Sur le front de la Jacquerie des Gilets jaunes

Sur le front de la Jacquerie des Gilets jaunes

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  • Bordeaux

 

Beaucoup de monde à la manif de Bordeaux centre, samedi 1 décembre. 3 fois plus, au moins, que la semaine précédente. Le préfet l’avait interdite, cela a certainement découragé beaucoup de protestataires. Si le 27 novembre la police avait accompagné la foule, canalisant la circulation pour éviter les incidents, cette fois-ci, le déroulement a été moins calme. La police, bien qu’en effectif assez réduit, a bloqué le cortège, et utilisé lacrymogènes et flashballs pour compenser son infériorité numérique. Résultat : de nombreux blessés dont certains graves, les flashballs ayant touché au visage des manifestants. Les gauchistes ont réussi à s’introduire dans la foule mais ont finalement pu être expulsés. Même chose pour le cortège des syndicats qui est arrivé avec voitures et sonos et qui a été reçu avec des sifflets et a piteusement fait demi-tour. 

Ce que nous avons partagé c’est un moment chaleureux de révolte, de refus de ce que ce gouvernement nous impose : l’asphyxie financière des travailleurs et des retraités sous des prétextes mensongers de catastrophe climatique.

Ne lâchons rien. Nous sommes le pays, nous sommes la France. Ils doivent partir.

 

 

  • Toulouse-Muret

 

Le péage de Muret est particulièrement symbolique, à l’entrée sud de Toulouse, d’abord parce que c’est un insupportable octroi urbain que doivent payer tous ceux qui veulent entrer en ville depuis les campagnes des vallées de la Garonne (3,60 euros – 24 francs – un véritable racket au profit de Vinci). Ensuite, parce que c’est par là que passe tout le trafic international en provenance du Portugal et du nord et de l’est de l’Espagne vers l’Europe centrale et du Nord.

Le péage avait été libéré la veille par la gendarmerie à un moment de moindre vigilance des Gilets jaunes ; il fallait donc impérativement le reprendre au plus vite. Il faut signaler que pour éviter que le péage soit repris, Vinci avait barré les parkings latéraux afin qu’on ne puisse plus y garer nos véhicules pendant notre temps de présence et d’occupation. Méchante mesure mesquine et vexatoire, qui ne fit que renforcer notre détermination.

Donc, en retour immédiat : réunion nocturne secrète d’une centaine de personnes sur un parking, organisée par le « bouche à oreille », repérage d’autres voies d’accès par les champs et décision d’une opération à une centaine pour reprendre le péage le vendredi soir à 22 heures.

Ce qui fut dit fut fait. On s’est retrouvé donc à l’heure dite, en rase campagne, à quelques encablures de l’objectif. Des hommes, des femmes, des jeunes, des plus âgés, des ruraux, des rurbains, des étudiants, des chômeurs, des artisans, des retraités, des employés, des cadres, bref, la France périphérique en colère, tenue de campagne et chaussures de crapahut de rigueur.

D’un bond et comme par un seul homme le dernier obstacle a été franchi, puis c’est le rush. En moins d’une minute sont investis les deux côtés de l’autoroute, en moins de 5 minutes sont approvisionnés les gros plots rouges et blancs prélevés sur le stock de Vinci pour fermer et baliser le passage, levé les barrières et repris possession de l’ouvrage. Il est à remarquer que les femmes ont été encore plus vaillantes que les hommes.

Le péage était repris, cela fut fait sans recours aux pages Facebook surveillées, simplement par le « bouche à oreille ». Ce n’est qu’après deux heures que l’on vit arriver un pauvre fourgon de gendarmerie dont descendirent un vaillant maréchal des logis accompagné d’un seul gendarme. Comme on lui demandait s’il attendait des renforts d’encadrement, l’homme de forte stature et de belle allure répondit d’une voix de stentor : « Les renforts c’est moi ».

Révélation donc de l’épuisement des troupes et du manque d’effectifs après plus de 15 jours d’astreinte et alors que la province a été dégarnie pour protéger les lieux de pouvoir à Paris.

 

  • Toulouse – ville

 

Le lendemain samedi manifestation dans les rues de Toulouse. Ce n’était pas la très grosse affluence. Au plus fort, nous n’étions que quelques milliers. En revanche, la journée fut très riche d’enseignements politiques du plus haut intérêt.

