Rassemblement National : refondation, rassemblement… et bla-bla-bla

Rassemblement National : refondation, rassemblement… et bla-bla-bla

rassemblement national

La tribune libre d’Éponine

 

Les textes publiés en « Tribune Libre » ne reflètent pas forcément, en partie ou en totalité, les analyses et les points de vue de la Ligue du Midi. Ces Tribunes Libres ouvrent un espace de débat dans notre camp. 

 

La curiosité et, disons-le, mon nationalisme chevillé au corps, m’ont poussée, vendredi dernier, jusqu’au Palace, cet ancien cinéma sétois transformé en salle de réunion. La raison ? L’annonce, sur les réseaux, de la venue de Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, et Gilles Pennelle, président du groupe FN, pardon, RN de Bretagne.

J’avoue avoir été alléchée par l’idée d’en apprendre plus, et si je puis dire, en direct, sur cette fameuse refondation, suivie du non moins fameux Rassemblement. La France une fois de plus moribonde dans son Histoire allait-elle trouver dans un nouvel élan les forces propres à la débarrasser des oripeaux islamo-gaucho-mondialistes ? Après tout, Gilles Pennelle, renseignements pris -merci internet- n’est-il pas un ancien du MNR¹, ayant largement prêté sa plume à la revue Terre et Peuple de l’identitaire Pierre Vial ?

Quant à Philippe Olivier, on peut en attendre le meilleur quand on sait qu’il a été l’un des artisans du MNR, considéré comme plus mégrétiste que Mégret, qualifié de « quartier maître félon » par Jean-Marie Le Pen et de « pur produit de l’extrême droite nationaliste » par l’Obs. Et c’est lui qui a écrit pour Marine Le Pen le discours de Brachay, point de départ d’un espoir de renouveau identitaire du FN.

Ces gages d’engagement à la défense de la culture enracinée de France et d’Europe me mettant l’eau à la bouche, je m’installai dans un confortable fauteuil d’une salle pleine à craquer. Encore un bon augure ! Comme aurait dit ma mère-grand, je m’apprêtais à boire du petit lait…

Peut-être attendais-je trop, dans ma naïve propension à vouloir du « lourd », du concret. Peut-être aussi que mon idéalisme éloigné des arcanes politiciennes me berçait de l’illusion que des cadres RN galvaniseraient mes espoirs de lutte contre ce qui devrait nous animer en priorité : la défense des Français, des Occidentaux, contre une islamisation porteuse d’une dramatique et croissante insécurité, sans compter la perte de nos racines. Toujours est-il que je suis descendue assez vite de mon nuage.

Car l’essentiel du message s’est concentré sur un thème : les élections.

Européennes, d’abord. Je résume :  Dupont-Aignan va finir par nous rejoindre et donc bla-bla-bla nous allons gagner, les LR sont finis, et donc bla-bla-bla, nous allons gagner, les Insoumis perdent de l’influence, et donc bla-bla-bla, nous allons gagner.

Puis les municipales et les départementales héraultaises : l’Hérault est un département gagnable. Pourquoi pas ? Les résultats précédents permettent d’y croire. Mais pour gagner un département, il faut gagner des cantons. Et pour gagner un canton, il faut gagner sa ville principale. Je ne veux pas être défaitiste, mais aux élections précédentes, les candidats FN arrivés en tête au premier tour ont perdu au deuxième. Faute de souplesse politique ? Faute de communication ? Erreurs de casting ? Force est de constater que seuls les candidats « ménardistes » ont su remporter la victoire.

En quelques mots, Pennelle et Olivier, les ex-identitaires purs et durs se sont mués en duettistes d’une stratégie électorale dont l’optimisme ne peut cacher la légèreté.

Après la réunion, je me suis mêlée à la foule des participants, pour la plupart adhérents et sympathisants. Un verre de blanc -pas mal du tout, d’ailleurs- à la main, j’ai échangé comme on peut le faire entre patriotes. Beaucoup de ferveur, le plaisir d’avoir été « regonflé » mais un malaise sous-jacent. Quelques inconditionnels, des marinistes fervents, enthousiastes, quasiment aveuglés… et beaucoup de dubitatifs. Le fameux débat de l’entre-deux-tours, dont Pennelle avait dit qu’il fallait l’oublier et passer à autre chose a de toute évidence laissé des cicatrices douloureuses et les pansements n’y font pas grand-chose. Et puis des voix carrément réformatrices : il faut que Marion revienne, elle seule peut gagner.

