juil 21

Nouveau livre de Richard Roudier sur la réforme territoriale

«Monsieur le Président, un gouvernement doit toujours avoir une méthode visible à chacun et celle-ci ne doit jamais paraître de son invention, sinon…

…sinon, il laissera infailliblement la place aux soupçons d’arbitraire ou d’arrangements louches. Ainsi, tout découpage territorial sera forcément suspect s’il n’obéit pas à une méthode vérifiable par tous, y compris jusqu’aux enfants des classes primaires… L’évidence est la vertu d’un découpage territorial ; l’obscurité est son crime, ne le savez-vous pas ?»
Contre la région découpée par F.Hollande au mépris de l’Histoire et de la Géographie, Richard Roudier propose un découpage identitaire selon les anciennes aires linguistiques mais corrigé par des aspects fonctionnels…

Richard Roudier – Lettre Ouverte au Président à propos de la réforme des régions, réponse au bazar anti-identitaire – 12€+ 3€ de frais de port – 125 pages

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juil 20

Millau : l’Aveyron orange mécanique?

Qui ne connait pas Millau? Sous-préfecture de l’Aveyron, capitale du Rouergue, avec ses causses à perte de vue, son marathon annuel, ses spots d’envol de parapente, ses caves de roquefort et son désormais mondialement célèbre viaduc franchissant majestueusement la vallée…

Malheureusement et bien que située loin des grands centres urbains, Millau semble frappée de folie meurtrière et prise en otage par de véritables gangs armés qui font régner la terreur dès la nuit tombée. En 2010 c’était une rixe avec une bande de 18 maghrébins qui avait couté la vie à un jeune antillais, l’an dernier un drogué en crise poignardait à mort la jeune Aude de 14 ans. C’est hier qu’un nouveau « fait divers » est venu entacher l’image de Millau et de tous ses habitants. Trois rugbymen internationaux de l’ASM Clermont-Auvergne de passage dans la ville ont subi une agression d’une extrême violence à coups de machettes et de sabres de la part d’une dizaine de racailles locales.

Cette situation ne peut plus durer et ce ne sont pas les gesticulations de Mr Valls qui changeront quoi que ce soit. La sécurité des citoyens doit être la priorité car à quoi bon avoir un emploi ou acheter une maison si la racaille fait régner sa loi? Espérons que le fait que les victimes soient des sportifs connus, fasse ouvrir les yeux sur le quotidien de la majorité des français…

La Ligue du Midi apporte tous ses vœux de rétablissement aux 3 internationaux et exige de la préfecture des mesures fortes pour éradiquer la délinquance millavoise.

juil 07

Bourquin, discret sur le taux record de pauvreté de la Région

Mauvaise pioche pour Christian Bourquin, le président de la région Languedoc-Roussillon qui déclarait il y a peu au sujet de la réforme territoriale : »Je ne suis pas contre une réforme. C’est ma terre que je défends. La France a besoin du Sud. De nous (bla-bla-bla… Ndlr). Je dis que lorsque l’on commence à réussir, on ne casse pas 35 ans d’efforts (…). On est passé de la 22ème région à la 9ème en dix ans (…) affirme t-il dans un entretien publié récemment dans le quotidien Midi libre. Il en profitait également pour accuser le maire de Montpellier, le Divers gauche Philippe Saurel, favorable au projet du rapprochement avec Midi-Pyrénées, de sacrifier la ville. Mais, de quel classement voulait il parler? en tout cas pas celui du taux de richesse par habitant.

En effet, le mercredi 2 juillet, l’INSEE publiait une étude reprise par la revue « Challenges » dans laquelle il apparaissait que le taux de pauvreté, c’est à dire la part des Français dont les revenus sont inférieurs à 60% du niveau de vie médian, atteint son niveau le plus haut en 14 ans, à savoir 14,7%. Ce chiffre est en hausse continu depuis 2008. Il faut savoir que 8,7 millions de Français touchent ainsi moins de 977 euros par mois. Les régions les plus affectées par la pauvreté sont la Corse, le Nord-Pas-de-Calais et … le Languedoc-Roussillon où le taux de pauvreté avoisine les 20% c’est à dire 50 % de plus que la moyenne nationale. Un chiffre que Christian Bourquin se gardera bien de commenter, on s’en doute…

Car lorsque notre président de région se réjouit des bons chiffres du Languedoc-Roussillon, il ne peut s’agir que de la croissance démographique -tous les autres indicateurs étant catastrophiques- qui n’est que la conséquence de l’ensoleillement, des bains de mer et du farniente et en aucun cas celle de la qualité de gestionnaire de notre édile régional.

Christian Bourquin, président de région

juil 07

Le 68ème Festival d’Avignon a commencé vendredi

Fondé en 1947 par Jean Vilar, le Festival d’Avignon est aujourd’hui l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain. Chaque année, en juillet, Avignon devient une ville-théâtre, transformant son patrimoine architectural en divers lieux de représentation, majestueux ou étonnants, accueillant des dizaines de milliers d’amoureux du théâtre de toutes les générations (plus de 130 000 entrées).

Le meilleur y côtoie le pire et dans le pire c’est vers Môsieur Olivier Py, son directeur, qu’il faudra se tourner. Souvenez-vous, c’est lui qui ne voyait « pas comment l’évènement culturel pourrait vivre, défendre ses idées, avec une mairie Front national » !

