats, la délinquance, les manifestations de l’islamisation croissante, la confrontation en Europe des « populistes » et des « progressistes », la résurgence de maladies disparues, les SDF, les difficultés de logement, les « quartiers », les réfugiés, les thèmes choisis par le cinéma et les livres : presque tous les sujets abordés dans les JT du soir ont un lien plus ou moins direct avec l’invasion. En outre le Système prend soin de marquer la présence croissante de l’immigration dans la pub, le cinéma, les séries, afin de convaincre tout un chacun que la chose est désormais irréversible. Le foot à chaque match est la démonstration la plus éclatante de ce que le grand remplacement avance à pas de géant. Or toute la France ou presque regarde le JT, ou la pub, ou les séries, ou le foot, et le plus souvent le tout à la fois. Et donc tout le monde sait.

Si les résignés ne peuvent pas ne pas savoir, c’est aussi parce qu’ils sont pour la plupart directement confrontés à l’immigration, à son ampleur et à ses méfaits, dans leur milieu professionnel. Dans les entreprises comme dans les administrations, les postes occupés par des personnes issues de l’immigration sont de plus en plus nombreux, et plus seulement dans les tâches d’exécution. De même la clientèle des services publics, hôpitaux, écoles, transports, services de la CAF ou des HLM, est massivement immigrée : les millions de fonctionnaires et agents publics qui gèrent et assurent ces services sont au contact quotidien de l’immigration et ne peuvent donc ignorer la réalité de l’invasion.

Le comportement des résignés montre bien qu’ils savent d’ailleurs. Le choix du quartier où ils habitent, des amis qu’ils fréquentent, de l’établissement scolaire qu’ils sélectionnent, des loisirs qu’ils pratiquent, du lieu de vacances qu’ils retiennent, tous ces choix de vie quotidienne sont guidés étroitement par l’objectif implicite d’éviter le plus possible la fréquentation des immigrés. De même lorsqu’ils sont fonctionnaires les choix d’affectation des résignés sont parlants : c’est ainsi que la destination préférée des enseignants, qui sont les fonctionnaires les plus nombreux et sont très généralement immigrationnistes, se trouve être le « Grand ouest ». Or l’attrait du bord de mer ne peut suffire à expliquer ce tropisme occidental puisque Marseille, pourtant plus ensoleillée, est une destination bien moins prisée…

Les résignés savent, donc. Et pourtant ils restent immigrationnistes. En public ou dans leur cercle privé, ils relaient le discours dominant. A tout le moins ils se taisent. Et dans les deux cas ils continuent à voter pour les partis immigrationnistes, de gauche, du centre ou de droite, et rejettent le RN et le populisme. Alors pourquoi ?

Les résignés sont immigrationnistes par calcul

Si les immigrationnistes résignés continuent à voter pour les partis immigrationnistes alors qu’ils savent pertinemment que l’immigration est une catastrophe, c’est parce qu’ils effectuent un calcul. Ce calcul repose sur trois éléments. L’âge en premier lieu. Parmi les résignés beaucoup sont des retraités. Quand ils sont encore actifs, ils ont souvent atteint ou dépassé la cinquantaine. Ces résignés savent que les choses ne cesseront plus de se dégrader. Que la délinquance va s’accroître. Que la tiers-mondisation des villes va s’accentuer. Que le nombre des quartiers passés sous le contrôle des imams et des caïds ne va cesser d’augmenter. Que l’islam va devenir de plus en plus présent, arrogant et vindicatif sur le territoire. Que l’immigration va devenir massive même dans les territoires encore relativement épargnés comme l’ouest de la France. Mais ils tablent sur le fait que la dégradation de la situation se fera à un rythme suffisamment lent pour leur permettre à titre personnel de ne pas être touchés trop directement pendant les vingt ou trente années d’espérance de vie dont ils bénéficient.

Le deuxième paramètre du calcul des résignés est leur situation matérielle, qui est généralement satisfaisante. Ils sont propriétaires de leur logement dans un quartier vivable. Certains ont une résidence secondaire dans une région agréable. Ils perçoivent une pension de retraite suffisante ou disposent d’une épargne conséquente. Les résignés jugent que cette aisance matérielle devrait leur permettre d’échapper aux zones infréquentables pendant le temps qui leur reste à vivre.

Le troisième paramètre est le suivant. Les résignés estiment, à juste titre sans doute, que l’arrivée au pouvoir des populistes risquerait fort d’entraîner une hausse considérable des tensions, de provoquer des émeutes et des soulèvements, peut-être même de déclencher une guerre civile ouverte et de déboucher sur le chaos. Or le chaos est précisément ce que les résignés veulent éviter : ils escomptent une situation suffisamment stable pour pouvoir conserver ce qu’ils ont et jouir de leur pension de retraite et de leur patrimoine pendant la durée qu’ils peuvent espérer vivre. En quête de stabilité, les résignés ont donc objectivement intérêt à voter contre l’arrivée au pouvoir des populistes.

En outre les résignés savent que s’ils ralliaient le populisme et se mettaient à tenir le même langage que les « fachos », ils se heurteraient à plusieurs inconvénients majeurs. Ils devraient renoncer à toute perspective de carrière, seraient mis à l’écart dans la fonction publique ou poussés dehors dans les grandes entreprises. Considérés comme des salauds ils seraient rejetés par leurs amis et relations. Ils passeraient à leurs propres yeux pour des imbéciles pour s’être aussi grossièrement trompés pendant des décennies. Ils auraient l’impression de commettre un péché mortel avec le risque de le payer dans l’au-delà. Et surtout, se reconnaître comme hostiles à l’immigration les conduiraient à renoncer à leur identité humaniste et antiraciste, autour de laquelle ils se sont construits. Un tel aveu les conduirait en quelque sorte à changer d’identité, ce qui serait évidemment très inconfortable et déstabilisant.

