Gaulois de la France périphérique

 

Un billet de Martin Moisan

 

 

Nombreux dans le camp des patriotes sont ceux qui redoutent le très gros pépin, celui où la question de sa propre survie et celle de ses proches pourra être mise en jeu. Ils n’ont pas tort, le pire n’est jamais exclu.

Certains parmi les plus inquiets pensent survivalisme dans toutes les nuances de la gamme, depuis le simple stockage de provisions jusqu’aux solutions extrêmes sous une bâche au fond d’un bois. Toutes les options existent et souvent les plus fumeuses et les moins pratiques. Attention donc aux théories qu’on peut voir un peu partout sur internet, pensez simple, ne vous encombrez pas de plans totalement irréalistes et irréalisables pour la plupart d’entre nous.

Pensez voisins, pensez proximité, et débrouillardise à la française. Et surtout n’ayez peur de rien, les français de la France périphérique se sont retrouvés plus solides et plus forts que jamais.

En effet, à l’occasion de cet épisode des gilets jaunes, on a vu surgir sur les rond points une fraternité, une solidarité, un soin d’autrui, une extraordinaire résilience ainsi que de vieux réflexes gaulois et une force collective qui me paraissent être la meilleure garantie. Feux de bois, grillades, cabanes spontanées, lieux de vie organisés en extérieur avec des moyens simples, veille permanente, relais entre les équipes, organisation spontanée, sans ordre ni leader. Jamais de fâcheries, chacun à sa place et tous solidaires. Ce sont les conditions premières de la vraie force collective en cas de coup vraiment dur. C’est sûr, nous les avons, nous nous le sommes prouvé.

Ainsi, j’ai participé et vu de mes yeux vu un soir de cet hiver des inconnus s’organiser spontanément pour reprendre par surprise le péage de Muret. Manœuvre de nuit, impeccable comme si elle avait été « drillée » à l’entrainement. Incroyable mais vrai : des civils sans entrainement peuvent manœuvrer à la perfection.

Cela a commencé par une réunion préparatoire secrète sur un parking et par le repérage des voies d’accès à travers champs. Ensuite, par le bouche-à-oreille, nous nous retrouvions, une centaine, à l’heure dite, en rase campagne à quelques encablures de notre objectif. Des hommes, des femmes, des jeunes, des plus âgés, des ruraux, des rurbains, des étudiants, des chômeurs, des artisans, des retraités, des employés, des cadres, bref, la France périphérique en colère, tenue commando et chaussures de crapahute de rigueur.

Et voilà que tous ensemble, tels une troupe aguerrie nous nous dirigions en colonne, en silence et sans lumière à travers les hautes herbes humides, la boue et les fossés vers notre objectif. Grande solidarité au moment des passages délicats, les plus agiles aidant les moins mobiles à franchir les obstacles, grillages, murs, fossés profonds et levées de terre abruptes.

Arrivés au dernier grillage, nous nous tassions dans l’ombre et dans le plus grand silence.

D’un bond et comme un seul homme nous franchissions le dernier obstacle, puis ce fut le rush. En moins d’une minute nous avions investi les deux côtés de l’autoroute, en moins de 5 minutes nous avions approvisionné les gros plots rouges et blancs prélevés sur le stock de VINCI pour fermer et baliser le passage, levé les barrières et repris possession de l’ouvrage, les femmes encore plus vaillantes que les hommes.

Chers amis, si un jour ça tourne vraiment mal, mieux vaudra s’organiser entre voisins, par quartiers, par points de rassemblement de proximité, de manière spontanée. Mieux vaudra mutualiser et mettre en commun les ressources que penser s’en sortir seul.

L’incroyable inventivité des gens simples, la pléthore de moyens divers et variés dont disposent les populations rustiques de la France périphérique, remorques, fourgons, véhicules adaptés, matériel et outillage divers et même engins lourds et matériel professionnel, tout ça vaut bien mieux que tout ce qui est prescrit dans les manuels et blogs survivalistes.

Nous avons déjà à profusion tout ce qu’il faut et même ce dont il ne faut surtout pas parler. Nous avons déjà tous les moyens nécessaires et surtout, notre meilleure garantie, c’est nous, les Gaulois réfractaires de la France profonde avec nos qualités qui n’ont pas disparu.

À l’occasion de l’épisode des Gilets jaunes nous sommes reconnus sur les rond points et dans la profondeur du territoire et nous nous sommes rendu compte que nous étions beaucoup plus forts que certains le pensent.

 

Voilà la très bonne nouvelle : les français rustiques, les simples, les gueux ont retrouvé toutes leurs dents. La France périphérique n’est pas battue, elle est encore très forte et ses ressources sont immenses.

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