« Je voulais un festival politique, ouvert à la parole politique Nous y sommes: je suis d’accord avec ces membres du festival lorsqu’ils soulignent qu’il ne s’agit pas d’un combat corporatiste. Le festival d’Avignon aura bien lieu. Nous voulons qu’il ait lieu, (allusion à la grève des intermittents du spectacle) et que le public soit accueilli. Mais dans les bibles remises aux spectateurs, nous avons intégré le carré rouge.» et d’ajouter dans la très grande partialité qu’on lui connait: « Je dis à titre personnel qu’Aurélie Filippetti n’est pas responsable de l’accord du 22 mars. Et il me semble que l’on n’est pas assez attentif à ce qu’a dit Manuel Valls sur le maintien des budgets du spectacle vivant et de la culture en général. C’est très important cette sanctuarisation. »

Mais ne nous y trompons pas, le festival d’Avignon appartient aux Avignonnais et non pas à cette masse de bobos qui quittent leur tour d’ivoire une fois l’an pour aller répandre leurs in-culture avec condescendance dans leur résidence d’été provençale –500.000 € le pied à terre… Olivier Py d’ailleurs reconnait que le pourcentage de jeunes spectateurs est seulement de 16%…

L’allégeance de ce parachuté envers le pouvoir étant sans faille, c’est donc en sa qualité de fayot de premier ordre, que nous vous invitons à boycotter sa comédie (pour ne pas dire son caprice) : en 2013, le Théâtre National de Grèce invitait Olivier Py à mettre en scène la dernière pièce de Yannis Mavritsakis : Vitrioli dans laquelle il exhorte la venue d’un monde nouveau et obscur qui doit correspondre à une nouvelle éthique… Tout un programme… Beurk !!

juil 03

Richard Roudier revient sur le Grand succès de la fête de la Ligue du Midi

“J’aimerai revenir sur la fête annuelle de la Ligue du Midi qui s’est tenue le week-end du 21 et 22 juin. Militants et sympathisants se sont retrouvés dans les Cévennes après une année militante riche en événements. Résolument tourné vers les combats de demain, ce week-end de cohésion fût surtout une occasion de formation au travers d’une série d’ateliers et de conférences sur des thématiques aussi diverses que variées, comprenant à la fois formation intellectuelle et mise en pratique des techniques militantes.

Les travaux commencèrent donc le samedi matin par un premier atelier sur les « réseaux sociaux » et la communication 2.0 en politique. Animée par Antoine Carceller, cette formation avait pour but de montrer comment il était possible d’avoir recours aux outils du quotidien de la vie privée pour en faire de véritables moyens de communication politique. Le deuxième atelier, préparé par Ludovic Garoute, jeune cadre identitaire, porta sur le graphisme ou l’art de mettre l’esthétisme au service de la cause. Véritable formation pratique, cet atelier avait pour but la création d’une banderole et l’ensemble du processus qui va de la conception sur ordinateur jusqu’au au pinceau et à la couleur.

 

Le samedi après-midi fut consacré à des activités plus ludiques avec notamment une randonnée dans la forêt cévenole. Quoi de mieux pour renforcer la cohésion que de mélanger effort physique, notion d’orientation, lecture de carte IGN et redécouverte de sa terre. Une après-midi qui aura entraînée des rencontres inattendues voire cocasses mais toujours chaleureuses (messieurs les gendarmes, bien le bonjour !).

 

Le samedi soir me fournit l’opportunité d’une prise de parole autour d’un buffet riche en produits du terroir. Ce fut l’occasion, puisque ma voix retrouvée parvenait à couvrir le chant d’une cascade, de rappeler les récents engagements des militants identitaires du Languedoc et de présenter les grandes lignes des combats à venir. Cet apéro-repas se conclut par quelques chants dans une ambiance de franche camaraderie. Une fois la nuit tombée, une cinquantaine de participants se retrouvèrent autour d’un majestueux bûcher –type Vosges- pour une émouvante veillée, occasion d’un dernier hommage à notre camarade Jean-Jacques Prost, décédé il y a quelques semaines. Je rappelai les qualités du disparu, au premiers rang desquelles  la bonne humeur, le courage et la disponibilité.

 

La journée du dimanche débuta par une action d’agit-prop de soutien aux habitants de Saint-Julien-de-la-Nef, qui protestaient contre la « rénovation » ratée par la DDE du pont du village qui n’était absolument pas nécessaire et qui s’est révélée très dommageable pour le patrimoine rural. C’est pour cela que militants de la Ligue et habitants du village avaient décidé de barrer symboliquement le pont à la circulation pendant une demi-heure et de recouvrir de polyane noir la rambarde tant décriée faite de moellons industriels jaunâtres.

 

Cet exemple concret d’un militantisme local et enraciné fut une entrée en matière parfaite pour la conférence qui devait suivre. Animée par Cyril Teissier, cette dernière portait sur le localisme où comment créer des alternatives pratiques et réalistes face à la menace mortelle de la grande distribution. La matinée se terminait par une causerie magistrale d’Erick Cavaglia sur la construction européenne, du grand rêve européen à la déchéance de l’Europe de Bruxelles.

Après un copieux repas à base d’une anchoïade du tonnerre de Dieu et de cochonnailles arrosées de Côtes du Rhône, parachevé par une courte sieste sous des pins multi-séculaires, l’après-midi me donna l’occasion de présenter la riposte au bazar anti-identitaire de la réforme territoriale qui va faire l’objet d’un livre à paraître avant le 14 juillet. Face à une réforme nationale, sans queue ni tête, sans aucune logique  sinon celle de conforter les positions de certains caciques socialistes, j’estimai qu’il était  nécessaire d’apporter une réponse concrète et alternative reposant sur des réalités historiques et humaines, en un mot identitaires. Je déclarai solennellement notre adhésion à la création d’une région Grand Languedoc, de Beaucaire à Montauban qui, même si elle n’est pas parfaite à la marge, représente une avancée considérable pour nos idées.