Point de rassemblement situé au Fer à Cheval ; tout ce que Toulouse comptait de vieux et de jeunes activistes gauchistes était là, prêts à la manœuvre pour encadrer la manif. Sans aucun doute ce sont bien les gauchistes qui ont pris les commandes, mais sans aucun signe ostentatoire, ni bannières ni drapeaux permettant de les identifier. Seuls les mégaphones et les slogans permettaient de les reconnaître. Encore fallait-il avoir l’œil : CNT, NPA, France Insoumise, trotskistes… Détail amusant, quelques-uns n’avaient pas pu enlever tous les badges et pin’s de leurs sacs à dos… Pas de CGT, pas de communistes, de toute manière ces zombies sous perfusion ne représentent strictement plus rien et personne ne voulait les voir. Ils ont bien tenté d’organiser leur propre cortège mais personne ne les a vus et on a même rencontré une de leurs affidées, isolée, qui nous demandait le chemin pour les retrouver… en vain bien sûr.

Un militant gauchiste pas très jeune, particulièrement typique, était en train de distribuer des tracts à l’ancienne. C’était un ancien autonome (courant anarchiste révolutionnaire ultra-marginal), sympa, ouvert, détendu…

Belle ambiance révolutionnaire, respect, solidarité sainte des vrais militants, des vrais radicaux, même adversaires, qui savent se reconnaître et se calculer. C’est rare (donc à souligner) de voir gauchistes et patriotes de la Ligue due du Midi du même côté de la barricade…

À signaler également, la présence de nos amis de la Manif pour tous. Le très gros enseignement politique de la journée se résume à ceci, il m’a été formulé de manière quasi unanime : « On est tous d’accord pour renverser ce pouvoir, pour libérer le pays, on le fait tous ensemble et ensuite on s’expliquera, nous, pour savoir quelle suite donner et comment tout remettre à plat.’’

L’autre gros enseignement du jour concerne les forces de l’ordre. Très, très peu de forces de l’ordre visibles sur le parcours. Manifestement, la province avait été dégarnie pour protéger les lieux de pouvoir à Paris. Cela confirme bien le premier constat que nous avions fait la veille au soir sur le péage de Muret.

En tout et pour tout, pas plus d’une soixantaine de policiers à la manœuvre. Un point dur s’est fixé sur les boulevards quand le cortège est passé devant l’entrée de la rue Bayard qui conduit à la gare de Matabiau. Manifestement, des consignes très strictes avaient été données pour interdire l’accès à la gare.

Tout le monde ne le sait pas, mais la semaine dernière, certains Gilets jaunes avaient fait savoir à la direction régionale Occitanie de la SNCF qu’ils demanderaient la mise à disposition de trains gratuits pour Paris. Fin de non-recevoir méprisante de la part de la SNCF. Par conséquent, le pouvoir devait s’attendre à un investissement massif de la gare à titre de revanche à un moment ou à un autre.

Une soixantaine seulement de personnels de police pour barrer l’accès à 2.000 personnes environ, la réaction policière a été extrêmement violente, immédiate et radicale pour éviter la submersion.

C’est alors que des barricades se sont immédiatement dressées en travers du boulevard. Et que de violents échanges ont eu lieu.

À signaler, et c’est particulièrement significatif, que les gauchistes à la manœuvre sur la barricade ont demandé à un jeune patriote portant un drapeau français de lancer une vibrante Marseillaise reprise en chœur par les manifestants en union sacrée sous les lacrymogènes et les grenades de dés-encerclement.

Très émouvante séquence dans l’esprit des révolutions romantiques du 19e siècle.

 

 

  • Ardèche

 

Au Pouzin, de violents affrontements ont opposé des manifestants et les forces de l’ordre. Selon plusieurs témoignages, les échauffourées auraient commencé sous le pont de la voie ferrée, après une altercation musclée entre un manifestant et un gendarme. Notre correspondant local a vu des gendarmes traîner à terre un jeune pour l’isoler. Ils l’ont emmené derrière le pont de la Rotonde, à l’entrée du complexe sportif Lili-Moins, où les forces de l’ordre ont établi leur base. Cette interpellation aurait créé un mouvement du côté des manifestants. Toujours selon notre correspondant, un groupe de gilets jaunes s’est dirigé vers les gendarmes. C’est à ce moment-là que les militaires ont chargé à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Plusieurs manifestants se sont ensuite emparés de palettes et de poubelles, puis y ont mis le feu pour bloquer le rond-point de la Rotonde. Les gendarmes, eux, sont restés de l’autre côté du pont.