Le bilan coût-avantage de la résignation est donc sans conteste positif. Il le reste même lorsque les résignés sont victimes, comme des centaines de milliers de personnes chaque année, d’une agression, d’un racket ou d’un vol avec violence, ou qu’ils sont insultés, menacés, « embrouillés », humiliés, dans la rue ou dans les transports, méfaits presque toujours commis par des immigrés. Conscients de ce que la passivité reste malgré tout l’option la moins coûteuse, les résignés choisissent, une fois la peur et la honte ravalées, de ne changer en rien leurs positions immigrationnistes et de mettre leur mésaventure, dont ils se gardent bien de faire état autour d’eux, sur le compte de « l’alcool, de la drogue ou de la bêtise ». Après tout, affirmeront-ils, « les bons blancs commettent aussi des délits, même si leur délinquance est le plus souvent en col blanc » …

Le calcul des résignés est simple, en résumé, et tout à fait rationnel : parier sur une dégradation suffisamment lente de la situation plutôt que de courir le risque de renverser la table.

Ce calcul, bien sûr, résulte d’une démarche individualiste, profondément égoïste même, à l’égard des générations futures comme à l’égard de leur propre descendance. Il correspond à une attitude toute simple : « après moi le déluge ». Cette position calculatrice montre également que la plupart des gens n’éprouvent pas d’attachement particulier pour la civilisation et le cadre social auxquels ils appartiennent et qui leur ont été transmis, ou qu’ils ne sont pas prêts du moins à leur sacrifier leurs intérêts individuels. La position des résignés relève enfin du pacifisme absolu, un autre nom de la lâcheté : les résignés sont les emblématiques représentants de notre société sans honneur. L’attitude des résignés est donc, on le voit, en pleine cohérence avec l’idéologie individualiste, qui est l’une des principales caractéristiques de la modernité, sans doute même son cœur et son fondement.

Comment les résignés se protègent de la schizophrénie

Les résignés ont donc objectivement intérêt à rester immigrationnistes. Encore faut-il pour eux, qui se mentent à eux-mêmes et le savent, s’arranger avec cette situation peu glorieuse : ils sont immigrationnistes par calcul tout en sachant sans le dire que l’immigration est une calamité. Comment les résignés s’y prennent-ils pour vivre la situation au mieux et ne pas trop souffrir de cette schizophrénie ?

La première méthode est celle évoquée plus avant. Les immigrationnistes des différentes catégories se protègent au mieux de l’immigration, par le choix du lieu de vie, de l’établissement scolaire ou du réseau relationnel. Ainsi mis à l’abri, les résignés peuvent plus facilement penser à autre chose et évacuer la question de l’immigration de leurs préoccupations principales.

La seconde technique utilisée par les résignés consiste en quelque sorte à regarder ailleurs. Les résignés se tiennent soigneusement à l’écart de la presse régionale et de ses « faits-divers ». Ils évitent évidemment la fréquentation des sites ou des médias non conformes qui pourraient les déstabiliser. Ils adoptent dans la rue un regard particulier qui consiste à voir sans voir. Dans les conversations, les résignés se protègent derrière des formules toutes faites : « Les choses sont plus compliquées que cela » ; « les extrêmes ne sont jamais la bonne solution » … Au sujet de l’immigration plus précisément, les résignés ont en réserve une batterie d’affirmations clé-en-main, sans rapport avec la vérité mais débitées à la file avec énergie : « l’immigration a toujours existé » ; « elle est une conséquence inévitable de la colonisation » ; « ce qu’il faut c’est aider les pays pauvres à se développer » ; « la plupart des immigrés sont désireux de s’intégrer » ;  « la plupart de ceux que l’extrême-droite appelle des immigrés sont en fait des Français » ; « l’intégration s’effectuerait plus facilement si on ne reléguait pas les immigrés dans des ghettos » ; ou encore le fameux : « les choses iraient déjà beaucoup mieux si l’extrême-droite ne mettait pas de l’huile sur le feu »…

Cependant l’argument majeur derrière lequel se réfugient les résignés reste le suivant : « De toute façon on ne peut plus faire autrement : il est impossible, que ce soit matériellement ou moralement, d’arrêter l’immigration, qui est inévitable ».

Pour démontrer l’impossibilité matérielle d’arrêter l’immigration, les résignés mettent en avant l’accroissement irrépressible de la pression migratoire en raison de la démographie mondiale, des guerres, des famines et de la dégradation du climat. Quand on leur fait remarquer que la plupart des immigrés arrivent en France de façon légale et qu’il serait dès lors aisé, par exemple, de ne plus autoriser ces entrées légales, de ne plus délivrer de visas, de supprimer le droit au regroupement familial ou encore de mettre fin aux incitations à l’immigration en réservant les prestations sociales aux Français et en supprimant le « droit du sol », les résignés passent alors au registre de l’impossibilité morale, en invoquant les « valeurs ». Lorsqu’alors on leur oppose que ces valeurs sont évidemment absurdes puisqu’elles conduisent à laisser s’installer sans réagir le désordre, la violence et la déstabilisation, ils se braquent et coupent court, en dénonçant la haine, le racisme et le fascisme, avec une colère d’autant plus vive qu’ils savent bien au fond d’eux-mêmes que leur contradicteur a raison…

Depuis quelque temps, les résignés ont découvert un nouveau subterfuge pour éliminer tout malaise existentiel : ils se mobilisent tous désormais pour la cause de l’environnement. C’est là qu’ils déploient leurs élans de sincérité, leur faculté d’indignation, leur zèle militant, leur soif de vérité. C’est au sujet du climat qu’ils s’autorisent à avouer leur pessimisme et leur peur. La question de l’environnement présente donc pour les résignés un double intérêt. Elle leur permet de s’occuper l’esprit et de mieux en évacuer la question de l’immigration. Elle sert d’exutoire aux angoisses que l’invasion de l’Europe fait naître, chez les résignés comme chez tout-un-chacun : terrifiés, comme tous les Français, à l’idée du chaos qui se profile et s’installe, les résignés choisissent de mettre leur peur sur le dos du climat et de « l’empreinte carbone ».