En fin d’après-midi, Antoine Carceller, au cours d’un débat qui permettait à chacun de s’exprimer, rappelait les activités qui avaient marqué les dix derniers mois et revenait sur les combats nationaux auxquels les militants de la Ligue du Midi avaient participé activement que ce soit pour la défense de la famille avec La Manif Pour Tous ou dans la lutte contre la politique du gouvernement au sein du Collectif Jour de Colère avec la manifestation nationale du 26 janvier à Paris ou encore la manifestation régionale du 6 avril à Montpellier où à l’appel de laLigue du Midi, plus de deux cents cinquante identitaires et patriotes s’étaient retrouvés.

 

La journée fut conclue par Olivier Roudier qui présenta les grands axes des combats à venir sur le plan régional et national et en particulier l’extension du champ d’action géographique de la Ligue du Midi en Provence et dans la région toulousaine. « Alors que le pays s’enfonce un peu plus chaque jour, déclarait Olivier, il est désormais temps d’avoir une stratégie globale sur le long terme pour mettre à terre ce système qui ne dissimule plus son ambition de détruire notre identité” . Olivier se félicitait enfin de la forte affluence cette année-ci, évaluée à une centaine de personnes sur deux jours et de l’enthousiasme des participants quant à la qualité des interventions, le tout accompagné de nombreuses adhésions et de propositions de collaboration. Il donna enfin rendez-vous à tous les sympathisants de la Ligue, le mardi 8 juillet, pour notre comparution en Cour d’Appel, avec Josiane Filio responsable de Riposte Laïque, et la présence de Pierre Cassen dans l’affaire du Préfet Boucault.

juin 28

Vite ! Un livre d’histoire pour « les nuls » à Christian Bourquin

Décidément, la région Languedoc-Roussillon a un drôle de défenseur en la personne du président socialiste de région Christian Bourquin. Celui-ci n’a pas hésité à prendre ouvertement position contre la fusion de la région Languedoc-Roussillon avec  Midi-Pyrénées telle que prévue par la nouvelle réforme territoriale. Après avoir fait déployer une banderole géante sur l’hôtel de région de Montpellier, Bourquin entre désormais en « résistance » contre « l’impérialisme » toulousain pour sauver « sa » région mais surtout son budget et sa gamelle quitte à faire oublier que cette fusion, a le mérite de reposer sur des bases identitaires solides, celles du Grand Languedoc qui, bien que n’étant pas parfaites, méritent notre attention.  

Cette agitation autour d’une question sur laquelle il n’a pas beaucoup d’idées n’est visiblement qu’un rideau de fumée monté par ses communicants.  Surtout quand on sait que notre « cher » président vient d’être condamné définitivement à deux mois de prisons … avec sursis (faut pas exagérer quand même) pour délit de favoritisme pour des faits qui remontent à 1999 lorsqu’il était président du Conseil général des Pyrénées Orientales. Avec ses petites économies, Christian Bourquin ferait bien de s’acheter “l’Histoire du Languedoc”, lui qui prétend que la Grande région serait contraire à l’histoire, il y verrait que le Languedoc de Beaucaire à Montauban, a connu plusieurs siècles de gloire et de prospérité sous le règne des Raymond au 11,12 et 13ème siècle et a perduré sous la forme des Etats du Languedoc…

En défendant sa  « petite région », Bourquin cherche ni plus ni moins qu’à préserver ses intérêts et ceux de ses amis douillettement pourvus. Véritable adepte du copinage et du favoritisme, notre « bon président » est d’avantage connu pour ses affaires judiciaires que pour sa culture. Ainsi il a acquis un beau palmarès qui ne cesse de s’étoffer. Condamné à 5 000 € d’amende en 2010 pour une affaire de complicité de délit de faux et minoration de comptes de campagne, deux ans plus tard il est poursuivi pour recel et délit de favoritisme. Enfin en 2013, la Cour Régionales des Comptes a épinglé la région pour l’utilisation de fonds anormalement élevés notamment pour un voyage en Chine à plus de 100 000 €, pour l’achat de vins pour un montant de 130 000 € et pour 30 000 € de fournitures de lit. On comprend mieux pourquoi les impôts locaux sont si élevés dans notre région.

Il faut ajouter enfin que notre grand résistant est originaire de Catalogne nord, terre qu’il a complètement abandonnée depuis que « monsieur » est monté à la capitale régionale (Montpellier) dont il a pris la présidence sur le tapis vert ayant bénéficié du décès du regretté Georges Frèche. D’ailleurs, petite question, monsieur le président, vous qui voulez préserver l’indépendance du Languedoc-Roussillon de peur qu’elle devienne une périphérie de la nouvelle grande région, que pensez- vous de la situation actuelle de la Catalogne-Nord, complètement isolée tant sur le plan économique, géographique que culturel ? Perpignan ne devrait-elle pas acquérir une certaine autonomie vis à vis de Montpellier ? Ah non, c’est vrai, une telle situation réduirait votre budget…