Des gilets jaunes de Valence et Portes-lès-Valence ont rejoint ceux du Pouzin. Du côté des gendarmes, des renforts sont aussi venus de la Drôme. La situation a rapidement dégénéré, avec des tirs de flashball et de gaz lacrymogène du côté des forces de l’ordre ; puis des jets de grosses pierres et de verre de l’autre côté.

Un homme de 63 ans a été blessé à la jambe. Deux autres personnes seraient également blessées selon les manifestants. D’après les forces de l’ordre, dix gendarmes seraient aussi blessés, dont un, de la réserve de gendarmerie de l’Ardèche, dans un état grave après avoir reçu un pavé dans la tête. Selon la préfecture de l’Ardèche, un manifestant armé d’un couteau et de projectile a été arrêté au début des échauffourées.

Une rumeur a circulé dans la soirée : la mairie du Pouzin aurait été incendiée. En fait, le feu se situe entre la mairie et la Poste. Il s’agit de barrières incendiées.

Une quarantaine de gendarmes sont toujours mobilisés à 21h30. Il reste une cinquantaine de manifestants sur place. Ils sont peu nombreux à porter des gilets jaunes désormais. Des personnes, qui n’étaient pas présentes lors de la manifestation cet après-midi, se sont jointes aux manifestants au moment des affrontements. Les gendarmes attendent de nouveaux renforts.

Gilets jaunes et justice écolo : c’est nouveau, ça vient de sortir !!!

Gilets jaunes et justice écolo : c’est nouveau, ça vient de sortir !!!

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Le billet de Daniel Pollett

 

Hier soir a eu lieu à la salle polyvalente d’Arre une première réunion de coordination des Gilets jaunes du Pays viganais.

 

 

Non structuré et se méfiant autant des appétits individuels que de la récupération politique, le mouvement des Gilets jaunes, ici comme ailleurs, débute en matière de débats. Si toutefois quelques personnes prennent l’initiative d’organiser la réunion, elles ne souhaitent pas pour autant se positionner en dirigeants ou en décideurs.

 

L’une d’elles expose qu’elle a dû se faire oublier pendant quelques jours à la suite d’un accident de la circulation survenu la semaine précédente, en amont d’un ralentissement provoqué par les Gilets jaunes au Vigan. En fait, c’est un automobiliste conduisant en état d’ivresse confirmé qui, n’ayant pas vu les voitures arrêtées devant lui, les a percutées. Les gendarmes ont dû discuter pendant des heures avec le préfet afin que rien ne soit retenu contre les organisateurs locaux des Gilets jaunes, ledit préfet appliquant les consignes gouvernementales. Rien contre eux donc finalement, bravo et merci à nos gendarmes locaux. On peut considérer que s’il n’y avait pas eu de voitures arrêtées, ce conducteur ivre n’aurait pas plus vu les Gilets jaunes et qu’il aurait pu y avoir des blessés ou même des morts. Conclusion de l’affaire : il n’y aura plus de déclaration de manifestations des Gilets jaunes viganais afin que nul ne soit inquiété en particulier en cas d’accident, rixe ou autres possibilités néfastes.

Notons que si la réunion a lieu à la salle d’Arre, c’est parce que Éric Doulcier1, maire du Vigan, a refusé la salle de sa commune au nom de la « neutralité »…

Après avoir un peu attendu la venue de Gilets jaunes de Ganges et aussi un rapporteur des actions menées en Avignon, dont les venues sont appréciées, la réunion commence. Il est fait le point sur l’usage qui sera fait de la pétition que les Gilets jaunes locaux ont fait signer aux conducteurs le premier samedi.

Après quoi on étudie comment s’exprimer en coordination nationale ; à ce sujet il est décidé que d’éventuels représentants ne seraient délégués qu’une seule fois afin d’éviter toute manipulation politique, syndicale ou autre.

La réunion devient un peu confuse et l’on discute en même temps des actions du futur immédiat et de ce qui sera revendiqué.