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C’est pourquoi la victoire électorale du RN est impossible. Quels que soient leur leader, leur discours et leur programme, les « populistes » ne peuvent ni convaincre ni vaincre parce que la majorité des Français n’ont tout simplement pas intérêt à leur arrivée au pouvoir et au chamboulement que celle-ci pourrait provoquer. C’est le cas pour les retraités. C’est le cas pour les personnes aisées d’un certain âge, qui pensent avoir les moyens de passer entre les gouttes. Lorsqu’ils sont jeunes, les gens aisés se disent que de toute façon, si la situation en Europe devait se dégrader trop fortement, il leur resterait la ressource de s’établir aux États-Unis, au Canada ou en Australie. Ces jeunes des milieux aisés vivent d’ailleurs d’ores et déjà dans un autre monde, celui des métropoles cosmopolites, et ont déjà pris leurs distances avec les attaches nationales. Quant aux immigrés, dont le nombre augmente d’au moins 1.000 par jour, grâce aux naissances et aux arrivées légales et illégales, ils ont tout intérêt bien entendu à ce que le Système immigrationniste reste au pouvoir. C’est pourquoi l’électorat du RN est composé pour l’essentiel de ceux pour qui l’avenir n’est que menace : les milieux moyens et populaires de souche européenne encore éloignés de la retraite… Ceux-là savent qu’ils n’auront pas les moyens de se préserver des catastrophes qui s’annoncent.

Ainsi qu’en témoigne le nombre de voix obtenu par M. Macron en 2017, double de celui atteint par Mme Le Pen, ceux qui ont objectivement intérêt à un relatif statu quo sont largement majoritaires.

Dès lors il n’y a rien à attendre, ni révolte, ni sursaut électoral. Seulement un processus de soumission, progressif, continu, inéluctable…

Le syndrome de la grenouille ébouillantée

Le syndrome de la grenouille ébouillantée

Par Antonin Campana

 

A ce stade de notre réflexion, nous devons convenir qu’il n’existe en Europe aucune véritable stratégie de mise en résilience du peuple autochtone européen… hormis celle qui est proposée ici ! Cette affirmation peut paraître immodeste, mais elle est néanmoins nécessaire si l’on ne veut pas se mentir et se réfugier derrière des illusions qui usent les énergies et nous font perdre du temps.  

 

L’expression « aucune stratégie », n’est en effet pas une exagération. Nous ne disons pas que les stratégies existantes sont inadaptées, inefficaces voire même dérisoires. Nous disons que ces stratégies n’existent pas. Nous disons qu’il n’y a pas le moindre début de commencement de stratégie, même inadaptée, même inefficace, même dérisoire.  Il n’y a rien. Le vide. Notre peuple est nié, exploité, emprisonné et se fait désormais effacer sans que cela secoue notre apathie ni ne suscite la moindre proposition intelligente ! C’est un fait.

Bien sûr, il y a l’idée de remigration. Mais la remigration n’est pas une stratégie. La remigration est un vœu pieux, un souhait, une prière, une espérance. Personne ne planifie la remigration. Personne n’explique comment et par quel processus un peuple vieux, dissocié et bientôt minoritaire pourra inciter une masse humaine jeune, solidaire et bientôt majoritaire à quitter notre pays. La remigration est une utopie faite de « si » irréalisables et de conditionnels improbables.

Certains espèrent aussi en une terre de refuge, sorte d’État ethnique, que le Système aura la gentillesse de nous laisser. Quelle est leur planification stratégique ? On l’ignore. Peut-être espèrent-ils conquérir cette terre ? Laquelle et comment ?

Tout cela relève de la pensée magique. Croire, revendiquer, proclamer avec force et constance son espérance n’aura aucune incidence sur la réalité et peut même traduire un refus de s’engager dans cette réalité, sans doute trop cruelle pour être pleinement acceptée telle qu’elle est. A quoi cela sert-il de nous cacher la vérité : il n’y aura pas de remigration ! Il n’y aura pas de terre de refuge ! Il nous faudra vivre encore longtemps avec les autres ! Ou plutôt, il nous faudra survive au milieu des autres ! Comment ?

Ici, il y a trois solutions :

Premièrement, on aménage la société multiethnique qui englobe notre peuple, qui le nie tranquillement et le dissout paisiblement, afin que les derniers Autochtones dissociés et réduits à un standard humain universel vivent le moins mal possible. C’est la solution proposée par le Rassemblement National et le Système. Le seul problème est que dans cette optique notre peuple n’existe plus et que les Autochtones résiduels sont des sortes d’insectes sociaux.

Deuxièmement, le projet de ruche multiethnique autorégulée ayant échoué, on laisse la société multiethnique s’islamiser. A terme, notre peuple, nié et dissout dans la ummat islamiyya, n’existera plus et les derniers Autochtones seront des dhimmis soumis aux autorités musulmanes. Evidemment, nous pouvons aussi mobiliser les trois ou quatre Autochtones prêts à l’action et les lancer alors dans quelque opération aussi suicidaire qu’absurde. Nous avons vu en Norvège et en Nouvelle-Zélande à quoi cela servait.