Le Languedoc au Moyen-Âge :  “contraire à l’histoire” selon Christian Bourquin

juin 26

Colère des Nagassols contre les caracalhas : la Ligue du Midi est présente au milieu des villageois

Depuis lundi les habitants d’ Aguessac en Aveyron sont en colère suite a l’envahissement de leur terrain de foot, par les gens du voyage (tendance évangélistes). Plusieurs centaines de caravanes ont, en effet, envahi, sans autorisation ni demande, le terrain de sport qui permet habituellement aux jeunes et moins jeunes de pratiquer leurs activités favorites. Les forces de police et de gendarmerie que compte la raie-publique n’ont pas servi à grand chose; les préfets préfèrent les envoyer molester les bonnets rouge ou les paysans en colère, ou encore faire de la répression tatillonne sur les routes pour remplir les poches de l’état. Quoi qu’il en soit, cette fois-ci, les villageois en colère ont pris leur courage à deux mains et ont bloqué avec tracteurs et véhicules particuliers l’A75 puis les abords de la sous-préfecture de Millau ou depuis lundi soir ils campent jour et nuit, pour faire valoir leurs droits, et manifester leur désarroi, dans l’attente qu’un élu de cette soit disant République leur donne une réponse.  » Un stade pour les gens d’ici et non pour les évangélistes  » hurlaient les manifestants devant la préfecture avant d’entonner la Marseillaise et de crier des slogans autant hostiles que politiquement incorrects à l’’encontre des “caracalhas”.

Se rendant sur les lieux, des responsables de la Ligue du Midi ont prit contact avec les manifestants malgré les menaces et tentatives d’ intimidations des antifas locaux jamais en retard d’une trahison. Nos camarades ont ainsi pu aller à la rencontre de leurs compatriotes, ceux qui par leur travail font la richesse de notre pays: agriculteurs, commerçants, artisans, ces femmes et ces hommes qui valorisent le paysage d’Aguessac par leur travail et non par la violence et le saccage comme le font les “prédateurs du voyage”. Dans la voix de ces hommes on sentait de la consternation et un grand désarroi devant l’attitude pour le moins réservée des élus locaux.

La Ligue du Midi entend soutenir la populations par tous les moyens, y compris légaux. Il faut dénoncer les complices de ces actes de vandalismes pour lesquels il n’y a jamais de condamnations, alors que les petits blancs doivent toujours payer et sur-payer… La solution est simple: que le préfet retienne les voitures rutilantes de ces envahisseurs pour faire payer leurs déprédations. Notre devoir en tant qu’Identitaires est de défendre les nôtres face a toutes les agressions extérieures. Nous demandons dans un premier temps aux élus de rappeler au préfet où est son devoir. Quant à nous, nous appelons tous les identitaires et patriotes de France à signifier leur soutien aux villageois et paysans par un appel téléphonique ou un mail à la sous préfecture de Millau.

 

Tél sous-préfecture: 05.65.61.17.00
e-mail: sousprefecturemillau@aveyron.gouv.fr

 

juin 05

Lettre ouverte de Richard Roudier à François Hollande

Lettre ouverte de Richard Roudier au Président de la République sur la réduction du nombre de régions
« ou le bazar anti-identitaire de la réforme territoriale »

Monsieur le Président,

Avant toute chose, il faudrait que je sache pourquoi vous vous êtes lancé dans cette réforme que personne ne vous demandait, à part les milieux d’affaires qui s’en sont emparés comme d’une marotte exigeante. En effet, il y a belle lurette que l’on n’entend plus guère les régionalistes dans ce pays –à part les Bonnets Rouges-. Le grand souffle du Larzac s’est épuisé. Il y a aussi très longtemps que l’on sait que les institutions républicaines sont devenues coûteuse, pléthoriques, dépensières, concentrées sur leur promotion et la survie de leur personnel politique.

Alors, Monsieur le Président, pourquoi vous risquez-vous sur un terrain que vous connaissez si mal ? Avez-vous tant besoin que cela d’ennemis et d’adversaires farouches, avez-vous la nostalgie des manifestations que vous vous appliquiez à réprimer l’année dernière avec une énergie féroce ?

Aussi, permettez-moi de vous donner le conseil de vous appuyer sur ce qu’il y reste de vrais régionalistes en France qui, tous, souhaitent des régions plus grandes et la fin des départements… Souffrez alors que je vous aide et que je vous avertisse de certaines choses…

L’insurrection de TOUS les élus locaux socialistes contre vous sera totale. Passé le premier moment de surprise et de désaccord rentré, celui-ci s’exprimera : il a d’ailleurs commencé dans mon Languedoc où André Vézinhet, le président du Conseil général de l’Hérault –main dans la main avec Robert Ménard- a déjà convoqué des manifestations ouvertes «pour le département et le maintien de la région Languedoc-Roussillon». Ces manifestations organisées avec l’argent public, les services de comm’ et le personnel des collectivités territoriales concernées ne fera guère illusion, mais quand même, cela fait du monde et du battage… et vous aurez à le payer un jour… un jour de primaire socialiste par exemple…