En résumé, j’ai perçu un potentiel militant important, mais un certain désarroi. Et un brave homme a bien synthétisé la situation : en se disant « regonflé » il a exprimé le grand coup d’abattement qui a succédé aux présidentielles.

Que peut-on en conclure sur le plan national ?

 

L’analyse des derniers mois au FN-RN a été une succession d’annonces de réformes, de grands changements, en particulier vers le cap du nécessaire rassemblement. Certes, mais parler rassemblement en refusant le rassemblement des droites sous prétexte que c’est trop restrictif, mais sans parler de populisme -comme Salvini en Italie- n’est-ce pas se tirer une balle dans le pied ?

Et Marine Le Pen ? En tant que femme, je la perçois comme quelqu’un qui ne se remet pas de son échec. Elle a très bien compris son refus d’obstacle (le deuxième dans sa carrière politique) et se rassure par un surcroît d’autorité. Son entourage est à l’image de l’ancienne scission : les « historiques », avec en tête le compagnon bien-aimé de Marine, Louis Aliot, les « traîtres » du MNR comme les appellent encore les premiers. Chacun défendant ses pions sur le terrain, et tentant de dézinguer ceux des autres.

La présence des mégrétistes, indispensables à la colonne vertébrale du RN, sert Marine et en même temps l’inquiète : et s’ils la débordaient ? Du coup sa personnalité déjà virile penche vers une volonté de domination et de contrôle de plus en plus serré. Et elle verrouille sa position « le RN c’est moi » dans une « lepénisation » que les Français rejettent. Tout ceci expliquerait l’édulcoration des discours de Pennelle et Olivier à Sète, coincés entre des convictions intactes et la peur d’être éjectés.

Cependant cela laisse craindre que les victoires électorales ne soient pas à la hauteur des ambitions et les Européennes vont être un test style quitte ou double. Quand Philippe Olivier dit « finalement Dupont-Aignan se ralliera sinon il passera pour celui qui casse l’union », on peut penser que Rassemblement National signifie « venez chez nous », et qu’au RN on ne sait pas s’allier sans vampiriser.

Hypothèse : et si Dupont-Aignan refuse l’alliance avec le RN mais monte une liste cohérente, avec des personnalités moins politiques mais plus nettes dans leur engagement que Marine qui juge l’immigration inéluctable ?

 

Je sens que 2019 va être une année passionnante.

 

 

Note

(1) MNR : Mouvement National Républicain fondé en 1999, suite à une scission du Front National conduite par Bruno Mégret, ex-Secrétaire Général, emportant la majorité des cadres.

 

Faites connaitre notre site, partagez !
Diabolisation 2.0 : assumons notre rôle historique

Diabolisation 2.0 : assumons notre rôle historique

L’Éditorial de Richard Roudier

 

De l’utilité de la diabolisation

La caste politicienne qui se partage le pouvoir depuis 50 ans a toujours cherché à effrayer les électeurs pour conserver le pouvoir et ramener vers elle tous ceux qu’elle pouvait terroriser par la manipulation. Ainsi, elle a toujours cherché à diaboliser sa seule opposition sérieuse en lui assignant le rôle de repoussoir pour garder le contrôle en effrayant le petit bourgeois, le bobo, le retraité émotif, l’épargnant, et maintenant les rares électeurs de la classe moyenne qui continuent encore à aller voter.

Ce type de manipulation a parfaitement marché au moment de l’Algérie avec L’OAS et les généraux putschistes, et pendant des décennies avec la mise en avant et la diabolisation du FN, jusqu’à ce que celui-ci s’effondre ; justement en cherchant à tout prix à se dédiaboliser !