Troisièmement, nous nous engageons dès maintenant dans un long et patient travail de rassemblement, d’organisation et de conscientisation de notre peuple. Nous créons à faible bruit un État parallèle, avec son Gouvernement, son Parlement et ses institutions. Nous créons discrètement une société parallèle, avec ses communautés locales, provinciales et nationales. Nous fédérons les organisations solidaires du destin de notre peuple. Bref, nous nous mettons en ordre de bataille et nous faisons sécession. Peu importe le nombre, quelques milliers tout au plus au début de notre action, plusieurs millions avant peu, pourvu que la dynamique s’installe.

Il n’y a bien sûr pas d’autre solution que la troisième ! Nous avons longuement exposé cette stratégie dans ce blog. Le problème est que le système d’allumage de cette stratégie dépend principalement de ceux qui rêvent aujourd’hui de remigration ou de repli territorial. Il faut donc les convaincre d‘agir dans un sens et dans un esprit radicalement différent. Il faut les convaincre de se mettre au travail, chacun à son niveau, chacun selon ses compétences, pour construire brique à brique, avec d’avantage de constance que d’éclat, une arche-citadelle qui protégera notre peuple dans un premier temps, qui imposera ses droits dans un second temps et qui rendra possible le processus de remigration, mais dans un troisième temps seulement. L’analyse objective de la situation de notre peuple dans le monde réel oblige à envisager un labeur austère, incertain, anonyme et long ! C’est ainsi.

La question que nous pouvons poser est celle-ci : pourquoi sommes-nous restés si longtemps passifs alors que nous constations par ailleurs très lucidement le processus de Grand Remplacement ?  La première idée qui vient immédiatement à l’esprit se rapporte au syndrome de la grenouille ébouillantée (une grenouille plongée dans un bain froid dont on augmente progressivement la température ne songe pas à fuir avant que la chaleur lui soit insupportable. Mais arrivée à ce stade, la grenouille, trop affaiblie, n’est plus en capacité de s’échapper, chose qu’elle aurait faite aisément si on l’avait plongée directement dans une eau trop chaude). Cette parabole signifie qu’un système qui se dégrade de manière suffisamment lente échappe à la conscience et ne provoque aucune réponse, aucune opposition, aucune révolte. Sans doute, la grenouille ressent-t-elle l’augmentation progressive de la température de l’eau dans la marmite comme nous percevons l’augmentation progressive des masses allochtones dans le « creuset républicain ». En fait la grenouille a comme nous une conscience de l’augmentation passée. Mais elle ignore l’augmentation mortifère à venir : elle n’a pas conscience des évolutions futures, sinon elle sortirait d’un bond de la marmite. De la même manière, si nous avions réellement conscience du destin qui nous attend, nous ferions sécession du corps multiethnique qui nous dilue plutôt que de chercher à l’aménager (Rassemblement National) ou à le conjurer par des chimères remigrationnistes que nous savons, au fond de nous-mêmes, totalement irréalisables.

En fait, la grenouille a parfaitement conscience du changement de son environnement, mais elle croit cependant naïvement que celui-ci est causé par l’augmentation de la température de l’eau. Or elle se trompe : le changement de son environnement est causé par celui qui l’a mise dans la marmite puis qui a volontairement soumis cette marmite à une source de chaleur. En fait, la grenouille subit un rapport de domination dont elle n’a pas conscience et dont le changement qu’elle observe n’est qu’une conséquence. Si la grenouille comprenait que sa vie dépend en fait de ce rapport de domination, il est probable qu’elle pourrait extrapoler sa situation future et qu’elle chercherait à mettre fin à sa sujétion en se précipitant hors de la marmite. D’où cette règle que nous proposons : ce n’est pas la conscience d’une situation préjudiciable qui génère la révolte mais la conscience du rapport de domination qui génère cette situation préjudiciable.

Prenons un autre exemple. Le prolétariat au XIXe siècle avait parfaitement conscience de son existence misérable. Longtemps, le caractère misérable de cette existence a été mis sur le compte de la fatalité, du péché qu’il fallait purger, de l’ordre des choses, du manque d’intelligence ou d’instruction, des prolétaires eux-mêmes. De telles approches, proposées d’ailleurs par la classe dominante, ont suffi un temps et ne pouvait qu’engendrer la passivité de la classe dominée. Or des intellectuels (Proudhon, Marx, Sorel…) vont expliquer au contraire que cette existence misérable est la conséquence d’un rapport de domination du prolétariat par la classe dominante (« l’exploitation »). Des militants révolutionnaires vont répandre cette idée et donner conscience aux prolétaires de ce rapport de domination. Dès lors, charité et paternalisme ne suffiront plus. Le prolétariat va s’organiser de manière révolutionnaire pour changer le rapport de domination à son avantage.

De nombreux animaux cherchent davantage à mordre le bâton qui les frappe plutôt que celui qui le manie. Machiavel, déjà, en faisait un principe politique. Il expliquait qu’un Prince avisé devait confier à d’autres la répression puis, l’ordre rétabli, qu’il devait fermement châtier ceux qui avaient exercé cette répression. Il s’attirerait ainsi les sympathies du peuple mâté. Car le peuple voit le bâton, mais distingue mal celui qui le tient. La mission du révolutionnaire est au contraire de désigner et de révéler celui qui manie le bâton, plutôt que le bâton lui-même.

Ramené au Grand Remplacement, tout cela signifie qu’il ne sert à rien de dire, de répéter et de montrer sans cesse celui-ci. Tout le monde (sauf les niais et les hypocrites) en a conscience. L’accentuation du processus de Grand Remplacement est comme la misère du prolétaire qui s’accroît, comme l’eau de la grenouille qui se réchauffe, comme le bâton qui frappe : c’est une situation de fait qu’on ressent dans sa chair et qui provoque une souffrance. Mais c’est aussi, et avant tout, la conséquence et le produit d’un rapport de domination subi : la conséquence d’une volonté ! 