Vous semblez avoir choisi votre formule. Ainsi que nous pouvions nous y attendre, elle est mal née et malade. C’est une sous-solution. Évidemment cette réforme ne s’attaque qu’aux petites régions actuelles en les obligeant à se coupler de façon obscène et parfaitement contre-nature. C’est la solution jacobine, anti-identitaire, sans imagination…Un peu d’histoire n’a jamais fait de mal à personne : en 1789 les révolutionnaires voulant éradiquer les coutumes, les langues vernaculaires et les patois décident de supprimer toutes les références aux provinces. Ils recouvrent la carte de France d’un papier calque et tracent un damier de 9 cases en « abscisse » et de 9 cases en « ordonnée », ce qui nous donne, en multipliant 9 par 9, les 81 départements d’origine mesurant chacun 18 lieues sur 18…astucieux n’est-ce pas ? Puisqu’il fallait choisir une formule basique pour reformuler les régions, vous avez opté pour la règle 1+1=1. Pas très fut-fut, mais vous vous êtes dit que ça ne fatiguerait pas les méninges de vos concitoyens…voire ! Mais quant à choisir une règle, Monsieur le Président, il convient de s’y tenir…la suite va monter que l’arithmétique, en Hollandie, ne fait pas bon ménage avec les menus arrangements entre amis : 3 régions (plus Ile de France) doivent rester célibataires, une autre, devant faire ménage à trois.

Dans ce découpage, le plateau de Langres se découvre un accès à la mer à Berck-Plage par la grâce d’une fusion entre Champagne et Picardie à laquelle personne n’avait jamais pensé, la chaîne des Puy auvergnate fera sa jonction avec les Alpes et le Limousin occitan pourra désormais revendiquer les châteaux de la Loire…les Bretons ne récupèrent toujours pas la Loire Atlantique… Quant aux Alsaciens ils sont désormais inféodés à la Lorraine plus peuplée sous le prétexte que le mot «Alsace-Lorraine» fut utilisé par l’administration du kaiser. Votre réforme déstructure l’ensemble occitan qui, je vous le rappelle, dans son opposition langue d’Oc/langue d’Oïl structure la France depuis 1000 ans. Ainsi, au lieu de rattacher à l’Aquitaine les deux Charentes, vous conservez bien au chaud pour Mme Royal (vous connaissez ?) le plus important « fief de France ». Dans la même veine vous poussez l’Auvergne des bougnats vers Lyon qui n’en a rien à faire et vous ratez l’occasion de réaliser l’union des montagnols de Limoges à Mende en passant par Clermont-Ferrand. Vous aurez quand même réussi, Monsieur le Président à effacer, en ce jour du 2 juin, la limite entre pays de droit écrit et pays de droit oral. Naturellement, Pays de Loire, la région déjà la plus improbable d’avant la réforme est conservée… Le pays de Sens, à moins de cent kilomètres de Paris, désormais en région Champagne-Picardie, fera destin commun avec les stations de ski de fond du Jura, à la frontière suisse… Dans cette affaire vous aurez au moins réussi à faire plaisir à vos amis Jean Yves le Drian (Bretagne), Alain Rousset (Aquitaine), Jacques Auxiette (Pays de Loire), ce qui est tout à votre honneur puisque l’amitié c’est sacré ! Vous n’aurez pas oublié en tous cas une « petite » manœuvre politicienne puisque vous éviterez peut être dans le nord grâce à vos rafistolages qu’une région ne puisse tomber prochainement entre les mains de « Bleu-Marine ». On aurait aimé, par contre et enfin que vous détachiez de Paris les départements de la grande couronne ce qui aurait permis de désengorger la capitale de la France et de rééquilibrer quelque peu le PIB de la région Ile de France en faveur des régions mitoyennes. Mais pour un bon jacobin, la France sera toujours Paris et encore avons-nous échappé au pire puisque des technocrates voulaient profiter de l’aubaine pour pousser le « ventre de Paris » jusqu’aux côtes de Normandie.

Et que dire enfin de ce mépris des petites patries périphériques à forte connotation identitaire : Comté de Nice, Catalogne nord, Pays Basque, Vendée, Savoie…que le simple bon sens doterait de pouvoirs étendus en matière de culture, d’enseignement, de langue, de tourisme…et qui pourraient constituer des « pays » au sein de leurs régions administratives de rattachement.

Mais, au fait, aviez-vous les connaissances géographiques nécessaires ? Savez-vous ce qu’est une poignée de militants arpitans ? Savez-vous que la Vendée s’appelait jadis Bas-Poitou ? Savez-vous que les Ardennes étaient appelées Basse Lorraine ? Savez-vous ce qu’est le Croissant occitan ? En un mot avez-vous cette connaissance intime des atlas historiques que l’on n’acquiert que par la passion des territoires… Sans vous faire injure, j’en doute car il est normal que votre imaginaire républicain et votre passage à l’ENA ne vous aient jamais poussé sur ces pentes.

Saviez-vous que réformer un régime au ventre épuisé n’est pas chose aisée… Voyez ce qu’il advint à Louis XVI qui convoqua les États Généraux dans l’intention de bien faire… Un pays à bout de souffle se caractérise, on le sait tous, par la très grande susceptibilité de sa population et une angoisse générale qui fait repousser jusqu’à la main du sauveteur. Combien de noyés mordent au sang celui qui veut les arracher aux abîmes, combien lui lancent des coups de pied violents ? Presque tous… C’est ainsi ! Je sais bien que vos services vous disent aujourd’hui qu’il faut alors combiner la vitesse à une forte communication… mais justement, les peuples abusés n’aiment plus la vitesse, elle les terrorise et réveille chez eux une haine endormie par l’assommoir social.