 

Le FN n’effraie plus personne

Depuis son pitoyable échec au second tour de la présidentielle 2017 et après le lamentable spectacle des embrouilles de famille et des règlements de compte au sein de sa direction, le FN ne représente plus aucun danger électoral pour la caste politicienne au pouvoir. D’ailleurs, il est totalement prêt à jouer le jeu du réformisme et à s’allier aux libéraux de droite pour enfin accéder à quelques postes et prébendes. Le FN n’effraie plus personne, il ne peut plus servir d’épouvantail, les tenants du système l’ont bien compris.

 

Le triomphe absolu des libéraux mondialistes les laisse sans opposition électorale

Quelles que soient les combinaisons, les libéraux mondialistes maîtrisent complètement le jeu électoral. Ils ne peuvent plus perdre le pouvoir par les élections ; ne serait-ce que du fait du vote des électeurs musulmans qui leur est acquis.

Des alternances se produiront, mais sans réelle alternative. Mélenchon, les Verts, l’extrême gauche et les libéraux de toutes obédiences sont tous d’accord sur un même objectif : faire perdurer les conditions du grand remplacement et en accélérer le parachèvement à marche forcée pour le rendre irréversible.

De son côté le FN est prêt à toutes les compromissions pour tenter d’accéder au pouvoir lors d’une éventuelle alternance avec les libéraux de droite. Quand bien même il trouverait à s’insérer dans le jeu, cela ne changerait strictement rien au fond des choses. Les élus FN minoritaires seraient à peu près aussi utiles pour lutter contre le grand remplacement que l’ont été les écolos pour lutter contre les trusts de l’agrochimie qui ruinent la terre, l’air et l’eau. La démonstration est faite, il n’y a aucun espoir à vouloir s’insérer dans le jeu du pouvoir, celui-ci digère tout ce qui n’est pas lui-même. Tous ceux qui s’y sont essayés s’y sont perdus. Mélenchon, les écolos, l’extrême gauche s’y sont perdus, le FN s’y perdra comme les autres quand il arrivera à hauteur de la mangeoire. C’est joué d’avance.

 

La seule opposition sérieuse au système se trouve désormais hors champ électoral

Les remplacistes tenants du système sentent bien qu’ils n’ont plus d’opposition sérieuse dans le champ électoral et que donc, ils ne peuvent plus y jouer le jeu pervers de l’attraction- répulsion. Ils savent que plus aucune force politique crédible ne canalise la révolte contre le grand remplacement et que celle-ci ne peut trouver d’écho qu’en dehors du champ électoral.

Par conséquent la seule force d’opposition à même de canaliser les révoltes sur le sujet primautaire qui est celui de l’immigration, et du grand remplacement c’est ‘’l’ultra droite’’ non électoraliste : les résistants, les identitaires, les patriotes. (NOUS). Les tenants du libéralisme global qui contrôlent le jeu électoral l’ont parfaitement compris, par conséquent, ils réadaptent leur stratégie de diabolisation.

 

Diabolisation 2.0

Le FN lui ayant fait défaut, le pouvoir a donc décidé de changer de cheval. Il diabolise désormais ‘’l’ultra droite’’ non électoraliste dont il a pris conscience quelle était sa seule opposition réellement dangereuse. À cet effet il mobilise sa garde prétorienne, ses milices supplétives : antifas, anars, FI, extrême gauche, casseurs, zadistes et autres pour provoquer et créer des incidents avec NOUS, ‘’l’ultra droite’’ qu’il veut diaboliser pour effrayer la classe moyenne de souche et ainsi s’assurer de conserver le contrôle.

Dans le même temps, comme il l’avait fait avec le FN, il va augmenter notre visibilité, nous ouvrir des tribunes, nous promouvoir de manière perverse pour nous faire sortir de l’ultra confidentialité, nous donner du corps et de la visibilité. Cette phase a déjà commencé, elle va s’amplifier. Nous ne refusons pas la promotion qui nous est faite, au contraire nous allons l’exploiter.

 

Simplification du combat politique

Dans ce jeu pervers, l’extrême gauche s’affirme comme la milice supplétive du bloc remplaciste au pouvoir qui va de l’extrême gauche aux libéraux de droite et potentiellement au FN qui est prêt à toutes les compromissions. Face à ce bloc, nous sommes la seule opposition qui puisse un jour le renverser en dehors du jeu électoral.

