Jeanne 2018

Le billet d’Hervé Fenoy

 

Une polémique est née du choix de Mathilde, métisse bénino-polonaise pour incarner Jeanne d’Arc. Le jury l’ayant désignée pouvait s’y attendre. Je ne connais pas Mathilde, qui correspond, parait-il, aux critères pour mériter cet honneur, et loin de moi l’idée de la critiquer à propos de sa couleur de peau : ce serait aussi stupide et injuste que de me condamner pour avoir hérité du « « tarbouif »1 paternel. Mathilde pourrait être blonde, rousse, indienne, bridée, ou bleue comme la Stroumpfette (dont j’ai le béguin) ce n’est pas le problème.

Le problème, c’est que, lorsque on incarne un personnage historique, la moindre des choses est de lui ressembler peu ou prou. C’est une mode, ces derniers temps, que d’attribuer à des personnes de couleur des rôles de héros ou de souverains européens, voire de personnages de légende.  Mode qui témoigne à l’évidence d’une volonté de passer un coup de gomme sur notre Histoire, notre identité et notre culture.

Sur les trottoirs de la bonne ville d’Orléans, il y aura, ce jour de fête, des enfants en âge de fréquenter l’école primaire, et qui, peut-être, ignorent tout de Jeanne d’Arc. Ils garderont gravée dans leur mémoire, l’image d’une héroïne débarquée d’un lieu indéterminé de la planète, mais certainement pas d’un symbole national.

Sans tomber dans une xénophobie primaire, on peut dire que le choix d’une allogène pour incarner Jeanne d’Arc est une tentative de falsification de l’Histoire, cela sous couvert d’un pseudo universalisme religieux. Serait-il acceptable de donner le rôle de Nelson Mandela à Robert Redford ou à Brad Pitt?

Est-il excusable d’exercer une tromperie envers les siens en effaçant une vérité historique ? c’est pourtant ce qu’a fait ce jury orléanais !

(1) Le nez en argot

Esprit de Jeanne d’Arc, es-tu là ?

Jeanne d’Arc

Le billet d’Éponine

        Mon credo, c’est la France. La France de la tradition, de la culture, de la grandeur qui en a fait un phare de l’humanité.

        Comme beaucoup de Français, les personnages majeurs des leçons d’histoire de mon enfance sont restés gravés dans ma mémoire comme des images d’Épinal, par-delà la modeste érudition que j’ai pu engranger depuis. Et pour moi la figure de Jeanne d’Arc se parait d’une aura toute particulière. Jeune pucelle croyante autant que guerrière, elle a su sauvegarder le royaume de France quand tout semblait perdu.

        Alors quand j’ai vu Marine Le Pen prendre les rênes des élections présidentielles, j’ai cru reconnaître, en elle, notre Jeanne des temps modernes. Sa personnalité, sa prestance, sa blondeur même m’évoquait irrésistiblement la grande héroïne. J’ai donc décidé de prendre part à sa campagne parmi ses militants. Grands moments où nous avons été portés par une vague qui pouvait annoncer un tsunami patriote (ou nationaliste si on préfère). Sans croire vraiment à la victoire, je mettais la barre minimale à 40% pour le deuxième tour, chiffre qui me paraissait définir le seuil de crédibilité pour l’avenir.

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