Il est donc inutile et contre-productif de s’en prendre aux immigrés (le bâton) même si leur présence génère une souffrance. Il est plus utile et plus révolutionnaire de révéler et de montrer l’entité qui se sert des immigrés pour construire son modèle toxique de société ouverte. En bref, une démarche révolutionnaire révélerait le rapport de domination subi et ignoré, tout en soulignant la conséquence de cette domination, à savoir le Grand Remplacement que le monde voit comme les prolétaires voyaient leur misère. Il faut désigner l’ennemi. Et l’ennemi ce n’est pas le processus de Grand Remplacement, c’est la République qui le met en œuvre. L’objectif est de provoquer une prise de conscience qui implique la révolte, c’est-à-dire une sortie de la marmite, ou du « creuset ».

Ce blog a longuement disserté sur la République, à la fois matrice, modèle et incarnation du Système en France. C’est la République qui a, par ses valeurs universelles, ses principes cosmopolites, son projet s’adressant au « genre humain », sa capacité déclarée à faire « vivre ensemble » des hommes de toutes les origines… jeté les bases de la société ouverte ; c’est la République qui a véritablement installé le cadre politique, social, culturel et institutionnel permettant le Grand Remplacement ; c’est la République qui a organisé et qui organise encore l’afflux de millions d’immigrés, criminalisant ceux qui s’y opposent ; c’est la République  qui nie l’existence de notre peuple et le dissout dans son « corps d’associés » multiethnique… La République est la cause du Grand Remplacement. C’est elle qui établit contre notre peuple un rapport destructeur de domination. Le Grand Remplacement est à notre peuple ce que l’exploitation était au prolétariat ou ce que l’eau bouillante est à la grenouille : la conséquence d’une volonté extérieure qui suppose le consentement passif de l’objet dominé et qui, pour obtenir ce consentement, doit rester hors du champ de conscience de celui-ci.

La tâche du révolutionnaire est donc de révéler aux consciences le rapport destructeur de domination qui produit la situation subie. Préalablement, il doit lui-même comprendre ce rapport de domination ainsi que son lien avec le Grand Remplacement. Il doit comprendre que parler « remigration » sans avoir inversé le rapport de domination n’a aucun sens. Il doit comprendre que la remigration sera la conséquence de cette inversion du rapport de domination, comme la persistance du processus de Grand Remplacement sera la conséquence de la persistance d’un rapport inchangé de domination.

En d’autres termes, puisque c’est par « ruissellement » que la conscience du rapport de domination ira des réfractaires jusqu’au peuple en souffrance, c’est aux réfractaires qu’il faut s’adresser prioritairement. Il faut leur expliquer qu’ils sont aujourd’hui comme des grenouilles dans une marmite d’eau chaude. Ils râlent, mais restent dans la marmite et n’ont aucune conscience de celui qui les y a mis. L’ennemi, ce n’est pas l’eau chaude, c’est celui qui la fait bouillir : nous avons nommé la République.

Quand cela sera compris, une stratégie révolutionnaire de sécession et de renaissance nationale autochtone pourra être menée jusqu’à son terme. Alors, mais alors seulement, la remigration ne sera plus une utopie.

L’essai prémonitoire sur les « Gilets jaunes »

L’essai prémonitoire sur les « Gilets jaunes »

 

Le billet de Georges FELTIN-TRACOL

 

Certains livres anticipent l’actualité dès leur parution. Publié en septembre 2018, le nouvel essai du géographe Christophe Guilluy a pris une résonance particulière avec l’action politico-sociale inédite des « Gilets jaunes ». Son titre en anglais se rapporte aux propos tenus dans le magazine Woman’s Own du 31 octobre 1987 par le Premier ministre britannique, la détestable conservatrice-libérale atlantiste et cosmopolite Margaret Thatcher pour qui « la société, ça n’existe pas ». S’ils ont été surpris par une forte et soudaine mobilisation facilitée par un usage accru des réseaux sociaux, les lecteurs attentifs de ses précédents ouvrages1 savaient que les « populations périphériques » de la « tierce France », délaissée des aires métropolitaines mondialisées et des banlieues de l’immigration elles aussi globalisées, allaient tôt ou tard dénoncer cet abandon programmé, un ethnocide doux. Sans généraliser, on ne peut que relever le caractère européen et fortement féminin des classes moyennes inférieures et intermédiaires occupent les ronds-points, filtrent la circulation et rendent gratuit le péage d’autoroute.

Christophe Guilluy a ainsi le privilège rare de voir ses analyses souvent contestées par le microcosme universitaire hors sol et rance confirmées par la crise des « Gilets jaunes » 2. Il remarque que « pour la première fois dans l’histoire économique occidentale, les catégories modestes ne vivent plus là où se créent l’emploi et la richesse et, surtout, ne pourront plus y vivre. […] Désormais, les milieux modestes résideront majoritairement toujours plus à l’écart de métropoles qui, inversement, attireront toujours plus les nouvelles classes supérieures (pp. 28 – 29) ».

 

Terminée la démocratie !

 

La juste colère des « Gilets jaunes » n’est que la réplique hexagonale d’un mécontentement plus large déjà exprimé en Grande-Bretagne par le Brexit, aux États-Unis par l’élection surprise de Donald Trump, en Italie par l’arrivée d’un triumvirat gouvernemental « Jaune – Vert », en Allemagne par l’ascension rapide de l’AfD et même en Espagne par l’irruption dans le jeu politique de nouvelles forces politiques, Podemos, Ciudadanos et maintenant Vox. Tous ces bouleversements qui n’en sont qu’à leurs débuts annoncent « l’émergence de nouveaux continents, des continents populaires et périphériques, ceux de l’ancienne classe moyenne occidentale (p. 34) ». Cet avis perturbe les tenants d’un âge obsolète qui assiste à la « disparition progressive de la classe moyenne occidentale et des vieux partis de gauche et de droite qui la représentaient (p. 42) ».

