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La Novlangue (Orwell – 1984) : regarder le mal en face

Novlangue

 

Communiqué de la Ligue du Midi


Les médias participent activement à la construction de la réalité, ou à tout le moins, à une certaine forme de réalité. Les médias légitiment la matérialité d’une information, ils la rendent possible et de la sorte, départissent ce qui mérite d’être dit, présenté, exposé, de ce qui ne le mérite pas.

        La médiatisation est une objectivation ; elle en est même le point sacramentel. Elle confère sa dignité au fait qui est érigé ainsi en objet d’information. Littéralement et étymologiquement, informer, du latin « informare », consiste à « donner forme ». Les médias en conséquence, donnent forme et ils contribuent par le pouvoir de dire, de nommer, non seulement à l’existence, mais également à la qualification de cette existence puisqu’ils décident de classer un événement en fonction de grilles de lectures, les fameuses « rubriques ». Ils réinventent une grammaire et un vocabulaire nouveau.

        Les implications de ce processus tout à la fois sélectif et normatif peuvent être politiquement lourdes de conséquences : elles révèlent ce qui est digne de légitimité et désignent la nature d’une information. Combien de faits apparemment divers échappent-ils ainsi à une lecture plus politique ? Cet effet d’éviction résulte d’une mécanique dont la dimension idéologique se dissimule sous l’apparente neutralité de l’information… Or, il n’existe pas de neutralité axiologique dans la production de l’information, pas plus qu’il n’existe une information chimiquement pure de tout préjugé.

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Et si on appelait un chat un chat !

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Le billet d’Hervé Fenoy

     Ça me fait en même temps sourire et ronchonner de lire la mention « Miel d’apiculteur »sur certains pots. C’est plus rassurant que miel de plombier ou de chirurgien, bien-sûr, mais ça laisse aussi entendre qu’on peut aussi nous vendre du miel qui ne serait pas d’apiculteur. Dans le même style, on trouve du pain « aux céréales » … comme s’il existait du pain sans céréales, ou des pommes de terre « de consommation », peut-être parce qu’il existe des pommes de terre de marche, et d’autres d’imprimerie ou de construction ?

     J’avais vu une pub pour je ne sais plus quel médicament ou produit cosmétique qui contenait du « krill 100% d’origine marine » … sans doute pour qu’on ne le confonde pas avec du krill de laboratoire ou de montagne !

    Mais il est vrai que nous vivons une curieuse époque où la confusion imprègne les cerveaux: Un délinquant pris en flagrant délit est appelé « présumé » tant que la justice n’a pas tranché… On utilise le vocabulaire le plus flou possible, ce qui nous fait ignorer si nous avons à faire à des migrants, des réfugiés, des clandestins, des envahisseurs, des ennemis, des terroristes, ou (ça vient de sortir) à des « requérants ».

    Dans le même temps, la DDASS chapeaute un service de « Protection Maternelle et Infantile » , ce qui suggère que le père n’a pas sa place dans la cellule familiale, ou pire, que c’est contre lui qu’il convient de protéger la mère et l’enfant… lequel service basant d’ailleurs ses enquêtes non-pas sur des dénonciations ou des  délations, mais sur des « signalements » .On conserve par-contre le vocable d’ « Education »  nationale, alors qu’il s’agit de formatage.

    Pas grave… il y a déjà 30 ou 40 ans qu’on nous débite, avec des clips plus ou moins érotiques, s’ils ne sont pas débiles, de la musique à regarder … et deux siècles qu’on nous anesthésie avec la mensongère devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». Des dizaines de pages ne suffiraient pas pour recenser les imprécisions, les abus de langage, les mots détournés de leur signification réelle, voire les absurdités que l’on entend chaque jour. Je pense par exemple au mot « traditionnel » pour qualifier un habitat qui justement, est à cent lieues de nos traditions… ou encore au mot « art » qui désignait, il y a encore une ou deux générations, une création destinée à procurer un plaisir d’ordre esthétique, ou une émotion, mais qui serait devenu de nos jours un concept, un truc pour que s’ébahissent les bobos.