Comparé à un gouvernement d’une trentaine de personnes et à un Parti Socialiste compté, le 25 mai dernier, à 13,96 % des voix (soit 5,5% des inscrits sur les listes électorales), le peuple français connaît désormais sa force. Celle-ci est immense. Au moindre retroussement de babines, vous changerez de trottoir. C’est écrit. Et même il ne faudra plus beaucoup de temps pour que le poison suprême des gouvernements n’agisse contre vous quand les fonctionnaires, y compris les policiers, se mettront à ne plus vous obéir au prétexte de se ménager des assurances envers le gouvernement suivant… On y est presque.

Au fond, toutes vos initiatives se transforment immédiatement en piège. A peine énoncée, la moindre de vos tentatives de réforme fait se lever contre vous «chez les gens» des torrents de haine littéralement surprenants… C’est le propre des situations pré-révolutionnaires. Pincez-vous très fort, monsieur le Président car la révolution n’est plus de votre côté. Les conservateurs affolés et les maîtres haïs, c’est dorénavant votre clan. On vous opposera d’abord que réduire le nombre de régions ne réduit en rien le mille-feuille administratif…et puis qu’il est curieux de vouloir supprimer les départements alors que votre découpage en super-régions se fait exactement selon les limites de ces mêmes départements. D’autres crieront évidemment au morcellement de bazar et au «massacre» en évoquant fatalement un découpage à la tronçonneuse ! Beaucoup de citoyens vous diront alors : «La France n’a pas de racines historiques, peut-être ? Mais, N’a-t-elle pas des provinces, riches de leurs particularismes ? »

Monsieur le Président, votre grand argument, si je vous entends bien, est de vouloir «faire des économies». Faudrait-il encore que les futures régions fonctionnent mieux, en particulier du point de vue administratif, que les actuelles ? Si j’osais la provocation à ce stade du raisonnement, je vous demanderais si vous êtes réellement sûr que ce n’est pas leur gestion socialiste et clanique qui les rend foncièrement incompétentes, mais ce serait là une griffure inutile car je suis d’accord avec vous : il faut de plus grandes régions et il faut en finir avec le doublon cancéreux des Conseils Généraux qui sont le siège du clientélisme et de la gabegie.

Votre réforme concernerait, parait-il, les quelque 13.500 syndicats intercommunaux qui gèrent les déchets ou l’approvisionnement en eau dont le gouvernement souhaite la concentration, la rationalisation, voire le transfert aux intercommunalités. Mais c’est avec l’autre volet de la réforme territoriale, la suppression du département, que vous avez agréablement surpris. Vous souhaitez apparemment «engager le débat sur l’avenir des conseils départementaux»… « Aussi, je vous propose leur suppression à l’horizon 2021», avez-vous expliqué en guise de première contribution. À l’horizon 2021, c’est-à-dire au terme des mandats des conseillers départementaux qui seront élus en 2015. Autrement dit, à la Saint Glin-Glin…

Ambitieuse sur le papier, votre réforme globale sera d’autant plus compliquée à négocier que votre parti dirige près des deux tiers des 101 départements. Le président de l’Assemblée des départements de France, le socialiste Claudy Lebreton, a immédiatement dénoncé «la brutalité de la méthode employée par le gouvernement» et vous a promis un débat «long et difficile». À l’inverse, le président de l’Association des régions de France, Alain Rousset, a salué une «étape de décentralisation très ambitieuse»«Réduire le nombre de régions pour plus d’efficacité,je dis chiche !», a expliqué le président PS du conseil régional d’Aquitaine. De son côté, Marylise Lebranchu se dit, à la façon des seconds couteaux serviables et empressés : «très déterminée à mettre en œuvre cette nouvelle organisation territoriale, ambitieuse, moderne et efficace». Ne vous laissez pas obscurcir par quelques empressements de gens d’écurie à vous flatter : votre tâche est pratiquement impossible à conduire.

À la recherche d’au moins 50 milliards d’euros d’économies de 2015 à 2017, vous avez déclaré à la mi-janvier vouloir vous attaquer au mille-feuille administratif français. Voilà certes une réforme apparemment peu coûteuse et qui pourrait rapporter gros mais quand ? Combien de temps pour percevoir les dividendes de cette économie d’échelle ? Dix ans ? Quinze ? Allons… On a du mal à penser que l’économie soit le véritable mobile présidentiel; ne s’agirait-il pas plutôt de s’acheter à pas cher une réputation de courageux dans la tempête ? Quoi qu’il en soit, vous multipliez les déclarations fracassantes, ayant décidé d’être en France à la manière de ce que vous êtes au Mali… Sauf que les Africains sont gentils avec vous mais plus que ce que peuvent l’être aujourd’hui les français.

L’enjeu de votre réforme est loin d’être négligeable, puisque les collectivités locales représentent plus de 20 % des dépenses publiques. En 2012, elles ont progressé de 7,2 milliards (+3 %). Cela s’explique principalement, selon la Cour des Comptes, par un accroissement spectaculaire des dépenses de personnel. Dans les communes et leurs groupements, celles-ci ont augmenté de 3 % en moyenne annuelle de 2009 à 2012. Jusqu’à présent, le développement de l’intercommunalité «n’a pas été générateur d’économies, bien au contraire», insistent les sages de la Rue Cambon. En clair, le transfert de compétences au niveau intercommunal ne s’est pas traduit par une diminution de personnel dans les communes. La «constitution de services communs», amorcée par endroits, favoriserait la «maîtrise des effectifs».