Or cette réalité à la fois politique, sociologique et territoriale n’est toujours pas acceptée par les laquais de l’« hyper-élite (p. 40) ». Ils persévèrent à déverser via des médiats serviles une « pensée positive (p. 37) » experte, bureaucratique et indigeste. Ce mode de réflexion superficielle profite largement de « l’infantilisation des sociétés occidentales désormais incapables d’assumer et même de penser les nouvelles conflictualités sociales et culturelles (pp. 36 – 37) ». Plutôt de sensibilité républicaine à la Jean-Pierre Chevènement, Christophe Guilluy rejoint ici les derniers ouvrages de la philosophe belge Chantal Mouffe3. Il va même plus loin qu’elle en voyant dans « le multiculturalisme […] une idéologie faible qui divise et fragilise (p. 91) ». L’échec multiculturel profite aux communautarismes que l’auteur condamne aussi. Dans une veine très IIIe République, il ne comprend pas que tous les communautarismes ne se valent pas. Christophe Guilluy reste un indécrottable nostalgique de l’assimilation. Légitime, le communautarisme albo-européen s’impose dorénavant comme une nécessité impérative. Les communautarismes musulman et/ou africain représentent pour leur part des vecteurs indispensables pour l’inévitable réémigration de leurs membres vers la terre de leurs ancêtres.

Il montre toute sa sévérité envers « l’expertise d’un monde médiatico-universitaire (le plus souvent) issu du monde d’en haut et (toujours) porté par un profond mépris de classe (p. 149) ». Il critique volontiers un « antifascisme d’opérette [qui] ne suffit plus au monde d’en haut pour imposer ses représentations dans l’opinion (p. 114) ». Il se moque aussi de la doxa dominante qui met en exergue « l’existence de quartiers pauvres ou de ghettos à l’intérieur des métropoles et la crise de quelques grandes villes pour minimiser la dynamique globale d’embourgeoisement et de citadellisation des métropoles (p. 115) ». Il s’agit pour les médiats institutionnels de valoriser à la fois la « France d’en-haut » et la « France des “ zones populaires sensibles ” » dans un antagonisme factice qui présente le double avantage d’écarter des schémas de représentation convenue la « France périphérique » largement majoritaire et de polariser autour de quelques oppositions binaires formatées une population sciemment mise à cran : modèle occidental – cosmopolite de consommation de masse à crédit contre « péril » islamiste aujourd’hui, menace chinoise (ou russe ou bordure) demain.

 

Mondialisme régionalisé

 

La « citadellisation des métropoles » se manifeste de surcroît par le regain indépendantiste de certaines régions – patries charnelles d’Europe. Défenseur de l’État-nation, il perçoit les indépendantismes régionaux sous un angle original. « Plus qu’un renouveau du nationalisme, c’est d’abord la sécession des bourgeoisies qui porte en germe la balkanisation des pays développés (p. 132). » Ce phénomène ne se limite pas à la Flandre, à l’Écosse ou à la Catalogne. Les grandes métropoles telles Paris et Londres rêvent de s’émanciper de la tutelle étatique centrale. « La nouvelle bourgeoisie proposera demain la création de cités-États au nom du Bien et de l’ouverture, ce qui lui permettra de s’éloigner définitivement de la plèbe (p. 132). » Anne Hidalgo et Sadiq Khan oublient que toute cité-État n’est viable qu’à la condition de disposer d’un arrière-pays utile, sinon leur indépendance se révélera fictive…

Christophe Guilluy a bien cerné ce nouveau « nationalisme » propagé par certains régionalismes nantis et encouragé par le mondialisme. Ce néo-nationalisme ouvert, inclusif et progressiste provient de « l’alliage idéologique du libéralisme économique et du libéralisme sociétal. […] Les classes dominantes utilisent ici un sentiment nationaliste réel pour imposer un modèle néolibéral qui in fine desservira les classes populaires en Espagne mais aussi en Catalogne (p. 134) ». L’auteur oublie cependant que cette combinaison délétère n’accompagne pas que les aspirations stato-régionales ; il infecte aussi bien la structure européenne que l’État-nation lui-même. Ce dernier agit de plus en plus en auxiliaire zélé et impitoyable du désordre ultra-libéral mondial. Loin d’exaucer les vœux pieux des libertariens et des autres néo-libéraux, l’État se désengage du jeu économique et social au profit du marché omnipotent pour mieux envahir le domaine privé, la vie intime, voire de la sexualité (pénalisation des clients de prostituées) de ses administrés. L’intrusion incessante dans la vie des familles (interdiction de la fessée aux enfants), des couples (pénalisation du soi-disant « viol conjugal ») et des particuliers (surveillance de leurs comptes en banque au nom de la lutte anti-terroriste) démontre que la structure étatique redéfinit ses missions et ses priorités. La crise des « Gilets jaunes » lui a montré de réelles faiblesses qu’il va combler au plus tôt. Fort de cette expérience inédite et de la résolution (provisoire ?) de la crise, il empêchera la prochaine fois toute nouvelle contestation en frappant bien plus en amont : blocage des comptes Facebook, limitation du droit de manifester au nom de la sécurité, arrestations préventives… Ces mesures répressives n’affecteront que les conséquences, nullement les causes.

