Jean-Marc Borello

 

D’après Minurne

 

 

Parmi la racaille, dont le président s’est entouré, figure un individu au passé glauque2 et au présent sulfureux : le délégué national « d’En-Marche », Jean-Marc Borello, dont Wikipédia dit que « [en 2017], il n’a pas souhaité rejoindre le gouvernement ». On le comprend. Pour éviter un conflit d’intérêts, il aurait dû s’éloigner de ses juteuses affaires à base d’argent public français et européen. Mais il était quand même sur la photo de famille, et à droite du président !

 

 

Borello, un homme de gouvernements

 

Il vient de loin l’aixois sexagénaire. Sans diplôme, il trouve à vingt ans son premier emploi : éducateur dans un centre spécialisé pour jeunes délinquants. Il s’y fait apprécier et mène un projet de Centre éducatif expérimental fermé. Jeune socialiste, il entre en 1981 au cabinet de Gaston Deferre à Marseille et, comme Benalla, comprend vite qu’être membre d’un cabinet peut devenir le pactole si l’on sait bien analyser et mettre en œuvre toutes les possibilités d’enrichissement rapide qui s’y présentent. D’autant qu’il passe en 1984 au Cabinet de Laurent Fabius, alors Premier ministre, sous la coupe de Gilbert Trigano, Délégué chargé des nouvelles formations.

Auparavant, en 1982, il avait été nommé à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Il s’y est fait des relations d’un côté comme de l’autre de la barrière. En 1984, et bien qu’il soit « en même temps » chez Fabius, comme c’est un pilier de boîtes de nuit, il crée avec Régine l’association SOS Drogue International, avec laquelle il ouvre des centres d’aide aux usagers de drogues. Régine lui confie « en même temps » la direction de son groupe hôtelier « Carré ». C’est ce qui lui vaudra son premier ennui judiciaire, le jour où l’un des clients de l’hôtel Palace du groupe Carré sera arrêté avec de l’ecstasy que lui avait vendu Borello. Six mois avec sursis3. Ce n’était que de l’ecstasy et… monsieur avait des appuis puissants au gouvernement.

« En même temps », et vous comprenez qu’un homme d’affaires aussi « en même temps » ait séduit Macron, SOS Drogue avait absorbé une foule d’associations aux activités diverses, toutes vivant de dons et surtout de subventions, ce qui est plus facile quand ledit homme d’affaires est « en même temps » dans le cabinet du Premier ministre. Et là, cet homme a du génie, il passe discrètement du statut d’association à celui d’entreprise privée en créant le Groupe SOS qui, n’ayant pas d’actionnaire, ne distribue pas de dividendes, mais est gouverné par un directoire sous l’autorité de Borello. Et petit à petit il peaufine sa petite entreprise en rachetant des crèches, des hôpitaux privés, des centres d’accueil, etc., pour lesquels il obtient des subventions de remise en état de fonctionnement, et bien d’autres4.

 

 

L’homme de l’assistance aux ministres incompétents

 

Il y adjoint un bureau d’études qui vend à prix d’or des rapports aux ministères. Ils proposent des solutions « sociales » au traitement de tous les problèmes, solutions qui aboutissent toujours à des retombées d’argent public au profit exclusif des associations et organismes du Groupe SOS. Comme il est intelligent, il diversifie sa clientèle en accueillant dans certains de ses établissements, cliniques ou maisons de retraite, des clients « privés » qui eux font rentrer des remboursements Sécurité Sociale et mutuelles qui permettent à Borello d’affirmer qu’il ne s’enrichit pas « que » d’argent public. Ce qui est exact, le rapport est approximativement de 20% privé / 80% public (source : Libération). Et comme tout se passe dans le secteur social, Jean-Marc Borello acquiert la réputation d’être un bienfaiteur de l’humanité.

Tiens ! Un bon exemple : il a eu l’idée de proposer le transfert des migrants de la Jungle de Calais dans de petits villages de province. Et moyennant un forfait par tête de migrant, ceux-ci sont accueillis dans des centres de loisirs, des maisons de retraite, des hôtels, des crèches parfois, qui sont tous… propriétés du Groupe SOS.

 

« Groupe SOS » : un groupe privé à croissance exponentielle

 

Le système Borello fonctionne admirablement bien. « En 2009, le Groupe SOS comprenait 10 associations et 11 entreprises pour un chiffre d’affaires de 155 millions d’euros avec 2.200 salariés. La structure ne se contentait plus de croître, elle avalait désormais les autres. Elle commença à racheter les associations en difficulté et les entreprises des secteurs qu’elle convoitait, tant dans le domaine social que de la santé, de l’hébergement ou de la petite enfance. En moins de 10 ans, le groupe a ainsi multiplié par 7 son chiffre d’affaires et par 8 son nombre d’employés et a avalé un grand nombre des associations et structures préexistantes » (Media-Presse Info). En 2016 il avait 12.000 salariés (dont une majorité de travailleurs sociaux) et un chiffre d’affaires de 850 millions d’euros.