Le combat se simplifie, il y a les libéraux remplacistes et l’extrême gauche coalisés d’un côté et NOUS de l’autre. Les mondialistes immigrationnistes et leurs supplétifs (dont prochainement le FN) d’un côté et les résistants au grand remplacement de l’autre. Deux blocs subsistent, l’un tout puissant au pouvoir, l’autre à peine renaissant et potentiellement porteur de la révolte.

 

Assumons nos thèmes, assumons la diabolisation

Nous abordons cette nouvelle phase du combat politique en ayant tiré toutes les conséquences du passé. Le retour d’expérience des errances du FN nous enseigne qu’il n’y a aucun avantage à se laisser entraîner dans le jeu de la dédiabolisation. Cela ne mène à rien.

Par conséquent, nous allons continuer à assumer haut et fort nos positions, nos thèmes, nos slogans, nos actions.

Nous assumons par avance la diabolisation dont nous sommes d’ores et déjà l’objet, considérant qu’elle nous consacre désormais comme seule opposition réelle et sérieuse au grand remplacement et à ses promoteurs.

 

Mise en garde contre les excès

Nous attirons l’attention des leaders de notre camp contre les excès du passé qui ont autrefois rendu infréquentables des idées pourtant justes. Les provocations sont contre- productives, inutiles et ne peuvent que nous desservir. Nous sommes résolument tournés vers l’avenir et, quoi qu’on en pense, tout ce qui concerne le passé est définitivement clos. Il n’y a pas lieu d’y revenir. La nostalgie est nocive…

 

La vérité va nous donner raison

La manipulation, le mensonge le terrorisme intellectuel sont sur leurs fins. La vérité et la réalité du grand remplacement sont en train d’émerger de manière inexorable. Elles sont en train de prendre le dessus sur la manipulation. De plus en plus directement et personnellement confrontés aux conséquences du grand remplacement, nos concitoyens le mesurent. Faute de solution électorale, le moment venu, ils se tourneront spontanément vers les seuls qui auront refusé toute compromission et auront assumé de se placer hors-jeu électoral et radicalement contre le bloc remplaciste.

 

Un nouveau cycle politique s’est ouvert

Nous sommes désormais la seule force d’opposition au remplacisme global.

Notre responsabilité historique nous impose de nous unir, de fédérer les groupes épars ; enfin et surtout de hiérarchiser les combats. Un seul combat compte : la prise du pouvoir, sans compromis, sans compromission réformiste. Tout le reste n’est que foutaise.

Il ne faut surtout pas compter sur les élections, le jeu est verrouillé de l’intérieur. De plus en plus de nos compatriotes le comprennent et se détournent des urnes. Désormais, le combat s’est simplifié, il se joue hors champ électoral. Nous le savons, nos adversaires le savent…

Un nouveau cycle politique vient de s’ouvrir, nous sommes déterminés à y assumer pleinement notre rôle historique.

Faites connaitre notre site, partagez !
On ne tire pas sur une ambulance

On ne tire pas sur une ambulance

Le billet de Robert Langlois

Habituellement, nous ne versons pas dans l’électoralisme, ce n’est pas notre affaire et, sauf exception, nous nous abstenons de tout commentaire à ce propos. Et pourtant, comment se taire quand on voit ce qu’on voit ? On vient d’apprendre que Laurent WAUQUIEZ a opposé une fin de non-recevoir à la main tendue de Marine LE PEN.

Mais comment aurait-il pu en être autrement ? WAUQUIEZ n’est pas encore élu à la tête de son parti, et il en est encore à essayer de rassembler ce qu’il lui reste de troupes. Par conséquent, à ce stade, il est facile de comprendre que tout sujet qui pourrait créer des divisions dans son parti lui est strictement interdit. C’est pourtant simple. On ne vient jamais interférer dans le jeu d’un partenaire qui en est encore à chercher à s’établir et à se stabiliser dans son propre camp. Du moins, pas publiquement. On attend qu’il soit en place, qu’il se soit conforté et qu’il ait au moins les mains libres.

