Les menaces du préfet Schmeltz face à la mise en place de la préférence à l’embauche des Corses

Préférence Corse

        Signée le 24 mai par les présidents des chambres de métiers, de commerce et de l’agriculture ainsi que le STC (le Syndicat des Travailleurs Corses), la charte locale de l’emploi en Corse est destinée à favoriser l’emploi local des corses en Corse.  Il s’agit là de la mise en place de la promesse électorale qu’avaient faite les élus nationalistes de l’île.

Légitimité du processus

        Bien fondée et légitime car émanant du vote populaire corse et de la volonté des partenaires sociaux dans l’ile, cette charte engage ses signataires (une quinzaine d’organismes professionnels et syndicaux l’ont paraphée jeudi dernier à Bastia) à favoriser le développement du marché de l’emploi local. Elle vise également à identifier les besoins pour adapter les formations professionnelles, donner la priorité à l’embauche de Corses ou résidants de l’île, ouvrir des concours régionaux et valoriser la langue corse comme critère de recrutement.

        Concrètement cela veut dire que, quand il y a deux propositions pour un emploi, et à compétence suffisante, les résidents corses seront favorisés. Pour le moment, il ne s’agit là que d’une première étape, la charte n’aura un caractère contraignant que lorsqu’elle fera l’objet de protocoles signés entre les entreprises et les syndicats. Cette dernière étape reste à concrétiser dans le cadre du dialogue local entre partenaires sociaux de proximité.

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Que ton non soit un non, que ton oui soit un oui !

non

Le billet de Thierry Lafronde

       Macron, c’est non ! nous dit-on ici. Faire barrage à Macron ! clame-t-on là. Et certains d’affirmer martialement qu’il est hors de question qu’ils votent pour Macron et que donc … ils voteront blanc ou s’abstiendront ! Petits et mauvais joueurs est-on tenté de leur dire. D’abord parce que le système, Flamby en tête, les médias en soutien, la gauche, le centre et même les ténors LR roulent, tous, pour Macron.

        En effet, les ténors des partis dits de gouvernement -vous savez ceux qui se plantent et se grugent depuis 40 ans tout en maîtrisant les ficelles pour rester au pouvoir- se mettent en marche gaillardement, parfois en claudiquant un peu, compte tenu de leur grand âge, quitte à renier leurs critiques et engagements relatifs aux propositions succinctes de l’héritier de Flanby d’avant le 23 avril.

        Le pompon est pour le frère Baroin, pressenti comme premier ministre du perdant Fillon, volontaire pour l’être du gagnant Macron. Rose bonnet et bonnet rose en quelque sorte. A défaut, l’ex-patronne du MEDEF et directrice d’un institut de sondage, Laurence Parisot, fait don de sa personne pour honorer ladite fonction, par sens du service et du bien commun évidemment. Petit personnel et braves « sans dents » de France, vous êtes prévenus !

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La formidable victoire identitaire du nom de la région, c’est celle du droit du sang sur le droit du sol

identitaire

Occitanie”: l’éditorial de Richard Roudier

        Le résultat de la consultation sur le nom de la Grande Région ne laissait planer aucun doute, tant l’enracinement de la population, dans nos 13 départements est fort; la surprise ne pouvait venir que de l’ampleur du résultat. Et nous n’avons pas été déçus puisque la presse nationale qualifie le choix “Occitanie” de plébiscite…  Quant à l’équipe Delga, elle est encore sous le choc, ne sachant plus comment se débarrasser  de la patate chaude,  avouant même “on ne pourra faire autrement que de retenir Occitanie … (sic) impossible de trapper (passer à la trappe) un nom qui s’est imposé face aux autres noms en compétition, la question n’est plus de savoir si Occitanie va être validé, mais comment…”

        Alors que les identitaires n’ont eu aucun accès aux médias régionaux, à la botte des jacobins et en position de monopole, via le groupe la Dépêche, le vote “Occitanie” frôle la majorité absolue avec 45 %, auquel,  il convient de rajouter le vote “Occitanie Pays-Catalan” à 12 %, plus le vote “Languedoc” (dit historique – acception très proche d’Occitanie) à 10 %, ce qui place le vote identitaire à deux tiers des suffrages exprimés aux alentours de 67 %…  Rien d’étonnant à cela puisque tous les sondages le démontrent, les positions identitaires représentent, dans la population française, les 2/3 des électeurs. En faisant ce calcul, nous ne faisons que reprendre  l’analyse de Carole Delga qui indique qu’il y a deux choix qui émergent, celui d’Occitanie et celui de Pyrénées mais la présidente de la Région oublie de préciser qu’Occitanie sort vainqueur dans le rapport de deux tiers/un tiers, et comme on dit chez madame la baronne : “Y a pas photos”.