Quoi qu’il en soit, vous savez très bien, Monsieur le Président, qu’il faudra au moins 10 ans pour mettre en place un autre découpage par «consentement mutuel» des collectivités existantes. Vaincre les susceptibilités, négocier les partages de responsabilité, donc le pouvoir, refaire les plans d’aménagement du territoire. Que de réunions, de discussions, de palabres en perspective. Pendant ce temps, toutes les administrations seront au ralenti, on retiendra les décisions, et il y aura, forcément un autre gouvernement qui viendra modifier les règles.

Durant votre conférence de presse, en janvier 2014, vous aviez esquissé le contour de la réforme en annonçant la réduction du nombre de régions… sur la base du volontariat mais avec de «puissantes » incitations et modulation des dotations de l’État pour favoriser les collectivités qui suivraient cette voie. Vous, êtes allé plus loin en fixant pour objectif une «réduction de moitié du nombre de régions dans l’Hexagone» d’ici à 2017.

Peut-être avez-vous claironné un peu maladroitement car en donnant le chiffre de onze régions (la moitié de 22 ça fait 11 même sous un gouvernement socialiste), vous semblez avoir pris le parti de la région fonctionnelle. Or c’est ici votre erreur. Votre tentation révolutionnaire vous expose à de graves déconvenues. Plutôt que de parler de redécoupage, alors que la force politique vous manque pour l’imposer, vous auriez mieux fait de parler d’amélioration du découpage existant. D’autant que de 11, vous êtes passés à 12, puis à 14 et finalement à 15…voire…d’autant que les arbitrages et négociations de cabinet pourraient relever l’addition.

Je crains, Monsieur le Président que votre réforme ne fasse finalement courir un très grand risque à l’idée régionale qui ne vous avait pas attendu pour cheminer ! La thèse du géographe Jean-François Gravier « Paris et le désert français » (1947), est que le centralisme politique hérité de l’Ancien Régime a gagné, de proche en proche, les sphères économique, culturelle, éducative, jusqu’à faire de la centralisation parisienne la règle générale.

Au fond, et à votre habitude, Monsieur le président vous n’avez pas su choisir… Choisir le principe directeur de votre futur découpage. Sera-t-il «fonctionnel» ou « identitaire » ? S’appuiera-t-il sur la géographie contemporaine ou sur l’histoire et les bassins linguistiques anciens ? C’est tout l’enjeu de votre réforme et c’est évidemment là que vous jouez votre avenir politique puisque les risques des jacqueries régionales (qui seront soutenues, n’en doutez pas, par les institutions socialistes en place) sont énormes et que vous auriez tort de les sous-estimer.

Pour de nombreuses questions d’économie régionale, il peut apparaître judicieux d’appliquer la notion de région économique fonctionnelle. Elle concerne un espace géographique dans lequel les facteurs de production travail, capital, sol et savoir sont étroitement interdépendants. Mais une fois que l’on a dit cela, on reste devant une question majeure : celle des communautés de destin acceptées par les populations dans le réel…Cette position économiste anti-identitaire, c’est celle de Jacques Auxiette, votre ami, ci-devant président de la région Pays de Loire.

En effet, la région fonctionnelle n’est qu’un paramètre de décideurs, un concept de décideurs, une réalité de décideurs… Si la population ne l’adopte pas, si elle la récuse, on se trouve alors dans la situation intenable des actuelles communautés de communes françaises dont la population ignore généralement qui les dirige et même comment s’appellent ces usines à gaz…Bref, le déficit de démocratie est alors à son comble et l’oligarchie ne peut plus se cacher derrière des apparences futiles. La domination conceptuelle devient si criante qu’elle froisse les oreilles…

En France, la région fonctionnelle construite sur des bassins d’emploi, des nœuds routiers et ferroviaires et sur la zone d’attractivité d’une grande métropole fait que, normalement, un vendéen devrait se considérer depuis longtemps comme un habitant de la grande périphérie nantaise…Or le Vendéen, même habitant au plus proche de Nantes, situé parfois à moins de trente kilomètres, se sent avant tout vendéen… Allez savoir pourquoi… A ce niveau, c’est l’histoire et une fierté locale ancienne qui le retiennent, au grand dam de tous les apôtres de la région fonctionnelle pourtant si mirifique, si porteuse d’emplois et de potentialités futures. Non, le Vendéen veut rester Vendéen. Ses anciens bocages l’habitent encore assez pour se sentir différent des urban warriors qui peuplent le centre-ville de Nantes. C’est ainsi. C’est irréfragable… Aucun rapport ne peut rien contre cela… Surtout que la Vendée, presque sans atouts majeurs, s’est attirée toute seule une prospérité surprenante qui ne fait évidemment que renforcer son identité.

En regard de la région fonctionnelle, on voit la région identitaire et c’est paradoxalement toujours celle-ci que l’on nous présente comme le modèle de réussite à l’étranger. La Bavière, la Catalogne, la Lombardie la Flandre, le Piémont et bien d’autres sont les régions les plus industrieuses d’Europe. En matière de compétition internationale, ces régions jouent désormais un rôle de premier plan. L’activité innovante de leurs entreprises peut leur conférer beaucoup d’importance. De nouvelles approches économiques partent, par exemple, du constat que c’est au niveau régional qu’apparaissent pour l’essentiel les connaissances nouvelles, ainsi que les produits et les procédés novateurs.