Et là, parmi diverses propositions intéressantes, où l’on voit bien les divergences, s’élève une voix qui nous parle d’écologie. C’est un jeune qui expose deux choses qui l’intéressent en particulier : il commence par dire qu’il faudrait éviter de bloquer la Perception, car il s’y trouve des gens fort gentils qui ont eu la bonté de lui expliquer à quelles aides sociales il a droit. Et aussi que comme nous sommes tous écologistes, il est donc impératif que nous, Gilets jaunes, exposions une revendication écologiste. Quelques-uns approuvent et une vieille gauchiste qui vient de ranger les chaises comme si on était chez elle dicte donc à l’intention de la personne qui prend les notes qu’il faut inscrire une revendication de « justice écologique », ce qui est fait.

Je prends alors la parole afin de contredire ce qui vient d’être prétendu en expliquant que ce n’est pas de ceux qui ont du mal à faire le plein qu’on doit exiger de changer de voiture et même de chaudière, que les données du GIEC dont il vient d’être question sont contestées par nombre de savants, que si nous acceptons de parler d’écologie dans ce contexte nous rejoignons les arguments gouvernementaux servant de prétextes pour nous écraser de taxes. Un ingénieur assis près de moi confirme que les études du GIEC sont incomplètes et ne prennent pas en compte des données essentielles. Il précise aussi que d’autres modes de transport polluent bien plus que l’automobile. Plusieurs personnes nous approuvent. Mais on passe à autre chose et la demande de « justice écologique » reste inscrite dans la liste des revendications.

Voici comment on vit dans la dictature des minorités. Un bobo vivant des aides sociales a réussi à imposer un argument idéologique alors que la réunion concerne des événements factuels à résoudre dans l’immédiat.

Je renonce à exposer qu’il devrait être tenu compte du fait que si nous sommes ainsi spoliés, c’est pour financer l’immigration et notre propre remplacement décidés par les tenants de la mondialisation, sinon on va me traiter de facho. C’est pourtant bien là que se situe la base du problème, mais il ne sera encore pas abordé dans ce contexte. Dommage, mais enfin, puisque nous allons demander la « justice écologique »…

 

Note :

Écolo

Les Gilets jaunes d’un point de vue « autochtoniste »

Les Gilets jaunes d’un point de vue « autochtoniste »

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Le billet d’Antonin Campana

 

Le mouvement des « Gilets jaunes » mérite qu’on s’y intéresse d’un point de vue autochtone ou autochtoniste car il traduit sociologiquement une exaspération des natifs.

 

Ce mouvement, on l’a dit et répété dans tous les médias, s’enracine dans la « France périphérique » décrite par le géographe Christophe Guilluy. Il est symptomatiquement boudé par ce que nous avons nommé la « petite noblesse » de nouveau régime. Cette « petite noblesse » autochtone, environ 10 millions d’individus, qui habite les beaux quartiers et les centres des grandes métropoles profite pleinement de la mondialisation, capte l’essentiel des richesses du pays et soutient donc le régime-Système de manière indéfectible. Les Allochtones des banlieues quant à eux, 15 à 17 millions d’individus, ne se sentent pas concernés par ce mouvement, soit parce qu’ils ne travaillent pas, soit, lorsqu’ils travaillent, parce que des transports quasi gratuits sont mis à leur disposition. Reste donc cette France périphérique délaissée, celle des Gilets jaunes : une France populaire blanche comme on peut le voir sur toutes les images !

Le mouvement des Gilets jaunes est donc un mouvement à 99% autochtone. C’est d’ailleurs ce qui ne plaît pas à certains commentateurs, d’où leur remarque raciste sur le caractère « populiste », ou d’extrême droite, de celui-ci : ce qui est trop blanc et pas assez métissé est toujours suspect.

Indéniablement, et il serait erroné de ne pas prendre en compte cette dimension, le mouvement des Gilets jaunes est aussi un mouvement identitaire. Certes, l’élément déclencheur a été l’augmentation des prix du diesel et de l’essence, mais il ne faut pas ignorer que bouillonne en dessous ce sentiment d’être marginalisé tant économiquement, socialement, culturellement, que sociétalement. Les délocalisations, l’immigration de peuplement, la remise en cause des modes de vie, l’insécurité culturelle, le déclassement… constituent le terreau de la révolte.

Qui sont ceux qui participent au mouvement ? Les gros bataillons sont essentiellement constitués des électeurs de Marine Le Pen, des électeurs blancs de Mélenchon (la France insoumise est de fait, coupée en deux par une frontière identitaire) et de ceux qui ne participent plus aux élections (les « abstentionnistes »).