Cela est rendu possible par la mauvaise gestion de l’État qui, ne sachant comment financer le système social français (l’un des plus coûteux du monde) a pris l’habitude de déléguer à des entreprises privées. Le Groupe SOS est la plus importante de France. « La branche SOS Solidarités, du Groupe SOS, est propriétaire de dizaines d’établissements, d’hôpitaux, d’EHPAD, de SSIAD, de maisons médicalisées, de centres de puériculture. Ils ont touché des aides et subventions pour construire leurs structures, les conseils régionaux et généraux dotent les maisons de retraites et les centres médicalisés avec de l’argent public… via la Sécurité Sociale et les différentes aides, comme la Caisse Primaire d’Assurances Maladie (CPAM) ou encore la Caisse des Allocations Familiale (CAF) »(Media-Presse Info). La filiale de SOS « Alterna », qui gère leur gigantesque parc immobilier, le fait « en collaboration avec les services de l’État et la Caisse des Dépôts et Consignations ». Encore et toujours une part d’argent public. Et comme dans le privé, les différentes branches ou filiales de SOS font remonter à la maison mère (le Groupe SOS) une marge dont on espère qu’elle est fiscalisée.

 

Après la France, il s’attaque à l’Europe

 

La santé, la jeunesse et les actions sociales représentant 10% du PIB de la France, les perspectives de croissances sont illimitées pour le Groupe SOS. Surtout qu’il vient de trouver des nouvelles filières internationales, dans le commerce équitable, les centres de détention pour mineurs, les prisons et la filière européenne ! Une des nombreuses associations humanitaires de SOS, « TAMA », qui aide à la réinsertion de mineurs délinquants à Mayotte, se félicite sur sa plaquette promotionnelle « d’une prise de risque importante en émargeant pour la première fois sur des Fonds Sociaux Européens pour créer une Structure d’Insertion par l’Activité Économique ». En quoi encaisser des fonds européens seraient-ils une prise de risque ? Le budget des FSE est d’environ 16 milliards d’euros.

Pour mieux connaître Groupe SOS, il y a son magazine : « Respects Magazine », carrément un journal de propagande, pro-migrant, pro-féminisme, pro-théorie du genre, pro-islam-en-France, pro-LGBT, pro-métissage, pro-laïcité, etc. Bref, tout ce qui peut rapporter gros si l’on sait s’y prendre.

Il y a aussi ses rapports, celui remis à Mme Delaunay, « ministre des vieux » en 2013 mérite d’être lu. Ce rapport porte sur « le vieillissement des personnes LGBT et/ou atteintes du VIH ». (Les autres on s’en fout.) On aimerait savoir combien il a touché pour ce rapport hallucinant d’une soixantaine de pages. Dans les vingt-trois propositions faites au ministre, on trouve : « Développer la connaissance des LGBT-phobies auprès des personnes âgées » ou bien « Permettre le mariage posthume de certains couples [homos] sous certaines conditions afin de leur offrir un droit à des ressources dont ils ont été privés du fait de l’inégalité du mariage jusqu’en 2013 [loi mariage pour tous] ».

 

Borello, un homme d’affaires de tous les gouvernements

 

Bon… On peut prendre en considération le fait que Jean-Marc Borello rend service au Président5, au gouvernement et aux organismes sociaux en gérant ce que leurs fonctionnaires ne savent pas faire. En fait, il compense l’incompétence des ministres du travail et de la santé. Il est normal que ce bourreau de travail y trouve une rémunération confortable !

Ce qui est gênant, c’est qu’il est « en même temps » au sein des structures gouvernementales à des emplacements variables pour des conseils qu’il ne facture pas (à l’exception des études et rapports). N’y aurait-il pas un petit délit d’initié, là ? Il est par exemple actuellement très proche de la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Mais comment prouver que leurs conversations ne sont pas seulement amicales et que les conseils donnés valent au président de SOS quelques retours d’ascenseur ? On le constate, mais constater que conseils et rapports sont très souvent suivis de retombées financières pour le Groupe SOS n’est pas suffisant.

 

Si le Parquet Financier veut se saisir du problème, il aura du pain sur la planche ! Mais osera-t-il enquêter sur les revenus du Délégué national de LREM et ami du président ?

 

 

Notes :

(1) Selon le magazine « Le Point » du 02/03/17 il a été professeur de Macron en 2001 à Sciences-Po-Paris, poste qu’il a occupé de 1998 à 2003

(2) Ancien administrateur des Tournelles (institut de protection de l’enfance par la « théorie du luxe » situé à Maux dans l’Oise), Borello a témoigné en faveur de Robert Mégel (directeur) lors des différents procès ;  Mégel fut condamné en appel à 12 ans ferme pour viols et attouchements sur mineurs ; ce dernier était, à 25  ans, « contrôleur des Centres, en charge des mineurs pour la direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) »

(3) Borello a été condamné en appel en 1999 pour « facilitation de l’usage illicite de stupéfiants », voire « trafic » car sa « tolérance à la présence de dealers » était une « stratégie commerciale »

(4) Selon Faits et Documents, « SOS » a aussi touché de gros contrats pour la mise en place de programmes de « dé-radicalisation »

(5) Borello serait un « célibataire endurci »… Un éducateur du Centre des Tournelles, indique à propos de « parties fines » : « Je me rappelle, de Borello, la première fois que je l’ai rencontré chez Mégel, il m’a déboutonné trois boutons de ma chemise, pour voir ce qu’il y avait dessous ».

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