En s’y prenant ainsi, Marine LE PEN ne pouvait que prendre la porte dans le nez. Même s’il avait pu penser à un hypothétique accord, WAUQUIEZ n’avait pas d’autre choix à cet instant. Par cette maladresse la porte s’est définitivement fermée. C’est terminé, il n’y aura plus d’accord. Laurent WAUQUIEZ ira chercher les électeurs FN en direct comme l’avait fait SARKOZY avant lui. Comment Marine LE PEN ne comprend-elle pas une chose aussi élémentaire ? Comment peut-elle commettre une faute aussi grossière sur un sujet aussi simple ? Comment a-t-elle pu s’empresser à ce point et s’enferrer en s’affichant prématurément au risque d’encombrer le partenaire qu’elle s’était choisi et de l’enfermer dans une impasse dont il ne pouvait plus sortir que par un désaveu public ?

C’est encore pire que ce que l’on pouvait penser. Et cette fois ci, ce n’est pas la faute de PHILLIPOT. Une telle bévue nous révèle l’étendue des faiblesses de MLP pour ne pas dire son incompétence, ainsi que la profondeur de son désarroi -l’épisode croquignolet de la fermeture des comptes du FN par la Sté Générale ne va pas éclaircir l’horizon-. C’est bien triste sur le plan humain, mais Marine LE PEN nous montre l’image d’une épave à la dérive.

Nous l’avions déjà dit dans ces colonnes, elle n’est pas la bonne personne. Il n’y a plus « d’excuse PHILLIPOT ». Cette erreur grossière scelle définitivement ce jugement, c’est irrattrapable. Les gens de confiance qui l’entourent, s’il en reste, et si elle les écoute, devraient lui conseiller de s’écarter et de cesser de s’exposer ainsi. Quand on est dans cet état, on se met à l’abri, on ne s’expose pas. Non, on ne tire pas sur une ambulance. Encore faut-il qu’elle ne traverse pas toutes sirènes hurlantes le champ de tir au moment où ça mitraille de tous les côtés. Au risque de nous redire, la solution n’est plus dans les élections, le dernier train est passé en 2017.

L’énergie des patriotes est désormais bien plus utile dans le combat hors champ électoral et dans la préparation des échéances d’ampleur historique qui vont se présenter. C’est désormais face au retour du tragique dans l’Histoire que les choses vont se jouer et la réponse ne résultera pas d’un consensus démocratique.

Faites connaitre notre site, partagez !
Fais moi du couscous chéri…

Fais moi du couscous chéri…

dé-diabolisation

La LIGUE du MIDI a pris le parti du combat identitaire et de l’action sur le fond et dans le temps long. Il semble en effet que le foisonnement électoraliste ne produit rien au plan des idées et qu’au contraire, tout est confondu dans la pensée unique. La Ligue reste résolument en dehors du champ électoral pour faire éclore ses thèses. Par conséquent, c’est avec le recul et le sang-froid d’entomologistes étudiant une colonie d‘insectes que nous observons les mœurs et les débats politiciens.

Au point de décomposition et de déshérence où en est le Front National qui portait tant d’espoirs électoraux, on peut formuler un certain nombre de considérations sur les personnes et sur les stratégies qu’elles ont promulguées. Dans un précédent billet, nous avions exprimé notre avis sur le Front National dont nous avons fait la critique historique. Quant à Marine LE PEN il apparaît qu’elle n’était pas la bonne personne et qu’elle s’est définitivement disqualifiée lors du débat du second tour de la présidentielle.

Il convient alors de formuler un avis sur la stratégie de dédiabolisation du FN et sur Florian PHILIPPOT qui en a été le porteur. Pour les compliments, ce sera vite fait. Brillant, il l’est assurément, retors également, Excellent débatteur aussi. Chapeau ! dommage qu’un tel talent soit stérilisé par d’autres turpitudes personnelles. Car si, comme toutes les élites formées dans les grandes écoles parisiennes, Florian PHILIPPOT est un très grand spécialiste de la lutte interne ; en revanche dans la lutte externe, c’est à dire contre l’adversaire réel il n’est pas au niveau.