Cette agitation autochtone est selon nous révélatrice d’un malaise identitaire et d’une évolution vers une prise de conscience d’appartenance. Cependant, en elle-même, elle ne sert à rien.  Ce qui condamne par avance le mouvement des Gilets jaunes est qu’il ne s’inscrit dans aucune planification stratégique : ce n’est qu’une « jacquerie » et un mouvement d’humeur spontané.

Pourquoi la « planification stratégique » ? Gene Sharp, le concepteur américain des révolutions de couleur, donne l’exemple d’une personne qui veut faire un voyage. Cette personne va, explique Sharp, définir son moyen de transport (la voiture, le train, l’avion, le bateau ?), va regarder si elle dispose de suffisamment d’argent (dans le cas contraire, elle va imaginer un moyen de s’en procurer), va décider où manger et où dormir si le voyage est long, va s’enquérir des documents nécessaires (passeport, visa ?) et de comment les obtenir, et va prendre des dispositions pour pallier son absence durant le voyage (qui va garder le chien ?). Cette planification que tout le monde fait lorsqu’il s’agit de voyager est rarement faite par les représentants de mouvements politiques et sociaux. C’est la raison, selon Sharp, de leurs échecs.

Le mouvement des Gilets jaune est dans la situation d’un homme qui un beau matin quitterait son domicile pour visiter la Chine sans passeport ni moyen de transport, avec 20€ en poche. Certes, cet homme causerait l’émoi dans sa famille mais quelles seraient ses chances d’atteindre son objectif ?

De ce point de vue, le blocage des routes est un « coup », même pas un engagement tactique puisque l’engagement tactique n’a de sens que s’il s’inscrit dans une stratégie globale qu’il est en charge de faire progresser.

En résumé :

  • Le mouvement des Gilets jaunes est un mouvement principalement composé d’Autochtones
  • C’est donc un mouvement qui exprime des préoccupations sociales mais aussi identitaires
  • Ce mouvement n’est pas organisé et ne s’inscrit dans aucune stratégie à long terme. Ces chances de régler le malaise global de la population autochtone (nous ne parlons pas ici du prix des carburants) sont quasi nulles. Le ressentiment qui s’ensuivra n’en sera que plus âpre.

En conclusion, du point de vue autochtoniste, nous pouvons dire que ce mouvement montre le désarroi grandissant d’une population autochtone assujettie par le régime-Système. Ce désarroi n’aboutira à rien s’il n’est pas mis en forme par la fraction consciente du peuple autochtone. Mais, incontestablement, les digues mentales qui empêchaient l’avènement d’une conscience nationale autochtone commencent à se fissurer. Tout dépend désormais de la volonté des Réfractaires, c’est-à-dire des Autochtones solidaires du destin de leur peuple. Sauront-ils enfin organiser leur peuple ? Je vois à l’instant sur BFM-TV qu’une trentaine de manifestants ont bloqué les Champs-Élysées tout à fait légalement, puisqu’ils se sont contentés de traverser et de retraverser des passages piétons. Imaginez un instant ce que serait le mouvement des Gilets jaunes si un État parallèle autochtone l’inscrivait dans le cadre d’une stratégie globale de libération autochtone !   

Gilets Jaunes. Mais que veulent ces Gaulois réfractaires ?

Gilets Jaunes. Mais que veulent ces Gaulois réfractaires ?

gaulois réfractaires

 

Le billet de Nicole MINA

 

Au-delà de événementiel, que retenir de cette résistance spontanée, venue du vrai peuple, de la vraie France, celle d’en bas, celle qui trime, tremble pour la sécurité de ses enfants, craint de perdre son emploi, et voit ses vieux grelotter faute des moyens de se chauffer et faire les poubelles pour manger ?

 

Les commentaires entendus ces derniers jours sont édifiants.

Ces Gaulois resurgis du terroir et de la mémoire ancestrale en ont marre de subir. Héritiers des jacqueries, ils se révoltent pour exprimer leur ras-le-bol d’être pressurisés. Leurs aïeux se battaient contre la taille et la gabelle, eux se battent contre les taxes, les impôts et les décisions injustes qui font qu’ils travaillent 7 mois et demi sur 12 pour l’État.

La première revendication est bien sûr contre l’augmentation du prix du gazole, le carburant le plus utilisé en France, jusqu’alors le plus économique, et dont la flambée pèse sur les foyers les plus modestes, ceux dont le couple travaille pour des salaires au SMIC et qui doivent assumer un loyer, la crèche et/ou la garderie et la cantine des enfants.