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Désindustrialisation et agriculture en péril ! (2/2)

Agriculture en danger[2]

(2ième partie)

D’après Fédération 34

 

Alors que le nouveau gouvernement vient juste de naître en pleine déchéance, enfin je voulais dire en pleine discussion sur la déchéance de nationalité, et sur la prolongation de l’état d’urgence, l’agriculture crie sa détresse. La mobilisation est suffisamment déterminée pour que le gouvernement prenne peur. Valls lâche du lest ou plutôt repousse le problème. En effet le report des cotisations sociales pour finalement 10% à l’année prochaine ne résout en rien le problème de fond. Pour les agriculteurs, c’est reculer pour mieux sauter. La création d’une commission d’examen des normes qui ne peut aboutir au mieux qu’à la reconduction des seules normes européennes, ne permettra pas non plus de rendre compétitif le prix des produits agricoles. Même en bénéficiant de ce report de cotisations, un calcul simple montre que le prix du lait n’est toujours pas compétitif.

Les importantes subventions publiques n’empêchent pas l’emploi agricole de se réduire rapidement. Mais le « contrat social », qui assure la sécurité alimentaire, repose en effet sur des subventions conséquentes qui ont pourtant pour contrepartie des performances très dégradées, comme l’illustre le ras-le-bol actuel des éleveurs porcins. Pourtant, selon les comptes de l’agriculture 2015 présentés le mois dernier, le revenu moyen par actif à temps plein a progressé de 70 % en termes réels au cours des trois dernières décennies et de 17 % depuis dix ans. Et cela, malgré des fluctuations des prix agricoles devenues très violentes dans un contexte de marchés non régulés. C’est à n’y rien comprendre apparemment. Disons déjà que ce sont surtout les grosses exploitations qui font le plein des subventions. L’essentiel des aides est distribué sur la base du nombre d’hectares exploités, ce qui accroît les rentes foncières, limite l’accès des jeunes à la terre et favorise les investisseurs financiers. Il faut séparer l’agriculture familiale de celle des grosses exploitations. Le satisfecit de la FNSEA, après l’annonce de Valls, n’est pas représentatif de la petite agriculture, comme le Medef n’est pas représentatif de la petite industrie.

Il est important de noter que c’est l’intervention publique qui assure pour l’essentiel un revenu aux producteurs. En 2014, d’après les dernières données du Réseau comptable agricole, le résultat courant avant impôt des 299 000 agriculteurs professionnels a atteint 25 100 euros en moyenne par actif à temps plein.Les aides ont représenté, en moyenne cette année-là, 95 % du résultat courant des exploitations, et plus encore pour nombre de cultures. Cependant ces subventions n’empêchent pas l’emploi agricole de se réduire rapidement : il y avait encore 386 000 exploitations professionnelles en 2000, elles sont un peu moins de 300 000 aujourd’hui. La disparition est vertigineuse. 29% d’entre elles ont déjà disparues et dans 10 ans, à ce rythme, plus de la moitié des exploitations de 2000 n’existeront plus. Ceci explique en partie la hausse des revenus agricoles. La part du gâteau à se partager a augmenté en prix et en volume mais le nombre d’agriculteurs a diminué. Cependant l’augmentation du prix est dû essentiellement à la forte hausse du coût des consommations intermédiaires : carburant, produits de traitement, aliments du bétail…

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Désindustrialisation et agriculture en péril ! (1/2)

Carte Europe[1]

(1ère partie)

D’après Fédération 34

 

En France, l’industrie a perdu 1,9 million d’emplois entre 1980 et 2007, soit 36 % de ses effectifs. En 2013, la part de la production manufacturière dans le PIB était de 22,2% en Allemagne et de 11,3% en France. La part de l’industrie dans l’emploi total était de 24,7% en Allemagne et de 17,9% en France. La crise de 2008 a causé une forte baisse de la production industrielle européenne, qui a été en partie compensée depuis, mais dans des proportions très variables : la baisse de la production industrielle entre janvier 2008 et décembre 2014 a été en Allemagne de 1,4 %, et en France de 16,5 %. Comme le disent Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin : « Dans les régions en voie de désindustrialisation, les emplois précaires d’aide-soignante, femme de ménage ou d’assistante maternelle sont d’ailleurs tristement devenus les seules propositions de reclassement faites aux anciennes ouvrières qualifiées et nouvelles « OS du tertiaire« .

La réduction progressive des activités industrielles se traduit par :

  • la diminution du nombre des emplois du secteur secondaire (industrie),
  • par une baisse du poids de ce secteur dans le PIB (Produit Intérieur Brut) au profit du secteur tertiaire (commerce, transport, services marchands et non marchands),
  • l’existence d’un déficit commercial industriel structurel.

Elle se matérialise par :

  •  Un fort taux de progrès technique touchant les processus de production
  • Une délocalisation des activités industrielles dans d’autres pays ou régions à bas salaires,
  • L’automatisation des chaînes de montage,
  •  La disparition de certaines activités industrielles.

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