Le renforcement sécuritaire des États occidentaux à l’essor foudroyant d’une « société relative (p. 160) ». L’éclatement de la société est maintenant pris en compte par « la classe politique [qui] ne s’adresse plus à un tout mais à des parts de marché (p. 160) », d’où le développement exponentiel des exigences minoritaires ethno-raciales, sexuelles, religieuses, et bientôt alimentaires (vegans, coprophilie, anthropophagie…), souvent acceptées par des gouvernements minables d’intérêts immédiats. En revanche, quand la majorité sociologique revendique plus de justice sociale et fiscale, elle n’a pour réponse que la répression policière, le dénigrement médiatique et le harcèlement judiciaire. Christophe Guilluy prévient que cette société relative vire en une « société paranoïaque (p. 168) » dans laquelle « arme de représentation et de revendication des minorités, la victimisation est en train de devenir la norme de sociétés relatives, y compris de la population majoritaire et blanche (pp. 169 – 170) ».

 

Demain tous sous surveillance ?

 

L’auteur s’aveugle toutefois sur cette mue liberticide. « Sauf à militariser la coercition, écrit-il optimiste, la classe politique ne pourra pas compter longtemps sur le monde médiatique ou académique pour canaliser le monde d’en bas (p. 172). » Cette coercition existe déjà de façon implicite ; elle rend chaque jour plus tangible la « société sous surveillance globale » 4. Celle-ci s’épanouit en pleine jacquerie post-moderne jaune. Christophe Guilluy appréhende par ailleurs la principale motivation sous-jacente de la colère des « Gilets jaunes », à savoir « la combinaison d’une double insécurité : sociale (liée aux effets du modèle économique) et culturelles (liée à l’émergence de la société multiculturelle) (p. 26) ». Il en déduit une grille d’interprétation pertinente :

  • la droite bourgeoise conservatrice qui vote François Fillon, et les indépendantistes catalans, flamands, basques, écossais subissent pour des raisons différents la seule insécurité culturelle ;
  • les électeurs de La France insoumise pâtissent de l’insécurité sociale, mais se félicitent pour la plus grande majorité de l’accueil continu des migrants,
  • les fans d’Emmanuel Macron ignorent ces deux insécurités et préfèrent se complaire dans une « France d’après » selon le slogan grotesque du temps du calamiteux Sarközy,
  • seuls les électeurs de Marie Le Pen, voire de Nicolas Dupont-Aignan (et pour des raisons là aussi très différentes, des nationalistes corses), cumulent les deux insécurités, ce qui en font des porteurs de revendications potentiellement explosives.

 

Cette dernière catégorie ne peut former à lui tout seul un nouveau « bloc hégémonique ». « Pas de mouvement de masse, pas de révolution sans alliance de classe (p. 165). » La petite bourgeoisie provinciale (et francilienne) n’a pas rallié le « peuple périphérique » et reste sur une réserve naturelle. Dans l’ensemble, hormis bien sûr de notables exceptions, ceux qui défilaient avec La Manif pour Tous n’ont pas de gilet jaune. Et ceux qui portent des gilets jaunes ne participaient pas à la contestation contre la loi Taubira. Seuls quelques « Gilets jaunes » bretons avaient eu quelques années auparavant un bonnet rouge sur la tête…

Bref, la révolution n’est pas pour ce soir, ni pour demain matin, surtout quand elle est par avance préemptée par Emmanuel Macron et ses clones politiques luxembourgeois et canadien. Dès 1974, le philosophe catholique belge Marcel De Corte s’inquiétait de l’avènement d’une dissociété5. Avec No Society, Christophe Guilluy confirme que la « dissociété », cette termitière humaine, est bien là !

Georges Feltin-Tracol

 

 

Notes :

1 : Parmi les plus récents, mentionnons Fractures françaises, François Bourin, 2010; La France périphérique, Flammarion, 2015; Le Crépuscule de la France d’en haut, Flammarion, 2016.

2 : En parallèle aux travaux socio-géographiques de Christophes Guilluy, des journalistes sont partis à la découverte de cette « France périphérique ». Signalons Florence Aubenas, Le Quai de Ouistreham, Éditions de l’Olivier, 2010 ; Aymeric Patricot, Les Petits Blancs. Un voyage dans la France d’en bas, Éditions Plein jour, 2013 ; Gérald Andrieu, Le peuple de la frontière. 2 000 km de marche à la rencontre des Français qui n’attendaient pas Macron, Éditions du Cerf, 2017; Anne Nivat, Dans quelle France on vit, Fayard, 2017.

3 : cf. Chantal Mouffe, L’illusion du consensus, Albin Michel, 2016; idem, Pour un populisme de gauche, Albin Michel, 2018. Voir aussi Chantal Mouffe et Íñigo Errejón, Construire un peuple. Pour une radicalisation de la démocratie, préface de Gaël Brustier, Éditions du Cerf, 2017.

4 : cf. Georges Feltin-Tracol, En liberté surveillée. Réquisitoire contre un système liberticide, Éditions Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014.

5 : Marcel De Corte, De la dissociété, Éditions Remi Perrin, 2002.

  • Christophe Guilluy, No Society. La fin de la classe moyenne occidentale, Flammarion, 2018, 242 p., 18 €.

Gilets jaunes : décantation de l’opinion sur la question migratoire

Gilets jaunes : décantation de l’opinion sur la question migratoire

gilets jaunes remigration

 

Le billet de Martin Moisan

 

 

Il est parfois très instructif de lire les textes de nos adversaires d’extrême gauche, surtout lorsqu’on peut y voir écrit noir sur blanc le constat par eux-mêmes de leur échec et de la fin de cycle de leur idéologie. Tel est le cas de cet article paru sur le site Antifa « La Horde Samizdat ».

 

Les plus courageux d’entre vous pourront lire le texte en entier, il leur faudra passer à cheval sur les habituels lieux communs que déversent ces gens sur notre camp. Je recommande également de parcourir les commentaires des lecteurs qui ne sont pas dénués d’intérêt.