Ensuite vient la colère à propos des retraites, devenues de plus en plus insuffisantes, coincées d’une part entre les prix des denrées alimentaires, des énergies de chauffage et d’autre part des prélèvements sur des montants très loin d’être indexés sur le coût de la vie et revalorisés comme il le faudrait.

Et puis il y a l’angoisse de la jeune génération, celle qui devrait mordre la vie à pleine dents avec l’espoir, le rêve ou le projet sur la ligne de leur horizon. Nos jeunes sont pessimistes, désabusés. Ceux qui cherchent un emploi, et je les comprends, sont stressés, nerveux. Mais là où j’ai eu mal, c’est d’entendre une fois de plus une jeune femme de 34 ans expliquer pourquoi elle avait décidé de ne pas avoir d’enfant. « Tu comprends, m’a-t-elle dit, je ne veux pas mettre au monde un malheureux. Je travaille, mais mon salaire ne me permettrait pas d’élever un enfant, de le gâter, si je me retrouve seule. Et si la boîte où je travaille ferme, alors comment je fais ?… Alors tu vois, j’ai ma petite chienne, ça me contente ». Quelle tristesse ! Être poussée à investir son potentiel d’amour sur un animal parce qu’on a peur de donner la vie à un enfant dans CE monde ! Ce triste exemple illustre le malheur d’une société décadente, déliquescente, où l’instinct de survie de l’espèce est remplacé par le suicide générationnel… On atteint le fond du gouffre de l’inhumanité où nous ont plongés les faux humanistes, en réalité nos assassins.

Enfin, j’ai rencontré aussi les « lucides » de cette France d’en bas, qui paient des impôts, disent-ils, pour alimenter nos dirigeants qui se gobergent, dépensent des millions en vaisselle, décoration élyséenne, volent dans des avions consommant des millions d’euros de kérosène en un mandat. Ils ont conscience que les « politiques » les grugent de promesses pendant les campagnes et une fois élus votent des budgets pharaoniques destinés à nourrir… des « migrants » importés pour remplacer précisément les contribuables français qui les nourrissent… Comme si cela ne suffisait pas, non contents d’alimenter les Africains sur notre sol, ils distribuent des milliards aux pays d’Afrique qui envoient leurs ressortissants chez nous.

D’ailleurs, parlons-en, de ces immigrés dont on nous dit qu’ils sont des « chances pour la France ». Nous en avons vu parmi les Gilets Jaunes, oui, mais cinq ou six sur les quelques deux mille personnes qui sont passés sur le rond-point (de Gallargues). C’est dire leur degré d’implication dans notre société… c’est dire aussi que la plupart d’entre eux vivent mieux que les « souchiens » que nous sommes. Les résistants ne s’y trompent pas d’ailleurs. Pas racistes, mais style « Français d’abord »…

J’ai aussi pu constater que nos « Gilets Jaunes » ne sont pas dupes, ils s’informent. Ils savent que l’UE est un fléau, qu’elle nous prépare à l’esclavage en nous supprimant la monnaie matérielle, et en préparant le revenu universel, pour faire de nous des consommateurs de produits frelatés nous conduisant plus vite à la mort.

 

Vivent les Gaulois réfractaires !

Gilets jaunes : l’espoir de demain

Gilets jaunes : l’espoir de demain

Gilets jaunes l’espoir

 

Communiqué de la Ligue du Midi

 

Cette journée « Gilets jaunes » du samedi 24 novembre restera inscrite dans les mémoires comme en demi-teinte ; elle repose en tout cas la question de l’organisation « purement technique » du mouvement. Les journées à répétition avec des rassemblements lointains, sans véritable préparation ne peuvent aboutir qu’à des demi-victoires. En ce qui nous concerne, sur la « diagonale du populisme » dans le sud, peu nombreux ont été ceux qui ont effectué le voyage vers Paris. Un déplacement en train, non programmé à l’avance avec un hébergement d’une nuit et divers frais de bouche va vite atteindre 3 à 400 euros, somme largement hors de portée pour ceux qui font partie de ces classes populaires en voie de prolétarisation et qui sont entrés dans le mouvement justement à cause de cela.