Tout le monde oublie de signaler que c’est parce qu’elles sont probablement le contraire de la région fonctionnelle et qu’elles sont dotées d’un supplément d’âme peu mesurable en termes de statistiques, mais qui doit être bien réel puisque il est indéniable que les grandes régions d’Europe sont d’abord identitaires… Car si le principe de fonctionnalité avait dû présider à leur délimitation, la Flandre (éloignée de son centre Bruxelles) ou la Bavière (située à cheval sur deux bassins fluviaux différents) n’existeraient pas plus que la Catalogne qui, si on devait lui appliquer les principes de découpage «fonctionnels» serait au moins lestée de l’Aragon et peut être de deux ou trois autres régions pauvres, lesquelles amoindrirait son excellence.

Monsieur le Président, contrairement à ce que vous entendez partout dans les cabinets de la technostructure étatique, la région identitaire est de loin supérieure en efficacité économique à la région fonctionnelle. Et comme elle apporte bien d’autres avantages sur le plan de la cohésion sociale et culturelle, on se demande pourquoi vous la condamneriez au nom de la modernité…

La République a toujours eu l’habitude de considérer que tout ce qui existait avant elle ne valait rien. La « table rase » fait partie de son ADN et c’est là le principal reproche que l’on peut lui faire, au-delà de la forme de gouvernement. La régionalisation en France est un mouvement lent et tâtonnant. La république centralisa à fond à son origine et maintenant elle ne sait plus qu’en penser vraiment… alors elle penche pour une conception brutale qui la libérerait enfin de la subtilité. La République veut-elle dessiner uniquement des régions fonctionnelles et faire ainsi le lit de l’Europe oligarchique ? Veut elle redonner «aux gens» le plaisir et la force d’être « de quelque part » ? Veut elle simplement réaliser des économies ? Veut elle en finir avec ce système désormais trop visible de la multiplication des lieux de pouvoirs augmentant scandaleusement le nombre des élus -entre 800.000 et 1.000.000- ? Veut elle imiter seulement l’Allemagne et obéir ainsi aux agences de notation? Personne ne le sait vraiment. Il faut dire qu’au fond des incantations républicaines, il n’y a jamais d’explications audibles. Reconnaissez, monsieur le Président, que vos mobiles sont en suspension dans l’air… On dirait que vous ne prenez de décisions que lorsque vos deux pieds se sont détachés du sol… Vos raisons sont alors devenues notoirement aériennes… Ce qui me conduit, à vous poser la question essentielle : quelle région voulez-vous ? Est-ce la même que la mienne ? Ou bien plutôt êtes-vous convaincu par la région fonctionnelle telle que la définissait Jean-Louis Quermonne, membre fondateur, avec Jacques Delors en 1996, du think tank oligarchique Notre Europe ?

On oublie parfois que la région fonctionnelle idéale a été déjà découverte en France et appliquée avec un franc succès. Ce fut lors du passage aux dix chiffres téléphoniques. Cinq zones d’égale importance furent créées. Depuis, elles se sont faites admettre et sont entrées dans les habitudes des gens, au point que pratiquement tous les français savent à quoi elles correspondent : le Un est à Paris, le Deux est à l’Ouest, etc…C’est la réforme orwellienne parfaite, il ne lui manque que «Numéro Six» pour la combattre… Cette réforme est naturellement le rêve inavoué des fonctionnalistes qui, ne pouvant cependant appliquer sa brutalité idéale, passent alors leur temps à tenter de donner un nom et de la chair artificielle à des montages hasardeux aussi variés que fantaisistes.

Monsieur le Président, c’est en poussant une méthode à son extrémité et, surtout, à sa perfection, que l’on voit apparaître ses limites. La région fonctionnelle est froide et totalitaire. Elle semble pratique, on la pense d’abord née d’un cerveau simplificateur et pragmatique : elle est en fait un avant-goût de l’enfer.

La région, en tant qu’entité socio-politique, vient au second rang après l’État (région, province italienne, land allemand, supersovnarkhoze dans l’ex-Urss…). La dimension varie d’un pays à un autre et il n’y a pas de critère fixe de taille. La région est dotée d’une certaine auto-suffisance relative. Les principaux services et fonctions y sont présents, assurant la satisfaction des besoins des habitants, autour d’une métropole qui en assure la coordination, le rôle moteur et la redistribution et la régulation. Le recours à l’échelon supérieur est spécialisé et exceptionnel. La métropole est relayée par des centres. La région est donc un espace organisé par une métropole et ses relais. « C’est le dernier niveau autour duquel se structurent et se coordonnent les différentes forces intervenant dans la vie économique et sociale, avant le niveau national » énonce intelligemment le géographe Etienne Juillard. La notion de région est liée à celle d’armature urbaine, ou plutôt de réseau urbain. Son contenu varie avec le niveau de développement économique et les techniques. Sa dimension est variable dans le temps et dans l’espace.

Voici Monsieur le Président la position identitaire que je voulais vous communiquer, à chaud, dans un survol rapide. Évidemment, puisque ceci est une lettre ouverte, je n’ai pas pu aborder faute de place, la suppression des départements et le réemploi de leurs salariés, l’impérative question des communes pour lesquelles il faut fixer un seuil entre 1.000 et 2.000 habitants, la suppression des communautés de commune, dispendieuses et anti-démocratiques, les regroupements urbains et ruraux au sein de « Pays » simples établissements publics qui permettraient la mise en commun des compétences, des projets communs et des moyens…

Je vous laisserai dans les prochains jours, au Palais de l’Élisée, un rapport complet sur les propositions identitaires en vue de réformer ce mille-feuille administratif que le monde entier ne  nous envie pas…
Je vous prie d’agréer Monsieur le Président l’assurance de mes salutations distinguées.

Richard Roudier

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