Rappelons que dans le combat électoral quand on n’est pas élu, on n’est rien. Or, malgré plusieurs tentatives, Florian PHILIPPOT n’a jamais été capable de se faire élire. Gros déficit révélateur d’un lourd handicap et d’une incapacité personnelle à pratiquer le sport électoral. Incapacité à sortir du microcosme parisien, manque de charisme, manque d’empathie, arrogance distante de “marquis de cour”, et finalement “ mépris de classe” impossible à dissimuler. Cela se sent, cela se voit et c’est rédhibitoire. Tout l’inverse par exemple d’un Gilbert COLLARD pourtant nettement moins avantagé sur le papier, foisonnant, parfois maladroit, souvent excessif, mais beaucoup plus proche de ses électeurs, nettement plus populaire et finalement authentique, sincère et sans doute sympathique. Parti avec un très lourd handicap contre une célébrité locale soutenue par LREM qui a submergé la France en une seule vague, il a mouillé la chemise, il a “fait le job”. Seul, il a tenu contre la meute de la presse main stream et contre tout l’establishment. À la fin, de justesse, mais c’est d’autant plus méritoire, Gilbert COLLARD a vaincu. Bravo donc à lui. L’un est député, l’autre ne l’est pas. C’est tout !

Revenons aux joutes internes dans lesquelles Florian PHILIPPOT excelle. En très peu de temps, il a réussi a encapsuler « la patronne », à faire virer le patriarche fondateur, à évincer les historiques et à les remplacer par sa parentèle et des petits jeunes gens à lui. Il s’est emparé de l’appareil du parti sans coup férir. Pour lui, lutte interne et dédiabolisation se confondent… carriérisme, ambitions personnelles et dédiabolisation ne font qu’un. En effet, quel plus sûr moyen de s’emparer du parti que de prôner la dédiabolisation pour virer les diaboliques et faire place nette, pour rester seul à parler à la patronne. Alors oui, ‘’dédiabolisation piège à cons’’ et surtout, dédiabolisation = moyen de s’emparer du parti.

Très gros “piège à cons” en effet, car si au plan électoral le succès apparent était là, et si les scores atteints en pourcentage ont été remarquables, il faut largement nuancer cette lecture et compter en creux tous ceux que cette stratégie a écartés des urnes. Car les scores obtenus l’ont été avec des taux d’abstention record. Et c’est bien là que la stratégie de dédiabolisation a été une catastrophe car elle a éloigné la partie du corps électoral qui attendait qu’on lui parle d’identité, de sécurité, d’immigration, de FRANCE. Comme l’a très justement formulé Alain FINKIELKRAUT, l’identité Française est malheureuse. Un très grand nombre de Français malheureux n’ont pas trouvé dans le discours du Front National une réponse conforme à leurs attentes. Ils sont donc restés chez eux.

Cela s’est nettement vu au second tour de la présidentielle où le score de la candidate a été très en deçà des attentes. Par conséquent, notre analyse est que la stratégie de dédiabolisation de Florian PHILLIPOT, l’occultation des attentes identitaires, sécuritaires, de lutte contre l’Islam et de frein à la submersion migratoire on été une composante majeure de l’abstentionnisme.

Si l’une des clés de cette élection a bien été le “dégagisme” à l’encontre de la classe politique traditionnelle, l’autre a été l’absence de réponse à l’attente identitaire. La stratégie de dédiabolisation de Florian PHILIPPOT a tenu les électeurs éloignés des urnes. Résultat c’est MACRON l’usurpateur qui est président. C’est tragique, mais c’est aussi simple que cela.

D’autre part, contrairement à ce qui est généralement avancé, il ne semble pas que la question de la sortie de l’Europe et de l’Euro soit la cause principale de l’échec. Ces carcans interdisent toute politique différente de celle prônée par la commission de Bruxelles et par l’oligarchie mondialisée. Ne pas en sortir, c’est se condamner à l’impuissance. Les Français sont largement à même de le comprendre. Pour autant ils ont besoin d’un plan de sortie qui les rassure. Or cette démonstration n’a pas été faite. Il semble donc qu’on ne peut pas reprocher à Florian PHILIPPOT d’avoir placé cette question au centre des débats. En revanche, l’erreur a été de ne pas avoir su présenter ce projet, d’avoir tergiversé, d’avoir donné l’impression de flotter et surtout de l’avoir fait porter par une candidate insuffisante et beaucoup trop légère, incapable de soutenir une thèse aussi lourde. À titre de comparaison, malgré son très faible score, un François ASSELINEAU incollable au plan technique, a été beaucoup plus convaincant sur ce sujet largement défendable pour peu qu’on le fasse de manière sérieuse et non dans l’approximation.