Il doit y avoir des manifestations en région parisienne, comme il y en a à Montpellier, Bordeaux ou Aubenas mais ce sont aux parisiens à se mobiliser à Paris. Qu’on ne se méprenne pas, nous savons très bien que Paris concentre tous les pouvoirs et que c’est justement contre cette concentration tentaculaire que nous nous battons ; c’est elle, qui est en grande partie la cause de la situation inextricable de cette calcification dont la France ne peut plus sortir. Mais à vouloir se lancer sur un calendrier d’une opération lourde par semaine, ce n’est pas le pouvoir qui va s’user, mais les « Gilets jaunes ». La meilleure preuve, c’est la participation à Paris qui, le 24 novembre a représenté à peine 10 % des manifestants de toute la France pour une population de 30%.

La Ligue du midi a participé largement au succès des actions dans le sud et en particulier en région Occitanie. Ses adhérents disciplinés et respectueux des consignes des GJ se sont retrouvés sur une quinzaine de lieux de rassemblements pour des blocages de circulation, des opérations escargots, des sièges de plates formes logistiques, privilégiant les actions de barrages filtrants qui irritent moins les conducteurs. On a d’ailleurs pu constater que les cas d’automobilistes fonçant sur des barrages et blessant des « Gilets jaunes » avaient largement diminué d’un samedi sur l’autre.

La Ligue avait appelé à participer aux rassemblements suivants :

  • Montpellier-Prés d’Arène
  • Montpellier-Polygone
  • Montpellier-Préfecture
  • Béziers ouest
  • Lunel Gallargues
  • Bordeaux-Bègles, aux 2 rondpoints des « rives d’Arcin »
  • Toulouse-Muret
  • Perpignan nord
  • Avignon rondpoint Les Angles
  • Avignon nord
  • Aubenas rondpoint Quick
  • Viviers (07)
  • Saint marcel d’Ardèche
  • Tain (26) péage 17
  • Tournon sur Rhône
  • Salon de Provence (Péage Lançon de Provence)

Citons deux exemples où la présence de la Ligue a été décisive :

A Montpellier où elle a grandement contribué (après avoir participé au barrage filtrant) au cortège parti de Près d’Arène pour déboucher sur ce qui aura été un véritable rassemblement populaire, haut en couleur -merci aux centaines de motards- sur la Place de la Comédie avec drapeaux français et occitans et la Marseillaise reprise en cœur, puis à la fermeture des grilles du Polygone. Tout cela sans aucune casse en dépit de quelques poignées de casseurs-crasseux qui tournaient çà et là en quête de provocations.

A Toulouse au barrage de Muret où son expérience a permis de mettre en difficulté la direction de l’Hyper Leclerc qui avait mobilisé les « gros bras » de sa sécu privée avec la ferme intention de dégager les accès.

Signalons aussi l’attitude bienveillante des policiers, CRS et gendarmes mobiles qui ont franchi un pas supplémentaire dans la compréhension de ce phénomène populaire aujourd’hui irréversible qui s’est déroulé en région, généralement sans violences.

Les mots d’ordre -de bon sens- que la Ligue avait diffusé dans ses précédents communiqués de la semaine ont commencé à percoler :

  • privilégier le combat local, dans son village, sa ville, sa zone
  • se concentrer sur les fondamentaux : dénonciation des taxes à répétition et de la pauvreté qui nous gagne (le fameux frigo vide)
  • se recentrer sur ces cibles que sont les représentations de l’appareil d’État : préfectures, services fiscaux, députés…

…et les représentations de la société marchande et des multinationales mondialisées : plateformes logistiques, raffineries, dépôts de carburants, pollueurs notoires, laboratoires pharmaceutiques…

  • et enfin, un seul mot d’ordre, un seul slogan : MACRON DÉMISSION !!!

 

Nos adhérents sur le terrain nous le confirment : le moral des « Gilets jaunes » est bon, ils sont de plus en plus combatifs et plusieurs rassemblements se sont renforcés malgré les dires fallacieux des « médias de propagande ».

Ces français d’« en bas » que l’intelligentsia politico-médiatique qualifie de « sans dents », « illettrés », « alcooliques », sont aujourd’hui conscients de ce qui se passe et osent s’assumer de plus en plus ouvertement comme populistes. Ils sont, malgré leur désespoir et grâce à leur colère, l’espoir de demain. 

Quelle que soit l’issue de ce mouvement, Macron et sa clique auront reçu le message d’un peuple qui ne se laissera plus ni manipuler ni impressionner et résistera !