 

Voici en résumé le questionnement que propose cet article :

 

« Faut-il pour les activistes d’extrême gauche continuer à accompagner le mouvement des gilets jaunes dont ils pressentent à juste titre qu’il est très massivement opposé à l’invasion migratoire et donc, à leur universalisme mondialiste ? »

Nous savons tous la capacité militante des organisations d’extrême gauche (largement supérieure à celle de notre camp) et leur réel savoir-faire révolutionnaire pour capter les mouvements populaires et les diriger.  Ainsi, à ce stade elles ont réussi à côtoyer le mouvement des Gilets Jaunes dans certaines grandes métropoles et, dans une moindre mesure sur les réseaux sociaux.

Les barricades, les incendies, les affrontements directs avec les forces de l’ordre, la technique révolutionnaire classique de rue ne sont pas dans la culture de la paisible classe moyenne de souche dont sont issus la plupart des Gilets Jaunes. Elles sont la marque de fabrique des organisation révolutionnaires d’extrême gauche et toutes les images de chaos que l’on a pu voir en ville sont le résultat de leur travail1. En ville ce sont elles qui sont à la manœuvre pour la commission des actes violents, comme d’ailleurs lors des AGs où une ultra minorité tente de contrôler le mouvement. C’est également assez largement le cas sur les réseaux sociaux où tout questionnement sur l’immigration est immédiatement censuré par des activistes très actifs.

En revanche, au-delà des barrières, dans la France périphérique où se trouve le gros du mouvement, celui-ci leur échappe totalement malgré des tentatives très visibles mais infructueuses de prise en main. Comme on dit entre nous, le « crétin crasseux » est immédiatement repéré identifié et chassé. D’ailleurs, pour le moment, le mouvement est resté à l’état gazeux et aucun leadership de l’extrême gauche n’a pu prendre corps ; que ce soit en ville ou au-delà des barrières. Au mieux pour elle, l’extrême gauche côtoie le mouvement des Gilets Jaunes sans jamais pouvoir, ni le pénétrer, ni réellement en prendre le contrôle ; comme si une incompatibilité anthropologique l’en empêchait.

 

Par conséquent l’article de la Horde est en quelque sorte un point intermédiaire et un retour d’expérience de leur échec à ce jour.

 

De ce point intermédiaire et de ce qu’ils ont perçu sur le terrain, il ressort qu’ils en sont à se demander s’ils doivent continuer à accompagner le mouvement des Gilets Jaunes dans le but de parvenir à leur objectif central qui est le renversement de régime.

Dans leur optique de convergence des luttes, ils en sont à se demander si toutes les luttes des Gilets Jaunes sont réellement compatibles avec les leurs ?

Ne seraient-ils pas en train de venir au renfort d’un mouvement qui pourrait s’avérer porter des thèmes contraires à leur corpus idéologique. Convergence des luttes, mais de quelles luttes et avec qui ?

Et donc ils se posent la question du « stop ou encore » à un moment où ils sentent que la suite du mouvement pourrait bien leur échapper et qu’ils pourraient avoir contribué à un renversement de régime qui porterait au pouvoir un mouvement populaire massivement opposés à l’immigration et, pire selon eux, favorable à la remigration. Les activistes d’extrême gauche peuvent-ils être les compagnons de route de Gilets Jaunes ?

La question n’est pas sans rappeler celle que s’était posée le Parti Communiste Français en 1968. Fallait-il faire la jonction entre les ouvriers et les étudiants ? Fallait-il accompagner cette révolution libertaire qui menaçait l’ordre dans lequel évoluait le PC ? On sait la suite, les ordres de Moscou tombèrent et la jonction ne se fit point.

Que les activistes d’extrême gauche se posent aujourd’hui la question du maintien de leur contribution au mouvement des Gilets Jaunes consacre la très grande décantation qui s’est opérée dans l’opinion publique majoritaire sur la question migratoire et, de manière incontestable, son basculement massif.

Ce seul questionnement revêt une signification politique bien particulière : celle du constat par l’extrême gauche révolutionnaire et mondialiste de l’émergence au plus profond de la Nation française d’un rejet massif et radical de l’immigration et bientôt de l’adhésion à la remigration2.

 

J’y vois là un très grand message d’espoir pour nous tous.

 

En synthèse, le mouvement des gilets jaunes est bien un mouvement révolutionnaire qui vise au renversement du régime. En cela il aurait pu être compatible avec les objectifs des organisations d’extrême gauche. En revanche il est porteur d’un rejet massif de l’immigration, totalement incompatible avec son corpus idéologique. En cela il incarne nos espoirs.

Pour le moment ce rejet n’est pas formulé de manière parfaitement explicite par les Gilets Jaunes. Il reste encore sous-jacent sous l’énorme couche de la censure d’état et du politiquement correct. Toutefois, la pression est devenue énorme derrière l’embâcle. Toutes les digues sont sur le point de sauter et quand la dévalaison va se produire, plus rien ne pourra l’arrêter.

Le doute de l’extrême gauche consacre ce phénomène qu’elle a pressenti. La décantation de l’opinion s’est faite. Le partage des forces va se faire sur la seule question migratoire, tout le reste sera du second ordre.

Le peuple de France s’apprête à renverser ce régime pour régler la question migratoire qui le ruine et enclencher le processus de remigration. C’est exactement ce qu’on pressenti les organisations d’extrême gauche. La fin du cycle mondialiste et du triomphe du libéralisme libertaire est enclenchée.

 

Vous verrez que lorsque la dévalaison se produira, nous aurons l’air d’avoir été des modérés.

 

 

Notes :

  1. Avec leurs possibilités d’entrainement en toute impunité
  2. Et plus, si affinités