La lecture des choses peut être la suivante : la stratégie de dédiabolisation n’a eu d’autre objet que d’éliminer les historiques et de s’emparer de l’appareil du parti. Elle a eu pour résultat d’écarter des urnes une frange importante du corps électoral qui n’a pas trouvé de réponses attendues sur le terrain identitaire. La question de la sortie de l’Euro et de l’Europe n’a pas été portée avec le sérieux et la maturité voulus. À ce point d’imprécision et d’impréparation il aurait mieux valu ne pas l’aborder.

La LIGUE du MIDI hiérarchise ainsi ses prises de position : en tout premier lieu identité, sécurité, lutte contre l’invasion migratoire, lutte contre l’Islam conquérant. Les questions économiques, sociétales ou d’organisation politique ne viennent qu’après. Ceci a été anticipé depuis longtemps grâce à notre lecture de l’Histoire et du temps long en dehors du foisonnement et de l’urgence liés aux élections. L’acuité de ces questions va aller croissant, au point d’occulter toutes les autres.

Pour finir, on s’amusera du tweet que Florian PHILIPPOT a fait partir du restaurant où il se régalait, dernièrement à Strasbourg, d’un bon coucous avec quelques affidés. Voici une possible lecture : s’il veut encore exister, peut-être seul dans le désert, il lui faut conserver un accès aux médias et continuer à causer dans le poste. Pour cela, il lui faut donner des gages et faire le numéro que vont exiger de lui les “montreurs d’ours”. Avec ce tweet, il a donné des gages, il a déjà montré qu’il savait jongler, il va falloir maintenant qu’il apprenne à danser.

La Ligue du Midi voit dans ces épisodes la confirmation de la justesse de ses thèses. Plus que jamais, le combat est celui de l’identité. Elle propose une alternative militante à ceux qui pensent qu’une victoire électorale ne pourra s’obtenir que par une action de fond sur le terrain identitaire en dehors du champ électoral justement.

 

Faites connaitre notre site, partagez !
Une campagne calamiteuse pour les « étrangers du dedans »

Une campagne calamiteuse pour les « étrangers du dedans »

Le billet d’Arnaud Beauregard

        Depuis le verdict des urnes, les sites de ré-information de la « Facho sphère » abondent d’articles, entre ceux qui concourent pour obtenir le « prix Goncourt de la flamme d’honneur du FN » en criant à cors et à cri que leur candidate a été victime d’un complot médiatique pour justifier la défaite, ou ceux qui, avec plus de lucidité et d’humilité, passent au vitriol la campagne du FN en soulevant les points d’incompétence de MLP et d’incohérence du programme présidentiel.

        Certes les vaincus ont toujours tort mais, n’en déplaise à Caroline PARMENTIER, journaliste au quotidien « Présent » et mariniste indéfectible, si Marine LE PEN avait la haute ambition de naviguer à contre-flots pour accéder à la magistrature suprême, la stratégie adoptée au débat de l’entre-deux tours aura entraîné dans son sillage une vague de médiocrité et de désillusion.

        Même si le candidat progressiste de l’oligarchie était soutenu à l’unisson par tous les médias du système, sa piteuse prestation au débat a montré l’incapacité de la candidate de la « France apaisée » à prendre de la hauteur de vue, à s’élever à la dimension d’une future femme d’État. Le constat est sans appel.

        Il ne faut pas « prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages », chère Caroline PARMENTIER, l’égérie de votre quotidien s’est laissée enfermer dans les pièges que lui a tendu Emmanuel MACRON sur le plan économique et les « canards sauvages » ont survolé les bureaux de votes sans s’y arrêter pour déposer le bulletin salvateur !

(suite…)

Faites connaitre notre site, partagez !